Palper en avant ou en arrière ?

23 septembre 2009

Il y a quelques mois j’essayais de définir les avantages et les inconvénients des foil en T et des foils en V (article “Foils en T ou foils en V ?“). Aujourd’hui, je vais essayer de comparer deux systèmes de régulation de l’angle d’incidence des foils immergés. Pour cela, j’ai décidé d’étudier des engins prévus pour la même utilisation (loisirs) et à partir de la même architecture (trimaran). Il s’agit du Trifoiler de Greg Ketterman et du Windrider Rave de Sam Bradfield. Je ne vais donc peut être pas vraiment répondre à la question “Palper en avant ou en arrière ?” car pour chaque système il existe des variantes. Bien évidement, je ne détiens aucune vérité, ce n’est que mon point de vue. Vous êtes là pour me corriger et ça fait du bien de le savoir ! Chers correcteurs, il y aura grâce à vous, un peu moins de bêtises sur le Net…

1 – Trifoiler Greg Ketterman

Principe de fonctionnement DLA (Dynamic Leveling Affect) de Greg Ketterman

Principe de fonctionnement DLA (Dynamic Leveling Affect) de Greg Ketterman

Le système comporte

  • 1 foil en L solidaire du flotteur (partie basse avec profil asymétrique)
  • 1 flotteur (monté sur un axe de rotation perpendiculaire à son axe principal)
  • 1 système d’amortissement des mouvements : amortisseur situé entre le pont du flotteur et le mat
  • 1 baguette de liaison flotteur / palpeur fixé sur le nez du flotteur
  • 1 palpeur articulé fixé au bout de la baguette

Le fonctionnement

Au repos le flotteur, qui est solidaire du foil, touche l’eau ainsi que le palpeur. L’angle d’incidence est volontairement élevé (9° d’après mes observations). En effet, l’angle d’attaque maxi théorique pour un profil “classique” et à faible vitesse, semble être de 9° à 10°. Lorsque le bateau prend de la vitesse, le foil exerce une poussée verticale qui fait décoller le flotteur. Le poids du palpeur, de la baguette et de la partie avant du flotteur, exerce un couple qui fait pivoter l’ensemble foil/flotteur et donc diminuer l’incidence. La baguette «souple» permet d’amortir les mouvements du palpeur ainsi qu’un petit bras télescopique situé entre le flotteur et le mat. Sur le Trifoiler (et ses frères) le gréement sert de point fixe puisqu’il est rigidifié par le haubanage (les mats sont posés sur le dessus du bras).

Le système n’a pas seulement pour but de diminuer l’angle d’incidence et donc la traînée, il est là aussi pour l’augmenter lorsque la vitesse vient à diminuer et que le bateau à tendance à atterrir (cette remarque n’est valable que pour les lecteurs un peu “neuneu” qui n’auraient pas compris que cela fonctionne dans les deux sens !). Autre avantage de ce système, il corrige l’assiette latérale du bateau. Pendant que le flotteur sous le vent s’enfonce et que son incidence augmente, le flotteur au vent décolle et le palpeur descend “chercher” l’eau ce qui diminue l’incidence du foil au vent. L’incidence du foil au vent peu devenir négative et donc tirer le flotteur vers le bas. En résumé, c’est un système auto stable dans les deux plans.

