Expo. « Les voiliers volants »

28 février 2010

Depuis le 8 février, la Cité de la Voile Eric Tabarly de Lorient, propose une exposition temporaire (prévue pour durée d’un an) intitulée "Les voiliers volants".

Contenu de l’exposition (sur 400 m²)

Un SAS d’entrée

Avec un visuel de l’hydroptère d’Alain Thébault.

Zone1

  • L’histoire des voiliers volants à travers une frise chronologique…  (sauf erreur : 1956 travaux de Gordon Baker, 1966 Véliplane 1 de Claude Tisserand,  1970 trimaran Trimama de Roland Tiercelin, 1972 l’épopée Icarus, 1976 prototype de l’IUT de La Rochelle, 1980 Paul Ricard, 1986 Biscuit Cantreau de J Le Cam, 1988 le record de Loisirs 3000, 1992 mise à l’eau de la maquette au 1/3 de l’Hydroptère,  1994 premier vol de l’Hydroptère, 1997 record du cata de l’ENSTA, 2005 Record de la traversé de la Manche par l’Hydroptère, 2007 record sur 500 m et sur le mille de l’Hydroptère, 2008 Paul Larsen 47.36 nœuds avec Vesta Rocket, 2009 record sur 500 m et sur le mille de l’Hydroptère).

Frise historique – photo "Droits reservés" 02-2010

Zone2

L’aventure humaine et sportive de l’Hydroptère : skippers, équipe technique, recherche (avec projection d’une vidéo).

Zone3

  • Un bassin dans lequel on peut faire avancer une mini-maquette permettant au public de tester le déjaugeage d’un bateau à hydrofoils.
  • Un simulateur de navigation de l’Hydroptère développé par les ingénieurs de l’Hydroptère
  • Une zone permettant aux visiteurs de toucher les matériaux qui composent l’Hydroptère : pied de mat en carbone, tissus à voile, contrefiche en titane, bouts

Zone4

  • Un Moth à foils réalisé par Sabrosa (projection d’une vidéo). Si je ne me trompe pas, ce bateau était exposé au salon nautique (il n’est pas équipé d’un système de réglage de l’incidence du plan porteur sur le safran).

Moth à foils Sabrosa – photo "DR" 02-2010

  • Une zone sur l’avenir de l’aventure Hydroptère (Hydroptère maxi, CH…)

Le cœur de l’exposition

La maquette au 1/3 de l’hydroptère suspendue au milieu de l’exposition devant une vague en tissus (présence d’un escalier pour admirer l’animal du dessus).

La pièce maîtresse est donc la très belle "maquette" au 1/3 de l’Hydroptère réalisé pour qu’Alain Thébault puisse valider ses idées et celles des concepteurs de l’Hydroptère avant sa mise en chantier. Longtemps stockées en attendant des jours meilleurs, cette formidable bête a été superbement remise en état. Difficile pour un accro. de  foils de ne pas imaginer tirer sur le stick pour quitter le lit du vent, border écoute de GV et Foc… Un véritable appel au vol (!). Dommage que les trampolines n’ont pas été remis en place pour le moment. Intéressant aussi, pour ceux qui n’en n’auraient jamais vu de près, le Moth à foils.

Maquette de l’Hydroptère avant sa remise en état – photo FM 08/2003

Maquette de l’Hydroptère exposée – photo "DR" 02-2010

Les totems dédiés aux personnalités marquantes auraient mérités d’être beaucoup plus nombreux. Mais je suis heureux que Claude Tisserand soit présent entre Gordon Baker et Eric Tabarly. Il a enfin la reconnaissance qu’il mérite. Au risque de passer pour prétentieux, j’aime à penser que les articles de « Foilers ! » tirés du recueil écrit par Claude y sont pour quelque chose !

Le totem dédié à Claude Tisserand – photo "DR" 02-2010

A la demande de la société de scénographie Harmatan, les auteurs de « Foilers ! » ont modestement contribué à la réalisation de cette exposition. Nous avons proposé une liste d’engins susceptibles de figurer dans cette exposition et de potentiels contacts.

