Supercavitation militaire

Les premiers intéressés à aller vite dans l’eau sont, comme souvent, les militaires. Comme indiqué dans « le mur des 50 noeuds« , le destroyer français « le Terrible » détient toujours le record de vitesse des bateaux à déplacement avec 44.9 noeuds depuis 1935. Il est probable que son hélice tournait alors dans une grosse poche de cavitation, phénomène que tous les navires et qui plus est les sous-marins ont tenté d’éviter à tout prix par la suite.

Autour de 1999, il est apparu publiquement que les russes disposaient de torpilles capables d’atteindre 200 noeuds, soit 370 km/h sous l’eau (!!!), les Shkval. Ces torpilles propulsées par fusée tirent parti de la cavitation en créant une grosse bulle autour d’elles, réduisant énormément la friction avec l’eau: c’est le principe de la supercavitation.

Le contact de l’engin avec l’eau se limite à un petit cône à la pointe de la torpille (voir photo ci-dessous), et aux extrémités des ailerons qui « surfent » à la surface de la bulle.

Juste derrière le disque (ou cône, peut-être démonté sur la photo…) qui crée volontairement une poche de cavitation (de quasi vide) sur le nez de la torpille, on voit les tuyères par lesquelles du gaz est injecté pour « gonfler la bulle » et éviter ainsi qu’elle ne se referme sur le corps de la torpille.

A noter que plusieurs sources indiquent que le sous-marin Kursk qui a sombré en 2000 effectuait un test du Shkval, voire un tir de démonstration destiné à la vente de l’engin. Certains prétendent même qu’un ou deux sous-marins US étaient dans les parages pour observer ceci, voire interférer dangereusement. Mais ceci ne nous regarde pas, d’autant qu’il existe désormais un équivalent européen du Shkval : la « Barracuda » de Diehl BGT

sources:

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15 réflexions sur « Supercavitation militaire »

  1. J’avais entendu parler de ça mais en lire l’explication, c’est encore mieux. Une question : le profil hypercavitant des foils de Wotrocket est-il en mesure de le soulever en dessous de 30 noeuds ?

  2. Excellente question qui me pousse à accélérer l’écriture d’un gros post sur la conception des hydrofoils. Je m’y remets donc. Patience. Mais en gros, soit on fait un foil « moyen » sur une grande gamme de vitesse, soit il faut parvenir à atteindre autrement la vitesse de fonctionnement d’un bon foil supercavitant, soit encore on peut imaginer modifier la forme du foil pendant l’accélération …

  3. le « MHD » c’est la « magnéto hydro dynamique« , une technologie qui a été testée sur de bateaux de surface avec des résultats décevants, et qui n’est pas aussi silencieuse que l’espèrent les sous mariniers. La MHD fleure encore bon la science fiction alors que le Shkval à supercavitation existe : ya des photos …

  4. prendre de l’avantage sur les russes. je pense c’est un reve monsieur, ils ont 50 ans d’avance sur les europeens.
    Il faut admettre que les russes et les américains ont 50 ans d’avance sur les européens dans le domaine de la MHD. C’est une vérité connue par tous.

    1. Pour commencer, la supercavitation n’a rien à voir avec la magnétohydrodynamique (MHD)

      La Shkval a été conçue à la fin des années 1970 et déployée dans les années 1990. La torpille allemande de Diehl est commercialisée depuis 2005, donc les Russes avaient 10-20 ans d’avance, pas 50. Ca se rattrape vite avec un peu d’espionnage …

      Concernant la MHD, la seule « vérité connue par tous » est que le sous-marin russe « Octobre Rouge » décrit dans un film de science-fiction américain utilise la propulsion MHD. Une vérité un peu moins connue est que les japonais ont fait des bateaux à MHD dans les années 1990 et que ça a moins bien marché que prévu. Si les européens ont du retard dans une technologie qui ne marche pas bien, c’est pas trop grave…

      Cela dit, si vous avez des infos sur les programmes militaires top-secrets en MHD ou en supercavitation, nous les publions volontiers sur Foilers!

  5. Bonjour, je reviens sur ce sujet qui date un peu sachant que j’ai une question (du néophyte amateur que je suis) concernant ce phénomène de supercavitation appliqué aux engins à voile.

    Je précise que je m’inscris dans un contexte clairement futuriste, mais est-il scientifique raisonnable (aujourd’hui) de penser qu’il pourrait exister, dans un futur plus ou moins proche, des engins à voile, ultra légers, qui utilisent des foils supervitant comme les avions utilisent leurs ailes dans l’air, et qui atteindraient des vitesses dignes d’engins à moteurs puissants (50? 80? 100 noeuds?).

    Merci pour vos réponses, j’espère que la question n’est pas stupide.

    1. La question n’est pas si futuriste que ça, vue que le team SailRocket la mentionne clairement sur sa page http://www.sailrocket.com/node/170 avec même une jolie illustration de CFD. Conceptuellement, un foil supercavitant glisse sur la surface d’une bulle qu’il crée lui-même, donc sur une interface gaz/eau qui serait mieux contrôlée (plus lisse…) que la surface de l’eau.

      Je persiste à penser que c’est effectivement une voie à étudier pour aller considérablement plus vite que 50 noeuds. Reste que dans la version militaire, il y a une fusée qui pousse, et qui crée du gaz sous pression permettant de « gonfler » la bulle qui enveloppe la torpille. Pour un voilier, la puissance du moteur est largement inférieure, et on ne dispose que de gaz à 1 bar (de l’air), les autres sources d’énergie que le vent étant proscrites.

      Mais de plus il faut une liaison mécanique traversant l’eau entre le foil supercavitant et la partie aérienne de l’engin, ce qui augmente beaucoup la traînée, et si on le rend supercavitant aussi, la bulle se connecte à la surface, et on se retrouve plutôt en « superventilation »…

  6. J’essaie d’écrire une petite nouvelle de SF sans prétention, la raison pour laquelle je me renseigne un peu 🙂

  7. Je viens de me rendre compte des erreurs de frappe précédentes, mes excuses.
    Il faut bien sûr lire « scientifiquement » et « supercavitant » dans mon premier message.

    1. Pierre-Jean
      J’espère que tu penseras aux lecteurs de Foilers quand tu auras achevé ton travail d’écriture…
      A moins qu’il ne soit publié et que tu ne puisses pas nous en faire profite gratuitement !
      Bon travail, les pages de Foilers sont là si tu souhaites poser des questions. Voir par exemple le format Question/réponse comme l’exemple ci-dessous :https://foils.wordpress.com/2010/03/10/questionreponse-4-les-limites-des-hydrofoils-par-alban-et-tristan/
      A bientôt
      Fred

  8. Bonsoir Pierre-Jean,

    Il est possible d’atteindre 200 Km/h avec une propulsion purement vélique … avec un char à voile.

    Il n’est donc pas inimaginable d’obtenir la même chose avec un bateau si on arrive à générer une aussi bonne force anti-dérive et une aussi faible force de traînée (?)

    Bon courage pour ta création littéraire,

    GG

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