Foil en L Trifoiler – photo FM 2005

Foil en L Trifoiler – photo FM 2005

Trifoiler version Malric Leborgne – photo M Leborgne 09/2003

Trifoiler version Malric Leborgne – photo M Leborgne 09/2003

Observations/remarques

Le volume du palpeur est (normalement) supérieur au couple exercé par l’ensemble palpeur/baguette + couple exercé par le poids du flotteur (son centre de gravité est situé en avant de l’axe de rotation) + force transmise par le foil. Ceci de manière à ne pas enfoncer le palpeur sous l’eau. La résultante de tous ces éléments doit plaquer le palpeur sur l’eau et bien évidemment ne pas être supérieur à son volume ! Il existe plusieurs photos où l’on peut voir les palpeurs sous l’eau le bateau à l’arrêt. Mais cela ne semblait concerner que TF2, Longshot et Avocet. Dans ce cas, le palpeur sortait de l’eau grâce au réglage manuel et/ou à la portance de la carène du palpeur. Un des points importants lors de la réalisation d’un tel système, est la position et l’angle fait par la résultante verticale du foil par rapport à l’axe de rotation de l’ensemble. Si cette résultante est un peu en avant de l’axe de rotation, alors le palpeur risque de décoller et le foil augmentera naturellement son incidence (j’ai testé pour vous sur PK !). Si cette force est trop en arrière de l’axe de rotation, le palpeur ira faire de la plongée.

Palpeur immergé sur TF2 - site de G ketterman

Palpeur immergé sur TF2 - site de G ketterman

Ce système permet de tenir compte de la hauteur des vagues puisque le palpeur suit le relief du plan d’eau et redonne de l’incidence lorsqu’une vague arrive. De plus, le palpeur étant situé en avant de l’ensemble, la nouvelle incidence est donnée avant l’arrivée de la vague et non pas après ! Une remarque toutefois : la valeur est moyennée puisque le système est équipé “d’amortisseurs”. Mais dans le cas d’une forte houle ou d’une vague plus haute que les autres (même si je sais que ce genre d’engin navigue en eau calme), un système à traînard se fera peut être surprendre ! ?

Je n’ai pas pu le vérifier, mais il semble possible que des butées mini et maxi existent. Sur les TF 22, il est possible depuis le cockpit de donner de l’incidence aux foils en tirant sur deux bouts reliés au nez des palpeurs. Il est aussi possible de voler très haut avec les palpeurs décollés, il semble donc qu’il y ait une butée mini ou alors que les bouts de réglage soient bridés ? Dans ce cas de figure, que ce soit lié à une possible butée ou au bout de réglage bridé, il n’y a plus régulation et donc risque de décrochage !

Palpeurs décollés - Multicoque magazine N°70 août-sept 1998 Photo Didier Fayadas

Palpeurs décollés - Multicoque magazine N°70 août-sept 1998 Photo Didier Fayadas

La distance foil/palpeur détermine la vitesse de réaction par rapport à un changement (vague…). Cette distance influe sur la “valeur de régulation”. Pour l’arrivée d’une vague ou un changement d’altitude ou de vitesse : grande baguette, petite variation d’incidence ; petite baguette, grande variation. Pour certains systèmes de régulation (électronique par exemple) ce paramètre est appelé le “gain”. L’angle de la baguette par rapport au flotteur (position du palpeur sur le plan vertical) détermine l’angle d’incidence au démarrage puis par la suite “l’incidence modifiée”(angle départ moins régulation).

Quelques engins basés sur un système approchant

  • Force 8 des frères Pattison (mais rotation du plan porteur seul, jambe de force fixe)
  • Kiteboatspeed sur la base d’un Trifoiler
  • Brest Nautic de M Gahagnon (foils en U)
  • O Paf des frères Durand (foils en O)
  • Twinducks de T Kinoshita, K Horiuchi, H Kanou, Y Sudo, H Itakura (foils avant)
  • PK de F. Monsonnec (copieur !)

2 – Windrider Rave Sam Bradfield

Principe de fonctionnement régulation par Sam Bradfield

Principe de fonctionnement régulation par Sam Bradfield

Le système comporte

  • 1 foil en T fixe (calé à + 2.5°), avec un volet sur le bord de fuite du plan porteur
  • 1 système de tringlerie passant dans la jambe de force et reliant le volet à la tête du foil
  • 1 “traînard” relié à la tringlerie, et dont l’axe de fixation est parallèle au bras de liaison

