Ptites news 30

16 mai 2013

Voici une petite "Ptites News", dont la partie inférieure pourra servir de « forum » aux lecteurs qui souhaitent laisser des news, liens…

Cup

Artemis chavire

Si vous ne saviez pas encore, triste nouvelle puisque le double champion  olympique anglais Andrew Simpson est décédé lors de cet accident, voici quelques liens pour en savoir plus :

Comité d’experts

Suite à ce dramatique incident un comité doit étudier le bon déroulement des futures régates, à lire sur Adonnante.com

Des mystères de la régulation dévoilés ?

Voici un très intéressant article avec pas mal de photos, qui m’a été signalé par mon ami Daniel C.

Les ailes

Pas très récent mais cela complète bien le sujet ci-dessus, voici un beau comparatif des ailes des AC72

Rappel

Pour vous rafraichir les idées sur la Cup qui commence bientôt :

  • La Louis Vuitton Cup va se dérouler du 4 juillet au 1er septembre
  • La 34e America’s Cup  aura lieu du 7 au 22 septembre à San Francisco
  • Le site de l’América’s Cup

A voile toujours

MOD 70 à foils ?

Que faire lorsqu’il est difficile de trouver de gros budget et que le programme des MOD 70 n’est pas folichon ? On réfléchi à la mise en place de « gros foils » sur les MOD en visant la prochaine Route du Rhum (hip) !

Radio

Notre bon Dr Goulu m’a signalé cette émission de la Radio RTS. Très intéressant reportage audio sur les projets de Class A à foils Suisse… Vous pouvez, comme moi, podcaster l’émission pour l’écouter plus tard…

Armand

Dernière news toute chaude, je viens de recevoir des photos du bateau d’Armand Torre qui est près à être testé. Il n’a pas encore de foil mais c’est prévu… J’avais présenté une photo de son bateau en cours de réalisation dans la Ptites news 29 et Armand a posté sur Foilers l’article Bird Kite. Ca c’est de la bonne nouvelle… bientôt, je l’espère, des photos et vidéos sur l’eau… Et le plus important, l’adresse du blog d’Armand, Innov’Kiteboat !!

Tri à foils et gréement de Kite de A Torre – photo Torre 05-2012

Tri à foils et gréement de Kite de A Torre – photo Torre 05-2012

Naoka

J’ai rencontré le concepteur de ce bel engin lors du dernier Nautic à Paris, je n’avais pas encore eu l’occasion de mettre son site et surtout son projet en avant. Voilà, c’est fait. A suivre…

Naoka au Nautic 12-2012

Naoka au Nautic 12-2012

Onesails

Onesails, performante comme une aile, facile comme une voile… ?

A moteur

Hydro Contest

Extrait du site Hydros : « Hydros lance en septembre 2013 un concours destiné à tous les étudiants en formation scientifique! Le défi à relever est celui de construire le bateau le plus rapide et le moins gourmand en énergie. Pour ce faire, Hydros met à la disposition des étudiants un kit de départ pour la construction d’un bateau à moteur doté de foils qui pourra être optimisé ou utilisé pour concevoir une nouvelle embarcation. La propulsion sera électrique, la quantité d’énergie à disposition sera imposée pour parcourir une certaine distance et le classement sera fait en fonction du temps de parcours… »

Propulsion humaine

Japon

Voici un site Japonais présentant des engins à propulsions musculaire mais pas seulement. En Japonais et la traduction par Google. La mise à jour date un peu mai sil y a des projets que nous n’avons pas l’habitude de voir.

Et vous, vous avez des news ?


Pen Duick IV versus Williwaw…

18 avril 2013

Fin 2009, au salon Nautique, j’ai l’occasion d’évoquer avec des amis de l’association Golden Oldies Multihulls - Daniel Charles et Christian Février – ce qui a pu faire naitre chez Eric Tabarly l’idée d’utiliser des hydrofoils. Pour ma part, je pense que la rencontre Williwaw (de David Keiper) / Pen Duick IV (d’André Allègre & Eric Tabarly), fait partie des pistes plausibles.

