Le Trifoiler #64 est à vendre !

24 août 2016

Envie de vous envoler en sécurité ? François Lys met en vente son bolide.

Le Trifoiler 64 – photo P. Juhel ENVSN

Le Trifoiler 64 – photo P. Juhel ENVSN

François roi des runs à LSA 2016 – photo P. Juhel ENVSN

François roi des runs à LSA 2016 – photo P. Juhel ENVSN

Engin de série le plus rapide au monde à la voile, ce Trifoiler recordman de vitesse de La Semaine Affoilante 2016 (30,2 noeuds sur 500m, Vmax 34 noeuds) est en vente complet, prêt à courir sur sa remorque route et mise à l’eau.
François a réalisé de nombreuses améliorations sur son bateau : gréement rigidifié, nouvelles voiles full carbon, dérive centrale… et la bête à encore du potentiel !

Ci-dessous une navigation en double en vidéo.

Vous êtes intéressé, vous pouvez contacter François via l’annonce Le bon coin ou laisser un message ci dessous sur Foilers.

Perspect Trifoiler 64 voiles noires - F Monsonnec 02-05-2016

Enregistrer


Foils en L 2.0 – réflexions

19 juillet 2016

1. Avant 2013

Avant 2013, lorsque la folle idée de réaliser un voilier à hydrofoil vous prenait, vous deviez rapidement faire un choix. A quelle obédience allez-vous adhérer au sein de la religion du foil ? Foil en V ou foil avec régulation automatique ? D’ailleurs avant 2013 le choix était si « simple » qu’en 2008, je « pondais » un article « Foil en T ou foil en V ? ».

C’était avant que le design team d’ETNZ n’invente le foil en L2.0, un artifice pour détourner la jauge des AC72. Avant 2013, le facteur jauge rentrait alors rarement en compte dans le choix du type de foils. Rares étaient ceux qui avaient l’idée de mettre des foils sur un bateau appartement à une jauge. Je sais, il y avait bien eu en Moth Brett Burvill et Mark Pavic en 2000 et même avant Frank Raisin en 1972.

En tant que concepteur votre choix était, et est toujours, fonction de l’analyse des avantages et inconvénients de chaque système.

  • capacité à stabiliser en vol
  • résistance
  • complexité
  • prix
  • autres paramètres comme l’encombrement…

Une fois votre choix fait entre le foil régulé ou non régulé – donc celui de votre système de stabilisation de la hauteur de vol – vous aviez déjà éliminé un certain nombre de formes.

Puisqu’il s’agit d’un choix fondamental, attardons nous sur les solutions qui s’offraient aux concepteurs de foils avant 2013 (du bricoleur au responsable de design team).

 

1. 1 Foils en V ou traversant

Broomstick l’engin de Doug Halsey en 2007 – photo DR

Broomstick l’engin de Doug Halsey en 2007 – photo DR

Dans le premier cas, appelé souvent « foils de première génération », c’est l’élévation du bateau qui est sensée réguler la portance par la modulation de la surface du foil, l’incidence est elle le plus souvent fixe.

Foil V - F Monsonnec 03-2011

1.2 Foils en « T » ou régulés

Osprey, dernière création de Sam Bradfield – photo DR

Osprey, dernière création de Sam Bradfield – photo DR

Pour ces foils et aussi ceux en L, U, O… la surface portante n’évolue pas, c’est l’incidence qui est modifiée. Incidence pilotée par un système le plus souvent mécanique. Sa mission est de mesurer la hauteur de vol et de produire l’action nécessaire au mouvement de tout ou partie du plan porteur. J’ai listés les principaux systèmes existants dans « Historique des systèmes mécaniques de régulation » (en 3 parties). Et comparé deux systèmes : celui développé par Greg Ketterman et celui de Sam Bradfield, dans l’article « Palper en avant ou en arrière ? ».