Le fonctionnement

Au repos le volet de bord de fuite du plan porteur (profil de base symétrique) est cabré vers le bas. Ce qui déforme artificiellement le plan pour créer une portance élevée. Cette position cabrée vient du fait que le traînard qui plonge dans l’eau, est soumis à la pression de l’eau ce qui à tendance à le soulever. Lorsque le bateau prend de la vitesse, le foil dont le plan est cabré, fait décoller le bateau. Dans le même temps le traînard, de part son poids, descend et se rapproche du foil. Ce déplacement du traînard relève le volet et donc diminue l’incidence du plan porteur. Lorsque le bateau atteint une certaine hauteur de vol, le volet peut dépasser la position neutre et passer en position haute, ce qui inverse le sens de la portance. Le système permet donc aussi, puisque les 2 foils avant en sont équipés, de réguler l’équilibre latéral de l’engin.

Flotteur et foil du Windrider Rave - photo FM 08/2008

Flotteur et foil du Windrider Rave - photo FM 08/2008

Foil du Windrider Rave - photo FM 08/2008

Foil du Windrider Rave - photo FM 08/2008

Windrider Rave – photo FM 08/2008

Windrider Rave – photo FM 08/2008

Observations/remarques

Il est possible de régler l’incidence manuellement en tirant sur des sandows (reliés à la tringlerie). Ces sandows doivent, je pense, jouer le rôle d’amortisseurs pour que les modifications d’incidences manuelles ne soient pas trop brusques.

On peu imaginer que si un flotteur décolle trop (rafale) et que le bateau prend de la gîte, le traînard redescendrait vers la surface ce qui diminuerait l’incidence. Sur le papier cela parait logique. En réalité ne sais pas si ce mouvement peut se faire suffisamment rapidement pour réussir à éviter une “figure de style” ! Il existe pas mal de photos ou de vidéos de Windrider victimes de forts coups de gîte et de décollage complet d’un foil. De même, il semble que sur ce bateau, le pilotage soit réservé pour les pieds (idem Trifoiler), que les voiles sont souvent au taquet, et enfin que les mains soient réservées au pilotage des sandows connectés au foils. Ce qui me fait penser que le pilotage par palpeur a besoin d’une aide pour réguler la portance en fonction de l’état de la mère ou de la gîte….

Photo extraite d’une vidéo mise en ligne par European hydrosail system revendeur Windrider

Photo extraite d’une vidéo mise en ligne par European hydrosail system revendeur Windrider

Quelques engins basés sur un système approchant :

3 – Les “+” et les “–” de chaque système

a) Palpeur en avant du foil type Trifoiler

Avantages

  • Pas de pièce mobile sur le foil
  • Régulation suivant l’état de la mer
  • Foil d’une seule pièce calcul de portance «simplifié»
  • Pas de jonction foil/volet, meilleur profil, traînée plus faible
  • Variation de la forme du foil et de son profil plus facilement réalisable
  • Possibilité de réaliser un foil en L, U …
  • Réalisation plus facile

Inconvénients

  • Présence de palpeurs & baguettes, poids supplémentaire
  • Fragilité du système de liaison foil/palpeur (système poussé plutôt que tiré)
  • Rotation de l’ensemble jambe de force/plan porteur, détermination de la position de l’axe de rotation et du positionnement du palpeur pas très évident à réaliser…
  • Mouvement du bord d’attaque donc possibles risques de décrochement (?)
  • Présence d’un flotteur, traînée plus importante qu’avec «traînard » ?

b) Palpeur ou traînard en arrière du foil type  Rave

Avantages

  • Pas de palpeur et de baquette, moins de risques de casses
  • Foil et jambe de force fixe (juste un volet mobile sur l’arrière du plan) fixation plus évidente car sans axe de rotation
  • Foil fixe, pas ou faible mouvement de la résultante
  • Bord d’attaque fixe, moins de risques de décrochements (zone sensible)
  • Pas de « flotteurs », moins de traînée… ?