Flash back

En France, pour beaucoup de passionnés de voile, Eric Tabarly a inventé l’hydrofoil. Pourtant, lorsqu’à la fin de l’année 1971, Eric Tabarly commence à envisager l’utilisation de plans porteurs (1), de nombreux voiliers équipés d’hydrofoils ont déjà navigués (Catafoil en 1941 par exemple). Ce sont pour la plupart, de petits engins de vitesses dont le but est de décoller entièrement, ou des bateaux qui utilisent un plan porteur pour se passer de flotteurs. Ces essais ont surtout lieu en Angleterre et aux Etats-Unis, mais en France aussi, deux pionniers travaillent à la mise au point de petits bateaux. Roland Tiercelin réalise « L’escabeau » volant (en1962), puis toute une série d’engins dont un sera utilisé dans le film « Le petit baigneur » (c’est d’ailleurs R. Tiercelin qui double Louis de Funès pour les images de navigations !). Claude Tisserand, teste-lui ses Véliplanes (en 1964).

Le premier à avoir monté des hydrofoils sur un engin capable de naviguer en haute mer semble être l’américain David Keiper. En 1967, il parcourt le pacifique à bord de Williwaw, trimaran de croisière muni de foils en échelle. L’utilisation des foils reste toutefois à transposer sur un bateau de course. En 1970, David Chinery essaye de « passer à la vitesse supérieure » avec Mantis IV. Mais l’engin, engagé dans la Round Britain Race, est mal conçu et casse. En Australie, Josef T. Dusek réalise Dalibor, un drôle de trimaran qui, comme Mantis IV, n’a pas vraiment de flotteur mais des foils épais qui servent de flottabilité. Il est aussi surmonté d’un très étrange gréement…(2). Mais son cahier des charges n’inclus pas la course au large. Eric Tabarly semble donc un des premiers à transposer les foils sur une bête de course hauturière. Lorsqu’en hiver 1974 (3), Eric Tabarly réfléchit à une nouvelle machine à gagner qui deviendra Paul Ricard, c’est avant tout pour courir la Transat en solitaire de 1976. Il estime alors que les multicoques sont arrivées à leur maturité et que pour battre ceux, qui comme l’anglais Chay Blyth, se font construire de très grands trimarans, il existe une autre voie que celle du gigantisme : le foiler. Mais lorsque Paul Ricard est mis à l’eau en 1979, il n’est pas le seul bateau équipé de foils. C’est même trois foilers qui touchent l’eau en France, en plus de Paul Ricard, il y a Trimama (de Roland Tiercelin) et Hydrofolie que j’ai déjà présenté sur « Foilers ! ».

Les hydrofoils dans la presse

Dès 1955 le magazine Life montre Monitor en vol (en haut à droite, à gauche, c’est le président américain Eisenhower). Monitor qui bien qu’Américain est présenté de l’autre coté du rideau de fer, dans une revue Russe, en 1967 !

Monitor dans Life 03 octobre 1955

Monitor dans Life 03 octobre 1955

Monitor dans Katera i yahty 1967

Monitor dans Katera i yahty 1967

 Et en France, en 1955, dans son livre « Le Catamaran ce méconnu », un certain monsieur Bruneau propose d’utiliser des plans porteur pour soulager les flotteurs des trimarans ! Les revues nautiques françaises ne sont pas en reste, elles parlent depuis longtemps d’engins à foils. Par exemple « Nautisme » qui en 1966 présentait les Véliplanes de C. Tisserand.

Catamaran, ce méconnu », P R  Bruneau 1955

Catamaran, ce méconnu », P R Bruneau 1955

Véliplanes de Claude Tisserand Nautisme 1966

Véliplanes de Claude Tisserand Nautisme 1966

Bien entendu, en Angleterre, les informations circulent aussi. Elles sont même plus pointues grâce aux parutions de l’AYRS (Amateur Yacht Research Society).

Alors ?

Eric Tabarly se tient au courant des nouveautés et lit beaucoup de livres sur la voile. Cet innovateur, féru d’histoire des voiliers et de technologies ne peut qu’être au courant depuis longtemps de l’existence de ces appendices.

Pourtant, pour moi, ce qui a décidé, ou tout au moins fait réfléchir Eric Tabarly quant à l’utilisation d’hydrofoils, cette rencontre Williwaw / Pen Duick IV qui a eu lieu dans la baie de San Francisco en 1969. Pen Duick IV avait appareillé Fort de France en 1968 et rejoint San Francisco où devait être déchargé Pen Duick V (précurseur des 60 pieds) avec lequel il allait s’engager et gagner San Francisco – Tokyo. C’est au retour de cette course, qu’il a remporté avec 10 jours d’avance, qu’il prend part en juillet 1969 à la course Los Angeles – Honolulu. Non classé, et partant une heure après tous les concurrents, ils arrivent 1er, battant de 24 heures le record de la course… Cette rencontre Williwaw / Pen Duick IV a eu lieue deux ans avant qu’Eric Tabarly n’imagine utiliser des hydrofoils. Cette navigation, bord à bord, a sans nul doute participé à sa réflexion….