Une exposition de ce type répond à un cahier des charges précis et s’adresse à un public défini. Passionné par les engins à foils (voir monomaniaque !), je reste un peu sur ma faim par cette exposition qui fait la part belle à l’Hydroptère. C’est peut être bon signe ! Je ne suis pas certain que l’expo. de mes rêves aurait intéressé beaucoup de monde !

Lors de son inauguration prévue le 19 mars, une nouvelle "pièce" doit être ajoutée à cette exposition, j’aurai l’occasion d’en reparler sur "Foilers"….!

A voir si vous êtes de passage en Bretagne sud.


Morceau choisi d’Alinghi 5

21 février 2010

En me promenant cette après-midi dans ma bonne ville de Genève, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir ça :

Oui, il s’agit bien d’un des mystérieux dérives/foils courbes qu’on a vu au dévoilement d’Alinghi 5. La pièce est marquée "entrée libre" car elle est placée à l’entrée de l’exposition "D’Altaïr à Alinghi – La saga des multicoques du Léman" à voir à l’espace SIG du Pont de la Machine jusqu’au 25 mars.

Voici ce qu’on peut lire sur la plaque à côté de la chose:

Dérive d’Alinghi 5. D’une longueur de huit mètres pour un poids d’une demi-tonne, la dérive en "S" d’Alinghi 5 propose une géométrie variable en fonction des conditions météorologiques. Entièrement immergée par vent faible, elle offre ainsi un plan antidérive maximal. Puis, lorsque la brise – et la vitesse – augmentent, la dérive est partiellement relevée et la poussée devient plus verticale, ce qui permet de soulager les coques et d’augmenter  la vitesse. La dérive a donc la forme d’un "S" par vent faible, et d’un "C" lorsque la vitesse augmente. Une grande partie du poids du voilier – environ 15 tonnes – repose sur cet appendice construit en fibre de carbone."

Info "grand public" donc, mais on aurait bien aimé savoir pourquoi Alinghi ne l’a pas utilisée en course… Ceci doit cependant intéresser quelqu’un car un morceau du bord d’attaque a carrément été scié de façon assez barbare d’ailleurs, ce qui ma permis de photographier ses tripes de carbone (désolé, c’était avec mon téléphone portable…) :

J’ai pris encore deux photos : celle ci, et celle là. Comme ça il restera quelque chose de ces pièces impressionnantes  qui n’auront servi que quelques heures…


Sailrocket regonflé à bloc

21 février 2010

Dans ses derniers messages l’an passé, Paul Larsen semblait un peu découragé par les records de l’Hydroptère. Toujours aussi fair play, il reconnaissait que son Sailrocket ne pourrait pas améliorer notablement son record de 2008 à 47.36 nœuds.

Bonne nouvelle, il vient de l’annoncer : il y aura un Vestsas Sailrocket 2 pour "finir le boulot d’établir un record absolu de vitesse". Le nouvel engin est en construction sur l’Ile de Wight et devrait être mis à l’eau du côté de Cowes pour cet été. Traduction du passage clé:

“le fait est que dans le monde de la vitesse à la voile, il n’y a rien d’intéressant pour nous en dessous de 50 nœuds. 50 nœuds doit être la vitesse de croisière minimale de notre prochain bateau, et il doit pouvoir le faire dans une large gamme de vents et d’états de la mer. Certains problèmes nous demandaient de nouvelles solutions, et nous ne pouvions plus apporter une pensée conventionnelle à un bateau non conventionnel. Nous avons mis beaucoup d’effort pour stabiliser le bateau dans des situations inhabituelles. Notre première version était un bon bateau, mais un très mauvais avion. (Ndt: je pense que c’est de l’humour anglais…) Le prochain bateau sera stable dans les deux environnements. Peu importe ce qu’il en sortira, nous le pousserons à la limite, en étant capables de prendre un passager pour la chevauchée."

L’ambition est affichée, et il n’y a pas d’informations techniques à se mettre sous la dent pour l’instant, mais c’est très excitant de savoir que Sailrocket revient dans la course.

