Jeu “9″

6 décembre 2009

J’ai fouillé dans mes tiroirs et retrouvé des photos papiers d’un engin à hydrofoil, souvenirs de l’époque de l’argentique ! Et vu l’engin, normalement, c’est une question de rapidité ou de chance. Qui va avoir cliqué le premier sur “Foilers !” pour savoir si le Dr Goulu ou Fred de Lo ont trouvé le temps de mettre en ligne un nouveau papier. OK, il faut peut être avoir plus de 30 ans….

Ci-dessous une photo d’un engin à hydrofoils.

Quel est son nom ?

Qui est sont géniteur ?

Qui était son skipper ?

?

?

Réponse :

  • Charles Heidsieck/Champagne Charlie
  • Gilles Vaton
  • Alain Gabbay

Pour plus d’informations : site de l’architecte Gilles Vaton

Charles Heidseick V (mat aile) - La Trinité sur Mer - photo FM 1985

Charles Heidseick IV (mât aile) - La Trinité sur mer - photo FM 1985

Charles Heidseick IV (mât conventionnel) - La Trinité sur Mer - photo D Le Lostec 1985


Jeu “8″

18 novembre 2009

Vous avez séché, cet été, sur le Jeu n° 7 et la photo de Jo’s Toy.

Comme convenu depuis le Jeu n° 1 (!), je vais enfin vous proposer un engin récent. Histoire de ne pas passer pour un vieux crouton qui ne s’intéresse qu’aux engins du siècle dernier. En plus, ce n’est pas vraiment difficile…

Ci-dessous une photo d’un engin à hydrofoils.

Quel est son nom ?

Qui est son géniteur ?

?

?


La fin d’une histoire… le début d’une nouvelle aventure !

31 octobre 2009

Paul Larsen “jette l’éponge”, il met un terme à sa recherche de vitesse avec Vestas Sailrocket.

Je n’aime pas trop le fait de reprendre des informations d’un autre site, mais pourquoi priver les lecteurs de cette information ? Nous suivons depuis longtemps l’histoire de ce team, dont la communication devrait être prise en exemple par d’autres projets, cette belle aventure mérite bien un dernier “papier”.

Vous trouverez sur le Yachtpals, l’original de cet article dont je reproduis le texte ci-dessous.

D’autres informations prochainement, sur le blog de Paul et le site officiel.

Merci à Guy pour ce scoop (les lecteurs de “Foilers !” sont sur le qui-vive).

Article du site Yachtpals du 29 octobre 2009

sailrocket-team

Le team Sailrocket – site Yachtpals (DR)

Well, it looks like it’s over. Today was officially the last day of our record attempt. the wind wasn’t forecast to blow… and it didn’t. Soon we will be packing up VESTAS Sailrocket for the last time on the lawns of the Walvis Bay Yacht Club. Yesterday I felt pretty choked up at the end of our last run. We topped 50 knots for two of yesterdays three runs despite average winds of only 22 and 23 knots on each. The boat was in brilliant form. As easy to sail as any other well developed boat. No evil vices, no tricks… just easy, fast sailing. Very few boats could just go and bang out 50 knots as easily as this boat can, run after run. I feel that we have finally refined her to the point where we could put any decent, thrill seeking sailor in that boat and send them down the course on their 50 knot way.

I savoured every moment of the day. When it was over, I felt that I could have just sat out there on speed-spot with Helena and the boat alone for hours thinking of the journey that had just ended. I walked back to the cockpit in the twilight and thanked Helena for sticking with me and my crazy dreams all this way. Then we lowered the rig and brought her back across the lagoon for the last time.

It seems that we have been hitting some sort of speed limiter around 52 knots (60mph). Time and time again we have hit this peak speed. We have tried sailing in different conditions and using different settings. I have modified the fences on the foils and polished the surfaces  until they are mirror like. So, something is not right. Even in gusts to 27 knots we never hit the mid-high 50 peaks necessery to drag up a 50+ average over 500 meters. The foil is obviously still working though as the boat sails beautifully… but she seems reluctant to go faster. No doubt we could work through this problem. If we had one more shot then I would chop off about 25% from the rudder and remove 50% of the fence area. We only need to find another 2 knots…less in fact! Unfortunately this would require a whole nother world record period with the time and expense that goes with it. It’s a big comittment. If it was our only option… then that is what I would do. But it’s not. That same resource can go into the real future of the project. As a team we will discuss this. We know we can go faster… I also know that Hydroptere, Maquarie Innovations and the kitesurfers can go faster. The kiters are set to tear up Luderitz lagoon in the coming weeks and I’m sure they have fire in their eyes.

This morning was terrible. The reality of the situation is beginning to sink in. We didn’t make it to the summit. We achieved a hell of a lot… but the final chapter hurts like a mother. Oh well, get over it and move on. My appetite to succeed in this field has not been satisfied… in fact, my hunger grows.

I would like to thank all of you who have followed or endeavour. You have all supported us in one way or the other. I even like the criticism’s. It keeps it real and usually just serves to motivate me more. I read all the comments posted relating to our project and consider them all.

VESTAS have been brilliant in their support. They insisted from the start that they will stand shoulder to shoulder with us and have stayed true to their word. I couldn’t have hoped for a better title sponsor.

The journey, the passion, the thrills and spills… they have all been real. I hope it has come across that way.

So this marks the end for this current boat. A boat that will oneday be remembered as a true pioneering breakthrough. I will put her away in cotton wool with full documentation of her settings and configuration. She deserves respect. Malcolm designed a wonderful craft that managed to make it to the end  of a very tough learning process for we humans. Both myself and the boat carry the scars from that struggle. I’m proud of them all.

But… one end also marks a new beginning. Some of you have been quite perceptive actually. We will announce more within the week.

yep… the hunger remains alright.

Thanks again to you all.

Cheers, Paul and the team.


Hydrofolie, foiler “historique” !

16 octobre 2009

Il y a plusieurs mois, j’ai utilisé le Jeu n° 6 pour présenter le trimaran Hydrofolie à ceux qui ne le connaissaient pas. Les réactions ont été assez nombreuses, et m’ont confirmé l’intérêt de consacrer un article à ce bateau. Depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer son propriétaire lors du Golden Oldies Trophy du mois de juin et d’en apprendre un peu plus sur lui. Alors que je compilais des infos sur la bête, qu’est ce que j’apprends ? L’animal est à vendre ! Vite vite, mon clavier, il faut vite que j’essaye de réaliser un sujet à la hauteur de ce bateau.

Hydrofolie tel qui l’était lors de sa mise à l’eau en 1979 – photo A. Labbé

Hydrofolie tel qui l’était lors de sa mise à l’eau en 1979 – photo A. Labbé

I – Hydrofolie période course

La naissance

Hydrofolie est né en 1978 du désir d’Alain Labbé de courir, la transat en double et l’Ostar (transat anglaise en solitaire), sur un petit trimaran rapidement réalisable à faible coût. C’est Xavier Joubert, constructeur de Pen Duick VI, architecte de Kriter IV et ingénieur de la marine à Brest, qui dessine Hydrofolie. Le financement nécessaire à la réalisation d’Hydrofolie, 350 000 francs, est trouvé auprès du Syndicat National de la Presse Quotidienne Régionale. Cette somme est bien inférieure à celle dépensée pour réaliser, à la même époque, Paul Ricard. Le timing est serré, il est donc décidé de répartir la construction entre différents chantiers. Le chantier Pichavant de Pont Labbé est sélectionné pour construire les bras et la coque centrale. Les Constructions Mécaniques de Normandie à Cherbourg réalisent les flotteurs ainsi que le bras circulaire (réglage de la GV) et enfin le safran. La SNIAS à Toulouse, habituée à réaliser des pales d’hélicoptères, prend en charge la réalisation des foils (aidée de deux fabricants de fibre de carbone et de verre).

