Nouveau record sur mer !

27 mars 2009

Après le sable, l’eau (voir le très intéressant article de notre bon Dr. sur Greenbird) !

Macquarie Innovation aurait battu la nuit dernière le record du monde de vitesse détenu par un “bateau” avec un run à 50,43 nœuds  (et une  pointe à 54,23 nœuds) !!

Record qui demande à être validé par le WSSRC. Il pourrait être réduit à 50,08 nœuds afin de tenir compte d’un courant lié à la marée.

Ce record, si il est validé, est encore un peu en dessous du record toute catégorie détenu par Alex Caizergues avec 50,57 nœuds. Toutefois, Macquarie deviendrait le premier “voilier” à passer 50 nœuds sur 500m. Il bat par la même occasion son propre record de 48,14 nœuds réalisé, comme ce nouveau run, à Sandy Point (janvier 09).

Ci-dessous, superbe photo de Steb Fisher :

Macquarie Innovation - photo Steb Fisher

Macquarie Innovation - photo Steb Fisher


Nouveau record sur terre

27 mars 2009

Greenbird, piloté par Richard Jenkins a atteint hier 202.9 km/h (126.1 mph, soit 109.6 noeuds) et battu le record de vitesse à la voile sur terre détenu depuis 1999 par Iron Duck.

Greenbird devient ainsi l’engin à voile le plus rapide toutes catégories. Il semblerait en effet que le record sur glace à 230km/h de 1938 soit suspect car les engins les plus modernes n’ont atteint “que” 135 km/h (84 mph, 73 noeuds) sur glace. Greenbird a tenté de battre ce record cet hiver, et va encore s’y attaquer

Leur blog donne plus d’infos sur les conditions du record et permet de se tenir au courant des prochaines tentatives.


Divers d’hiver

19 février 2009

Quelques nouvelles en vrac :

  1. j’ai (enfin) mis à jour la page des records en y ajoutant le graphique illustrant la progression des records dans les différentes classes remplaçant l’ancien
  2. ceci m’a fait penser à une petite chose peu connue : savez-vous comment Yellow Pages Endeavor (YPE) a fait pour décrocher 3 records de vitesse dans les 3 classes B, C et D en quelques jours d’octobre 1993 ? L’engin avait une voile rigide d’environ 21m2, proche de la limite supérieure de la classe B : record. En ajoutant un petit plan de 2 ou 3 m2 en dessous du tripode, au raz de l’eau donc peu efficace, l’engin passe en classe C : re-record. Ensuite on ajoute une petite rallonge de 4 ou 5m2 en haut de la voile pour atteindre 28m2, le minimum de la classe D et re-re-record, bien que plus lent car il faut faire attention de ne rien casser. Or Macquarie Innovation, le successeur de YPE, utilise pratiquement la même astuce : il vient de battre le record en classe C, mais les records en classe B et D sont à sa portée, il suffit de quelques jours de bonnes conditions météo…
  3. Plus de nouvelles de WotRocket depuis le 20 novembre, où l’équipe avait annoncé la reconstruction du bateau et son retour pour 2009. En attendant, on peut admirer de chouettes photos réalisées par Christophe Launay, dont certaines sont instructives :
wotrocket

Encore un site flashy mais peu pratique. Pour voir les photos il faut cliquer sur "Yachting" puis sur "WotRocket", puis sur une photo...


O Paf et autres tripodes des frères Durand

15 février 2009

Les tripodes développés par les frères Durand sont des engins peu connus et qui pourtant méritent largement un article sur Foilers. Comme ils sont peu connus, il n’existe pas beaucoup d’informations à leur sujet. Heureusement la revue Bateaux a en 1990 réalisé un bel article qui m’a permis de trouver un peu de matière. Loïck Durand, qui a déjà visité les pages de Foilers, pourra si besoin corriger les possibles erreurs présentes dans cet article.

Des engins particuliers à plus d’un titre.

Tripodes mais avec une structure en triangle et non en Y, gréements particuliers, appendices inédits, les tripodes des frères Durand étaient et son toujours des OFNI de la vitesse. Gilles et Loïck Durand ont développés plusieurs canots basés sur la même architecture. Mais c’est sous le nom de O PAF dans les années 90 que la formule a marqué les mémoires de ceux qui traînaient à Brest, Weymouth ou au Saintes Maries.