Pourquoi ces interrogations ?

Lorsque j’ai participé au remontage du prototype réalisé en 1976 par l’IUT de La Rochelle (bateau réalisé à la demande d’Eric Tabarly pour valider la faisabilité d’un hydrofoil), j’ai souhaité remonté un cran en arrière et essayer de mieux comprendre l’origine de cette idée. Histoire d’éviter les raccourcis que l’ont peut trouver sur Internet (et pas seulement), sur les origines de l’utilisation des hydrofoils sur un voilier…

Remontage du prototype testé par Eric Tabarly en 1976 – photo F Monsonnec 03-2009

Remontage du prototype testé par Eric Tabarly en 1976 – photo F Monsonnec 03-2009

L’idée d’Eric Tabarly

L’idée de départ d’Eric Tabarly, n’était pas de réaliser un hydrofoil (bateau décollant complètement au dessus des flots) mais d’améliorer la stabilité et la dérive par la mise en place de foils rétractables. C’est au cours des études réalisées par Alain de Bergh, Claude Picard, André Sournat et Pierre Perrier que l’idée de faire entièrement décoller un voilier de course au large, va naitre. Comme l’explique Eric Tabarly, c’est Pierre Perrier qui envisage cette solution : « … ils commencèrent leur étude, suivant l’idée que je leur avais donnée, mais, moins timides que moi, ils arrivèrent très vite à faire décoller le bateau. Pour eux, c’était vraiment la solution d’avenir…. » (4)

La rencontre, les forces en présence

 Williwaw

Williwaw - photo livre Hydrofoil voyager

Williwaw – photo livre Hydrofoil voyager


Williwaw à Auckland NZ -  photo Gary Baigent

Williwaw à Auckland NZ – photo Gary Baigent

 

En vidéo

 

 

Williwaw en chiffres

  • Longueur hors tout : 10 m 50
  • Longueur à la flottaison : 9 m 50
  • Déplacement : 2100 lb soit 950 kg à la mise à l’eau ~
  • Largeur : 4.60 m sans foils
  • Surface de voilure au près : 380 ft² soit 35.5m² ~
  • Année de construction : 1966-67
  • Matériau : contre plaqué, foils en aluminium
  • Architecte : David Keiper
  • Construction : David Keiper

 

Pen Duick IV

 

Pen Duick IV lors des essais de 1968, avec mats ailes – photo DR

Pen Duick IV lors des essais de 1968, avec mats ailes – photo DR

 

 

Pen Duick IV dans le pacifique – photo Olivier de Kersauson

Pen Duick IV dans le pacifique – photo Olivier de Kersauson

 

 Pen Duick IV en vidéo

Reportage consacré à Alain Colas à La Trinité sur Mer le départ avant la transat de 1972.

 

Pen Duick IV en chiffres

 

  • Longueur hors tout : 20 m 80
  • Longueur à la flottaison : 19 m 50
  • Déplacement : 6 tonnes lors de sa mise à l’eau
  • Largeur : 10 m 70
  • Surface de voilure au près : 107 m2
  • Année de construction : 1968
  • Matériau : aluminium Duralinox AG4MC
  • Architecte : André Allègre et Dominique Paulet
  • Construction : Chantiers La Perrière Lorient
Pen Duick IV vs Williwaw F Monsonnec 12-2012

Pen Duick IV vs Williwaw F Monsonnec 12-2012

Retour au salon nautique 2009

Pendant cette discussion avec Daniel Charles et Christian Février, j’ai fait remarquer à mes compagnons, qu’il était intéressant de comparer l’avis d’Eric Tabarly et de David Keiper sur cette rencontre. J’ai en effet retrouvé des écrits d’Eric Tabarly et de David Keiper sur ce face à face !

