Un grand changement d’ère

30 mai 2013

Avec cet éditorial exclusif pour Foilers, Daniel Charles boucle un demi-siècle de journalisme.

L’accident de l’AC72 Artemis a fait plus de bruit que le chavirage l’an dernier de l’AC72 Oracle, parce que il y eu, cette fois hélas, un mort. Dans les deux cas, les catamarans étaient portés, non par le bon vieil Archimède, mais par leur foils ; dans les deux cas les bateaux ont été quasiment détruits. Ces transmutations instantanées du carbone en épaves ont entraîné de nouvelles mesures de sécurité. Cependant, les régulateurs admettent qu’ «aucune recommandation ne pourra jamais éliminer le risque de blessure ou de décès dans ce qui est fondamentalement une activité risquée». Ce n’est pas nouveau : au XVIème siècle, sur cinq bateaux qui s’élançaient vers l’autre côté de l’Atlantique, trois ne revenaient jamais. Cependant, les récents accidents attirent notre attention sur un changement radical : petit à petit, dans une évolution entamée il y a une quarantaine d’années, la navigation change d’ère.

Artemis, chaviré - copyright Karl Mondon

Artemis, chaviré – copyright Karl Mondon

L’ère que nous sommes en train de quitter pourrait s’intituler « Ere de la Protection ». Elle commença il y a quelques 100.000 ans : on a retrouvé des traces d’occupation aussi anciennes sur l’île de Crète, et ceux qui les ont laissées n’y sont pas allés en métro ou en avion. Cependant, Crète n’est qu’à 17 milles de la terre la plus proche, et les hardis navigateurs pouvaient choisir des conditions les protégeant des éléments déchaînés. Bien plus tard, la conquête de la Micronésie s’est faite par sauts, d’abris en abris. Celle du Pacifique, encore plus tard, est restée dans la zone des alizés, sous la protection d’une météo plus ou moins prévisible. Lorsque les navigateurs européens se sont lancés à l’assaut du large, ils construisirent des sortes de forteresses flottantes, dont les murailles élevées protégeaient les équipages de la mer. Jusqu’au début des années 1970, on enfonçait les équipages de course au large dans des cockpits profonds barricadés derrière de hautes hiloires. En 1971 on avait même envisagé de protéger le barreur de Pen Duick VI par une muraille d’aluminium ; quinze ans plus tard, au contraire, les cockpits étaient ouverts sur l’arrière… L’arrivée de vêtements de mer vraiment étanches avait tout changé : l’homo navigans portait désormais à même la peau sa propre protection, un scaphandre anti-mer. Aujourd’hui, dans les derniers vagissements de l’Ere de la Protection, le Race Management de l’America’s Cup recommande des armures corporelles -comme si cela allait arrêter le cours de l’histoire !

Protection de barre PD VI - Livre Eric Tabarly Pen Duick VI éditions du Pen Duick 1977 - photo DR

Protection de barre PD VI – Livre E. Tabarly Pen Duick VI 1977 via MAB – photo DR

En réalité, ceux qui naviguent aujourd’hui à l’avant-garde de la technique et des performances ont moins un problème de protection qu’un problème d’interface homme-machine.

Certes, il y eut dans le passé nombres de cas où l’homme n’arrivait pas à maîtriser sa machine. Dans les années 1920, Virginie Hériot et son équipage avaient été incapable de dominer la goélette Ailée (ex-Meteor) qui les avait entraînés jusqu’en Espagne sans leur demander leur avis ; et quiconque à connu un départ à l’abattée sous spi sait combien la machine peut prendre le contrôle… Cependant, il ne s’agissait jusqu’ici que de cas exceptionnels. L’apparition des premiers hydrofoils à voile a bouleversé les contraintes. Bien sûr, l’atavisme de tant de siècle de navigation et de réglages manuels fit espérer que l’on pourrait continuer de contrôler les foils à la demande. Ainsi, l’Hydroptère s’entêta durant des années dans la régulation manuelle des foils pour ne récolter que des bris de matériel ; il fallut une autorégulation d’efforts pour qu’enfin tombent, non plus des bouts de bateau, mais des records. Et c’est la maîtrise de l’interface homme/machine, qui a permise au minuscule Moth de devenir, via une baguette magique (le fameux wand à l’étrave qui analyse en permanence l’assiette longitudinale), le dériveur de série le plus rapide du monde…