Les pilotes et concepteurs

Gilles et Loïck Durand ne sont pas de simples amateurs bricoleurs. Loïck ingénieur arts et métiers et Gilles physicien avaient (et ont toujours), de sérieuses compétences qui leur ont permis de développer une série d’engins innovants et performants. A commencer vers la fin des années 80 par la création de Danto Rogeat. Danto Rogeat fut suivi par O Paf (aussi nommé Diatrace Ludotel) et O Paf 2. O Paf étant l’anagramme de  “Foil Asservi en Profondeur en forme de O” !

O Paf - Mulicoque magazine N° 47 juillet 1993

O Paf - Mulicoque magazine N° 47 juillet 1993

Les moteurs

Danto Rogeat fut, sauf erreur, le premier des tripodes développés par les frères Durand (1988). Il était déjà équipé d’un cerf volant de 14 m² situé à très faible distance de la plateforme qui était déjà équipée de foils (plateforme de 60 kg).

C’est sur O Paf que les frères Durand vont passer à la vitesse supérieure dans le maniement des cerfs volants. Fixé à l’aplomb du centre antidérive, le gréement d’O Paf permettait, en plus d’économiser le poids d’un mat, de n’induire aucune force de chavirement.

Autre intérêt de ce gréement, il permettait de naviguer sans faire de rappel et de supporter des surfaces de voile importantes (jusqu’à 28 m²). La force vélique à composante verticale diminuait aussi le travail demandé aux foils.

Les cerfs volants utilisés avaient une surface comprise entre 7 et 27 m² et pesaient de 2 à 7 kg. Réalisés en toile à spi ils n’étaient pas munis d’armature et ressemblaient à ceux utilisés en vol libre (mais s’orientaient eux même en incidence).

O Paf Saintes Maries 1990 - Photo transmise par Loïck Durand 12-2008

O Paf Saintes Maries 1990 - Photo via Loïck Durand 12-2008

Autres intérêts de ce gréement, le fait de travailler à une altitude “élevée” (vent plus fort et plus stable) ainsi que l’utilisation d’un profil épais. Le lancement de grands cerfs volants depuis un pneumatique n’était pas simple. La distance plateforme/aile était réduite afin de diminuer les embardées de l’ailes (environ 8-10m).

Un des désavantages du système semblait être les difficultés rencontrées pour virer de bord (empannage) et pour ralentir ! Le freinage fut amélioré par l’adoption d’un système de freinage par basculement des foils.

Vers 1992, le gréement cerf volant fit place à deux voiles de planche. Solution plus maniable et facile à gérer. Les concepteurs d’O Paf furent peut être impressionnés par les performances et la maniabilité de Longshot qui était un bel exemple de ce qu’un engin gréé avec un double gréement à wishbone pouvait faire.

Multicoque magazine N°41 juin – juillet 1992
Multicoque magazine N°41 juin – juillet 1992

La structure

La plateforme triangulaire d’O Paf faisait 4m de côté. Chacun des angles du triangle recevait un flotteur monté sur un axe horizontal situé au niveau du centre de carène. Chaque flotteur était muni d’un foil asservi. Amélioré d’année en année la structure de la version optimisée  et  réalisée en carbone ne pesait que 75 kg !

Dans les premières versions ou étapes, le pilotage seul ou en double, se faisait depuis le trampoline tendu entre les poutres. Ce système fut remplacé par une nacelle suspendue équipée de sièges dans lesquels le ou les pilotes étaient attachés.

O Paf - Bateaux N° 385 - juin 1990
O Paf – Bateaux N° 385 – juin 1990

Les foils

En forme de “O” et réalisés en carbone, ils étaient asservis en profondeur grâce aux palpeurs fixés à l’extrémité des flotteurs. Les foils assuraient, en plus de la sustentation, le rôle de surface antidérive. Ils permettaient, en passant en incidence négative, de ne pas renouveler la figure réalisée par le légendaire “Jacob’s Ladder” (tornado tiré par 15 cerfs volants lancés depuis la terre) : un décollage à plus de 9m dans une survente !

La forme en “O” permettait, d’après ses inventeurs, une réalisation simple. La forme de base avait été obtenue sur un moule en plâtre. Les foils étaient ensuite usinés sur un tour. Leur forme très résistante rendait possible la réalisation de foils solides et fins : 9 mm. Ceux-ci étaient calés à une incidence de 15° (par rapport à l’angle d’incidence neutre).