Eric Tabarly (5)

« …Avec une bonne brise et sur les eaux plates de la baie, Pen Duick IV allait très vite, sans doute pas loin de 20 nœuds, Nous avons laissé Williwaw sur place… »

David Keiper (6)

“…At one point when the wind piked to force, we managed to hold even with PDIV, doing about 16 knots…”

La notion de vitesse atteinte n’est pas la même. Pour David Keiper, les 2 bateaux se « tenaient », pour Eric Tabarly, Pen Duick IV a laissé Williwaw sur place… C’est vrai que les bateaux et équipages n’étaient pas comparables : longueur, nombre d’équipiers et expérience des équipiers. En effet, ils étaient 8 à bord de Williwaw ! Et l’équipage n’était pas au « top », il arrivait à D. A. Keiper d’embarqué de la « viande », plus ou moins saoule (ou fumée !), pour faire du poids à bord de Williwaw ! De plus, ses foils étaient de plus mal réglés ! La possible différence de vitesse est donc assez logique, même avec les foils de Williwaw…

Daniel Charles et Christian Février m’ont donné leurs avis sur ces écrits.

Daniel

«… quand on est devant, l’autre est loin, quand on est derrière on a l’impression de s’accrocher ». De toutes façons, Williwaw était lent (le Pacifique à 5,1 nds de moyenne, plus lent qu’un Mini-transateux !).

Christian

«… la moyenne de Williwaw lors de sa traversée du Pacifique ne veut pas dire grand chose. 5,1 nœuds sur 75 jours de navigation durant les neuf mois de l’aventure, c’est effectivement la moyenne que reconnait Keiper dans son livre (page 134). C’était un petit bateau. Williwaw naviguait parfois sans ses foils ou avec. Dave avait parfois un équipier. Parfois il était en solitaire. Autant que je m’en souvienne, il y a plus de 1500 milles en solo lors de sa traversée vers la Nouvelle Zélande et le retour à Oahu, Hawaï… Dans de bonnes conditions, Williwaw pouvait atteindre 18 à 20 nœuds. Voir les photos pages 33 et  47 de son livre… ».

Comment vérifier si cette rencontre a impressionnée Eric Tabarly ?

Et oui comment ? Comment aller plus loin et essayer de savoir si Eric Tabarly a été un peu Marseillais sur ce coup (ce qui aurait été assez étrange de sa part) ! Retrouver un des protagonistes ?

Du côté de Williwaw

David Alan Keiper est décédé en 1998 et je n’ai pas pu trouver trace d’un de ses équipiers du moment.

Du coté de Pen Duick IV

L’équipage lors de ce périple était le suivant :

  • Eric Tabarly, est décédé en 1998,
  • Alain Colas, lui aussi, n’est plus là pour en parler et il n’a rien écrit sur le sujet dans Tour du monde pour une victoire (qui correspond à cette période),
  • Jean Michel Carpentier (président de la commission Courses et Challenges de l’UNCL de 2007 à 2009)
  • Olivier de Kersauson, qu’on ne présente pas !


L’équipage de Pen Duick IV photo Alain Colas Jean Michel Carpentier, Olivier de Kersauson, Eric Tabarly « Un tour du monde pour une victoire »

L’équipage de Pen Duick IV photo Alain Colas
Jean Michel Carpentier, Olivier de Kersauson, Eric Tabarly
« Un tour du monde pour une victoire »

Jean Michel Carpentier

J’ai retrouvé Jean Michel Carpentier, qui ma donné son opinion sur cette rencontre : « En effet, je me souviens de ce défi lancé auquel Eric avait répondu après les travaux de remise en état du Pen Duick IV effectués à Stocktown, donc peu de temps avant notre départ de la baie de San Francisco pour rejoindre L.A. afin de prendre le départ de la Transpac en 1969. Je confirme tout à fait les dires d’Eric et me souviens fort bien de cet épisode avec la déformation importante des tissus entre les lattes sur la grand voile quand nous avons atteint cette vitesse exceptionnelle à l’époque de 20 nœuds….».

ODK

Le 23 juin 2010, le téléphone sonne à la maison. Mon fils décroche et prend une tête étonnée. Je commence par tendre mon pouce et mon auriculaire pour imiter un combiné et je m’apprête à faire semblant de raccrocher (comme lorsqu’un vendeur de cuisine appelle…). Je n’ai pas le temps de terminer mon mime, que mon fils me tend le téléphone en me disant : « un marin » ! Au début, j’ai cru à une blague et je ne suis pas passé loin de tout planter en envoyant balader le gars qui me dit d’une grosse voix qui n’appartient qu’à lui seul : « c’est Kersauson » ! Je réponds : « oui bien sur ». Mais l’imitation est vraiment très bonne. Normal, puisque c’est lui ! «… j’ai lu votre projet d’article », c’est tout de même étonnant de faire des recherches sur un point de l’histoire, je me suis dit, il faut que je l’appelle… ».