Les foils

Les foils sont au départ prévus pour être fabriqués en aluminium, mais ils sont finalement réalisés à partir d’un noyau en mousse recouvert de tissus de verre renforcé de carbone et stratifié sous vide. Ils sont, lors de la mise à l’eau, fixés par une charnière à l’intersection du bras et du flotteur. Une jambe de force permet de récupérer une partie des efforts et de jouer sur l’inclinaison du foils. Cette jambe de force est articulée dans sa partie inférieure et coulissante au niveau de son accroche sur le bras. Trois positions sont prévues : au repos – contre le bras ; à 45° – en position “portance” ; à la verticale – comme une dérive.

Vues d’Hydrofolie lors de sa mise à l’eau – Les cahiers du Yachting avril 1979

Vues d’Hydrofolie lors de sa mise à l’eau – Les cahiers du Yachting avril 1979

Les essais et la première course

Les premiers essais sont encourageants. Les foils se comportent comme des amortisseurs et Alain Labbé et Loïc Caradec, bloquent plusieurs fois le speedomètre à 20 nœuds. Le bateau remonte bien au vent et les foils entre en action vers 6/9 nœuds. Ils stabilisent le bateau et limitent les mouvements verticaux, si bien que le bateau navigue très plat. Au portant, l’effet des foils n’est pas significatif. Mais après quelques heures de navigations, une partie métallique destinée à maintenir le foil tribord se déforme, ce qui entraîne une diminution l’incidence du foil. Le départ de la transat est trop proche pour pouvoir réparer, Hydrofolie prend donc le départ avec un foil abîmé. Après 5 jours de course, il est classé 5ème, ce qui une relativement bonne place par rapport aux conditions de mer qui ne lui sont pas favorables. Alors que Loïc Caradec est à la barre et qu’Alain Labbé dort, le foil tribord “décide de lâcher”. Un renfort métallique, qui fait partie du système d’articulation du foils (8 mm d’épaisseur), vient de se déchirer. Impossible de continuer dans ces conditions, le foil de 70 kg est remonté sur le pont, c’est l’abandon.

Articulation du foil, jambe de force coulissante – photo Trimarans et autres multicoques

Articulation du foil, jambe de force coulissante – photo Trimarans et autres multicoques

Premières modifications

Dès le départ, les concepteurs avaient dans l’idée de réaliser un hydrofoil en 2 étapes : une première où les foils n’avaient pour but que d’aider les flotteurs, la seconde où le bateau pourrait entièrement décoller. On peut supposer que les déboires rencontrés dès la première étape, ont fortement compromis ces plans. Lors de la mise à l’eau, et comme on peut le voir sur le petit plan, le bateau ne dispose pas de dérive centrale. Elle a été rajoutée, après la transat de 1979, pour améliorer la remontée au vent surtout par gros temps, mais aussi en cas d’avarie de foil.

La suite

Après la transat en double 79 le bateau participe à la Transat Anglaise de 1980 et se classe 10ème. Puis il participe à la Route du Rhum 1982 sous le nom de Club Montaner mais il abandonne. Le bateau est ensuite racheté par un Malouin qui l’inscrit à la transat en double 83 sous le nom d’INO. Il abandonne aux Açores suite à la rupture de la dérive centrale. Le bateau est ensuite racheté par un costarmoricains et est basé, à la fin des années 80, à Saint Brieuc. Repeint en jaune, il portait dessiné dans l’étrave un “blaireau” !! Il devait en effet recevoir le parrainage de Bernard Hinault (pour ceux qui ne savent pas “le blaireau” était le surnom d’Hinault). Il devait participer au Rhum 90 mais il n’en fut rien. Après 1990, mon “indic.”, qui m’a fourni ces précieuses informations, a perdu sa trace. Après la transat 83 des transformations furent envisagées dont la mise en place de foils en Y inversés type Sylvestre Langevin. Mais se sont des foils à 45° implantés sur les flotteurs qui furent installés. Depuis presque 10 ans, il est la propriété de Philippe Laperche, dentiste à Auray.

Et aussi

Loïc Caradec, co-skipper d’Hydrofolie avec Alain Labbé lors de la transat en double de 1979, faisait aussi partie du Groupe Graal (rectification du 03/12/09 , erreur reprise sur une source aussi mal informée que moi ! Loïc Caradec ne faisait pas partie du groupe Graal mais coopérait beaucoup avec eux. Merci à Daniel Charles et Tanguy Caradec pour cette rectification). Ce cabinet d’architecture donna naissance au trimaran Royale. Durant une courte période, des foils montés sur amortisseurs oléopneumatiques de Citroën (bien avant l’Hydroptère et ses écrêteurs à gaz), furent testés. Loïc Caradec est décédé lors de la Route du Rhum  86 (retournement du catamaran géant Royale). Une très belle exposition photo, sur le quai qui porte son nom, lui était consacrée à la Trinité Sur Mer du 31 mai au 31 août.

Hydrofolie en chiffres lors de sa mise à l’eau

  • Long : 13 m
  • Larg : 9,70 m
  • Poids : 3,5 t
  • Voilure au près : 96 m²
  • GV : 35 m²
  • Foc : 41 m²
  • Spi 140 m²
Hydrofolie – revue Bateaux date indéterminée (DR) - photo via G. Baigent

Hydrofolie – revue Bateaux date indéterminée (DR) - photo via Gary Baigent

II – Hydrofolie version course-croisière

Hydrofolie au large du Morbihan – photo Jacques Vapillon 2006

Hydrofolie au large du Morbihan – photo Jacques Vapillon 2006

Le passage de la version course à la version course-croisière

Il me manque malheureusement un pan de l’histoire de ce bateau. Qui a réalisé les modifications qui ont permis de le fiabiliser et d’améliorer son habitabilité, quel chantier, quel architecte ? Toutes les modifications ont-elles été réalisées au même moment ou en plusieurs fois ? En comparant l’aspect d’Hydrofolie lors de sa mise à l’eau et de récentes photos, les modifications ci-dessous ont été réalisées :

  • Modification des superstructures, suppression du rail d’écoute de grand voile courbe, augmentation du volume intérieur (à l’arrière), modification du plan de pont (casquette…).
Pont d’Hydrofolie – photo P. Laperche 2009

Pont d’Hydrofolie – photo P. Laperche 2009

  • En 83, la dérive centrale était pivotante, avec un puits intérieur (j’ai un informateur de talent). La dérive centrale actuelle est une dérive sabre qui sort sur le pont. La dérive a donc été modifiée depuis cette date…
  • Suppression des foils fixés à l’intersection bras/flotteur pour des foils, dessinés par Marc Lombard, positionnés dans des puits sur les flotteurs.
Foils sur le flotteur bâbord - photo P. Laperche juillet 07

Foils sur le flotteur bâbord - photo P. Laperche 2007

  • Modification du volume arrière des flotteurs. Les flotteurs lors de la mise à l’eau étaient pointus aux 2 extrémités, ce qui n’est plus le cas maintenant. Ce dessin particulier était à l’époque une spécificité du trait de crayon de Xavier Joubert. Les flotteurs ont été soit coupés, soit la partie arrière a été modifiée.
Flotteur lors de la mise à l’eau – photo Trimarans et autres multicoques

Flotteur lors de la mise à l’eau – photo Trimarans et autres multicoques

  • Nouveau gréement, mât aile rotatif et basculant alu (Maréchal), gréement dormant Kevlar, jeu de voiles North Sails.
Mat alu rotatif (maintenant inclinable) – photo P. Laperche 2004

Mat alu rotatif (maintenant inclinable) – photo P. Laperche 2004

Check-up

Après 30 ans de bons et loyaux services, le bateau a eu le droit à un nouveau check-up et à la reconstruction d’une partie du bras de liaison au chantier Technologie Marine Charlie Capelle.

Hydro. après son check-up - photo P. Laperche 2009

Hydro. après son check-up - photo P. Laperche 2009

Hydrofolie safran relevé, bateau « beachable » - Photo Philippe Montjoyeux 2009

Hydrofolie safran relevé, bateau « beachable » - photo Philippe Montjoyeux 2009

Dans la foulée, Hydrofolie était au Challenge Estuaire 2009, rassemblement de multicoques de la côte Atlantique. Philippe a fait le déplacement de la Trinité avec son fils de 12 ans ! Ce qui montre combien ce bateau est “safe”. Au cours de l’été, il est  aussi descendu de la Trinité vers la Corogne, avec un équipage familial, à une moyenne de 10 nœuds et avec des pointes à 23 nœuds !