O Paf Saintes Maries 1990 - Photo transmise par Loïck Durand 12-2008
O Paf Saintes Maries 1990 – Photo via Loïck Durand 12-2008

Les performances

Meilleurs chronos, après avoir passé 19.24 nœuds à West Kirby et 23.34 à Brest, O Paf réalisa un run à 27.57 nœuds en 1990 aux Saintes Maries de la Mer. Ce record battu sous le nom de Diatrace Ludotel, fut un temps celui de la classe C (jusqu’à 27.80 m²).

O paf 2 - Bateaux N° 428 janvier 94 – Photo J Vapillon
O paf 2 – Bateaux N° 428 janvier 94 – Photo J Vapillon

Et après ?

Après O Paf 2, Gilles Durand a travaillé sur un autre projet très ambitieux nommé “Thémistocle” (foils, bras/aile jouant le rôle de surface portante, gréement biplan incliné, poids extrêmement faible). Projet qui resta malheureusement, et sauf erreur de ma part, qu’a l’état de maquette.

Comment de pas terminer par ce superbe clin d’œil que m’a fait suivre Loïck il y a quelques mois (utilisation actuelle de ses cerfs volants !) ?

Photo transmise par Loïck Durand 12-2008
Photo transmise via Loïck Durand 12-2008

Complément d’info. J+1

Mon ami Jean François Daron, ancien “speeder”, vient de m’apporter un peu de matière (pour les lecteurs réguliers, il m’avait déjà aidé à la rédaction de l’article sur Objectif 100).

J’indique dans la partie “Les moteurs“, que l’aile était lancée depuis un Zodiac. Cela générait une assistance lourde pour l’envoi de la voile, voir sa récupération (une ou deux personnes en permanence sur l’eau). Jean François se souvient en avoir discuté avec un des frères Durand. De fait, ils avaient modifié leur système d’envoi de la voile afin d’être plus autonome. Ils avaient installés sur la plateforme un mat “canne à pêche” réalisé avec des mats de planche. Le but était de soulager l’aile au départ, de pouvoir la hisser jusqu’à ce que le vent la gonfle et qu’elle se sustente elle même. C’était un “starter”.
Si les souvenirs de Jean François sont exacts (et je pense que oui !), après une phase de mise au point, à Brest 90 cela fonctionnait assez bien.

Jean François m’a fait suivre 2 photos prises pour Epsilon, son bateau. Au second plan on peut voir O-Paf en train de hisser son aile et même naviguer. Vous remarquerez sur ces photos le mat de lancement de l’aile.

Merci Jeff pour ce complément d’info. (texte et photos).

Epsilon, en second plan O Paf lancement de l’aile avec mat "canne à pèche" – Via JF Daron 02-09 Brest 90

O Paf lancement de l’aile avec mat "canne à pèche" – Via JF Daron 02-09 Brest 90

Epsilon de JF Daron avec en second plan O Paf début de nav.– Via JF Daron 02-09 Brest 90

Epsilon de JF Daron, au second plan à gauche, O Paf en début de nav.– Via JF Daron 02-09 Brest 90


Macquarie reprend son bien avec 48,14 noeuds !

6 janvier 2009

L’année 2009 commence sur les chapeaux de roues puisque le record du monde de vitesse en voilier, détenu depuis le 01/12/08 par l’Hydroptère, en classe D avec 46.88 n, vient d’être battu par le tripode australien Macquarie Innovation. L’Hydroptère n’aura donc détenu le record que pendant environ 1 mois. Ce record obtenu en classe C le 19/12/08, vient d’être homologué le 06/01/09 après que le WSSRC ait tenu compte des 0,46 noeuds de courant présent sur le spot de Sandy point (état de Victoria, sud de l’Australie, 160 km de Melbourne).  Lors de ce run,  Macquarie avait été chronométré à 48.57 noeuds.

Le team australien a obtenu cette vitesse avec seulement 17 nœuds de vent et attend un vent de 20/22 nœuds pour dépasser les 50 nœuds. On peut faire confiance à ce team, qui est un des plus anciens teams de vitesse, pour être patient. Lindsay Cunningham (le magicien des ailes rigides) et sa fidèle équipe 100% “Aussie” ont déjà battu de nombreux records avec leurs engins : Yellow Pages Endeavour (YPE détruit dans un run à plus de 50 nœuds) puis Extrême 50 devenu Macquarie Innovation. Ce team, auparavant spécialisé dans la conception et le pilotage de catamarans de la Petite Coupe de l’América (triple vainqueur), a en 1993 été détenteur du record toute catégories avec YPE : 46,52 nœuds (en utilisant la partie avant de la voile du classe C “Victoria 150″ datant de 1985 !).