Inconvénients

  • Pas de régulation par rapport à l’état de la mer…
  • Nécessité d’une commande à la main pour réguler l’assiette latérale et la hauteur de vol suivant l’état de la mer (je peux me tromper).
  • Au vu du point précédent, « obligation » d’avoir les écoutes aux taquets
  • Calcul de la portance plus difficile
  • Affinement plan ou forme particulière plus compliquée à réaliser
  • Foil en L en U … difficilement réalisable
  • Construction foil plus complexe

4 – Et pourquoi choisir entre les deux systèmes ?

Sur le Stress Boat de Christophe Chenot, le foil avant était au départ équipé d’un palpeur, puis ensuite d’un traînard pilotant le plan porteur du safran (safran placé à l’avant du bateau, foil avec rotation complète du plan porteur). Quand aux foils disposés à l’arrière, ils étaient pilotés par des palpeurs ! J’ai eu la chance de naviguer sur ce bateau, cela fonctionnait très bien…

Stressboat – Photo FM 2004

Stressboat – Photo FM 2004

5 – Petites digressions

A plat !

D’après Gérard Delerm, le fait de naviguer très à plat est une caractéristique des “foilers” qui a assez impressionné Yves Parlier lorsqu’il a comparé les engins de ce type présents sur le marché (Rave et Trifoiler) au cata à redans (Morisse). Yves Parlier avait essayé ces engins avant de se lancer dans l’aventure Hydraplaneur.

Catamaran à redans « Morisse & Naulin » - photo FM 2005

Catamaran à redans "Morisse & Naulin" - photo FM 2005

La viande au vent !

Toujours d’après mon ami Gérard Delerm, sur ces deux canots (Trifoiler & Rave), dans le cas ou la portance du foil au vent est très négative, cela occasionne de la traînée dont on pourrait se passer (au moins en partie), en utilisant le poids de l’équipage. La solution du rappel peut en effet limiter le travail de régulation latéral et donc la traînée, mais sur Longshot et ses petits frères, l’optique est la vitesse maximum, donc une faible prise au vent…

Les centristes

Et oui, il y en a ! David Knaggs et les frères Tisserand, ont choisie de ne réguler ni en avant, ni en arrière, mais en latéral. Petit rappel sur : Historique des systèmes mécaniques de régulation de l’incidence des foils 3/3.

Sans contact

Cela dépasse le sujet de cet article, mais les régulations par “palpeur de surface” sont gourmandes en traînée. Ce qui ne serait pas le cas de la régulation développée par G Baker sur Monitor puisque celle-ci se fait sans élément de régulation en contact avec l’eau, mais par l’intermédiaire du gréement. Le gréement par contre oscille, ce qui pourrait générer des perturbations de l’écoulement ? Peut-être mais là ou je rejoins les défendeurs de ce type de régulation très peu étudiée, c’est que le gréement oscille de toute façon en raison des déformations de la surface (même avec un bateau régulé en altitude). Mais surtout, la densité de l’air est bien inférieure à celle de l’eau et les ailes aériennes supportent bien mieux les mouvements et déformations que celles situées sous l’eau. Pour ceux qui en doutent, il suffit de jeter un œil à l’état de surface des ailes d’avions !

Et une régulation manuelle ?

A ma connaissance, une régulation manuelle est un système qui n’a jamais pu fonctionner et qui ne peut être que moins précis qu’un système automatique ! Il y a bien des engins avec possibilité d’intervenir manuellement, mais le système est tout de même au départ mécanique. Je pense que l’être humain ne dispose pas de la rapidité nécessaire pour réaliser ce type d’opération : détection, estimation, action ! L’ampleur de la modification d’incidence ne correspondrait pas à ce qui est nécessaire ou l’ordre arriverait trop tard. Surtout que le pilote à déjà de quoi faire : gréement et direction. Le mode manuel est surtout intéressant pour le décollage et dans des conditions particulières. Ce n’est pas vraiment du pilotage, c’est surtout du “bridage”. A mon humble avis, le seul système de régulation manuel qui peut fonctionner est celui qui est directement relié au corps du pilote comme dans le cas d’une planche monofoil, du surf à foil ou de l’Air chair. Voilà théoriquement ma philosophie. Mais, il y a un “mais” dont je ne peux pas parler…