Challenge Estuaire 2009 – photo site multihulls-world.com (DR)

Challenge Estuaire 2009 – photo Philippe Echelle

Challenge Estuaire 2009 – photo Philippe Echelle

Challenge Estuaire 2009 – photo Philippe Echelle

Hydrofolie en chiffres aujourd’hui

  • Long : 13 m
  • Larg : 9,30 m
  • Tirant d’eau : 0,60 / 1,80 m
  • Poids : 3,5 t. prêt à naviguer

Equipement

  • Couchettes : 5
  • Eau : 50 l
  • Moteur HB 15 cv
  • GPS, VHF, Loc speedo sondeur, radio
  • Pilote Autohelm 4000
  • Panneau solaire 70 W
  • Mât alu Maréchal, mât aile rotatif et basculant
  • Gréement dormant Kevlar
  • Gréement courant Spectra
  • Safran relevable
  • Winch Harken 2006 …

Voiles

  • Jeu de voiles : North Sails récent et en très bon état
  • GV : 50 m²
  • Solent : 38 m²
  • Code 0 : 90 m²
  • Spi : 120 m² avec chaussette

Informations complémentaires

  • Pavillon Belge ou Français
  • Structure complètement revue et révisée en 2009 (Charlie Capelle)
  • Golden Oldies

Alors ?

Vous êtes intéressés ? Je rappelle que ce bijou est à vendre…

Voici un bateau qui a une histoire, qui est rapide, “safe”, dans un superbe état, qui peu beacher,… que demander de plus ?

Prix de vente, 90 000 € selon inventaire.

“Foilers !” transmettra et essaiera d’être à bord lors de la première nav. du nouveau propriétaire (quel dévouement pour ses lecteurs !).

Port de la Trinité Sur Mer – photo FM 2009

Port de la Trinité Sur Mer – photo FM 2009

Remerciements

  • Philippe Laperche
  • Jean François Daron
  • Gary Baigent

Sources

  • Transat en double – Jean-François Buglet & Daniel Charles
  • Trimarans et autres multicoques – Gérald Basseporte & Etienne Gaucher
  • Les cahiers du Yachting N° 196 avril 1979 – Daniel Charles
  • ” Fishbird” 2009  – Gary Baigent


Gros plan sur Fildou, F40 à foils

1 septembre 2009

Passionné d’hydrofoils, je suis aussi toqué de multicoques, anciens ou non, avec une préférence pour ceux réalisés avant les années 90. Cette passion m’a amenée à “prendre ma carte” aux Golden Oldies. Comme chaque année cette formidable association a organisé un Golden Oldies Trophy en Méditerranée (du 19 au 21 juin). Pour “Foilers !” (hum hum !), j’ai fait l’effort d’y aller, sachant qu’entre autre, Fildou F40 à foils d’Emmanuel Pironneau, s’y trouverait. J’ai du supporter la présence de personnes bourrées d’expériences, j’ai subi des soirées mémorables dans un esprit bon enfant ou des personnes de tous milieux échangeaient. Tout cela dans un lieu magique, chez des personnes accueillantes, intelligentes… Bref l’horreur !

Golden Oldies Trophy 2009   Moxie plan D Newick réalisé pour P Weld, vainqueur Ostar 1980 Photo Christian Février avec son aimable autorisation

Golden Oldies Trophy 2009 Moxie plan Dick Newick réalisé pour P Weld, vainqueur Ostar 80 (voir en bas de page) - photo C. Février avec son aimable autorisation

Un peu d’Histoire

Faut-il le rappeler, il eu une époque ou foilers et “trimarans classiques” (voir en bas de page “mes” définitions), ne s’étaient pas encore rejoints pour créer les trimarans à foils d’appoint que nous connaissons aujourd’hui avec leurs flotteurs longs et volumineux équipés de foils. Une époque (années 80), ou en simplifiant, les trimarans avaient soit de longs flotteurs, soit de “petits flotteurs” équipés de foils qui compensaient leur faible volume. Une époque où il était impensable de lever la coque centrale et où les flotteurs n’avaient pas le volume nécessaire pour ce type d’acrobaties. Il a fallu attendre la naissance de Biscuit Cantreau 1, skippé par Jean Le Cam aidé des frères Desjoyaux et de Roland Jourdain, pour voir le dessous d’une coque centrale (à la limite de la perte de portance du safran).

Michel Desjoyeaux sur le Formule 40 CDK

Biscuit Cantreau 1 dans ses oeuvres - photo C Février dans Voiles et Voiliers été 1987 (merci Christian 27-09-09)

Fildou, F40 à foils, est de cette génération de trimarans qui ne peuvent se passer de plans porteurs. Digne descendant de Paul Ricard, Hydrofolie, Charles Heidseick IV, Ker Cadelac… Aujourd’hui, on peut dire que les deux catégories se sont rejointes et que Biscuit Cantreau 1 (qu’Emmanuel Pironneau propriétaire de Fildou vient de racheter !), fut le tournant de cette évolution : longs flotteurs à très fort volume + foils rétractables permettant d’obtenir une formidable puissance, une bonne stabilité longitudinale, et de diminuer le problème des foilers à foils fixes : la traînée par petit temps. Cette race d’engin est en voie de disparition, même s’il y a bien eu 2 projets de foilers ces dernières années (Némo Atlantique Records ainsi qu’un foiler dessiné par Loïck Peyron).

Fildou – photo site F40.com

Fildou – photo site F40.com

Fildou la genèse

Fildou est le sister ship du F40 Région Nord Pas de Calais d’Alain Comyn, dessin de Marc Lombard à qui on doit, le non moins fameux, Ker Cadelac (qui s’est aussi appelé Lada Poch II …). Fildou, ex Pionner, est né du désir de de Jacky Setton, ancien patron de Pioneer France, de posséder un tri de vitesse en plus de sa copie de Kriter VIII ! Fildou à été extrêmement bien construit au chantier Quéré de La Rochelle . Après 23 années à la mer, il est toujours en parfait état : rigide, pimpant ! Fildou a été racheté en 2001 par Pierre Yves Guennec qui l’a modifié pour la Route du Rhum 2002. Pioneer, devenu Lapeyre-Lehning, a terminé la course quand de nombreux bateaux ont été contraints d’abandonner (vainqueur en Classe 3 et arrivé devant des bateaux plus grands). Il est ensuite racheté par Emmanuel…

Construction chez Quéré, extrait de Course au large N°39 via JF Daron

Construction chez Quéré, extrait de Course au large N°39 via JF Daron

Les foils

La jauge F40 fut au milieu des années 80 un formidable terrain de jeu pour tester différents types de bateaux (cata, tri, foiler) et de foils (à 45° en Y). Les foils de Fildou sont à 45° et à l’époque où il s’appelait encore Pioneer, ils étaient rétractables comme sur Région Nord Pas de Calais. Je suppose que c’est Pierre Yves Guennec, lors de la transformation de l’engin F40 à un bateau capable de courir le Rhum, qui a fixé les foils et rajouté des winglets. Ces transformations avaient sûrement pour but de rendre l’engin plus simple et fiable.

Fildou, foil au vent hors de l’eau

Fildou, foil au vent hors de l’eau - photo FM

Navigations

Emmanuel Pironneau était présent à ce Golden Oldies Trophy avec un seul de ses bateaux : Fildou. Biscuit Cantreau 1 était toujours à Brest (le bateau devait être ramené en Méditerranée à partir du 18 juillet…). Emmanuel a monté la société “Race F40” et propose des sorties à la journée ou plus si affinités.

Fildou de « l’écurie » Race F40 – photo FM 2009

Fildou de "l’écurie" Race F40 – photo FM

Cette année, le “GOT” se déroulait sur l’étang de Thau et sur 3 jours (V-S-D). Le vendredi j’ai pu naviguer sur Rebel, ancien Umupro Jardin V, qui a gagné la transat en solitaire de 1984 aux mains d’Yvon Fauconnier. Le samedi, matin fut réservé à essayer de résoudre les petits soucis rencontrés la veille par certains canots (perte d’hélice, casse moteur…). L’après midi, de nouvelles sorties étaient prévues et Fildou, qui n’était pas là le vendredi, arrive enfin.