Comme soulignait notre bon docteur dans son article “Une année de Foilie ! “, “…L’Hydroptère est un grand trimaran capable d’emmener un équipage complet sous toutes les allures… “. Macquarie Innovation, lui, ne navigue que sur un bord et ne transporte que 2 passagers (un pilote Simon McKeon et un régleur Tim Daddo). Toutefois, cet engin détient  aussi le record de transformation du vent en vitesse sur l’eau. Le run de 1993 avait été réalisé par 18 nœuds de vent ce qui à l’époque représentait un ratio de 2,58. Le nouveau ratio est de 2,83 soit presque 3 !!  En terme de “transformation”, l’Hydroptère tourne entre 1,3 et 1,6 …
Mais il faut bien avoué qu’il a fallu plus de 15 ans aux australiens pour gagner presque 2 noeuds ! Gageons que ce n’est pas fini, à suivre…

Yellow Pages Endeavour Mulicoques magazine N° 51 février mars 1994

YPE - Mulicoques magazine N° 51 février-mars 1994

Extrême 50 – Multicoque magazine N° 57 mars 1995

Extrême 50 – Multicoque magazine N° 57 mars 1995

//www.macquarie.com.au/speedsailing/background.htm

Macquarie Innovation - site Internet Macquarie 2008


Une année de Foilie !

4 janvier 2009

2008 a vraiment été une année de folie pour la voile de vitesse, avec une impressionnante série de records battus par des passionnés sur les engins à voile les plus variés. La progression fulgurante des kitesurfs ces dernières années a permis à Sebastien Cattelan de devenir le premier à parcourir 500m sur l’eau à une vitesse moyenne supérieure à 50 noeuds, et à Alexandre Caizergues de le dépasser de peu quelques jours plus tard.

La reconnaissance de ces performances comme “record absolu de vitesse à la voile” n’allait pas de soi pour tous. Une planche de kite est-elle un voilier ? La faible profondeur de l’eau a-t-elle une influence ? La discussion, mais aussi le fair-play des participants ont permis d’éviter un conflit stérile, bravo et merci à tous.

Sur ce, l’Hydroptère a atteint 46.88 noeuds sur 500m, battant le record de “Yellow Pages” datant de… 1993 ! Mais “Yellow Pages” était un prao (asymétrique) à voile rigide emmenant 2 personnes sur un seul bord, alors que L’Hydroptère est un grand trimaran capable d’emmener un équipage complet sous toutes les allures. Et quelques jours plus tard, le prao SailRocket pousse à 47.36 noeuds le record des bateaux, avant de s’envoler, tandis que l’Hydroptère se plantait en tentant de récupérer son titre. Un mois de décembre de folie, je vous dis !

Avant de nous intéresser à ce que nous réserve 2009, quelques mots sur Foilers!

Tout d’abord : merci ! Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ce blog, comme le montre ce petit graphique. Vous êtes 4x plus à nous lire qu’il y a un an, avec près de 15′000 visites en décembre. starts-2008

Vraiment, j’étais loin d’imaginer que ce sujet intéresserait tant de monde en débutant Foilers il y a près de 2 ans, et c’est très motivant pour continuer. Je suis d’autant plus content que depuis que Foilers est ouvert à d’autres plumes, je partage ce succès avec Fred Monsonnec. Merci Fred d’être venu apporter ton énergie et ta passion à Foilers! Merci aussi à tous les autres contributeurs réguliers ou occasionnels qui nous font part de leurs remarques ou précisions dans les commentaires.

La plupart des articles “d’actualité” sont lus entre 200 et 400 fois dans le mois suivant leur publication, alors que les articles “techniques” ou “historiques” sont visités régulièrement, environ 100 x par mois en moyenne. C’est ainsi que les deux articles les plus lus sont toujours ceux qui décrivent les difficultés fondamentales de la vitesse à la voile: “Le mur des 50 noeuds” a été lu 3066 fois en 2008, et “La Cavitation” 1883 fois. En 3ème position, la page des “Records” (qu’il faudrait remettre à jour…) a été vue 1778 fois en 2008.