Foil T - F Monsonnec 03-2011

Il existe une variante de foil en T non régulée, les foils de kitefoils et windfoils. La régulation est alors manuelle ou humaine, le pilote régule l’incidence par la position de son corps.

2. Depuis 2013, le cadeau du team ETNZ

Groupama Class C et ses foils en S à LSA 2016 - photo JF Daron

Groupama Class C et ses foils en S à LSA 2016 – photo JF Daron

Depuis la dernière Cup, grâce au cabinet Melvin et Morelli, vous avez le choix de suivre une nouvelle voie, une nouvelle vision du foil, celle des foils en L 2.0…  (je préfère utiliser le nom de « L 2.0 » car les foils en L existaient avant la 34ème Cup puisque développés par G. Ketterman en 1983).

Pour ceux qui découvriraient l’existence de ces lettres, une petite révision de « l’Alphabet du foil » s’impose.

Glossaire réalisé pour l’Alphabet du foil – F Monsonnec 2014

Glossaire réalisé pour l’Alphabet du foil – F Monsonnec 2014

Cette nouvelle voie repose sur des foils pas vraiment en V (mais un petit peu tout de même !) et surtout sans régulation automatique.

Cette nouvelle approche repose sur un mix :

  • diminution de la surface de foil par le décollage de l’engin (idem foil en V),
  • régulation par l’humain qui peut jouer sur l’assiette du bateau, et potentiellement sur la portance du foil par son incidence (rake) et la direction de la résultante de la portance (inclinaison/cant).
  • augmentation de la dérive par diminution de la surface immergée de la partie antidérive (shaft) et donc baisse de l’angle d’incidence (la direction n’étant pas celle de l’axe du bateau).

 

Foil L 2.0 - F Monsonnec 05-2016

3. Avantages / Inconvénients

Puisque les choses évolues, voici en bon « blue » dans le schéma « HBDI circle » (classement théorique de votre « caractère ») un nouveau récapitulatif des principaux avantages et inconvénients de chaque solution.

3.1 Foils en V (non régulés)

L'alphabet du foil - foils en V Hydrofoil - F Monsonnec 08-2014Avantages

  • Système « éprouvé »
  • Autorégulation théorique

Inconvénients

  • La résultante se déplace sur le foil en fonction de l’enfoncement
  • Risques de ventilation
  • Importants efforts (jambes de force le plus souvent)
  • Mécanisme de rétraction compliqué
  • Le centre de poussé doit passer par le centre de voilure, nécessité de grands bras et déséquilibre lors de la réduction de la voilure

 

3.2 Foils en T/L… (régulés)

L'alphabet du foil - foils en T Hydrofoil - F Monsonnec 08-2014Avantages

  • Régulation de la portance « automatique » (dans une certaine mesure)
  • Suivant le type, la résultante peut passer par la jambe de force (T)
  • Plan porteur immergé, moins soumis à la ventilation
  • Moins d’interférences avec les mouvements des particules
  • Voler avec ces foils oblige à la conception d’un système « savant »

Inconvénients

  • Régulation obligatoire
  • Fragilité des systèmes de régulation
  • Rétraction complète difficile
  • Trainée du nœud si liaison jambe de force / plan porteur

 

3.3 Foils en J, S, L 2.0… (non régulés automatiquement)

L'alphabet du foil - foils en L 2.0 Hydrofoil - F Monsonnec 08-2014Avantages

  • Permettent une sorte d’autorégulation
  • Permettent de contourner certaines jauges
  • La nécessité de réguler « artificiellement » oblige un haut niveau de compétence qui peu satisfaire les compétiteurs acharnés

Inconvénients

  • Foils complexes à réaliser
  • Instables en pilonnement
  • Fragilité des foils et des puits
  • Régulation tributaire de l’humain (moins simple que les « T ou V »)
  • Régulation moins souple et limitée
  • Système dangereux car instable
  • Equipage au rappel donc risque de chutes et de chocs
  • Nécessite un long apprentissage
  • Elitiste…

4. Bien et alors ?

Très intéressé par les foils régulés, sans être allergiques aux foils en V et aux derniers nés, je suis intrigué par le développement des foils en L 2.0 sur des engins non limités par une jauge.

