Hydroptère : objectif 50 noeuds

Après l’homologation de leur double record, l’équipe de l’Hydroptère vise la « barre mythique des 50 noeuds » pour l’hiver 2007-2008.

Gagner encore 3 noeuds sur la vitesse de pointe actuelle de 47.2 noeuds, mais plutôt 5 sur le celle de 44.81 du record sur 500m est loin d’être simple, et va probablement nécessiter un changement de conception des foils radical.

Il me semble d’ailleurs qu’ils ont déjà un bord d’attaque nettement plus anguleux sur cette photo de Thierry Seray (Tendance Bleue) que sur des clichés précédents

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12 Responses to Hydroptère : objectif 50 noeuds

  1. thierry dit :

    Bonjour,
    A priori ils n’ont pas changé de foils récemment. J’ai lu ton sujet sur la cavitation. Effectivement ca recoupe ce que j’ai appris aux contacts des concepteurs des différents projets. Il y a effectivement un problème quis e situe entre 49 et 50 noeuds mais tout le monde travaille a repousser cette limite au delà de 50 nds. A noter que Sail Rocket a fait le choix de profils supercavitant…

  2. Dr. Goulu dit :

    En fait la cavitation apparait déjà avant, disons autour de 45 noeuds, et pose surtout des problèmes sur les appendices mobiles (safran) car l’angle d’incidence accentué le problème… J’ai d’ailleurs entendu parler de comportement bizarre à la barre de l’Hydroptère lors de ses récentes pointes de vitesse.

    Je pense l’Hydropère a déjà « repoussé la limite » au maximum. Sans changer de foils, ils ne peuvent plus que tenter le record dans l’eau la plus chaude possible (voir « Viscosité » sur Wikipedia où on comprend pourquoi la Namibie est un bon spot…)

    Si l’Hydroptère reste en Bretagne, pas de 50noeuds sans supercavitation. Pour l’anecdote il y a une boite spécialiste des foils supercavitants en Suisse : Supramar

  3. thierry dit :

    Pour info, lorsque Finian Maynard a fait son temps de 48,7 nds, il a enregistré des pointes à 49,1 noeuds avec un profil pourtant par nature très court et très proche de la surface. En planche, la cavitation est encore plus délicate car en une fraction de seconde tu n’as plus d’appui … du tout. Finian a fait ça l’hiver, en France, donc en eau froide. Il n’a pas cavité. Je ne dis pas que tu as tort, je dis simplement qu’on ne sait pas bien où l’on va. A quand les profils supercavitant…

  4. Dr. Goulu dit :

    Oui, je me suis aussi posé la question pour la planche de Maynard. A mon avis il faut distinguer 2 aspects :

    1) la portance, qui n’est pas assurée par un foil mais par la planche elle même et aussi par la voile, qui, inclinée au vent, crée une force verticale qui peut pratiquement annuler le déplacement et donc la trainée dans l’eau, et le risque de cavitation

    2) la dérive, et là j’aurais bien aimé voir l’aileron de la planche de Maynard. Effectivement, s’il se met à caviter, ça doit faire peur. Mais il est fixe dans l’axe de la planche, et peut être très fin car la charge dessus est faible. Ce sont 2 gros avantages sur les bateaux.

  5. ebw dit :

    La température de l’eau n’a pas une grande influence pour un telle problème, en effet la résistance hydrodynamique est principalement de la résistance de pression ou de la résistance de vague. En ce qui concerne la cavitation, entre de l’eau à 27°C et de l’eau à 1°C la pression de vapeur saturante ne varie que de 3000Pa (ce qui est vraiment peu par rapport à la pression atmosphérique et encore moins si on considère le gradient de pression hydrostatique, car une telle variation de pression correspond à un enfoncement d’environ 50cm).

    En ce qui concerne l’aileron de F Maynard, permettez moi de m’interroger sur le fait que « la charge dessus est faible », en effet qui dit poussé aérodynamique du gréement important dit nécessairement effort latéral conséquent. Je pense que les planchistes pourront confirmer cela, car en navigation le planchiste transmet l’effort de la voile à la planche et il sent bien que cet effort est quasiment normal à la voile et important (c’est d’ailleurs pour cela qu’il se tient face à celle-ci)

  6. Dr. Goulu dit :

    Je pensais plutôt à l’influence de la viscosité sur la cavitation, or la viscosité de l’eau à 1°C est 1.8x plus élevée qu’à 20°C. Par contre j’ai été un peu vite en pensant intuitivement qu’il vaut mieux un liquide fluide… En fait le nombre de Reynolds diminue quand la viscosité augmente : il vaut mieux de l’eau froide, mea culpa …