La bête vient d’arriver – photo FM 2009

La bête vient d’arriver – photo FM

Ma place était réservée à bord ! Echange de bons procédés. En effet, j’ai trouvé quelques anciens documents sur Biscuit Cantreau 1. Documents que j’ai fait suivre à Emmanuel par l’intermédiaire de JF Daron. Une première sortie sur Fildou est organisée avec  des amis, Paul et Anne, et je dois faire partie de la deuxième fournée. Mais il y a tellement de personnes formidables  à ce “GOT” et de sujets passionnants que ce n’est pas de l’attente mais du plaisir. Ca tombe bien, Fildou qui avait annoncé son retour pour changer d’équipage, ne “revient pas” ! Il est enfin de retour en fin de journée. Emmanuel nous explique qu’il était en panne de gasoil et qu’il ne voulait pas approcher la côte sans moteur. Maintenant, tout est en ordre et nous partons Emmanuel, son bras droit Olivier, Fulgencio Sanchez et moi.

Fildou E Pyronneau  & F sanchez  – photo FM 2009

Fildou E Pironneau & F Sanchez – photo FM

Emmanuel maîtrise vraiment sa bête, qui est “relativement simple”, et ou les efforts sont encore “humains” ! Nous enchaînons les runs à 20 nœuds minimum, par 30 nœuds de vent avec une pointe à 22. Ceci, alors qu’Emmanuel ne souhaite pas “tout péter” !

21,2 noeuds au speedo – photo FM 2009

21,2 noeuds au speedo – photo FM

Nous avons le génois non entièrement déroulé et la GV à 2 ris. C’est le bonheur ! Je ne peux pas résister à l’envie de sortie l’appareil photo, ce qui fait un peu peur à mes compères qui pensent que je vais le noyer (ce n’est pas une grosse bête de photographe mais pas non plus un jetable). En effet ça mouille énormément, des litres, des tonnes. Je ruse. Bien entendu l’appareil reçoit des embruns mais je gère. Après quelques heures qui m’ont semblé durer quelques dizaines de minutes, il faut rentrer… Fildou est formidable de puissance et d’efficacité. A 22 noeuds et pour “seulement” 12m, il reste sain, manoeuvrable, équilibré.

Le foil en action, petit flotteur mais assiette parfaite – Photo FM 2009

Le foil en action, petit flotteur mais assiette parfaite – Photo FM

Le bateau n’a même pas été assagit, il est toujours en version course et se manœuvre pourtant assez facilement grâce aussi, ou surtout ,au talent d’Emmanuel. Le lendemain matin, Emmanuel arrive et me propose une nouvelle sortie. Cela me parait un peu juste (retour en Bretagne) mais je ne peux refuser. Fildou est super entretenu, Emmanuel connaît son bateau : nous partons rapidement pour une nouvelle super balade par vent fort. Mais voilà, il faut déjà que je quitte le “Sud” : vivement le Golden Oldies Trophy 2010 (un second trophée a eu lieu en atlantique le 31 juillet 2009).

Fildou en chiffres

  • Année de construction : 1986
  • Architecte : Marc Lombard
  • Skipper : Emmanuel Pironneau
  • Constructeur : Quéré
  • Contruction : carbone kevlar
  • Long : 12,16 m
  • Largeur : 10 m
  • Tirant d’eau : dérive basse 2,50 m, dérive haute 0,80
  • Tirant d’air : 18 m
  • Poids : 2 t
  • Voilure au près : 90 m²
  • GV : 55 m²
  • Génois : 35m²
  • Gennaker : 100 m²
  • Vitesse maximale : 27 noeuds

Alors,

Si d’aventure, vous voulez tester la navigation sur des multicoques performants et qui ont une histoire : www.racef40.com

Logo Race F 40

Et si vous avez apprécié la superbe photo de Moxie en début d’article, vous pouvez aussi naviguer sur ce fabuleux bateau de légende en compagnie d’un skipper de talent, Stéphane François :  www.moxie.fr

Et puis aussi,

Tout de suite après la mise en place de cet article, Emmanuel m’a envoyé quelques commentaires et compléments d’informations (j’ai retiré les compliments !!).

… Je ne crois pas que c’est Pierre Yves Guennec qui a modifié les foils mais il y a eu un propriétaire entre Guennec et Setton qui semble l’avoir fait. Tu peux demander à Marc LOMBARD car je pense que c’est lui qui a du le faire. Je ne sais pas pourquoi cela a été fait mais je remarque que les foils actuels sont plus important que ceux d’origine… Peut être une mise a niveau technologique ? Par ailleurs ce n’est seulement que dans le très petit temps que les foils « freinent» un peu. En effet dès 7 noeuds de vent ils sont efficaces puisque la vitesse grimpe vite à 8/9 noeuds ou plus. Enfin j’imagine que si on ne descend pas les foils assez vite quand le vent monte, le flotteur sous le vent passe sous l’eau et on ne peut plus le faire ce qui doit être très chaud !

Je te fais passer une photo de Pléioné  prise part Philippe Echelle à Sète que je trouve très réussie (on y voit même l’emplacement des foils d’appoints en question dans ton article). Le convoyage a été mouvementé puisque nous avons du faire escale sur le nord de l’Espagne pour réparer une fissure sur la poutre de jonction des bras avant rien de grave au final…. Je crois que tu es maintenant condamné à venir faire une campagne d’essai  sur Pléioné afin que nous puissions définir le domaine d’utilisation de ces foils d’appoint…

Pléioné, ancien Biscuit Cantreau 1 – photo Philippe Echelle 08-09

Pléioné, ancien Biscuit Cantreau 1 – photo Philippe Echelle 08-09

“Mes” définitions des termes, trimarans à foils d’appoint, foiler et hydroptère

Définitions réalisées il y a plusieurs années pour Wikipédia et inspirées de celles présentes dans des articles des années 80 / 90.

Les trimarans à foils d’appoint

Trimarans “classiques” qui utilisent des hydrofoils pour diminuer la surface mouillée et donc améliorer les performances, mais qui disposent de flotteurs volumineux. Ils peuvent donc naviguer sans foils (trimarans de 60 pieds de la classe ORMA par exemple…)

Les foilers

Ce type d’engins n’a pas pour fonction de naviguer entièrement décollés comme les hydroptères. Les hydrofoils ou foils, sont là pour diminuer la surface mouillée en faisant déjauger le bateau  et en permettant de diminuer la taille des flotteurs. Dans cette catégorie, ont retrouve des foilers “purs” qui ne peuvent que très difficilement se passer de leurs hydrofoils : Paul Ricard d’Éric Tabarly, Charles Heidsieck IV par Gilles Vaton, Gérard Lambert à Vincent Levy par MVP VLP, Sebago à Phil Stegall par Adrien Thomson et des foilers “mixte” qui peuvent naviguer sans foil mais avec une perte importante de leurs capacités de vitesse : Gautier, Avenir & Meccarillos par Sylvestre Langevin, Ker Cadelac par Marc Lombard.

Les hydroptères

Dans ce cas, les hydrofoils ont pour but de faire décoller entièrement le bateau pour qu’il ne soit plus en contact avec l’élément liquide que par ses plans porteurs (l’Hydroptère d’Alain Thébault, Trifoiler TF22 par Greg Ketterman, Windrider Rave par Samuel Bradfield …). On peut différencier les hydroptères des foilers (en tout cas pour le moment) par le nombre de plans porteurs (à part peut-être Géant de Michel Desjoyeaux version 2005). Les foilers et trimarans avec foils d’appoint étant le plus souvent équipés de deux hydrofoils sur les flotteurs et les hydroptères de trois (le troisième étant le safran équipé d’un plan horizontal).