Cette dernière solution semble attirer beaucoup de fidèles. Effet de mode ? Pourtant il faut se rappeler l’origine de sa création : une jauge, l’interdiction de réguler et une largeur limitée.

J’ai l’impression que certains ont découvert les foils avec la Cup et partent du principe que la solution des AC72 est LA solution.

Ce concept est une très belle innovation pour les classes limitées par leur jauge mais il reste, pour moi, inférieur au système de foils régulés (désolé Phil !).

De plus, il demande une régulation humaine exigeante qui ne peut être à la portée de monsieur tout le monde, d’autant plus sur une longue période ou au large.

Surtout, alors que l’on met de plus en plus en avant la sécurité, il est étonnant que l’on puisse aller vers une solution moins sécurisante.

Mes échanges foilesques à LSA 2016, m’ont renforcés dans l’idée que quelque chose cloche ! Je retiens la « sortie » de mon ami François Lys à propos du danger de la navigation sur certains engins au foils non régulés : « On n’a rien à faire au trapèze à 30 nœuds et ce sont des bateaux de série ! »

Et celle de Maurice Gahagnon : « Multiplier la vitesse par 2 multiplie l’énergie par 4, sans que la sécurité ne suive. »

Peut-être qu’il faut avoir navigué à plus de 30 nœuds en Trifoiler – à plat, au milieu de la coque centrale, sans avoir à faire de réglage et de rappel – pour comprendre ? Une telle expérience ferait sûrement changer d’avis un accro. du foil en L2.0 et autre foils détourneurs de jauge.

5. Conclusion

Est-ce que l’avenir des foils en haute mer, et pour le plus grand nombre, passe par l’amélioration et de le développement des foils en J, L2.0… ? Je ne le pense pas, ce serait même pour moi faire fausse route !

Je suis donc heureux du développement des Ifly 15, Stunt, Whisper et j’espère que d’autres projets de ce type vont voir le jour…

Alors peut être que ce point de vu est celle d’une personne qui ne croit qu’en des systèmes éprouvés et non en la capacité de l’homme à améliorer les foils en L2.0 ?! L’avenir nous le dira…

De toute façon, si le futur montre que j’ai tort, c’est que les concepteurs auront réussi à rendre le foil L2.0 (et ses petits frères) accessibles et sûrs et ce sera tant mieux ! Après, reste aussi à savoir comment…

6. Annexe, quels foils sur quels engins ?

Quelques bateaux plutôt récents et non spécialisés pour la vitesse

Foils en V (non régulés)

F2 = 1/2ρ x V² SC2 – 2014 – V (jusqu’à mi 2016 !)

L’Hydroptère – 1994 – V

Foils en T/L… (régulés)

Osprey – 2012 – T régulés par palpeurs trainés

Trifoiler – 1992 – L régulé palpeurs en avant

Windrider Rave – 1995 – T régulé palpeurs trainés

Whisper – 2014 – T régulés par palpeurs trainées

Stunt – 2014 – T régulés palpeurs trainés

UK M20 foiler – 2014 – T régulé palpeurs trainés

Kite foil Don Montague – 2008 – L

Moths – 2002 – T

Ifly 15 – 2016 – T

Foiler F1 – T régulé électroniquement

Foils en J, S, L 2.0… (non régulés automatiquement)

Easy to fly – 2016 – S

AC 45 – 2011 – L

AC 72 – 2013

Flying Phantom – 2014 – L

Nacra F20 – 2014 – S / L 2.0

Gunboat G4 – 2015 – L

Gitana, ex Mod 70 – 2016 – L

Autre ?