Pour contacter ODK, j’ai testé la voix des ondes en laissant un message sur le site d’Europe 1, puis sur la boite mail de Laurent Ruquier avec qui il travaille. Connaissant un peu la Polynésie, et ayant une petite idée du lieu de son lieu de résidence, j’ai testé une adresse approximative (il y a 30 ans, les postiers des îles étaient très imaginatifs !). J’ai contacté un de ses bras droits (il en a plusieurs, c’est Shiva !) par l’intermédiaire d’un site qui met en relation les anciens d’une même école. J’ai contacté Ouest France lorsqu’ils organisaient une rencontre entre ODK et des lecteurs. J’ai contacté sa boite de communication : sans succès… Enfin, j’ai tapé « haut » … et cela à fonctionné.

J’ai donc pu discuter avec ODK et échanger sur cette rencontre Williwaw / Pen Duick IV, qui ne lui a laissé aucun souvenir ! Il m’a tout de même donné son avis sur Williwaw. D’après la photo présente dans mon brouillon d’article, et sûrement sa connaissance de l’engin, Williwaw était « une caisse informe, une sorte de plan Piver ». Et ce n’est pas faut, puisque avant de dessiner Williwaw, David Keiper était propriétaire d’un « Nimble », un plan Arthur Piver et qu’il a beaucoup conversé avec son architecte. Pour ODK, l’idée d’utiliser des hydrofoils, Eric devait l’avoir avant d’avoir croisé Williwaw. Et toujours d’après lui, Williwaw était à l’opposé de ce qu’Eric pouvait imaginer être un bateau ! Il estime que Pen Duick IV avait déjà tout du multicoque moderne, la légèreté, la longueur des flotteurs… Olivier de Kersauson se souvient qu’à l’époque, en France, on entendait beaucoup parler des multicoques américains mais quand ils sont arrivés aux USA, à part quelques catamarans de plage, il n’y avait rien ! Il m’a aussi dit que c’était peut être De Bergh qui avait soufflé l’idée à Eric. Mais je ne le pense pas, car il semble que ce soit Eric qui a contacté De Bergh avec cette idée. Et la rencontre Tabarly / De Bergh a eu lieu après la navigation côte à côte Pen Duick IV / Williwaw…

C’est tout ?

J’ai épluché de nombreux livres et contacté madame Tabarly, Gérard Petipas, A Thébault, Alain De Bergh, François Lefaudeux, Eric Bourhis, Mariannick Buffard… mais sans plus de résultat.

Et après ?

Après Honolulu, Pen Duick IV et son équipage ont rejoint Nouméa où Alain Colas a racheté le bateau à Eric Tabarly qui ne pouvait pas payer des impôts imprévus. Alain Colas a ramené le bateau en France par le Cap de Bonne-Espérance et gagné l’OSTAR 1972 (transat en solitaire). En 1973, il réalise le premier tour du monde en solitaire en trimaran sur ce bateau rebaptisé Manureva. Il disparait lors de la route de la route du Rhum 1978. Même si Pen Duick IV avait des flotteurs submersibles, très éloignés des flotteurs à forts volumes utilisés actuellement, sa légèreté pour l’époque, sa taille, ses flotteurs très longs font de lui un des précurseurs des trimarans de course d’aujourd’hui.

Williwaw, après de multiples croisières, s’est disloqué en 1977 sur la cote Hawaiienne, poussé par un cyclone. Même si son esthétique peut ne pas plaire, c’est le premier vrai hydrofoil à voile de haute mer, 27 ans avant l’Hydroptère. A part lui et l’Hydroptère, seul Scat de Sam Bradfield a volé en haute mer.

Eric Tabarly à disparu en mer d’Irlande à bord de Pen Duick en 1998. Retrouvé 1 mois après sa disparition par un chalutier de Loctudy, ses cendres ont été dispersées au large de Brest. Cette même année, David Kieper, pionnier des hydrofoils, est décédé d’une crise cardiaque. Il a rejoint le Pacifique où ses cendres ont été versées.