6 – Conclusions

Alors, quel système est le meilleur, palpeur en avant “type Ketterman”  (ou Hook) ou traînard “type Bradfield” (ou Philips et Shaughnessy modifié) ? Même si en nombre d’engins, équipés, c’est bien le traînard qui “gagne”, en terme de vitesse maxi atteinte, c’est le palpeur en avant qui l’emporte. Si vous en doutez, je vous propose de visionner cette petite vidéo : Trifoiler VS Rave

Pour ma part, j’ai bien une préférence, j’espère qu’elle n’est pas trop facilement détectable à la lecture de cette article ! ?

Bon aller, à vous de vous déchaîner en mises au point….. !


Rétrospective “Foilers!”…

12 août 2009

Petit temps cet été, l’engin de vitesse “Foilers !” avance à 2 noeuds, ses foils accrochent les algues et les méduses qui traînent à la surface ! Beaucoup de lecteurs sont en vacances les doigts de pieds en éventail, les auteurs le sont aussi ou ils sont surchargés de travail. Enfin, dernier point, l’actualité est “pauvre”…

Pourquoi ne pas en profiter pour fouiller dans les étagères de “Foilers !” ? Au 3ème étage, nous allons peut être tomber sur un ancien article, qui comme un vieux bouquin, mérite d’être relu ? Je propose donc aux irréductibles lecteurs de “Foilers !”, à ceux qui travaillent encore ou à nouveau, aux égarés de la toile, de faire un petit retour en arrière sur les articles de ce blog. Peut être que vous êtes passé à côté d’une perle (!), peut être aurez-vous de nouvelles remarques à faire… C’est aussi un excellent moyen de mettre en avant le formidable travail réalisé par le Dr Goulu depuis juin 2006.

Pour ceux qui ont du mal à rechercher un article dans “les nuages  de mots clés”, voici aussi une sorte de sommaire non exhaustif.

Bonne lecture ou re lecture, à bientôt pour des articles inédits…

NB : lorsqu’un sujet comporte plusieurs articles, ceux-ci ont été classés du plus ancien au plus récent

1 – Technique

2 – Engins ou familles d’engins

18 pieds à foils

Alinghy V

Banque Populaire

Blue Arrow

Calliope

Cayak à foils

Dared

Défi

Enya 3

Force 8

Happy Feet

Kite

Kite Boat Speed

L’Hydroptère

MacQuarie Innovation

Maquette à foils d’Eric Tabarly

Mini foiler et Mini foiler 3X

Mirabaud LX

Moth à foils

Objectif 100

Off Yer Rocker

O Paf

P.A.V.

SailRocket

Scat

Surf à foils

Swedish Speed-Sailing

Sylphe

Syz & Co

Techniques Avancées

Tétrafoiler

Trifoiler

Véliplanes

Windrider Rave

Wotrocket.com


Le Zérocoque Mirabaud LX

14 mai 2009

Thomas Jundt présentait aujourd’hui les innovations récemment apportées à “Mirabaud LX”, illustrées par cette photo spectaculaire :

lx_web_17

copyright Pascal Baud / Mirabaud LX

Mirabaux LX a reçu une nouvelle coque, plus planante et permettant de décoller à plus basse vitesse que l’ancienne “tiers de M2″, mais à quoi bon s’encombrer de 45 kg de coque lorsqu’on vole ?

En renforçant le mat et en modifiant le système de palpeur pour éliminer le jeu, Thomas Jundt a achevé la mue complète de son ancien 18 pieds australien “AET” : il n’en reste plus une seule pièce d’origine!

Mirabaud LX est donc désormais un prototype à part entière, prêt pour les grandes courses lémaniques, (Genève-Rolle-Genève et Bol d’Or Mirabaud), mais il va bien sur défendre le week-end prochain son titre au Bol d’Or du Lac de Neuchâtel.

