Un petit article dans “Var matin” nous rassure sur le projet AWR d’Hugues de Turckheim, Gérard Navarin et Sébastien Schmidt : ça avance. Des travaux sur la cavitation sont en cours dans les écoles d’ingénieurs suisses et à l’Institut de recherches de l’école navale de Brest, qui dispose d’un précieux tunnel de cavitation.
Cet ambitieux projet, qui vise non seulement 100km/h sur l’eau (54 noeuds) mais aussi les records sur terre et sur glace, avance donc pour l’instant surtout dans les labos et il ne faut espérer voir naviguer une version “grandeur” de la maquette ce-dessus que dès 2010.
En attendant, on continuera à glaner de petites infos de-ci de-là.
ils trouvent un truc pour relever leur safran “basse vitesse” pour ne conserver que ce qu’ils appellent le “skeg” à haute vitesse. Ca éclaire (un peu) la fameuse photo du tableau arrière de l’engin. Selon leurs mesures résumées dans le graphique ci-dessous, ceci leur permet de gagner 5 noeuds. Mais puisqu’ils ont réussi à faire des runs avec le “skeg” seul, où est le problème ???
Comme pour MacQuarie et les autres, il faut du vent. Au moins 21 noeuds pour espérer flirter avec les 50 noeuds si on en croit l’extrapolation des mesures (qui me semble d’une linéarité optimiste…)
Or les forces n’augmentent pas linéairement avec la vitesse, mais de façon quadratique : à 50 noeuds, les forces sont 55% plus élevées qu’à 40. Or la résistance mécanique de Sailrocket n’a pas encore vraiment été éprouvée au dessus de 40 noeuds…
Pour mettre un peu de couleur, voici une photo de Walwis Bay en Namibie, le spot de Sailrocket. En cliquant dessus, vous verrez où c’est.
Après l’éclatement spectaculaire de leur aile en 2005 et deux saisons pratiquement sans vent, les premières nouvelles de la saison 2008 de MacQuarie Innovation sont meilleures. En atteignant 46.48 noeuds dans seulement 17 noeuds de vent le descendant de Yellow Pages à frôlé le record en classe C (46.52) détenu par son aïeul depuis 1993. L’équipe australienne n’attend plus qu’une chose : pouvoir lâcher la bête dans 20 noeuds.
Suite à une défaillance de trackengine, T0m de Vagueo a été plus rapide sur ce coup (bravo et merci pour le tuyau), et il faut que je trouve quelque chose d’original à ajouter… Voilà : Sandy Point c’est à la pointe sud de l’Australie, juste au nord de la Tasmanie. C’est une magnifique plage déserte d’après la photo satellite, et en cliquant dessus vous saurez comment vous y rendre si vous allez chez les kangourous.
SailRocket a rejoint sa base de Walvis Bay en Namibie. Vous pouvez suivre leur actualité sur la page de news de leur site, dont je viens de remarquer que c’est en fait un blog , ce qui m’a permis d’ajouter leur flux RSS aux “News des Teams“.
Pour mémoire, SailRocket est un prao à voile inclinée qui rappelle les concepts de Bernard Smith, comme le reconnait volontiers Paul Larsen dans ce post. SailRocket a atteint 42.1 noeuds l’an passé. Ca déménage:
Un nouveau bel objet de carbone s’attaque au mur des 50 noeuds : le WotRocket australien a été baptisé et fera ses premiers runs en février sur le spot de Botany Bay cher à MacQuarie Innovation.
La cabine biplace abrite un barreur+règleur de voile (Sean Langman, ancien champion du monde de 18 pieds, australien, of course…) et un équiper régleur de foils (Martin ‘Tacka’ Thompson)
Le team est financé par Graeme Wood, l’entrepreneur internet qui a créé WotIf.com , dont le logo orne l’aile.
Les informations disponibles sont peu claires et les photos inexistantes, mais il semblerait bien que Wot Rocket ait fait le choix de foils supercavitants, comme SailRocket, mais apparemment avec des possibilités supplémentaires, comme l’indique cette phrase traduite d’ici :
“le concept supportant l’approche Wot Rocket est d’induire la supercavitation à basse vitesse, ou le contrôle peut être maintenu (?), et, de là, accélérer vers les hautes vitesses. Andy Dovell (ingénieur naval) indique qu’ils ont la possibilité d’injecter du gaz à l’avant des foils pour induire la cavitation mais, dit-il, ‘je ne pense pas que nous en aurons besoin, car la conception des foils est telle que nous devrions pouvoir travailler sur une serie de gammes de vitesses.”.