Six années après cette rencontre dans le pacifique, le projet qui s’est bien au départ appelé « Pen Duick VII » démarre (voir ci-dessous !). Eric fait la connaissance d’ingénieurs de Dassault a qui il expose son idée de multicoque de course à hydrofoils. A la demande de l’équipe Dassault, l’équipe du CEAT de Poitiers réalise alors plusieurs études et le prototype d’hydroptère testé à La Rochelle en 1976. La réalisation d’un hydroptère à l’échelle 1 étant, à l’époque, impossible, le projet reparti dans la direction initiée par Eric Tabarly : un foiler. C’est ainsi qu’en 1979 Paul Ricard vit le jour L’idée d’un hydrofoil hauturier fut elle reprise par Alain Thébault…

Plan de PD VII - Paul Ricard en 1978 – photo F Monsonnec

Plan de PD VII / Paul Ricard en 1978 – photo F Monsonnec

 

Paul Ricard version record de l’atlantique 1980 – F Monsonnec 03-2013

Paul Ricard version record de l’atlantique 1980 – F Monsonnec 03-2013

 

Conclusions

Tout ça pour ça ? Et oui ! Et je reste avec l’idée que cette rencontre a du marquer Eric Tabarly. Jean Michel Carpentier confirme les écrits d’Eric Tabarly et l’analyse d’Olivier de Kersauson va dans le même sens : Pen Duick IV allait plus vite que Williwaw. Mais Eric Tabarly à sans aucun doute analysé la situation et pris en compte les différences entre les deux bateaux ! Williwaw était une « puce » mal dégrossie par rapport à de Pen Duick IV (voir le dessin des deux bateaux à l’échelle). Et pourtant il allait très vite ce jour là ! Je sais, je n’ai pas découvert d’élément permettant de confirmer cette hypothèse. Personne, à part Eric Tabarly ou quelqu’un auprès de qui il se serait confié, ne pourra valider ou infirmer le fait que cette confrontation est à l’origine, ou tout du moins à participé à l’intérêt d’Eric Tabarly pour les plans porteurs. Je reste donc avec mes doutes mais aussi avec le plaisir d’avoir découvert quelques informations intéressantes, échangé avec J.M. Carpentier et ODK… Et puis, cette rencontre assez peu connue, les marins et bateaux cités, méritaient bien un petit article !

  • (1) Les cahiers du Yachting N° 196 avril 1979
  • (2) Cahier du Yachting N°196 et  AYRS nov 1975
  • (3) (4) Du Tour du Monde à la Transat - Eric Tabarly
  • (5) L’Atlantique en 10 jours - Michèle Lemaître
  • (6) Sailing Hydrofoil - AYRS

Ptites news 29

13 mars 2013

Enfin un nouvel article (!), voici la première « Ptites news » de 2013 !

A voile

AC 72

Daniel Charles m’a envoyé un lien sur Sail World pour voir une vidéo d’une course d’entraînement entre les NZ et Prada.

Je ne vais pas essayer de passer pour plus intelligent que je ne le suis en m’attribuant les commentaires de mon ami Daniel ! Les voici :

« …Très curieux on dirait que les foils empêchent les bateau d’enfourner : lors d’une accélération, ils enfournent et ce sont les foils qui sortent l’étrave de l’eau… »

« … Il est clair que le réglage de l’assiette verticale est aussi crucial que l’assiette longitudinale… »

Et mes commentaires : on en a rêvé, il l’on fait, des canots de 72 pieds qui volent en « groupe ». Impressionnant de dos, ces monstres qui se dandinent sur leurs foils comme de vulgaires 2M RC !

En plus des sites officiels, les news sont à suivre sur Sail word sur Catsailing  news et pourquoi pas aussi sur Sailing anarchy, Sailing news XS racing

Foils courbes

Mon ami architecte Philippe Rivière, m’a signalé le fait que dans l’article « Foils en V foils en T », l’invention des foils courbes était attribuée à Marc Lombard (voir la page foil courbe du site de M. Lombard). Il semble que ce soit une grosse erreur !

Déjà Philippe m’a fait suivre un document qui date de 1984 où John Shulttleworth parle de son projet de 40’ à foil courbes.

Mais sur Internet, j’ai trouvé des informations stipulant que Derek Kelsall aurait, au début des années 80, travaillé sur des foils courbes… J’ai donc contacté Derek qui m’a confirmé ce point, il a réalisé vers la fin des années 70, des moules de foils courbes. Il m’a aussi confirmé que John Shulttleworth à travaillé chez lui. Philippe m’a aussi confirmé l’information qui a été précisée : de 1974 à 1976. D’où la possible origine de l’utilisation de foils courbes par J Shulttleworth. Derek Kelsall a entre autre placé ce type de foils sur un engin appelé Bites and Pieces. Bateau réalisé à partir de morceaux de Tornado et testé à Brest en 1980 ainsi que sur un autre nommé Tuiga II.

