20 ans avant Wot Rocket, « DEFI », prao à foils et voile épaisse…

21 juillet 2008

Les années 2000 ont vu l’apparition de nouveaux prétendants au record de vitesse à la voile.

Parmi ces nouveaux venus, Wot Rocket, qui exploite la solution prao, m’a rappelé un engin du siècle dernier !

Un engin qui a fait les beaux jours de la défunte semaine de vitesse de Brest.

Je ne sais pas ce que Wot Rocket, sera capable de faire…en tout cas il y a plus de 20 ans «Défi», (qui s’appelait au départ EDF-GDF puis VVT), avait déjà tous les éléments qui caractérisent Wot Rocket : voile épaisse, nacelle fermée, bras caréné, foils…

C’était même avant la naissance du tripode Australien Yellow Pages Endeavour (1991), grand frère de Macquarie Innovations.Voiles & Voiliers N°195 mai 1987

Voiles & Voiliers N°195 mai 1987

Voiles & Voiliers N°195 mai 1987

Voiles & Voiliers N°195 mai 1987

Voiles & Voiliers N°195 mai 1987

Démarré en décembre 1983 et terminé 1986 «Défi» a été conçu par Paul Lucas, Bernard Sterninou, Jean Pierre Desgardin et Serge Pennec. Superbement bien construit par la section composites du Lycée technique Kerichen de Brest, Défi avait lors de son lancement les caractéristiques suivantes : longueur 11 m, largeur 10m, surface voile épaisse 26m², poids 280 kg.

En comparaison Wot Rocket a les «mensurations» suivantes (un bateau c’est féminin en anglais !) : longueur 9m, largeur 6.5m, poids 450 kg.

Alors Wot Rocket très lourd ou Défi trop léger ? L’avenir nous le dira peut être …

Avec sa coque centrale, mariage de la poutre et de deux flotteurs, Défi pourrait se classer dans la catégorie des tripodes (ce qui ruine complètement ma comparaison Défi – Wot Rocket !).

Comme beaucoup d’engins, Défi connaîtra son lot d’avaries et de modifications.

La voilure épaisse fit place à un mat aile associé à une voile conventionnelle, sûrement plus facile à maîtriser : difficile lors des accélérations, de voire le fasseyement d’une voile épaisse !

Modification de la nacelle qui devint moins futuriste mais qui permettait au pilote de mieux voir le plan d’eau : essuie-glaces prévus sur Wot Rocket ?

La partie immergée de cette nacelle prit la forme des carènes d’hydravions afin, je suppose, de rendre les atterrissages moins violents : en 2007 l’Hydroptère fit de même en changeant ses flotteurs.

Multicoque magazine N°41 juin/juillet 1992

Multicoque magazine N°41 juin/juillet 1992

Défi a participé à de nombreuses semaines de vitesses mais a toujours été handicapé par son architecture qui l’empêchait de revenir au point de départ pas ses propres moyens (idem pour Wot Rocket, Sailrocket…). Ceci limitait le nombre de runs, la maîtrise du canot et les chances de faire de bons résultats. Défi n’était pas non plus favorisé par le plan d’eau souvent agité de Brest. Sans oublier les soucis mécanique (casse bras, gréement).

Je perds la trace de bel oiseau en 1992.

Si Défi n’a pas laissé son empreinte en terme de vitesse sur 500m (capable de très belle accélération, il finissait rarement ses runs au même rythme), il a marqué par son esthétique futuriste les accros de vitesse des années 80/90 !


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