Les kites ont franchi les 50 noeuds car ils contournent le “mur de l’eau” (pas du vent…) créé par la cavitation. Très légers, encore “soulevés” par leur voile, ils glissent sur l’eau par pression dynamique. Avec sa longue coque et sa voile inclinée, SailRocket profite de quelques points forts du kite, mais ses plans anti dérive sont eux soumis au “mur de l’eau”, tout comme l’Hydroptère, dont la voilure “classique” nécessite en plus un couple de rappel important, donc un poids élevé.

Mes collègues de l’EPFL ont bien travaillé : avec de nouveaux foils taillés pour la vitesse, l’Hydroptère a repoussé un peu la limite et peut désormais dépasser ponctuellement les 50 noeuds. Mais son accident à 60 noeuds laisse supposer qu’il s’est heurté au mur : dans une bulle d’air, voire de vide, le meilleur safran n’a plus d’effet…

Selon moi, 2009 sera l’année de deux défis :

  1. le développement de foils supercavitants opérationels sur des voiliers. Sans ça, il n’y aura pas de 50 noeuds en équipage, et encore moins de 55 ou de 60. Ce n’est pas très difficile. C’est juste un problème technique. Il faut le courage de reconnaitre qu’on ne peut plus avancer sans, et puis se lancer…
  2. la relance de la fonderie d’ “alliage carbone/argent” : les sponsors. Ca, ça risque d’être plus compliqué. Mais en parlant un peu autour de nous de notre passion, on voit bien qu’elle soulève l’enthousiasme. Et quel meilleur support pour une marque dynamique qu’une grande voile colorée qui file plus vite que tout engin à moteur, sans un pet de CO2 ?

Comme dans tout sport, il y a les champions dont tout le monde parle, et il y a des centaines de passionnés amateurs ou professionnels qui bricolent des engins fous dans leur garage ou épatent les foules sur l’eau. Tous ont aussi besoin d’encouragements, de soutien et de “buzz” : les Moth à foils, les foilers du Lac (quel Lac ? ben… LE Lac !), les modèles réduits, les étudiants qui font des TIPE, et aussi tous les autres que je n’oublie pas :

A tous Bonne et Heureuse Année 2009. Que les vents vous portent dans la bonne direction, et vite !


Chandeleur avant l’heure ?

22 décembre 2008

Faut il créer une seconde chandeleur spéciale engin de vitesse ? Une première pour les crêpes en février et une seconde pour les engins de vitesse en décembre ? Après Sailrocket, voilà que l’Hydroptère vient de terminer l’année en beauté !

Je n’ai malheureusement pas plus d’informations que celle que vous avez déjà sûrement entendues ou lues. Mais cette nouvelle fera l’objet, je suppose, de nombreux commentaires (certains sont déjà présents sur l’article “l’Hydroptère vise les 100 km/h“).

Les bras semblent intacts, le mat lui semble cassé et ressortir à travers l’espace constitué par les deux poutres du bras tribord. Si c’est la cas, et il serait étonnant vu la vitesse et la profondeur que le mat soit en état, il reste bien à l’équipe de l’Hydroptère l’ancien mat. Mais celui-ci est plus épais et est surtout plus long (voir photo en bas d’article, prise lors de l’embarquement du bateau à Lorient).

Pour ceux qui auraient eu une panne généralisée (PC, TV, Radio…), voici ce que l’on peu lire sur le très bon site Adonnante.com :

L’Hydroptère vient d’enregistrer une pointe de vitesse à 61 nœuds ce matin. Le trimaran volant est ainsi le premier voilier à atteindre cette vitesse extraordinaire.

Les conditions de vent étaient très musclées devant la plage Napoléon de Port-Saint-Louis-du-Rhône, la base de vitesse de l’Hydroptère homologuée par le WSSRC, avec 35-38 nœuds de vent établis et des rafales à plus de 45 nœuds.

Dans ces conditions, le trimaran s’est élancé à pleine vitesse pour le premier run de la journée. Profitant du vent soutenu, la vitesse a progressivement augmenté : 50, 55 puis 61 nœuds en pointe !

La risée, qui a provoqué cette accélération, était très puissante et a entraîné le chavirage de l’Hydroptère.

Alain Thébault et son équipage préparent actuellement le remorquage du trimaran, qui va être ramené au mouillage à Fos sur Mer avant d’être mis au sec.