Quant 23 – 2015 – DSS (V ?)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer


AC45 turbo Groupama, le baptême

11 juillet 2016

Beau temps, belle organisation, « du beau monde », foule de curieux et de passionnés. Ecran géant, speaker, feu d’artifice… le Team Groupama avait bien fait les choses pour ce baptême au pied du hangar Groupama au cœur de « La Base » de Lorient.

La base du team au sein de La Base

La base du team au sein de La Base

Ecran géant et foule au baptême de l’AC45 T

Ecran géant et foule au baptême de l’AC45 T

Le team au grand complet était là pour assister au baptême, Franck Cammas, ODK, Martin Fisher…. La bouteille de champagne est descendue du ciel, quoi de plus normal pour un engin volant, déposée dans les mains d’Alain Prost par un pilote de Flyboard !

AC45 Turbo Groupama

AC45 Turbo Groupama

Le bateau était montré sans foil (ils sont dans le hangar si j’en crois un membre du team). Tout le monde a pu admirer la très belle plateforme très aérodynamique, le carénage de bras arrière. Mais est-ce encore un carénage ou tout simplement une aile sans bord d’attaque posée derrière le bras ? Les étraves « bélouga » anti enfournement équipées de redans comme au bon vieux temps de Pen Duick V (construit en 1968 au chantier La Perrière à quelques dizaines de mètres)… La zone réservée pour les foils en arrière du bras avant.

Bras carénés, étrave gonflées, redans…

Bras carénés, étraves gonflées, redans…

Ce baptême fut aussi l’occasion pour quelques lecteurs et auteurs de Foilers de se rencontrer. Rien d’organisé, juste des visages reconnus dans la foule, des SMS (tu es au baptême? oui j’ai une chemise à carreaux … !) suivis de discussions foilesque. Bob Fisher, le roi de l’infusion, Batiste Labat boss du projet Robokite, Olivier Verschoore auteur du dernier article de Foilers. Il y en avait d’autres ?

De belles images sur le Site de Multiplast

Dans quelques jours, après ce petit flash, un nouvel article sur Foilers …

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer


NY – Les sables, « good vibes » ?

17 juin 2016

Par Olivier Verschoore

Vibrations et confort

Que faire au Sables d’Olonne une semaine pluvieuse du mois de juin… accueillir les Imoca à foil ou à dérives de la première New York – Vendée évidemment !

Où est passée la foule immense des Vendée Globe ? Pour l’arrivée de cette nouvelle course il n’y a presque personne. Là où, dans 5 mois, 1 million de passionnés se presseront et jouerons des coudes pour avoir un autographe, la semaine dernière on pouvait tranquillement promener son Bouvier Bernois sur le ponton, discuter avec les équipes et les skippers, prendre son temps. Les enfants ont eu leur photo souvenir, un skipper serait même descendu pour donner une caresse au chien entre deux interviews.  Et c’est tout ? Ca dépend, si le badaud se trouve être un lecteur assidu de Foilers !, qu’il rêve d’avoir son Williwaw pour foiler tranquillement au milieu des océans, non ce n’est pas tout : on a pu « parler foil ».

Maitre coq avec Jérémy Beyou, Gitana 15 avec Sebastien Josse, Hugo Boss avec Alex Thomson, le podium de cette transat et monopolisé par les Imoca à foils.

Jérémy Beyou le vainqueur, avec une traversée en 9 jours et 17h, a fait adapter son bateau pour y loger des foils dernièrement. Il explique que sans les foils le bateau est lourdaud. Avec les foils le bateau devient très réactif. Il explique que lorsque le bateau commence à s’arracher à l’eau, l’accélération est franche, il devient même émouvant en répétant en boucle « ça accélère, ça accélère, on ne sait pas quand ça va s’arrêter ». Par contre les décélérations sont aussi brutales que les accélérations sont franches, avec une coque planante sans redans je dirais : « normal ». Les foils de Maitre coq sont équipés d’un aileron perpendiculaire à l’intrado au niveau de sa partie la plus courbe. Je ne me l’explique pas.