Mirabaud LX  va aussi participer à la “Weymouth speed week” en octobre et tentera certainement quelques records sur le Léman dès que la météo sera de la partie. Aucun doute, on en reparlera sur Foilers bientôt !

Voyez aussi:


SUI 92 : le 18 pieds volant du Léman

12 mai 2008

Depuis qu’AET s’est transformé en “Mirabaud LX” en perdant sa coque de 18 pieds australien, le SUI92 est devenu le seul 18 pieds volant du Léman (du monde ?)

Inspiré par les travaux de Thomas Jundt, le bateau de Philippe Schiller (photographe marin, a déjà photographié Mirabaud LX), Didier Quinodoz et Steve Larsen a été équipé de foils avec la collaboration de Grégoire Cosendai.

Après avoir tenté le décrocher le Ruban Violet en octobre 2007, l’équipe de SUI92 va sans doute refaire parler d’elle cette saison. Pourvu que ça souffle !


Mirabaud LX : pas (encore) de coque !

29 avril 2008

Ce matin à la Société Nautique de Genève, j’ai à peine remarqué la Coupe de l’America dans sa vitrine. Elle fait partie des meubles. La nouveauté dévoilée ce jour était plutôt cet étrange bateau engin, une étonnante structure de carbone posée sur le quai.

Mirabaud LX

DSCF1098

Mirabaud LX est une évolution assez radicale du 18 pieds australien AET que Thomas Jundt a équipé de foils en 2006. Suivez le raisonnement:

  1. le but est de gagner le Bol d’Or Mirabaud (du Léman) en catégorie LX (monocoques hors classe)
  2. Sur le Léman, les vents peuvent varier de force 0 à force 8 et tourner sur 360° en 1 heure, mais ils sont souvent très faibles.
  3. Pour être compétitif, un foiler doit pouvoir voler par petits airs. AET décolle à 8 noeuds dans du force 2, mais même ainsi il ne vole que 50% du temps.
  4. Pour voler plus, il faut être plus léger. La chasse au poids a été l’obsession de Thomas Jundt, comme le montre cette magnifique bôme de 1.5 kg de carbone:
  5. DSCF1092

    Mais il s’est heurté à un dernier obstacle incontournable : la coque. Celle du 18” sert à planer : elle est large, et lourde.

  6. les coques habituelles remplissent deux fonctions : créer une poussée d’Archimède pour éviter que le bateau ne coule, et une fonction structurelle : reprendre les efforts du gréement, des plans hydrodynamiques et de l’équipage. L’idée qui a donné naissance à Mirabaud LX est de séparer ces deux fonctions:
    • une structure triangulée de 80 m de tubes de carbone de diam 44 mm, épais de 1.2 mm reprend les efforts. “ça je sais faire”, dit l’ingénieur…
    • une coque, ou plusieurs flotteurs, peut-être gonflables pourquoi pas, dont le rôle n’est que de favoriser l’envol par un poids minimal, et également de fonctionner en “mode archimédien” dans des airs trop faibles. Une coque de catamaran M2 va être utilisée dans un premier temps (t’avais raison Buster, mais …) mais elle va être “sciée en 3″ dans le sens de la hauteur, seul le fond de la coque sera utilisé.

Comme on le voit sur cette photo (la video suit…) Mirabaud LX a déjà effecté un vol à 17-18 noeuds à sa première sortie la semaine passée, en utilisant des flotteurs de sagex comme coque !

Mirabaud LX devrait être équipé de son 1/3 de coque M2 le 18 mai, et participer à sa première régate déjà le 24 mai, mais le grand objectif 2008 c’est le Bol d’Or, les 14-15 juin, voire le Ruban Violet si la météo s’y prête.