Rétrospective “Foilers!”…

12 août 2009

Petit temps cet été, l’engin de vitesse “Foilers !” avance à 2 noeuds, ses foils accrochent les algues et les méduses qui traînent à la surface ! Beaucoup de lecteurs sont en vacances les doigts de pieds en éventail, les auteurs le sont aussi ou ils sont surchargés de travail. Enfin, dernier point, l’actualité est “pauvre”…

Pourquoi ne pas en profiter pour fouiller dans les étagères de “Foilers !” ? Au 3ème étage, nous allons peut être tomber sur un ancien article, qui comme un vieux bouquin, mérite d’être relu ? Je propose donc aux irréductibles lecteurs de “Foilers !”, à ceux qui travaillent encore ou à nouveau, aux égarés de la toile, de faire un petit retour en arrière sur les articles de ce blog. Peut être que vous êtes passé à côté d’une perle (!), peut être aurez-vous de nouvelles remarques à faire… C’est aussi un excellent moyen de mettre en avant le formidable travail réalisé par le Dr Goulu depuis juin 2006.

Pour ceux qui ont du mal à rechercher un article dans “les nuages  de mots clés”, voici aussi une sorte de sommaire non exhaustif.

Bonne lecture ou re lecture, à bientôt pour des articles inédits…

NB : lorsqu’un sujet comporte plusieurs articles, ceux-ci ont été classés du plus ancien au plus récent

1 – Technique

2 – Engins ou familles d’engins

18 pieds à foils

Alinghy V

Banque Populaire

Blue Arrow

Calliope

Cayak à foils

Dared

Défi

Enya 3

Force 8

Happy Feet

Kite

Kite Boat Speed

L’Hydroptère

MacQuarie Innovation

Maquette à foils d’Eric Tabarly

Mini foiler et Mini foiler 3X

Mirabaud LX

Moth à foils

Objectif 100

Off Yer Rocker

O Paf

P.A.V.

SailRocket

Scat

Surf à foils

Swedish Speed-Sailing

Sylphe

Syz & Co

Techniques Avancées

Tétrafoiler

Trifoiler

Véliplanes

Windrider Rave

Wotrocket.com


Jeu “Foilers !” 7…

20 juillet 2009

Ah, là, je vais vous coincer mes cocos ! Ou alors vous faites partie d’une association dont j’ai aussi la carte et ce n’est pas du jeu ! Alors, lecteurs de “Foilers !”, des idées ?

Ci-dessous une photo d’un engin à foils, ce n’est pas un hydroptère mais un foiler (rendez-vous dans quelques semaines, dans un nouvel article, pour  un petit descriptif de ce qu’est pour moi un “Hydroptère”, un “Foiler” et un “Trimaran à foils d’appoint”…).

Qui sont ses géniteurs ?

?

?

Je me doutais que ce jeu allais être difficile,  période et difficulté du jeux,  voici donc la réponse :

Jo’s Toy

Ce bel engin est le fruit des idées de Georges Salvetat (Jo). Jo souhaitait un engin différent et rapide pour naviguer sur l’étang de Thau, où il existe quelques « fêlés » ! Jo’s Toy devait être utilisé surtout pendant les temps libres de Georges : quelques heures entre ses soins d’infirmier libéral. La genèse du projet vaut son pesant de cacahuètes ! Jo’s Toy est le résultat d’un accident…. de la route ! Un beau jour, un Tornado en remorque tombe sur la route et Jo saute sur l’occasion et récupère le tout pour pas cher. Il constate que le bateau a un flotteur fichu et que le second est en bon état ainsi que le gréement, qui est impeccable !
Au départ Jo voulait retaper le flotteur endommagé mais il va finalement préféré innover et se rapprocher des trimarans qu’il affectionne par dessus tout …… ainsi naquit JO’S TOY !!!

Ce bel oiseau a été développé et construit par Georges avec l’aide de Denis Kergomard pour les calculs des contraintes, l’échantillonnage, les plans.

Jo’s Toy fut aussi équipé de flotteurs après quelques bains par petit temps…

Georges fut aussi propriétaire de Rebel, ex Umupro jardin vainqueur de l’Ostar en 1984.

Merci à Stéphane François, Georges Salvetat et Denis Kergomard

Quelques chiffres :

  • Année de réalisation : ND
  • Longueur : 6.80 m
  • Largeur : 6.80 m
  • Poids : 200 kg
  • Construction : Airex, bois, verre, Kevlar, Carbone, Epoxy
  • Gréement : Tornado

En bonus, quelques images :

Jo's Toy photo via Georges Salvetat & S François

Jo's Toy photo via Georges Salvetat & S François

Jo's Toy photo via Georges Salvetat & S François

Jo's Toy photo via Georges Salvetat & S François


Historique des systèmes mécaniques de régulation 3/3

2 juillet 2009

De Knaggs à Tisserand

Déjà publié :

1/3 – Les Pionniers

2/3 – De Hook à Ketterman

1 – David Knaggs la voie des antipodes

Voila enfin un système qui n’est pas le fruit de l’agitation des neurones d’un anglais ou d’un américain. Ce système fleure bon un autre pays de grands marins, la Nouvelle Zélande. David Knaggs, a tout d’abord travaillé en 1985 sur un catamaran à foils en V, Flying Tigger, proche dans sa configuration à Mayfly. Ce fut une réussite puisqu’il vola par vent assez faible dés sa première sortie. Malheureusement le bateau était victime de problèmes de ventilation à grande vitesse. La mise en place de fences et des modifications réalisées sur les foils ne permirent malheureusement pas de résoudre ces problèmes. D. Knaggs décida donc en 1986 de réaliser un nouvel engin, un trimaran de 18 pieds, équipé de foil en T et d’un système de régulation bien particulier. David Knaggs réalisa ensuite un nouveau trimaran à foils, plus grand et l’équipa de 2 mâts.

Fonctionnement

Malgré de nombreuses photos transmises par Gary Baigent (photographe, peintre, illustrateur et écrivain Néo Zélandais), je ne suis pas certain que ma tentative d’explication soit exempte d’erreur. Le palpeur de la solution développée par David Knaggs, avait la particularité d’avoir un axe de rotation parallèle à celui du bateau. Alors que beaucoup d’autres systèmes ont des palpeurs équipés d’un pivot perpendiculairement à l’axe principal. Ce palpeur était connecté à un flap situé sur le bord de fuite du plan porteur. Disposé parallèlement au foil, qui d’ailleurs était incliné, il se rapprochait ou s’écartait du foil en fonction de l’élévation du bateau. Quand le bateau était au contact de l’eau, l’angle du volet de bord de fuite était élevé et le palpeur écarté du foil. Le rapprochement du palpeur était lié au poids de celui-ci, qui était moins « supporté » par l’eau. Il est aussi fort possible que le palpeur n’avait pas un profil symétrique mais un profil porteur. Si c’était bien le cas, la diminution de la surface du palpeur par l’élévation de l’engin, devait diminuer sa portance. Il paraît aussi probable que le palpeur ait pu être vrillé pour développé plus ou moins de force en fonction de l’enfoncement… Un jeu d’axes et de tubes métalliques transformait le mouvement du palpeur en mouvement vertical afin de lever ou de baisser un support situé parallèlement à la jambe de force. Ce support était connecté à un axe qui actionnait une tringlerie située à l’intérieur de la jambe de force.

Schéma Knaggs par FM

Knaggs Flying Foiler – via Gary Baigent

Knaggs Flying Foiler – via Gary Baigent

Knaggs foil system – via Gary Baigent

Knaggs foil system – via Gary Baigent

2 – Samuel Bradfield, la voie Phillips et Shaughnessy améliorée ?

Il semble qu’il faille attendre 1995 pour voir apparaître le système de régulation de l’incidence développé par Sam Bradfield et ses associés d’Hydrosails, Tom Haman et Mike McGarry. Ce système est pour moi, mais j’avoue que je ne mettrai pas mon « foil à couper », basé sur la même idée de départ que celle de Phillips et Shaughnessy. Mais, si c’est bien le cas, Sam Bradfield aurait réussi à trouver le juste équilibre poids / surface du traînard qui permet au système de fonctionner. Samuel Bradfield, fut en début de carrière professeur et chercheur à l’université du Minesota. Au cours des années 60 et 70, il travailla avec ses élèves sur des projets d’engins à foils. Il développa entre autre NF2 (Neither Fish Nor Fowl) qui a détenu le record de vitesse en Class C entre 1978 et 1982. Samuel Bradfield à travaillé sur tous les types de foils, en V, en échelle, pour terminer par les foils en T avec régulation par « traînard ». On lui doit entre autre des engins de « grandes dimensions » équipés de foils en T comme Eifo (25 pieds) ou Scat (37 pieds).