Mais ce serait oublier l’inventivité de Bernard Smith qui dès 1972 proposait d’utiliser des foils courbes dans son brevet 3 631 828. Idée aussi reprise par ce « diable » de Didier Costes pour la réalisation des foils de l’Exoplane puis de ses Chiens de mer…

Bref, l’article Foils en V, foils en T mérite d’être corrigé et l’histoire des foils courbes un peu plus claire !

Projet 40’ foils courbes  J. Shulttleworth – Multihull International june 1984

Projet 40’ foils courbes J. Shulttleworth – Multihull International june 1984

Armand

Armand Torre, qui  a présenté son concept de Bird Kite sur Foilers, a démarré la construction d’un trimaran à foils à gréement de Kite. Armand me tient régulièrement au courant de l’avancée de ses travaux, voici une première photo, à suivre sur Foilers…

Projet de tri à foils et gréement de Kite  de A Torre – photo  Torre 03-2012

Projet de tri à foils et gréement de Kite de A Torre – photo Torre 03-2012

Minifoiler 3X

Un de mes amis des Golden Oldies Multihulls, m’a signalé que l’équipe du Minifoiler 3X a prévu de navigueren mer prochainement. J’ai contacté Yves Potin du team Minifoiler qui m’a informé que l’équipe souhaitait trouver du vent plus régulier que celui d’Hourtin. Le canot navigue maintenant régulièrement à plus de 20 noeuds. Yves a allongé les coques de près d’un mètre à l’avant et changé les voiles (27m²  au TT). Maintenant le bateau décolle dès 8 noeuds de vent… Nous attendons avec impatience de nouvelles images…

Les précédents articles sur Le Minifoiler sur Foilers :

Minifoiler 3X à Hourtin juin 2012 - photo via Yves Potin

Minifoiler 3X à Hourtin juin 2012 – photo via Yves Potin

AUS

Voici ICI belle photo (info. transmise par D Charles) de l’ancien trimaran de 60 pieds Banque Populaire qui à trouvé un nouveau port d’attache en Australie. Photo parue dans Sail- world.

Dared

A suivre sur le blog de Gurval, les travaux avancent sur la future version de l’engin. Les Designer de l’ESTIA planchent sur le projet

Classe A

Pas la peine de fouiller des pages en anglais publiées aux USA, en NZ ou Australie, ça bouge aussi en France. Raphael Censier, dont j’ai déjà parlé dans le Ptites News 27 commence à voler avec son Class A… On parle même de lui sur Catsailing news !

Classe C

Décidément, Olivier Schaller faisait bien de mettre en avant le travail de Martin Fisher dans la dernière « Ptites news » (la 28). Voici la dernière génération de foil de M Fischer avec Frank Cammas à la barre (merci Olivier) !

Olivier toujours

Olivier a prit un abonnement dans les Ptites news ! Voilà de belle photos de ses safran/foil réalisés par Olivier à partir de son travail avec Martin Fischer (ce n’est plus Foilers mais le blog de Martin Fischer et d’ Olivier Schaller !).

Voici ses commentaires :

« … L’idée du L est de Martin Fischer et je peux te confirmer que ca marche bien, je les pratique depuis presque 2 mois et c’est de la balle !!!! Hier j’ai navigué dans de la brise avec GPS et on plafonne a 21 noeuds en soulagent juste le flotteur, avec encore beaucoup d’appréhension pour pousser + fort … Il y a presque 10 ans avec 1 cata que je connaissais par coeur et 10ans de moins en insouciance ,  j’arrivais a 22.7 en archimédien (juste pour te donner 1 idée de la relativité !!!!!!)… »

Safran/foil en L Olivier Schaller

Safran/foil en L Olivier Schaller

Jessica

Et pour ceux qui suivent les articles de Foilers, Olivier m’a informé que Jessica Rabit, tri de 40’, présenté dans la PN N° 28, a dépassé les 33 nœuds et 17-18 nds au près dans la brise a 44° du vent réel, les réglages s’affinent !!!

P28

Marc m’a transmis un lien ou figure une belle photo du P28 en volet avec son gréement épais : ICI !