« Wand » sur le Moth de Nicolas Bessec - photo F Monsonnec 10-07-10

« Wand » sur le Moth de Nicolas Bessec – photo F Monsonnec 10-07-10

Dans cette nouvelle Ere de l’Interface, les protections corporelles auront la même valeur curative que des emplâtres sur des jambes de bois. Les AC72 parcourent chaque seconde une fois leur propre longueur, et pendant cette seconde l’angulation des foils doit être optimisée à plusieurs reprises : cela dépasse la capacité humaine. Maîtriser la dangerosité de ces machines passe nécessairement par un asservissement des foils à des palpeurs actifs, mécaniques ou électroniques (actuellement interdits par le règlement) ou même de simple écrêteurs d’efforts (comme sur l’Hydroptère) que le règlement n’interdit pas). Les premiers auraient empêché le crash-dive d’Oracle, les seconds auraient prévenu la surcharge d’effort qui brisa Artemis. On ne peut espérer contrôler un AC72 avec les même sens qu’utilisaient les conquérants de la Crète il y a mille siècles.

Daniel Charles


Oracle 17, la cabane sur le chien…

18 octobre 2012

Pour le premier vol de Team NZ, j’avais fait un petit "flash info", comment ne pas faire de même avec cette triste nouvelle : l’AC72 Oracle s’est retourné le 17 octobre.

RB 1 (Erwan) ainsi que Daniel Charles, m’ont prévenus, merci messieurs.

Voici le lien vers Cup Experience que m’a envoyé Daniel ou vous trouverez 13 photos de cet accident qui espérons le, ne va pas trop retarder les plans du team Oracle. Car je n’ose pas imaginer qu’ils puissent ne pas être présents pour la Cup. RB1 a lui posté plusieurs liens sous la Ptites news 27, avec des raccourcis vers cette page de Sail-World, ainsi que celle-ci et celle là où l’on voit bien la structure retournée et les safrans qui ont une assez forte incidence positive. RB1 à aussi posté une vidéo du retournement que je replace ci-dessous.

Le retournement

"L’agonie"

Vu d’hélico

D’autres photos sont disponibles sur le site d’Oracle ainsi qu’une autre vidéo sur TVNZ. La vidéo de TVNZ montre un autre angle de l’accident que celle présente sur Youtube. Difficile de dire si le bateau a enfourné sous le vent, comme la suggéré RB1. Mais c’est fort probable. En tout cas, il naviguait avec les tableaux arrière bien au dessus de la surface. Les craquements du gréement, qui fini par céder, font mal au ventre. La structure a été remorquée, voici sur cette page de Pressure-drop.us, des photos de la récupération et ici d’autres de la structure une fois le bateau remis dans le bon sens.

A suivre…


Ptites News 18

4 avril 2011

A – Trifoiler

Article…

Certains s’attendaient à trouver la suite de l’article « Greg Ketterman – La saga du concept Trifoiler 1/2 ». Et bien non. J’ai ouvert la boite à Ptites news et j’ai trouvé que la température baissait, les news commençaient à refroidir (si tout pouvait refroidir…). Alors j’ai fait un choix ! mais je commence tout de même par des petites informations sur un Trifoiler à vendre.

Un Trifoiler à 3000 €

Mon ami Gabriel Terrasse m’a signalé cette annonce qui était déjà parue au mois de décembre 2010 à 4000 € ! J’en avais parlé dans la « Ptites News N°16 ». Est ce qu’en juin, il sera à 2000 € ? Gabriel m’a aussi signalé, il y a quelques semaines, un Rave à 3000€ sur Le bon coin. A choisir, même s’il est plus difficile à gérer qu’un Rave, je choisis ce Trifoiler !

Photo de l’annonce, même si le bateau en photo n'est pas celui à vendre !

