Enfin la “suite” des articles “Les Véliplanes de C. Tisserand, ces méconnus ! 1/2 & 2/2″, voici 30 ans après le Véliplane IV et ses ailes rigides, la dernière création à foils de Claude Tisserand et de son frère Gérard.
Par Gérard et Claude Tisserand
A l’heure actuelle, les voiliers à hydrofoils n’ont pas encore donné toute leur mesure, et ce en dépit des réels progrès apportés par les travaux d’Alain Thébault (Hydroptère), Greg Kettermann (Longshot), Sam Bradfield (Rave) etc. En effet, un certain nombre de problèmes et de servitudes affectent les foilers actuels qui restent très peu nombreux car à la fois coûteux et peu pratiques à l’emploi).
Nous avons essayé de construire un bateau qui ait moins d’inconvénients et plus d’avantages :
- si possible, qu’il ne soit pas trop onéreux et relativement simple à construire,
- qu’il puisse replier ses foils et aller jusqu’à une plage,
- qu’il ne soit pas nécessaire de le piloter, même transitoirement,
- que ses performances soient égales ou supérieures à celles des autres foilers.
Et enfin, chose assez peu envisagée jusqu’à présent, qu’il soit capable, dans une version très agrandie, d’affronter des parcours transocéaniques, seule caractéristique qui peut le faire sortir du domaine de l’engin de records pour eaux protégées .
Pour cela notre démarche est la suivante :
1 - A l’inverse des solutions tripodes (Véliplane, Hydroptère, Trifoiler etc.), bipodes (Moth), voire monopodes que l’on a pu voir ça et là (toutes solutions qui n’assurent pas, loin s’en faut, un maximum de stabilité), nous avons adopté une géométrie analogue à celle d’une automobile (par opposition au tricycle, bicycle, monocycle !), soit quatre foils aux quatre coins d’un catamaran, ce qui procure un polygone de sustentation maximal et évite les changements d’axe sous les poussées latérales.
2 - Les hydrofoils sont entièrement immergés, ce qui assure un rendement optimal mais impose un système sophistiqué de contrôle de l’immersion. Ce contrôle est assuré par les foils avant, eux-mêmes asservis par un système de palpeurs verticaux qui sont insensibles aux irrégularités de la surface et sont auto-amortis car ils agissent en fonction du volume d’eau traversé.
3 - Une fois les réglages faits, on ne s’en occupe plus mais “l’altitude de vol” peut être ajustée en fonction des conditions de mer, en agissant sur un petit “manche à balai”.
4 – Du fait de cette disposition, il y a peu ou pas de porte-à-faux et une largeur normale du catamaran, donc des efforts raisonnables permettant une bonne solidité pour un faible coût.
5 – Le système exclusif de contrôle gère aussi bien le niveau de navigation que la gîte et le foil au vent peut passer en incidence négative, ce qui améliore grandement la stabilité.
6 – Les implications de cette disposition sont doubles :
- sur le coût : il suffit de se procurer un cata existant ou déclassé, et d’y rajouter les quatre foils ce qui revient beaucoup moins cher que de réaliser tout un bateau entièrement nouveau.
- sur la sécurité : il n’y a pas à s’occuper de la gestion des foils, entièrement automatique. Si le temps le permet, on fonce sur les foils. Si ce n’est plus possible, on neutralise les foils, et le cata redevient un cata ” normal ” (pour peu que l’on ait conservé une dérive suffisante). En cas d’avarie grave - foil arraché par exemple – le bateau reste toujours un cata (qu’il était au départ), et peut encore naviguer et rejoindre un port.

Le Tétrafoiler sur la plage V2007 - photo C Tisserand

Le Tétrafoiler de face V2007 – photo C Tisserand

Le Tétrafoiler de côté V2007 – photo C Tisserand

Le Tétrafoiler de l’arrière V2007 – photo C Tisserand
L’engin réalisé en 2006 a les caractéristiques suivantes :
- longueur : 4,7 m
- largeur (hors foils) : 2,6 m
- poids : 80 kg
- voilure : 13,6 m2
- décollage : à 10 nœuds avec 10 nœuds de vent
Après simplification système de relevage et de réglage d’altitude :

Le Tétrafoiler de côté V2008 – photo C Tisserand