Sébastien Josse développe plus les aspects stabilité, confort et sécurité.

Les Imoca ne volent pas encore complètement. Ils sont soulevés un peu en avant du centre de gravité et l’arrière du bateau est au planning. C’est une configuration stable qui ne nécessite pas de modification de safran. Avec un plan porteur horizontal intégré le comportement de ce dernier en cas de choc serait modifié, on aurait alors peut-être à nouveau des cas de perte de safran.

Le problème dans cette configuration c’est le manque total de confort. Le bateau est soulevé sur l’avant et le clapot rencontre la carène sur une zone pratiquement plate optimisée pour le planning sans foil. Pas de V profond pour fendre l’eau, chaque vaguelette vient claquer sur la peau de carbone du tambour Imoca.

Pour achever le marin, les foils transmettent des vibrations très aiguës dans la caisse de résonance qui sert d’abri au marin. Morgan Lagravière sur Safran s’est particulièrement plaint de ce bruit qui rend fou. Tous les skippers portent des casques antibruit pour supporter ce sifflement.

Pour la sécurité, Sébastien pragmatique explique que les foils ont la même surface frontale projetée que les dérives. Le risque de collision est donc identique. Safran de Morgan Lagravière et Virbac St Michel de JP Dick ont explosé leurs foils, Tanguy Delamotte a fendu une dérive. Ce risque est donc similaire… à la vitesse prés : un choc à 15 nœuds ou à 25 nœuds en termes d’énergie à dissiper c’est pratiquement un rapport de 1 à 3. Le carbone n’ayant pas bâti sa réputation sur la résistance au choc, il se solde immanquablement par une amputation à la jointure.

Chirurgie suite à l’amputation sur Safran - photo O. Verschoore 06/2016

Chirurgie suite à l’amputation sur Safran – photo O. Verschoore 06/2016

Chirurgie suite à l’amputation sur Safran - photo O. Verschoore 06/2016

Chirurgie suite à l’amputation sur Safran – photo O. Verschoore 06/2016

Réparation à la truelle sur Virbac - photo O. Verschoore 06/2016

Réparation à la truelle sur Virbac – photo O. Verschoore 06/2016

 

Réparation à la truelle sur Virbac - photo O. Verschoore 06/2016

Réparation à la truelle sur Virbac – photo O. Verschoore 06/2016

Les foils de gitana ont un profil à peu près constant jusqu’à la courbure max du foil (pour pouvoir coulisser dans le puit) puis la corde devient franchement plus importante et s’affine régulièrement jusqu’au bout de foil.

Info Gitana : Le mod 70 qu’ils ont fait voler en mars est vendu afin de pouvoir faire un projet maxi « a foil ».

Alex Thomson sur Hugo Boss a fait un début de course sur les chapeaux de foils raflant le record de distance sur 24h. Malgré 4 chocs, avec probablement des poissons lune, pas d’avarie visible. Flegmatique et sympathique Sir Thomson tout sourire est juste content de ses foils ! Son bateau dont le triangle avant est batmaniesque a des foils avec de fines fences en carbone collées sur les deux tiers avant du profil. Ces dernières empêchent probablement de rentrer complètement le foil dans son puit. L’extrémité du foil est coupée net ce qui permet de bien voir le profil choisi. Des marques sur le foil sont visibles depuis le cockpit pour mesurer son immersion, l’extrémité n’est pas traitée car elle est sensée toujours être émergée.

Hugo Boss - photo O. Verschoore 06/2016

Hugo Boss – photo O. Verschoore 06/2016

Hugo Boss - photo O. Verschoore 06/2016

Hugo Boss – photo O. Verschoore 06/2016

Ces marins, et la moitié de la flotte Imoca, partiront dans 5 mois avec leurs foils de record de vitesse et de torture.

Comment faire pour diminuer ces contraintes ?