Séduite par le projet, la banque privée Mirabaud & Cie va sponsoriser le développement et la mise au point de cet engin pour les 3 prochaines années. Son représentant a mentionné le slogan “tradition et innovation” de la banque, avec le côté traditionnel de la voile classique et de régates comme le Bol d’Or, et le côté innovation qui conduit à des projets très actifs en Suisse Romande, avec les multicoques il y a quelques années, avec les foilers actuellement.

Les spécifications:

  • Longueur horst tout : 10m
  • Longueur de la coque : 8.5 m
  • Largeur hors tout : 5.4 m
  • Largeur de la coque : 50 cm
  • Surface de voile au près : 32 m2
  • Surface de voile au près : 62 m2
  • foils : 2 identiques de 0.35 m2, avec ailerons
    • commandé par palpeur à la dérive
    • commandé manuellement (par rotation du stick) au safran
  • Poids à vide : 150 kg seulement, dont 25 kg de foils
  • Poids total avec équipage (3) : 390 kg !

L’équipage:

  • Thomas Jundt, concepteur et équipier central. 50 ans, ingénieur en génie civil, skipper du “Ville de Genève” lors des Tours de France à la voile 86 et 87
  • Antoine Ravonel, barreur et préparateur. 49 ans, maitre de sport, 18 ans d’expérience en 18 pieds australien, 3 ans de formule 40 etc etc.
  • Eric Gobet, “singe” et équipier d’avant. 45 ans, bijoutier, championnats d’Europe de Hobie Cat en 1992 et du monde en 1994, 12 ans de 18 pieds.

Les 3 amis Antoine, Eric et Thomas (AET…) naviguent ensemble depuis 12 ans en 18 pieds. Une équipe bien soudée donc, qui a déjà remporté la Genève-Rolle-Genève trois fois, et deux fois le Bol d’Or en classe L

Equipe technique:

  • Hugues de Turkheim, consultant pour les foils, 60 ans, ingénieur ENSAM
  • Sébastien Schmidt, architecte naval, 46 ans.
  • Jean-Marc Monnard, développement des voiles, 43 ans.
  • Jean-Pierre Ziegert, coach, entraineur, cameraman, 40 ans.
  • Mathis Bavaud, constructeur de la structure, 33 ans.

Le site de ce projet est www.jundt.ch/mirabaudlx , mais il y aura aussi des nouvelles sur foilers !


Mirabaud LX : combien de coques ?

26 avril 2008

Après avoir monté des foils sur son 18 pieds australiens “AET”, Thomas Jundt a trouvé un solide partenaire pour un projet plus ambitieux. Le suspense est entier et bien entretenu comme on le voit dans l’invitation que je viens de recevoir :

Epaulé par une équipe d’ingénieurs et de designers pour lesquels les seules contraintes sont celles que l’on s’impose, Thomas Jundt a en effet développé un « engin » appelé à modifier notre conception de ce qu’est un voilier, et notamment l’idée reçue selon laquelle un voilier doit bénéficier d’une – ou plusieurs – coques !

Largement impliqué dans le monde de la voile depuis plusieurs années, Mirabaud s’est associé à ce projet audacieux dans la continuité de ses engagements. Le voilier portera le nom de Mirabaud LX.

Véritable concentré de technologie futuriste et de créativité le bateau sera dévoilé à la SNG en première mondiale au terme de la conférence de presse.


Date et heure : Mardi 29 avril, 11h00
Lieu : Société Nautique de Genève, Port Noir

Vous en saurez plus ici juste après …


Le Temps Yachting 2008

9 avril 2008

Le journal suisse “Le Temps” publie aujourd’hui son hors-série “Yachting” [PDF 7.6 Mb] , avec un article de Vincent Gillioz sur “les bateaux volants, la folie des foils”.