En attendant la version 2, Vestas Sailrocket 1 sera visible au RYA VOLVO Dinghy Show à l’Alexandra Palace de Londres les 6 et 7 mars. Quelqu’un y va ?


33ème couse de l’America, "Réflexions" par Daniel Charles

13 février 2010

Hier, était un jour un peu spécial dans le monde de la voile. Mon ami* Daniel Charles**, m’a transmis sa vision de ce premier jour de course. Je ne résiste pas à vous la transmettre. Elle est en anglais, sûrement réalisée pour un interlocuteur situé bien loin de notre hexagone. Certains, comme moi, sont assez peu doués dans le maniement de la langue de Shakespeare. J’ai essayé de traduire ce petit texte en français, en essayant de rester proche des idées de Daniel (enfin, dans la limite de mes capacités !).

Commentaires sur cette très intéressante vision, bienvenus…

Daniel Charles, Golden Oldies Trophy 2009, Prao D Kergomard - photo F. Monsonnec 06-2009

"Réflexions" par Daniel Charles

The end of the America’s Cup and of yacht design as we know

To-day’s first race in the 33rd America’s Cup was a milestone in many ways.

First of all, there were some incredible records established. When I was a kid, the record of VMG to windward was some 10.8 kts (if my memory’s correct) established in 1937 by the (super) J-Class Ranger –and this was deemed an unbeatable maximum! Today, USA did 15 knots, which is unheard of (C-Class cats do between 12 and 13).  Then there is this upwind/downwind 40 mille course thrashed in some 2h 30min, at an average of 16kts as the bird fly, and probably 22 kts on the bottom: it doesn’t look much compared to some 24h oceanic runs downwind, but this was done in a 7-kts whisper of a breeze. In other words the boats were constantly sailing at three times the speed of the wind -hard to believe even when you see it.

Beyond these amazing feats, today’s race is a turning point in America’s Cup and in yachting history. The Cup was designed as a design competition, a test of design skills, as it had been during this legendary race of August 22, 1851. Well, such races are condemned now. Spectators may remember that today a trimaran vanquished a catamaran, but this is wrong: hulls and yacht architecture had nothing to do here. What happened today is that a rigid foil triumphed over a soft rig. In the future, the platform design –the very root of the America’s Cup!- will become secondary, a side issue compared to the problems of designing the “engine” (the rig) and the “tires” (the foils). The hull designer, once the star of the show, will be reduced to the rôle of subcontractor (as is already the case in superyacht design). Sic transit…

"Traduction !"

La fin de la coupe de l’America et de la conception des bateaux telles que nous les concevons.

Ce premier jour de course de la 33ème coupe de l’America était une étape importante pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il y a eu plusieurs incroyables records d’établis. Quand j’étais enfant, le record de VMG au vent était d’environ 10.8 noeuds (si ma mémoire est bonne). Record établi en 1937 par le (super) Class-J Ranger. Et ce record semblait, à l’époque, imbattable ! Aujourd’hui, BMW Oracle a réalisé un VMG de 15 nœuds. Quinze noeuds qui sont tout simplement inouïs (les catamarans Class C de la Petite coupe de l’América, sont capables de VMG entre 12 et 13 noeuds). Mais, il y eu cette course de 40 milles (avec montée et descente au vent), gagnée en 2 heures et 30 minutes, à une moyenne de 16 nœuds à vol d’oiseau et probablement 22 nœuds sur le fond. Cela ne semble pas beaucoup, comparé aux vitesses atteintes par les engins de course au large. Mais ce record a été battu par une brise de 7 noeuds. Autrement dit, les bateaux naviguaient constamment à trois fois la vitesse du vent. Difficile à croire même quand vous le voyez.

Au-delà de ces exploits étonnants, la course d’aujourd’hui est un tournant dans la coupe de l’America et dans l’histoire du yachting. La coupe a été conçue comme une compétition architecturale. Un test de compétences, d’outils de conception, comme elle l’avait été pendant cette course légendaire du 22 août 1851.