Sébastien explique clairement que « l’architecture des bateaux va changer : ils seront plus étroit et rond », le tambour de carbone devrait donc devenir de l’histoire ancienne dès qu’un architecte osera revoir en profondeur la carène. De même source aujourd’hui c’est l’équipe d’Alex qui est allée le plus loin dans le concept, son bateau est plus étroit alors que la largeur sur les Imoca est gage de puissance. La décision tardive de Jérémy lui aura été profitable, son bateau est « d’ancienne génération », il a donc pu conserver des ballasts plus volumineux que les nouveaux bateaux. Avec l’adjonction d’un foil qui déplace sensiblement la poussée verticale habituellement assurée par la carène : le couple de redressement augmente, la puissance potentielle augmente.

Que faire pour les vibrations et les sifflements des foils? Cette question je ne l’ai malheureusement pas posé aux principaux concernés. Votre apprenti reporter n’a pas de carte de presse et parfois la timidité prend le pas sur l’opportunisme. Je vais donc répondre avec mes moyens et les informations trouvées sur le net.

J’aurai bien aimé que tout ce boucan soit dû à la cavitation. Les bateaux ont fait la traversé en 9 jours, pas en 4 jours, même à 25 nœuds difficile de penser qu’il s’agisse de cavitation. Donc la cavitation en Imoca ça viendra mais pour nos new-yorkais il s’agit d’autre chose.

Ce bruit les adeptes de catamaran type F18 le connaissent. Etudiant je l’adorait. Il voulait dire : Oliv tu fonces, ton bateau te remercie en chantant. Pas sûr que j’apprécierai cette chanson 24h/24 pendant 3 mois. Les surfeurs connaissent aussi ce sifflement. Ils le suppriment en ponçant le bord de fuite.

Ce bruit serait dû à l’instabilité du vortex sur le bord de fuite. Alternant rapidement de l’extrado à l’intrado ce dernier fait osciller la dérive ou le foil comme vous pouvez le voir sur cette vidéo.

Comme toute structure le foil possède une fréquence propre, si l’oscillation s’en approche la résonance augmente considérablement l’amplitude. Si cette fréquence propre se situe dans l’audible le concert peut commencer. Sur la vidéo le bord de fuite est biseauté de manière asymétrique pour réduire les vibrations.

Il s’agit probablement de la cause racine de ce bruit.

Le fait d’avoir des foils courbés ou en L avec des profils évolutifs risque de ne pas simplifier l’éradication de la cause racine, on peut donc vouloir aller plus loin en limitant la propagation de la vibration dans le foil et vers la cabine. Pour cela il faut appliquer la méthode masse/élastique : faire un foil et un puit avec des matériaux lourd et isoler le puit du reste du bateau avec un matériau élastique : un silent block.

Enfin pour les fans de technologie la vibration pouvant être captée en amont, un haut-parleur peut être actionné pour diffuser l’onde inverse du son du foil et réduire ce bruit. Je ne suis pas fan mais ce n’est pas de la science-fiction, ça se fait dans divers secteurs de l’industrie et dans les casques d’aviateur haut de gamme.

L’intérieur de la cabine peut pour finir être équipée de surfaces absorbantes, les boites a œufs des salles de répet de notre adolescence, les tentures de châteaux ou les sifflets des chambres anéchoïques par exemple.

Cependant traiter le problème a sa source reste la meilleure solution car les vibrations ne fatiguent pas que les marins, elles fatiguent aussi les matériaux.

Que faire pour les chocs ?

Il y a 20 ans avec l’essor des NGV on parlait de sonar capable de détecter les obstacles proche de la surface vers l’avant du navire. On a aussi parlé de caméra thermique. Je n’en entends plus parler. Le moyen de détection du moment s’appelle REPCET. Il est spécialisé dans la détection de cétacés et fonctionne un peu comme coyote avec les flashes routiers. Un marin qui voit une baleine transmet sa position et le logiciel diffuse cette position aux autres bateaux avec une zone de probabilité qui s’élargie avec le temps. Si son utilisation est adaptée pour inclure les objets flottants dans la base de données en tenant compte des courants et que son utilisation est généralisée ça pourrait bien marcher.