L’équipage s’en sort avec de légères blessures mais surtout ravis de cette pointe de vitesse, qui vient confirmer le potentiel du bateau. Ils ont hâte de pouvoir reprendre les tentatives et stabiliser ces vitesses.

Quelques photos :

BYM Gallery File1, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

BYM Gallery File 1, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

BYM Gallery File 3, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

BYM Gallery File 2, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

BYM Gallery File 1, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

BYM Gallery File 3, Home > Fast Multihulls > Hydroptère

Mats Hydroptère, embarquement Lorient, photo FM 05-10-08

Mats Hydroptère, embarquement Lorient, photo FM 05-10-08


Sail… Rocket !

7 décembre 2008

Sailrocket  a atteint 47.35 noeuds sur 500m le 3 décembre, avec une pointe à 51.76 !  Ce record a été soumis au WSSRC, et s’il était validé,  Sailrocket ravirait à l’Hydroptère le titre de “voilier” le plus rapide du monde.

Après et puisque les conditions de vent (22 noeuds) et de mer étaient idéales, Paul Larsen et son équipe ont tenté un run de plus. Et là, Sailrocket s’est effectivement transformé en fusée, décolant et effectuant une cabriole spectaculaire :

Heureusement, Paul s’en sort indemne et l’engin est réparable.

Sur son blog, Paul Larsen explique ce qui est arrivé. Traduction

Au premier run, j’avais l’aile bordée (”sheeted in”) vers l’intérieur de 15 à 18° (incidence je pense…). Au second run, je l’ai mise à l’angle optimal de 10°. Le vent était plus fort d’un noeud environ, la moyenne autour de 23 noeuds… donc des rafales de 25. Nous avions démonté les capteurs de vent B+G pour les tentatives de record, donc je ne peux qu’imaginer que c’est une rafale de ce genre qui a  fait accélérer VESTAS SAILROCKET si fort jusqu’au point de surcharg. Peut-être aurais-je du être plus prudent, mais après la stabilité et le contrôle du run précédent et des navigations dans des conditions pires, j’ai simplement pensé que ce n’était pas le moment de se retenir. C’est une tentative de record absolu de vitesse à la voile, après tout. Finalement, c’est sans doute une combinaison d’effets dus aux nouvelles hautes vitesses et du vent apparent élevé qui va avec. VESTAS SAILROCKET aurait transformé cette brise de 23 noeuds en du 50+ noeuds apparent arrivant à environ 26 degrés.

Le plus  important est de comprendre et d’empêcher ceci d’arriver à nouveau.

Malcolm travaille dur là dessus avec l’aide de tout le team. Nous voulons “amortir” (dampen) tout le bateau un peu et approcher à nouveau ces vitesses du point de vue de la sécurité. Nous allons donner quelques degrés au foil pour qu’il plaque la surface planante avant plus fort et “stand the rig up so it is pulling up less” (pas compris…) Nous avons déjà commencé à évoluer dans cette direction et vous pouvez voir que le flotteur sous le vent ne vole plus aussi haut que sur certaisn runs précédents. Nous pensons aussi que le foil principal pourrait fléchir plus que ce que nous pensions et que nous devrions en tenir compte du point de vue de la sécurité. Nous allons aussi voir pour ajouter des systèmes “anti décollage” sur la poutre. Pour ce qui me concerne, je vais être un peu plus prudent avec ma façon agressive de border. Le volet principal n’a même pas été utilisé lors du run de l’envol. Quand il l’est, il contribue a garder le nez en bas.

A part ça, Paul est toujours aussi fair-play, et l’Hydroptère aussi:

C’était vraiment sympa de recevoir un (message de soutien) de la part de l’équipe de l’Hydroptere. C’est fantastique d’avoir un bateau si “hot” comme concurrent. Nous voulons tous deux desespérément être numéro 1, mais je crois que nous apprécions tous deux les efforts de l’autre équipe et leur présence. A la fin nous leur avons envoyé toutes nos données GPS pour voir s’ils obtiennent les mêmes résultats que nous avec leur programme (?). Et ils ont obtenu les mêmes. Et même si nous sommes devant maintenant, je ne pense en aucun cas que nous y resterons longtemps tant je suis sur qu’ils ont faim de retrouver leur titre de “voilier le plus rapide du monde”

Le premier run, la joie de Paul Larsen, puis le looping de Sail Rocket sont visibles sur cette video :


l’Hydroptère vise les 100 km/h

1 décembre 2008

L’Hydroptère annonce que le WSSRC a validé son record à 46.88 noeuds sur 500m obtenu le 13 novembre. C’est un peu moins que les 47 noeuds annoncés par Tendance Bleue, mais c’est assez pour enfin battre les 46.52 noeuds atteints il y a 15 ans (!) par Yellow Pages et devenir le voilier le plus rapide du monde.