Fonctionnement

Le système est équipé d’un bras/traînard en partie immergé qui de part sa forme, sa surface et sa flottabilité, a tendance à reculer par rapport au foil. Le bras/traînard, est connecté à un volet de bord de fuite. Le décollage de l’engin et donc la diminution de la flottabilité du traînard, occasionne le rapprochement du palpeur avec l’axe de la jambe de force et donc une diminution de l’angle du volet. Et bien entendu, inversement lors de la diminution de la hauteur de vol. Par rapport au système Simmonds, cette configuration permet d’obtenir un système directement couplé au foil.

Schéma Bradfield par FM

Windrider Rave – Voiles magazine N° 36 décembre 98

Windrider Rave – Voiles magazine N° 36 décembre 98


3 – Michael Baranski, un concept proche du « Ketterman »

Ce système qui d’après les maigres informations que j’ai pu trouver, est proche de celui mis au point par Greg Ketterman a été inventé par M Baranski dans les années 90 (parution d’un article en 1997), le palpeur semble être remplacé par une sorte de foil en échelle qui par son enfoncement régulerait l’incidence du plan porteur principal situé en retrait. Testé sur au minimum un engin ce système ne semble pas avoir été largement diffusé.

Fonctionnement

Il semble que par rapport au système Ketterman, le seul important changement soit le remplacement du flotteur par un foil en échelle. Bien entendu d’autres points différaient peut être, comme la possibilité de modifier les réglages en vol ou l’amortissement du système.

Schéma Baranski par FM

Baranski Hydrofoils system - Australian Multihull World Mag N° 37 nov 1997

Baranski Hydrofoils system - Australian Multihull World Mag N° 37 nov 1997

4 – Claude & Gérard Tisserand, la voie de la sagesse !

Claude tisserand et un des pionniers des voiliers à hydrofoils en France. Il commence ses études sur ce sujet en 1964. En mai 1966 débutent les essais du Veliplane I, trimaran de 4,50 m de long qui atteint 15 nœuds et démontre les possibilités de la formule. Suivent le II et le III réalisées à partir d’une coque de 470. Malgré un bel article dans la revue « Nautisme » en novembre 1966, en France, personne ne s’intéresse à ce type d’engin jusqu’à ce qu’Eric Tabarly essaye en 1976 une maquette très proche de son Veliplane IV. A partir de 1980, faute d’intérêt public, il commence à s’intéresser à une nouvelle catégorie d’aéronefs : les ULM. Après plus de 30 ans d’interruption Claude reprend, avec son frère Gérard, son travail sur les voiliers à Hydrofoils. Ils dessinent et réalisent le Tétrafoiler qui cette fois est équipé de foils en T pour lesquels ils développent un nouveau concept de système de régulation.

Fonctionnement

Voici une nouvelle technique développée au 21ème siècle. Comme quoi, il est toujours possible d’innover ! Par rapport à la majorité des systèmes présentés, la régulation « Tisserand » ne fait pas appel au déplacement vertical d’un palpeur ou d’un traînard… Mais je ne vais pas tenter d’expliquer son fonctionnement ! En effet, Claude et Gérard souhaitent conserver confidentiel leur système de régulation. Je respecte leur choix (même sous la torture je ne donnerai aucun détail sur son fonctionnement !) et je vous laisse donc imaginer la cinématique de cette régulation à partir de la photo ci-dessous et de celles présentées dans l’article sur le Tétrafoiler présenté sur « Foilers ! » ….

Le Tétrafoiler de face V2007 – photo C Tisserand 2007

Le Tétrafoiler de face V2007 – photo C Tisserand 2007


5 – Et puis aussi…

Gordon Baker

J’aurai aussi pu présenter le système de régulation concocté par Gordon Baker vers 1955 pour son monocoque Monitor, mais il s’agit d’une régulation de l’incidence sur des plans porteurs non complètement immergés puisqu’en échelle. De plus, la régulation n’était pas fonction de la hauteur de vol (puisque régulée par le principe du foil en échelle) mais par les efforts supportés par le gréement. En effet l’étai et le pataras étaient reliés au safran/foil en échelle. Le couple « d’enfournement » supporté par le gréement était transmis au foils arrière qui en changeant d’incidence compensait cette tendance. A l’arrêt, le mat se baladait en avant et en arrière ! De même, il semble que les efforts supportés par les haubans servaient à réguler les foils principaux (6 plans à 45°).

Monitor – Course au Large N°39 juin/juillet 1986

Monitor – Course au Large N°39 juin/juillet 1986

Régulation sans mouvements

Certains engins à moteur Russes tiraient parti de la perte de portance que génère l’arrivée d’un foil près de la surface, pour réguler la portance d’un plan horizontal (lorsque la distance plan porteur / surface est proche de l’équivalent de la corde du plan porteur). Sans autre artifice, ce type de régulation naturelle peut difficilement fonctionner sur un engin dont la vitesse est variable et dont l’assiette est liée à la force encaissée par le gréement. L’université de Warwick en Angleterre a essayé d’améliorer ce système en rajoutant sur leur projet Future Foils, des évents sur la jambe de force, évents connectés à des orifices sur le bord d’attaque de l’extrados. A partir d’une certaine hauteur de vol, un évent puis un second et ainsi de suite auraient aspirer de l’air qui aurait été naturellement « injecté » sur le bord d’attaque afin de limiter la portance. Malheureusement les essais réalisés n’ont pas permis de démontrer l’efficacité de cette piste.

Et les Moth à foils ?

Pour moi, le système qui équipe les Moth, est celui inventé par Simmonds. Les premiers essais de mise en place de foils sur un Moth sont dus au travail de Ian Ward en 1998. Les foils étaient montés en bout d’aile et sur le safran. Il s’agissait de foils en V. Rapide dans la brise, l’engin était complexe, difficile à gréer et à mettre à l’eau et pas très amusant à barrer (trop stable !). Ian Ward aurait alors dès 1999 travaillé et volé sur un bifoiler. Toujours en Australie, Brett Burvill et Marc Pivac en 2000, ont aussi travaillés sur l’architecture « trifoiler ». Enfin en 2002, John et Garth Ilett se sont eux aussi lancés dans l’aventure bifoiler. Une modification de la jauge (violation de la règle « anti-multihull » avec les foils en V montés en bout d’aile), mais aussi un mauvais passage dans les vagues des bateaux équipés de 3 foils ont fait migrer les Moth de trifoiler à bifoiler. Sur certains modèles, la tringlerie a été remplacée par du câble (push – pull). Un système de sandow de rappel permet de s’assurer que la baguette souple revient bien en position (en contact avec la surface).