L’article est composé de 3 parties :

  • une présentation du principe et un historique mentionnant le Williwaw (1970) et le Charles Heidseick IV (1984).
  • un partie consacrée aux multicoques à foils, avec une remarque intéressante de Marc Van Petegem (VPLP) qui estime que le développement des foils suit actuellement 2 directions:
    • les hautes vitesses, donc vaincre la cavitation
    • la polyvalence, qui implique de pouvoir décoller dans peu de vent, et c’est cette direction qu’il poursuit avec le Syz & Co (qui devrait être mis à l’eau fin mai apprend-on par la même occasion)
  • la fin de l’article est dévolue au vol en monocoque, avec l’historique des Moth à foils et le développement du 18 pieds australien AET de Thomas Jundt

Ce hors série contient bon nombre d’autres articles intéressants, sur le Vendée Globe et sur la Coupe de l’America (évidemment), mais aussi sur Tabarly ou les MOD70 (mais… ils ont des foils!), la photo marine ou et les vieux gréements.

Il se termine avec un cahier lémanique consacré au Lac et ses vents, à ses régates, aux D35 etc.

Tout ça gratuitement en téléchargeant le hors-série “Yachting” [PDF 7.6 Mb]

Merci qui ? Merci les horlogers qui ont truffé le journal de belles pubs !


Début de saison pour AET

30 mars 2008

Si vous n’avez pas encore pris l’habitude de suivre les “News des Teams” grâce au flux RSS ci-contre, voici des nouvelles fraiches d’AET, le 18 pieds australien lémanique volant de Thomas Jundt.

L’hiver a été mis à profit pour des améliorations techniques. Au chapitre de la chasse au poids, une bôme de 1.5 kg (!) de carbone  est venue remplacer  celle en alu, de 7.5 kg, et 3 kg de plus ont été gagnés dans le gréement. A part cela, de nouvelles voiles contribuent à abaisser le centre de poussée et le calage du foil arrière a été modifié.

Voici également (enfin) une photo montrant les 2 foils d’AET :

AET version 2008 a fait sa première sortie dans le glacial week-end de Pâques, atteignant 14 noeuds au près et 17 au portant dans seulement 13-14 noeuds de vent

La vidéo de cette navigation est disponible sur le site de Jean-Pierre Ziegert et en 3 parties sur YouTube. Voici la première :


Page de références et autres bricoles

15 janvier 2008

Une nouvelle page accessible par l’onglet “Références” ci-dessus liste des livres, articles et brevets rencontrés au fil des lectures et recherches (je n’ai pas tout lu…). N’hésitez pas à la compléter à l’aide de commentaires.

D’autre part j’ai un peu retouché la colonne de droite, notamment en ajoutant un flux RSS agrégeant en temps réel les nouvelles en provenance des teams capables d’en fournir dans ce format génial. Malheureusement il n’y a que deux sources pour l’instant : le projet Dared et AET, le monocoque volant (blog en construction). Si vous connaissez un autre flux RSS 100% consacré à la voile de vitesse, faites le moi savoir et je l’ajoute à l’agrégateur.

Il va de soi que vous pouvez sans autres vous abonner aussi à ce flux en cliquant sur l’icône orange à côté de “News des Teams” ou directement ici, ce qui vous fournira des nouvelles complémentaires à celles paraissant sur foilers!

J’ai aussi ajouté deux autres flux séparés pour deux blogs amis qui parlent souvent de vitesse à la voile, mais pas à 100% : Tendance Bleue et Tribord Amure et ajusté quelques détails.


Off Yer Rocker

4 décembre 2007

Vu sur “Tribord Amure” une référence à un catamaran de classe C doté de foils. C’est “Off Yer Rocker” (=”hors de votre chaise” ou “hors de sa jupe” ???) de Fred Eaton, qui explique la conception de son bateau dans cet interview sur Sailing Anarchy.

La chose intéressante, c’est que les 4 foils en T sont mobiles : les 2 sous les dérives sont pilotés par des tiges palpant la surface de l’eau à l’avant, comme sur les Moth et sur AET, les 2 foils sous les safrans étant eux commandés manuellement par torsion de la poignée de la barre. On distingue tout ce câblage sur une des seules photos disponibles actuellement sur le web:

(cliquer pour agrandir)