Toujours en F18 lorsque les grosses méduses envahissaient le pertuis proche de La Rochelle le blocage bille ressort était efficace pour les chocs sur les safrans, pour les chocs avec les dérives en général l’équipier au trapèze allait embrasser violemment le mat. La hantise de la ventilation sur les dérives a poussé à les encastrer dans la carène. Il est peut-être temps de modifier la liaison de ces appendices afin de les protéger comme les safrans avec une liaison pivot et un indexage bille-ressort. Ça va faire un peu péniche hollandaise mais si ces solutions peuvent économiser du carbone et épargner Flipper le dauphin ça mérite d’être essayé. Evidemment la rotation interdirait les foils en L, J, C,H etc.

Le risque de choc et les moyens de s’en prémunir a été traité de manière plus complète dans l’article « Les obstacles » il y a 6 ans (Par Xavier Labaume).

Conclusion

La roue pour permettre des déplacements tout terrain, rapides et confortables a dû être équilibré, équipée de pneumatique et de suspension. Le foil hauturier a également besoin de périphériques pour en tirer le meilleur. Sur un tour du monde, le navire qui gagnera ne sera pas forcément celui ayant trouvé la géométrie avec la meilleure hydrodynamique mais celui pouvant garantir cette utilisation en continue pendant 1874 heures.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer


La semaine affoilante 2016 – Vidéos

30 mai 2016

Voici pour ceux qui n’ont pas pu venir à l’ENVSN, et ceux qui y étaient, pour tout le monde donc, quelques vidéos de LSA 2016.

En commençant par le Teaser 2016, réalisé par Valère Caneri de Horue Movie Production.

La vidéo 2016, toujours par Valère.

La très belle vidéo réalisée par l’ENVSN

Une vidéo de Bretagne Télé qui s’ouvre sur le Trifoiler de François Lys. Sans musique mais n’oublions pas que le foil, sauf quand il rentre en vibration, c’est aussi le « silence ».

Une seconde, toujours de Bretagne Télé.

Une petite vidéo perso. réalisée avec les moyens du bord lors d’une nav. à bord du Trifoiler #64.

Une version pro. d’une nav. à bord du Trifoiler après que François ne m’ait débarqué pour prendre Valère (et il a bien eu raison !).

Il faut cliquer sur l’image ci-dessous, intégration impossible.

Vidéo Trifoiler 64 Horue Movie Production

Et pour ceux qui ont loupé aussi l’édition 2015 et sa vidéo.

Et en bonus, un run du Trifoiler en 2015 avec le son de base et le zod. de l’ENVSN à fond pour le suivre (images ENVSN).


Le cheminement vers l’Aquaskipper

14 mai 2016

Par Séverin cailliez et Jérémie Tardiveau

L’hydrofoil est la plupart du temps utilisé pour « alléger » ou soulever une embarcation au dessus de la surface de l’eau. Quelques concepts cherchent au contraire à ce qu’il soit l’élément propulsif (seulement ou en plus de son usage courant de plan porteur). L’enjeu consiste à mettre au point une cinématique qui permette de modifier l’angle d’incidence du foil de façon alternative et créer ainsi un mouvement de marsouinage (propulsion similaire à une nageoire caudale de cétacé, des palmes…)

L’idée est assez ancienne puisqu’on en trouve déjà des traces il y a 60 ans. En voici quelques représentants marquants, même s’il en existe certainement beaucoup d’autres au fond des garages de bricoleurs ingénieux.

En 1953, l’ingénieur allemand Julius Schuck met au point le « Wasserlaüfer » (Gerridae ou araignées d’eau). Constitué de 2 foils, un sous chaque jambe, c’est le pilote lui-même qui coordonne le mouvement de l’ensemble à la bonne fréquence.

