Le journal suisse “Le Temps” publie aujourd’hui son hors-série “Yachting” [PDF 7.6 Mb] , avec un article de Vincent Gillioz sur “les bateaux volants, la folie des foils”.
un partie consacrée aux multicoques à foils, avec une remarque intéressante de Marc Van Petegem (VPLP) qui estime que le développement des foils suit actuellement 2 directions:
les hautes vitesses, donc vaincre la cavitation
la polyvalence, qui implique de pouvoir décoller dans peu de vent, et c’est cette direction qu’il poursuit avec le Syz & Co (qui devrait être mis à l’eau fin mai apprend-on par la même occasion)
Ce hors série contient bon nombre d’autres articles intéressants, sur le Vendée Globe et sur la Coupe de l’America (évidemment), mais aussi sur Tabarly ou les MOD70 (mais… ils ont des foils!), la photo marine ou et les vieux gréements.
Il se termine avec un cahier lémanique consacré au Lac et ses vents, à ses régates, aux D35 etc.
Fred a pris de nouvelles photos de l’Hydroptère prises récemment à Lorient après celles de mars à la Trinité. Les bras ont été carénés, et la photo ci-dessous montre la solution trouvée pour améliorer l’aérodynamique de la barre d’écoute, mais les foils “configuration vitesse” ne sont toujours pas montés sur l’oiseau. Retard ? ou surprise ?
myfreesport.fr publie un chouette article “Autant en Emporte le vent” avec interview d’Antoine Albeau, nouveau recordman de vitesse à la (planche à) voile, Alain Thébault, skipper de l’Hydroptère sans oublier Alex Ciazergues en kite.
Tous trois commentent la course aux 50 noeuds de façon très sportive. Que le meilleur gagne !
réalisation d’une petite maquette “2D” pour test de profils de foils
mesure de portance et trainée
simulations numériques avec Fluent et Xfoil
présentation très complète de la cavitation, avec nombreuses vidéos dont une rare de supercavitation (source inconnue):
(regardez bien le profil horizontal : plat dessus, concave en dessous, rien à voir avec un profil “aérodynamique” classique…)
Le travail est d’excellente qualité et donne une très bonne vision globale de la problématique. Le seul reproche que je ferai est que les simulations et tests concernent des vitesses trop basses (10 m/s, 20 noeuds …) par rapport aux challenges actuels.
Le WSSRC est brossé dans le sens du poil : sans eux et leurs règles, pas de record valide.
Mais l’Hydroptère évite soigneusement le débat concernant l’avantage de la mesure par GPS différentiel sur les meilleurs 500m dont il bénéficie par rapport à la mesure depuis la terre entre deux lignes précises…
On en profite pour rappeler que le record de Finian Maynard a été atteint sur “un canal spécialement construit pour ce défi.” alors “que “l’Hydroptère est le seul engin à voile capable de concilier des navigations au large dans de la mer formée et des runs à plus de 45 nœuds“.
Par contre les kites sont pour la première fois considérés comme des adversaires dangereux.
Bras de liaison de l’Hydroptère en “configuration vitesse”.
Pour l’importance du carénage, voir la fin de cet article
Le dernier tiers est consacré au défi de l’Hydroptère pour 2008. Désormais modifié en “configuration vitesse”, le bateau sera dès la mi-mars sur le spot de Port Saint Louis du Rhône devant la plage Napoléon pour profiter du Mistral… Pour l’Hydroptère, c’est sur, ça va chauffer:
Une chose est sûre, 2008 est l’année du record de vitesse absolue à la voile… Il y a trop de prétendants et trop de motivation pour que le record en reste à son niveau actuel.
L’ensemble de la communauté rêve des 50 nœuds à la voile.
Osera t’on naviguer plus vite, propulsé par la seule force des éléments ? Un début de réponse dès ce printemps..
La Tribune de Genève donne ce jour des nouvelles du projet “record de vitesse” de l’Hydroptère. De nouveaux foils et une nouvel empennage seront montés sur l’Hydroptère en février, et le “mur du vent” à 50 noeuds franchi en avril. Il n’y a plus aucun doute, c’est les simulations informatiques de l’EPFL qui le disent, ça va marcher, et, foi d’informaticien, si Fluent dit que ça marche, les marins n’ont aucune excuse de ne pas y arriver
C’est une jolie expression d’Alain Thébault, “mur du vent”, mais un peu trompeuse : le mur est dans l’eau et ne dépend pas vraiment du mode de propulsion. Même les sous-marins nucléaires s’y heurtent, et ce n’est qu’en faisant voler leur off-shore au dessus de l’eau pour l’éviter que nos “amis” à moteur ont franchi cette vitesse…
Trouvé cette vidéo montrant l’évolution de l’Hydroptère depuis la maquette radio-commandée à la bête de records actuelle, en passant par un impressionnant accident :
Encore un intéressante illustration sur la page d’accueil de l’Hydroptère:
La légende dit “Comparatif des écoulements sur les anciens profils à 53 noeuds. le faible écart entre simulation numérique et expérimentation en tunnel de cavitation est riche d’enseignements.“
Traduction : “les anciens profils sont bon à jeter pour franchir 50 noeuds, et l’EPFL a un bon code de CFD pour en calculer de meilleurs”. Allez les gars, faites nous un beau profil supercavitant sur le bas du foil …