    Pour l’aileron, je voulais justement bien savoir s’il a réellement le rôle d’un plan anti-dérive ou si la forme de la planche fait une partie du travail. C’est vrai que s’il prend 100kg sur environ 100 cm2, on retrouve la même charge que sur un foil de l’Hydroptère (7 tonnes + force de dérive sur ~ 1m2). Mais je me disais que les ailerons de windsurf ne me semblent pas capables de supporter 100 kg de force normale… Si vous avez des données plus précises, ça m’intéresse!

  7. ebw dit :

    En ce qui concerne la cavitation le nombre de Reynolds ne joue pas un rôle notable, le nombre adimensionnel pertinent est plutôt le nombre de cavitation sigma=(pression à l’infinie – pression vapeur saturant)/(0,5 . rho . v.v) , où pression à l’infinie est ici la presssion atmosphérique. L’expérience permet d’ailleurs d’obtenir une cavitation quasiment identique à 50kts où à 30kts si on conserve se nombre adimensionnelle en modifiant le pression de travail.

    Pour le cas de la planche à voile si on prend un Cl de 1, on obtient pour un vent apparent de 30kts une portance de l’ordre de 700N pour une voile de 5m2 (ce qui est un valeur assez logique par rapport à la masse d’un homme adulte). Donc si on suppose que la voile fait un angle de 10° avec l’axe de la planche on obtient 690N de force latéral et 120 de force propulsive (on néglige ici la traînée). Et même si on considère que l’angle est de 30 ° on obtient 600N de latéral pour 350N de propulsif. On a donc un effort non négligeable, ce qui peut être facilement confirmé par l’expérience: demandez gentillement à un planchiste d’enlever son aileron de sa planche à voile et vous verrez que dès qu’il atteint une vitesse importante (même à une allure assez abatue) il a des problèmes.

  8. dorian dit :

    En tant que windsurfer, je peux assurer qu,a hautes vitesses, c’est sur l’aileron que vont se tranmettre la plus grande partie des forces, ce qui explique des profil pas si fins que ce que l’on pourrait imaginer.
    Je pense d’ailleurs que c’est la que se situe la clef des 50kn pour les windsurfer.

  9. Dr. Goulu dit :

    il est clair que l’aileron est utile, ne serait-ce que pour la stabilité de la planche, et il reprend certainement une partie de la force de dérive. Cela dit, je ne suis pas convaincu que ce que les windsurfer appellent « spin out » soit systématiquement de la cavitation due à la vitesse. Ca peut être un décrochement du à un angle d’incidence trop élevé ou de la ventilation si la planche ne colle pas bien à l’eau.

    A la base, et comme je me le demandais dans l’article sur Finnian Maynard, je me demandais quel profil d’aileron il utilisait, parce qu’un aileron à profil symétrique ne crée de la portance qu’avec un angle d’incidence, et que ce genre de profil est susceptible de décrocher ou de caviter rapidement si l’angle augmente. Affiner le profil n’aide pas beaucoup car ça réduit l’angle d’incidence admissible, justement…

    Il me semble que pour une planche de record, un profil asymétrique créant une portance dans la direction au vent serait préférable, et je me demandais si des profils supercavitants avaient été testés.

  10. thierry dit :

    Dorian a totalement raison les gars. Pour la bonne raison qu’à cette vitesse là il n’y a souvent que les 30 derniers centimètres de la planche qui sont en contact avec l’eau et que seul l’aileron fait dérive. Tout le blout de Maynard est justement de savoir doser ses appuis sur ce point d’appui. Je ne pense pas qu’il utilise un aileron assymétrique mais je pense que je vais le faire intervenir dans Tendance Bleue cet automne alors je lui demanderai.

  11. […] ailerons et spinout Suite à quelques commentaires récents au sujet des ailerons de windsurf ici, voici un petit article sur l’importance de ce petit foil […]

  12. Ponpon dit :

    Juste un commentaire sur le record de Finian , il m’a dit que pendant le run l’appuis arrière était bizarre , comme lorsque l’on passe dans la mousse d’une vague et que par deux fois il a faillit tomber .
    Je confirme , il n’avait pas d’aileron asymetrique mais un Deboichet de speed déjà éprouvé depuis plusieurs années .

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