Wasserlaüfer - Julius Schuck

Wasserlaüfer – Julius Schuck

 

La vidéo de démonstration vaut le détour !

Bien plus tard, en 1986, le « Mutiny on the boundary layer » voit le jour. L’engin de Parker Mc Cready est un système intégré. Un cadre de vélo est monté sur des flotteurs, par un système de transmission, le pédalier fait osciller le foil arrière. L’efficacité de l’ensemble est relativement faible du fait de son poids, surtout au démarrage nécessitant une puissance importante pour permettre de mettre l’ensemble en mouvement et sortir les flotteurs de l’eau, alors même que les battements du foil sont peu propulsifs à basse vitesse.

Mutiny on the boundary layer - Parker Mc Cready

Mutiny on the boundary layer – Parker Mc Cready

Il sort une version améliorée, baptisée « Pogofoil » 3 ans plus tard :

Pogofoil - Parker Mc Cready

Pogofoil – Parker Mc Cready

Cependant, les principaux handicaps, notamment le démarrage, persistent, comme l’illustre la vidéo suivante, malgré l’avantage que les flotteurs procurent pour la stabilité à l’arrêt.

10 ans plus tard, Alexander Sahlin privilégie le rendement en mettant au point le « Trampofoil ». Les flotteurs sont abandonnés ce qui impose de partir d’un point fixe. C’est en sautant sur la plateforme que le pilote provoque les variations d’incidence du foil arrière, rendues possibles par la souplesse des barres de liaison avec la partie avant de l’engin.

Trampofoil - Alexander Sahlin

Trampofoil – Alexander Sahlin

Le Trampofoil fut le premier à être fabriqué en série et commercialisé.
On en trouve même un équivalent en bois, en la personne de l’«Hydrothopter».

Hydrothopter via Instructables

Hydrothopter via Instructables

En 2005 apparait l’Aquaskipper, développé par Shane Chen, et très similaire au Trampofoil. La principale différence se situe dans la partie avant où la souplesse nécessaire aux variations d’angle du foil et de toute la plateforme arrière est assurée par une latte courbe en fibre de verre.

Aquaskipper - Shane Chen

Aquaskipper – Shane Chen

L’Aquaskipper a également été produit en série. Il est possible de s’en procurer en France auprès de Séverin au 06 88 13 44 28 ou de Jérémie au 06 63 28 24 69 .

Ci-dessous les essais de Séverin et Jérémie en piscine.

 

Note du « metteur en page » !

C’est avec grand plaisir que j’ai pu assister à des démonstrations d’Aquaskipper par Séverin Caillez lors de « La semaine affoilante 2015 ». Séverin, venu avec deux Aquaskippers, a animé la plage avec des essais et une « compétition » entre Philippe Caneri et Nicolas Parlier ! A voir dans la « vidéo officielle de «La semaine affoilante». Séverin était encore là pour l’édition 2016. Ci-dessous, une petite compilation d’images de 2015.

Pour plus d’informations sur ce type d’engins, vous pouvez aussi consulter les pages suivantes :


Jeu « Foilers ! » 19

10 mai 2016

Le dernier jeu sur Foilers date de janvier 2014 ! Deux ans. J’avais alors osé proposer une grille de mots croisés foilesque ! Normal, la navigation sur foil est un sport qui se pratique au fond d’un bon fauteuil…

Voici une photo, comment s’appelle cet engin ? Ce n’est pas très difficile.
Mais je n’accepte pas les réponses de SC et JT… de ceux qui sont trop proches de cet engin !

Foilers jeu 19

Bravo Franck, c’est bien des foils de l’Aquaskipper qu’il s’agit.

Plus d’informations dans l’article « Le cheminement vers l’Aquaskipper », préparé par Séverin cailliez et Jérémie Tardiveau, avec des vidéos dont une en piscine d’où j’ai extrait cette image…


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 574 autres abonnés