Brett Burvill sur un Moth avec foils en V en bout d’aile - Seahorse avril 2000

Brett Burvill sur un Moth avec foils en V en bout d’aile - Seahorse avril 2000


A voir

Très belle vidéo traitant des hydrofoils à moteur réalisé par l’US Navy mais non dénuée d’intérêts (provenance IHS) : Foilborne, the story of U.S. Navy hydrofoil Development

Remerciements

Daniel Charles, Gary Baigent

Sources “Historique des systèmes mécaniques de régulation” de 1/3 à 3/3

  • Wings under water – Flight and aircraft engeneer nov 1948
  • A new speedboat – Children’s Newspaper 13 avril 1948
  • Preliminary investigation of the static and dynamic longitudinal stability of a Grunberg hydrofoil system – NACA 1952
  • Get your hydrofoils flight – Yachting world juill 1974 – James Grogono
  • Les hydrofoils sont là – Les cahiers du yachting N°196 avril 1979 – Daniel Charles
  • L’invention de Gordon Baker – Les cahiers du yachting N°238 octobre 1982 – Daniel Charles
  • Faster! Faster! Quest For Sailing Speed – David Pelly 1984
  • Icarus the boat that flies – James Grogono 1987
  • Australian Multihull World Magazine N° 37 nov 1997 – M Baranski
  • Aero-hydrodynamics of sailing second edition – CA Marchaj 1998
  • The design and development of a 4.9m hydrofoil catamaran – E.J.C. & G.C.Chapman janv 1999
  • Greed for speed – Yachting world mai 2000
  • Development of Dinghy Foilers – Dr. Ian Ward mars 2004
  • Light Brigade – the New Zealand school of yacht design – Gary Baigent juillet 2006
  • Echanges avec Gary Baigent – mai 2009
  • The feasibility of hydrofoil craft in the indian environnement – Dr. Leopoldo Rodriquez, non daté
  • Site internet de l’International hydrofoil society – www.foils.org/
  • + diverses revues, livres et sites Internet

Historique des systèmes mécaniques de régulation 2/3

26 juin 2009

De Hook à Ketterman

Déjà publié :

1/3 – Les Pionniers

1 – L’utilisation sur un voilier

Christopher Hook – Miss Strand Glass & Miss Bosham

Développé par Christopher Hook « himself » vers 1972, Miss Strand Glass était un voilier de vitesse équipé de foils en T asservis. Il était aussi possible d’intervenir manuellement sur le pilotage des plans porteur. Ce bateau a connu, sous le même nom, de multiples variations de configurations. Il ne brilla malheureusement pas lors de ses apparitions à la semaine de vitesse de Weymouth. Il fut victime de problèmes de contrôle de la hauteur de vol et de casses. Malgré de multiples modifications, il fut toujours handicapé par son sur poids. Il se passa même à une époque de son système de régulation pour un pilotage de l’incidence manuel mais il ne décolla jamais réellement. C. Hook travailla aussi sur un second engin baptisé Miss Bosham qui fut brièvement équipé de foils asservis mais sans plus de résultat. Le gréement était de type biplan « auto piloté » et l’engin avait été réalisé à partir d’une coque de canoë.

Proposition de régulation d’un voilier par C Hook - Aero-hydrodynamics of sailing - CA Marchaj 1998

Proposition de régulation d’un voilier par C Hook - Aero-hydrodynamics of sailing - CA Marchaj 1998

Une des versions de Miss Stand Glass à Weymouth - Yachting world juill 1974

Une des versions de Miss Stand Glass à Weymouth - Yachting world juill 1974

Philip Hansford – Mayfly

En 1974 Philip Hansford, concepteur du génial Mayfly, testa un système de « Hook Hydrofin » sur ce bateau qui était auparavant équipé des foils en V. Le système comportait de petits patins que P. Hansford changea, après un premier essai. Les premiers tests étaient encourageants, malheureusement en 1974 lors de son premier run à la semaine de vitesse de Weymouth, un des foils se brisa alors que le bateau était piloté par Philip Hansford et Andrew Grogono (Icarus). Ce problème était peut être lié au sur poids du deuxième occupant… Philip Hansford remit donc en place son ancien jeu de foils en V et abandonna ce concept, pour Mayfly…

Mayfly de P Hansford en version foil en V – Photo Guy Gurney

Mayfly de P Hansford en version foil en V – Photo Guy Gurney

Pattison and Wynne – Force 8

En 1976 le système « Hook Hydrofin » est enfin adopté avec succès sur le trimaran Force 8 des frères Pattison. Comme sur les engins de C. Hook, le système de régulation comportait un bras dirigé vers l’avant et muni d’un patin effleurant la surface. Ce bras pilotait le plan porteur via une tringlerie et un système de câbles push pull. C’était un système proportionnel « simple », mais les frères Pattison avaient aussi intégré un réglage manuel (volant), semblable dans sa fonction au « manche » d’un avion : gauche/droite, réglage de l’assiette et tiré/poussé, hauteur de vol.

Force 8 des frères Pattison -  Bateaux N°307 décembre 1983

Force 8 des frères Pattison - Bateaux N°307 décembre 1983

2 – Phillips et Shaughnessy, une nouvelle voie

Pendant que les frères Pattison testent le système Hook, en 1976, Phillips et Shaughnessy travaillent eux un système de « traînard » constitué d’une baguette presque verticale qui pivotait à partir de sa fixation sur la coque. La variation de profondeur d’immersion de la baguette devait fournir « le retour d’information » nécessaire à la régulation de hauteur de vol.

Fonctionnement

D’après les maigres informations que j’ai pu trouver, l’idée était théoriquement la suivante : un bras immergé aurait, en fonction de la hauteur de vol et donc de sa surface immergé, été plus ou moins entraîné vers l’arrière. En vol, la faible surface immergé aurait eu tendance à ramener le bras vers la jambe de force du foil et donc, par l’intermédiaire de la tringlerie et un système de câbles push pull, à diminuer l’angle d’un volet de bord de fuite. Toutefois si en vol la surface diminuait, par contre la vitesse augmentait et par la même occasion la force appliquée au traînard. Normalement un contrepoids devait permettre de remettre en position le traînard et ainsi de contrecarrer l’accélération de l’engin. Mais cela ne semblait pas fonctionner parfaitement. Même si l’essai ne fut pas couronné de succès, il s’agit là, sauf erreur de ma part, d’un des premiers développements de régulation « vers l’arrière ».

Schéma Philips et Shaughnessy par FM

3 – Simmonds, un nouveau concept réussi

Vers 1977, Simmonds, hydrodynamicien chez « Southern Hydrofoils Co », développa un système de traînard qui suivait la surface de l’eau et régulait l’incidence d’un volet de bord de fuite. Il le testa sur son classe A Rampage mais qui n’était équipé que d’un seul foil sur une des coques. En 1985 Philip Hansford (voir Mayfly), adopte ce système et le dispose des deux côtés de son trimaran Dot qui deviendra plus tard Philfly. Cette configuration lui permis d’obtenir un engin qui vola dès sa première sortie et qui se révéla extrêmement stable dans toutes les conditions testées. Le fait de ne réguler seulement que l’angle du “flap” lui permettait de diminuer l’échantillonnage de la tringlerie et du palpeur. Plus tard, G.C.Chapman, équipa Bandersnatch (4.9 m), son catamaran, du même type de régulation. Ce catamaran servi de plate-forme de test pour une variété de configurations convergeant finalement à l’utilisation d’un volet de bord de fuite. Bandersnatch fut suivi de Calliope (5,36 m), puis de Ceres (6,15 m).

Fonctionnement

De part la taille du bras et sa position sur l’étrave, ce système s’apparente à un “Hook Hydrofin” à l’envers. Cette fois, le bras est dirigé vers l’arrière et non vers l’avant. La hauteur du palpeur, équipé ou non d’un flotteur, régule l’incidence d’un volet de bord de fuite (deuxième changement par rapport au Hook Hydrofin)

Schéma Simmonds par FM

 Philfly de Philip Hansford -  Livre “Icarus the boat that flies” James Grogono 1987

Philfly de Philip Hansford - Livre “Icarus the boat that flies” James Grogono 1987

4 – Greg Ketterman, les hautes vitesses

Force 8 et les travaux de Hook ont inspirés Greg Ketterman mais il a apporté, entre autre, l’idée d’utiliser un système souple permettant d’amortir les mouvements. Greg Ketterman qui est ingénieur en mécanique et architecte naval, a démarré ses recherches sur la régulation des foils en 1981 avec comme but de battre le record du monde de vitesse à la voile. Il a aussi travaillé sur de nombreux engins de loisirs pour le service R&D de Yamaha puis pour Hobie cat ou il travail aujourd’hui. C’est à lui que l’on doit le foils en L. Au cours de sa longue période d’expérimentation il a développé de nombreux engins : maquettes à foils, TF20 (vitesse), TF2 (vitesse), Avocet I II & III (loisirs), Longshot (vitesse), TF3 (vitesse), TFP (loisirs), Trifoiler (loisirs). Avec comme pilote Russel Long, Longshot réalisa un run à 43.55 nœuds à Tarrifa en 1993.