L’Hydroptère

Chevaux…

Des « nouvelles » de l’Hydroptère, qui datent tout de même du 18 janvier 2013

Le team à 3 « chevaux de bataille »  (!) comme l’explique ci-dessous un extrait d’un de leur communiqué de presse. Du pain sur la planche, des projets de très grande envergure.

A court terme, l’Hydroptère doit récolter un maximum d’expérience sur le Pacifique et aura pour mission de démontrer dans les faits que les voiliers peuvent voler au large. La tentative de record de la Transpacifique reste programmée pour cet été et sera suivie d’une campagne de relations publiques à San Francisco. « C’est impressionnant comme ce bateau continue de faire rêver, cette technologie fascine toujours autant. l’Hydroptère est le seul bateau capable de naviguer au large et d’emmener des invités à près de 50 noeuds de vitesse » rappelle Yves Parlier, navigateur.

A moyen terme, l’écurie souhaite réaliser un prototype de vitesse pure, inspiré des récents travaux de Vestas Sailrocket. « La frontière du supersonique à la voile a été franchie grâce à Paul Larsen, il n’y a plus de frein. Désormais ce sont les 80 noeuds de moyenne qu’il faut viser » explique Alain Thébault.

A plus long terme enfin, l’Hydroptère 2, un trimaran qui fera la synthèse des performances de l’Hydroptère et de celles des meilleurs maxi-multicoques classiques, aura pour objectif de franchir l’Atlantique en trois jours et de dépasser la barre des mille milles nautiques avalés en 24 heures.

« Nous avons acquis une expérience considérable dans le domaine des foils et de la haute vitesse. Avec ces trois défis, nous avons de quoi alimenter un programme ambitieux sur 5 ans. La technologie et l’esprit pionnier seront comme toujours au centre. Nous profitons de cet hiver pour mixer les compétences, varier les sources de conseils et nous travaillons avec assiduité à l’élaboration d’une feuille de route globale. L’objectif est de décrocher d’ici le printemps une première série de soutiens pour viabiliser le dispositif » explique Alain Thébault.

Livre

Un nouveau livre, qui doit paraître chez Arthaud, est en préparation.

« … Cette édition de prestige (192 pages, 200 illustrations, format 30×30 avec cahier central dépliable) aura pour vocation de célébrer une aventure et un bateau d’exception. Parution en français et en anglais prévue pour cet automne. Une version allemande est également à l’étude… »

Foils 60 pieds Orma

Au cours d’une recherche sur Youtube, je suis tombé sur cette video où l’on voit bien le 60 pieds Banque populaire à Douarnenez (défi petit navire) : les foils ont de l’effet ! Idem avec Groupama  (1 mn 40)

Catafoil

Voici le blog de Florent Haddad qui est en train d’adapter des foils régulés électroniquement sur un Hobie cat FX One.

Broomstick

J’avais évoqué ce bateau lors du Jeu N°8, voila une vidéo

  • Discussions sur ce bateau sur Boatdesign.net, navigation sans flotteurs.
  • Sur l’IHS, pages sur ce bateau : ICI
  • D’autres documents son disponibles sur le net, dont un très intéressant doc Word.

Pod

Projet d’engin à foils un peu capilotracté…

A moteur

Elec

Bel engin à foils électrique réalisé par des étudiants de l’université de Delft (Pays Bas). J’ai trouvé une vidéo de ses premiers essais avec foils.

O. Tietjens

A cela ne nous rajeuni pas, voici des essais d’Oscar Tietjens en 1942 !

Sous marin à foils !

En bas de cette page dédiée aux petits bateaux de guette vous trouverez le schéma d’un projet de submersible de 65 t à hydrofoils, donc pour décoller lorsqu’il n’est pas en immersion ! Voir en bas de page.

Pour le plaisir

Tri de rêve (même si un peu rustique)

Ah, mon rêve, un petit canot, même sans foil, que l’on peut lancer en quelques minutes pour se faire plaisir. Des bras qui se déplient et se replient plus que facilement, idem pour le gréement…

Modélisme

Du pays du soleil levant

Si comme moi vous le lisez pas le Japonais, au moins vous pourrez regarder les images.

J’aime beaucoup ce type de « bidouillage », ceux qui disposent d’images de leurs essais du même genre, je suis preneur (je me souviens de l’intéressante maquette de Gurval, voir Dared).


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