B – Multicoques

MOD70

Ils commencent à sortir des hangars, pas très loin de mon terrier. Mais cela ne me passionne pas ! J’ai honte, j’étais sur place lors du baptême avec mon appareil photo et rien. J’ai préféré refaire le monde (des voiliers) avec des amis ! Les trimarans de 60 pieds étaient devenus presque des monotypes, ce qui les a tués (avec l’inflation des budgets, la fragilité…). Cette nouvelle classe est-elle une simple évolution vouée à suivre la même voie ? Je demande, avec force, le droit de passer pour un grincheux ringard qui s’est trompé (un nostalgique des anciens multi, d’où son appartenance aux Golden Oldies Multihulls). Rendez-vous dans 1 an… ?

 

Mod 70 Race for water – photo F Monsonnec 03-05-11

Multicoques, quand le Léman inspire la technologie

Info. en provenance de la Suisse, de notre cher Philippe Guglielmetti. Du 31 mars au 18 décembre, face au port de plaisance de Nyon en Suisse, vous pourrez découvrir une exposition dédiée aux apports des navigateurs et chantiers Suisse au monde des multicoques.

Nemo

Philippe Montjoyeux, avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger lorsqu’il a fait installer des foils sur son Echo 36, m’a envoyé ces différents liens sur le foiler Némo. Je connaissais le projet d’origine, à l’époque d’une longueur de 28 m et qui devait être réalisé par l’école du bois de Nantes. Ce bateau semble mesurer 9 m de long pour 13 de large. J’ai essayé de prendre contact avec l’équipe, mais pour le moment, sans succès… Vidéo 1, Vidéo 2, Vidéo 3.

C – l’Hydroptère

Alain Thébault

On l’apprécie, ou pas, mais il ne laisse par indifférent, Alain Thébault à dorénavant son site internet.

L’Hydroptère au Grand Prix Guyader de Douarnenez du 28 avril au 15 mai

A confirmer, mais l’Hydroptère semble attendu à « Douarn »

L’Hydroptère à l’eau à Lorient

L’Hydroptère est de nouveau à l’eau depuis le 29 mars et amarré au pied de la cité de la voile Eric Tabarly. Je n’ai pas noté de changement particulier (mais j’avais juste le temps de faire quelques photos, elles peuvent être agrandies). A noter peut être le système de fixation des foils relevés. Je ne sais pas si ce dispositif était en place auparavant . Il l’était sur la photo du jeu mis en place par Xavier « Jeu Foilers 13 » (photo prise à Cowes).

 

l'Hydroptere Lorient Cité de la Voile Eric Tabarly - photo F Monsonnec 03-05-11

l'Hydroptere foil trib - photo F Monsonnec 03-05-11

l'Hydroptere cockpit - photo F Monsonnec 03-05-11

l'Hydroptere safran - photo F Monsonnec 03-05-11

D – America’s cup

ODK dans le coup !

(Oh est les bonnes celle là !)

François m’a fait suivre un lien du Télégramme où ODK révèle qu’il est en cheville avec le team de Stéphane Kandler.

AC 45

Belle vidéo de 4 AC45 en « formation », pfff, wahhhh

33 ème l’Ameca’s Cup

Les photos inédites de la 33 ème Ameca’s Cup vu du côté BMW Oracle…  A voir.

E – Planches à foils

Article

Un article de Windsurfjournal sur l’avenir des foils sur PAV

AFS one suite

Le prototype n°2 navigue à Dakklha au Maroc, évolution du proto vu au Nautic et présenté sur foilers

F – Et puis aussi

Tomahawk

J’avais oublié d’en parler lors de sa sortie, voici le Tomahawk d’Ovington

Seabreacher

Vous l’avez sûrement déjà vue, pour ceux qui seraient tombés dans une faille du web, voici une vidéo intéressante du Seabreacher. Je me pose juste une question sur la finalité de l’engin : engin de loisirs, proto démontrant un savoir faire, pure création artistique et technique… ! Mais c’est beau et impressionnant.

EkranoYacht

Ce n’est qu’un projet d’étudiant soumis à un concours de design Australien 2011, dans l’absolu, cet Ekrano Yacht de 36.5m serait capable de vitesses jusqu’à 400km/h en volant à quatre mètres au-dessus de l’eau… Pour ceux qui aiment le design, je recommande ce site où il est possible de voir quelques belles réalisations

Folie Russe

J’en ai rêvé, lorsque mon 470 était devant chez mes parents sur sa remorque, ils l’ont fait !


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