De telles courses sont condamnées maintenant… Les spectateurs peuvent se rappeler qu’aujourd’hui un trimaran a vaincu un catamaran, mais c’est faux : les coques et l’architecture navale ni étaient pour rien ! Ce qui est arrivé aujourd’hui (12-02-10, note du traducteur ! ), c’est qu’une aile rigide a triomphé d’un gréement souple. A l’avenir, la conception de plate-forme – la « racine » même de la coupe de l’America ! – deviendra secondaire. Une question secondaire comparée aux problèmes liés au dessin du "moteur" (le gréement)) et "des pneus" (les foils). Le designer de coque, auparavant la star du spectacle, sera réduit au rôle de sous-traitant (comme c’est déjà le cas pour le dessin de super yacht)….

* Une nouvelle fois, remarquez le "Mon ami", j’essaye de briller autrement que par mon talent : à la lumière de celui des autres (joke) !
** Daniel Charles : journaliste, écrivain, historien, analyste… que j’ai déjà eu l’occasion de citer dans l’article Foilers-hydrofoils


"Ptites news" 4

7 février 2010

Faut il le rappeler, à partir du 8 à Valence, Oracle BMW et Alingui se rencontrent pour un match en 3 manches (deuxième régate prévue le 10, troisième le 12). Espérons que nous aurons le droit à du grand spectacle sur l’eau. Il n’effacera malheureusement pas la pitoyable bataille juridique à terre… Notre bon Dr Goulu (que j’ai eu le grand plaisir de rencontrer chez lui, en Suisse) va sans aucun doute suivre avec beaucoup d’attention l’équipe Helvétique. Je recommande le blog Tribord Amure qui est très très bien documenté et dont les lecteurs n’hésitent pas à prendre position, argumenter…

Je rajoute un peu d’info. en ce 10/02 jour théorique de première rencontre (suite à l’annulation de la rencontre du 08 pour vent trop faible). Merci à mon ami Daniel Charles pour la  liste de sites permettant de voir la régate en direct :

Un hydroptère pour la vision des fonds marins

Une énième vidéo à bord de l’Hydroptère

La technologie du “foil” pour réguler la hauteur d’une plate forme sous marine créatrice d’énergie

Vidéo de Kite à foil avec caméra embarquée (je viens d’en acquérir une…)

Pour les passionnés, qui ne veulent plus seulement admirer les engins volants, des foilers sont régulièrement en vente. La preuve, cette nouvelle annonce de Windrider Rave qui vient d’expirer (mais l’engin à t’il trouvé un acquéreur ?).

Information qui date un peu, après Idec, c’est Sodébo qui s’équipe de foils. Site agréable à parcourir pour ceux qui s’ennuieraient !

07/02/10 puis 10/02/10


Jeu "11"

1 février 2010

Et de 11.

Onzième jeu sur "Foilers !" mais premier jeu de l’année 2010.

C’est aussi le bon moment pour faire un récapitulatif des précédents jeux et des gagnants :

"Pti" récap des jeux

  • Jeu 1 Williwaw – GG de Bordeaux
  • Jeu 2 Macquarie Innovation – GG de Bordeaux
  • Jeu 3 Foilers T3 – Satya
  • Jeu 4 Exoplane – GG de Bordeaux
  • Jeu 5 Foiler 21 – GG de Bordeaux
  • Jeu 6 Hydrofolie – Stéphane
  • Jeu 7 Jo’S Toy – aucun gagnant !
  • Jeu 8 Broomstick – Satya
  • Jeu 9 Charles Heidsieck IV – Gary Baigent
  • Jeu 10 Catri 24 – Satya

Bravo à GG & Satya, ils gagnent une poignée de poudre de fibre de verre (pour un peeling des bras et du dos, mmmmh)…

Et le onzième

Ci-dessous une photo de détail d’un engin à hydrofoils.

Quel est son nom ?

Qui est son géniteur ?

?

Réponse :

Slatts 22

John Slattebo

Le Slatts semble, pour moi, le prédécesseur du Raptor

Liens :

Signaldesign

Hydrovisions


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