C’est ce type de régulation que l’on retrouvera ensuite sur d’autres engins comme O Paf des frères Durand ou Brest Nautic (foils en U) de M Gahagnon – JB Cunin et Claude Breton…

Fonctionnement

Le centre de gravité de l’ensemble foil / flotteur / bras / palpeur est situé en avant de l’axe de rotation du système. Ces différents éléments sont solidaires (même si le flotteur du palpeur peut être articulé). Le centre de gravité étant situé en avant de l’axe de rotation, le flotteur du palpeur doit théoriquement être toujours en contact avec la surface. La traînée du foil et le bon positionnement de l’axe de rotation par rapport à la résultante du plan porteur, permettent eux aussi de garantir le contact du palpeur avec l’eau. Le décollage de l’engin fait diminuer l’incidence (et inversement), proportionnellement à la hauteur de vol. C’est un système qui, lorsqu’il est maîtrisé, à l’avantage de diminuer les pièces en mouvement. Par contre celles-ci sont plus grandes et les efforts aussi…

Schéma Ketterman par FM

Longshot Sainte Marie de la Mer - Neptune Nautisme N° 93 mai 1992

Longshot Sainte Marie de la Mer - Neptune Nautisme N° 93 mai 1992

A suivre :

3/3 – De Knaggs à Tisserand



Historique des systèmes mécaniques de régulation 1/3

17 juin 2009

Les Pionniers

Ça m’a pris comme ça, une nuit, je me suis dit : “il faut explorer le gouffre de la régulation” ! J’ai rassemblé le matériel : casque, lampe à acétylène, sac étanche, baudrier, combinaison… Il fallait bien ça, car la descente vers -1930 / – 1940 allait être difficile. Qui le premier à essayer de dompter un foil immergé ? Qui a transposé ce système sur un voilier ….? Qui a ensuite utilisé au maximum de ses possibilités cette technique ? J’ai fouillé dans la glaise, découvert au détour d’un ressaut des informations. Mais j’ai aussi pu loupé une salle, un puit… Difficile, impossible même, de faire correctement le tour de la question. Je vais donc essayer de parler des principaux protagonistes, de ceux qui ont cherché de nouvelles voies ou qui ont marqué les plans d’eau. Alors amis spéléo. de la portance, si vous avez une « topo » plus précise merci de m’en faire part….

Rappel :

L’analyse faite par Daniel Charles sur la problématique des bateaux à foils est une très bonne introduction aux problèmes de régulation et d’amortissement des foils. Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire cet article, je vous conseil de faire un petit tour sur cette page…

Les pionniers

Au début du 20ème siècle, les rares engins à foils étaient exclusivement des engins à moteur équipés de foils en échelle ou en V (Graham Bell, Forlanini, Crocco, Tietjens). Ces bateaux naviguaient correctement par mer calme mais étaient confrontés, en plus de leurs problèmes de fiabilité, à un souci de mauvaise tenue à la mer. Deux pionniers, Grunberg et Hook, ont donc séparément travaillés sur la voie de l’incidence variable plutôt que sur celle de la surface variable. Par ce qu’il a réalisé non seulement des maquettes, mais aussi des bateaux à moteur ou à voile, Christopher Hook est souvent cité comme pionnier dans la conception du premier système de régulation des foils immergés. Toutefois un peu avant lui ou en même temps, Wsevolode Grunberg a lui aussi travaillé sur ce concept, c’est vrai avec un peu moins de réussite.

1 – Wsevolode Grunberg

Wsevolode Grunberg, chercheur d’origine russe mais vivant en France a dés 1937 travaillé sur les foils immergés puisqu’en juin de cette année, il publia un rapport sur un système sustentateur auto stable. C’est en France qu’il va tester la mise en place de patins sur une maquette de bateau à moteur équipé d’un seul foil central. Ces patins étaient fixés directement de chaque côté de l’étrave et ne donnaient pas de bons résultats dans le clapot. En 1939 il est invité aux USA par le comité consultatif national pour l’aéronautique (NACA), pour présenter ses idées. Le NACA était fortement intéressé par le par le concept proposé par Grunberg afin d’améliorer l’atterrissage et le décollage des hydravions. Grundberg va donc travailler avec les américains à la conception de maquettes qui seront testées au fameux centre de Langley. Malheureusement, la seconde guerre mondiale va éclater, ce qui va empêcher Grundberg, qui était citoyen étranger, d’obtenir les résultats de ses propres recherches ! Ce n’est qu’après la guerre, après avoir obtenu la nationalité américaine et changé de nom, qu’il pu accéder aux résultats des tests réalisés par les américains et qu’il découvrit que ceux-ci avaient été fructueux. Grunberg devenu Craig Waldemar, travailla ensuite sur le développement d’un « pilotage non mécanique » pour la régulation des foils immergés les bateaux à moteurs. Mais son idée de régulation par patins fut longuement testées sur différents hydravions.

Fonctionnement

L’idée directrice était donc de réguler entièrement la plate forme qui était équipée d’un seul foil fixe. Les patins étaient fixés sur l’étrave du bateau (monocoques) ou de l’hydravion. Cela ne semblait pas fonctionner sur les premières maquettes de bateau. Les résultats était plus satisfaisant sur les hydravions. Ce travail ressemble à celui développé bien des années plus tard par Greg Ketterman (pas de mouvement du plan porteur, pas de volet mobile). Bien entendu, chez Ketterman (qui semble avoir plus étudié Hook que Grunberg : voir son brevet), c’est chaque ensemble foil/flotteur/palpeur qui travail séparément, comme une plate forme, pour faire décoller la plate forme complète…

Preliminary investigation of the static and dynamic longitudinal stability of a Grunberg hydrofoil system – NACA 1952

Preliminary investigation of the static and dynamic longitudinal stability of a Grunberg hydrofoil system – NACA 1952

1 – Christopher Hook

En 1950 Christopher Hook reprend l’idée des patins mais va les connecter directement aux foils. Par rapport au travaux de Grunberg, il va développer un système « foil par foil » et ne pas agir seulement sur la position de la plate forme (qui ne donnait pas de bons résultats sur un bateau), mais sur le plan porteur du foil. Christopher Hook a étudié l’architecture navale et l’aérodynamique en France pendant la seconde guerre mondiale (en zone occupée). Il réussi à s’échapper d’abord à Lisbonne puis au Kenya, où il réalise de nombreuses expériences dans des conditions assez rudimentaires. C’est dans ce pays, à partir de 1942, qu’il construit trois bateaux dans le but de mettre au point un système mécanique de contrôle de l’incidence. En 1945, la guerre terminée, il se rend en Angleterre et propose ses plans à la marine anglaise qui doute de l’intérêt de son invention. Mais lorsque la marine découvre que les Allemands ont réalisés des engins à hydrofoils de 80 tonnes pour la chasse aux sous marins, il est enfin prit au sérieux. Il poursuit donc ses travaux sur 3 maquettes au Royal Aircraft Establishment de Farnborough. Au début des années 1950, C. Hook se déplace aux USA emmenant avec lui son modèle de test. C’est au USA que naissent « Hydrofin », équipé d’une hélice aérienne, puis « Icarus » propulsé par un moteur hors bord.

Modèle d’essai de Christopher Hook testé à Farnborough - Flight and aircraft engeneer nov 1948

Modèle d’essai de Christopher Hook testé à Farnborough - Flight and aircraft engeneer nov 1948

Hydrofin de C Hook photo Mark Kauffman – LIFE  05-05-1950

Hydrofin de C Hook photo Mark Kauffman – LIFE 05-05-1950

Fonctionnement

Au repos, le volet du plan porteur immergé qui est fixé par l’intermédiaire d’un axe en bas de la jambe de force (fixe), a une incidence importante. Ce plan porteur est relié par l’intermédiaire d’une tringlerie à un patin disposé à l’extrémité d’un bras. Avec la vitesse, la portance augmente, le bateau décolle et le patin, en raison de son poids, « descend » pour suivre la surface de l’eau. Le mouvement du bras, agit sur le plan porteur soit pour diminuer l’incidence et donc la portance, soit pour l’augmenter…

Schéma Hook par FM

A suivre :

2/3 – De Hook à Ketterman

3/3 – De Knaggs à Tisserand