Inutile de dire que nous allons suivre ça de très près dans les prochaines semaines. En commençant par un articule sur la supercavitation, très bientôt.
Namibie… Namibie … mais bien sur ! Sailrocket est installé là bas ! Et leur page de news est abondante en ce mois d’octobre, ils sont visiblement en campagne mais n’ont pu se lancer en raison du vent, idéal pour les kites mais trop fort pour eux.
Paul Larsen est admiratif devant les records des kiteboarders. D’après lui, leur spot est pourtant “far from ideal” et il partage l’avis qu’avec un meilleur spot ils auraient dépassé les 50 noeuds. Il répond aussi à une question que je n’avais pas osé poser ouvertement en disant que les kites n’utilisent pas trop l’effet de fronde en fin de parcours…
Son post du 5 est techniquement intéressant. Il explique que les kites s’appuient sur la haute pression (dynamique) qui se crée sous la planche, un peu comme un foil supercavitant. Il doit connaitre le sujet puisque Sailrocket est jusqu’ici le seul projet de voilier a avoir explicitement prévu l’utilisation d’un tel foil, dont on voit la simulation ici.
Il poursuit en notant la ressemblance des performances entre kiteboarders et windsurfers dans les même conditions de vent, et note que Sailrocket, avec sa voile inclinée, combine les avantages des deux engins : voile rigide et faible couple de chavirage. Mais pour l’instant il faut bien le reconnaitre : les projets de “petits” voiliers asymétriques comme SailRocket ou MacQuarie stagnent alors que les “engins de plage” affirment leur supériorité dans l’eau calme, et l’Hydroptère dans la “vraie mer”.
Tendance Bleue se met à suivre la voile de vitesse de très près et devance Foilers! sur cette nouvelle : Le MacQuarie Speed Sailing Team déjà présenté ici a effectué en mars 2007 un run de 500m à 44.71 noeuds, avec une pointe à 48.7 noeuds, soit 3x plus vite que le vent! Tout est décrit ici sur leur site (en anglais)
L’équipe semble convaincue d’arriver à dépasser 50 noeuds si le vent voulait bien souffler à plus de 22 noeuds. Pourtant, si on regarde le relevé de vitesses vent/bateau ci-dessous, on voit que la vitesse du bateau (rouge) n’est pas bien corrélée à celle du vent (en bleu)
Par contre, la vitesse du bateau oscille visiblement : atteignant ~47 noeuds, elle chute comme si quelque chose dégradait brutalement les performances de l’engin, ou comme si le pilote lâchait un peu de pression en craignant la perte de contrôle…
Le port du casque est conseillé même pour la voile …
Il faut bien le reconnaitre : MacQuarie peine à égaler les records de “Yellow Pages” en classes B et C datant de 1993, ce qui pourrait indiquer que ce type d’engin est proche de ses limites…
Mais leur record tient toujours en classe C (de ~22 à 28 m2 de voilure), alors qu’en classe D (plus de 28m2) où ils avaient établi 41.66 noeuds “seulement”, ils ont été battus en 1997 par “Techniques Avancées”.
Fin 2005, la voile s’est rompue alors qu’il naviguait à 47 noeuds !
En 2006 les conditions météo n’ont pas permis de tenter de battre le record de Finian Maynard : ils n’ont atteint “que” 45 noeuds (avec une pointe à 48.4) car le vent n’a pas dépassé 20 noeuds. C’est plus de 2x la vitesse du vent tout de même …
Mais attention à eux cette année : avec leur expérience et un nouveau site permettant de tenter le record plus souvent, les Australiens pourraient bien reprendre le flambeau de la haute vitesse à la voile. Lisez la suite de cette entrée »
SailRocket est un prétendant anglais au record de vitesse à la voile.
Leur engin est un “asymétrique”, reconnaissable à sa voile inclinée
Le DailySail vient d’annoncer dans cet article que l’équipe de SailRocket s’installe en Namibie et bénéficie de nouveaux sponsors. Apparement ils ont aussi modifié la partie mouillée de leur engin. Prochaine tentative de record en vue ?
Sur la photo ci-dessus, outre deux membres de l’équipe souriants, on voit leur engin asymétrique et on distingue des foils qui semblent placés trop près de la surface. Il doit d’agir de plans permettant le décollage de l’engin, alors que les foils haute vitesse sont probablement invisibles dans le sable.
Cette configuration est différente de celle présentée sur cette page de leur site, ou en cliquant sur la dérive on apprend qu’il s’agit d’un plan incliné d’environ 30° par rapport à la verticale, et d’autre part sur la page de leur site consacrée à la recherche, on trouve une simulation de foil travaillant en cavitation :