Le communiqué de presse reproduit ci-dessous ne laisse aucun doute : Thébault et son équipe visent toujours le record de vitesse absolue, et le placent désormais à 100 km/h, 54 noeuds !

En prime avec leur communiqué de presse, Foilers! a reçu ces 3 belles photos que vous pourrez agrandir en cliquant dessus et transformer éventuellement en beau fond d’écran :

Le nouveau record de l’Hydroptère homologué par le WSSRC,

46,88 nœuds sur 500 mètres (en catégorie D).

l’Hydroptère améliore ainsi son record et devient le voilier le plus rapide de la planète sur 500 mètres et un mille nautique.

Le WSSRC, organisme britannique décisionnaire en matière de records, vient d’homologuer la dernière performance de l’Hydroptère.

Le 13 novembre dernier, en entraînement sur la base de vitesse de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Alain Thébault et son équipage ont profité des conditions météo favorables pour améliorer leur chrono et établir un nouveau record sur 500 mètres.

Ce nouveau record homologué, l’Hydroptère détrône le prototype de vitesse australien Yellow Pages et son record à 46,52 nœuds de moyenne et devient ainsi le voilier le plus rapide de la planète.

Après une ouverture progressive du domaine de vol, les navigations de l’automne auront permis de franchir une étape décisive :

Premier voilier à passer « le mur du vent », les 50 nœuds à la voile, l’Hydroptère améliore également son record de vitesse sur un mille nautique soit 43,09 nœuds de moyenne sur la distance.

Désireux de gravir progressivement les marches qui les conduiront vers le record de vitesse absolue, Alain Thébault et son équipage tutoient désormais le chiffre impressionnant de 100 km/h à la voile (54 nœuds) avec une pointe de vitesse à 53,69 nœuds.

l’Hydroptère stabilise donc aujourd’hui des vitesses extrêmement élevées : deux fois celles imaginées par Alain et son parrain Eric Tabarly lors du lancement de leur rêve commun. Les mesures enregistrées lors des dernières tentatives ont révélé des moyennes de plus de 52 nœuds sur 100 mètres.

Les performances de l’Hydroptère démontrent sa fiabilité mais aussi son potentiel à passer à court terme les 100km/h et décrocher le record de vitesse absolue à la voile cet hiver. Une nouvelle période de tentatives de 28 jours vient d’être accordée par le WSSRC, Alain Thébault et son équipage ont donc jusqu’au 22 décembre pour établir de nouveaux records en 2008, période qui sera, si nécessaire, reconduite en 2009.


Des records homologués, d’autres toujours pas

8 novembre 2008

le WSSRC a homologué hier les deux nouveaux records de l’Hydroptère obtenus le 29 octobre :

  • 46.15 noeuds sur 500 m
  • 43.09 noeuds sur 1 mille

Bravo à “Alain Thébault and a crew of 10″. 11 personnes sur le bateau, kite dit mieux ?

A propos, ça fait maintenant plus d’un mois que 3 kiteurs ont dépassé 50 noeuds au Luderitz Speed Challenge, et aucun de ces runs n’a encore été validé (ni invalidé d’ailleurs) par le WSSRC :

  1. Alex Caizergues à 50.57
  2. Robert Douglas 50.54 (mais son record à 49.84 quelques jours avant est homologué)
  3. Sebastien Cattellan 50.52

Même Sjoukje Brendenkamp, la première femme chronométrée au dessus de 45 noeuds, n’a pas encore eu droit à l’inscription de son record…

je cherchais une jolie photo pour cet article... voici donc le belle Sjoukje

La ravissante Sjoukje à 0 noeuds. Mais elle fait aussi du 45.

Y’aurait-il encore de l’eau dans le gaz entre les kiteboarders et le WSSRC ? Ou une réticence à accepter les progrès rapides des cerfs-volants ? Il semblerait en tout cas que le WSSRC ait de la peine à écrire le nombre “50″ pour la première fois…