Mirabaud LX : premier vol

30 avril 2008

Il n’est pas très beau, mais il vole déjà avec très peu d’air :

Notez la maitrise de l’équipage à la contre-gite, qui crée une petite force verticale supplémentaire bien utile.

Le 8/5/08 : j’ajoute les photos mentionnées par Gurval dans un commentaire, car elles valent le détour :

la structure complète. mais où est la coque ?

Un essai avec deux minuscules flotteurs, par temps très calme…

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Mirabaud LX : pas (encore) de coque !

29 avril 2008

Ce matin à la Société Nautique de Genève, j’ai à peine remarqué la Coupe de l’America dans sa vitrine. Elle fait partie des meubles. La nouveauté dévoilée ce jour était plutôt cet étrange bateau engin, une étonnante structure de carbone posée sur le quai.

Mirabaud LX

DSCF1098

Mirabaud LX est une évolution assez radicale du 18 pieds australien AET que Thomas Jundt a équipé de foils en 2006. Suivez le raisonnement:

  1. le but est de gagner le Bol d’Or Mirabaud (du Léman) en catégorie LX (monocoques hors classe)
  2. Sur le Léman, les vents peuvent varier de force 0 à force 8 et tourner sur 360° en 1 heure, mais ils sont souvent très faibles.
  3. Pour être compétitif, un foiler doit pouvoir voler par petits airs. AET décolle à 8 noeuds dans du force 2, mais même ainsi il ne vole que 50% du temps.
  4. Pour voler plus, il faut être plus léger. La chasse au poids a été l’obsession de Thomas Jundt, comme le montre cette magnifique bôme de 1.5 kg de carbone:
  5. DSCF1092

    Mais il s’est heurté à un dernier obstacle incontournable : la coque. Celle du 18 » sert à planer : elle est large, et lourde.

  6. les coques habituelles remplissent deux fonctions : créer une poussée d’Archimède pour éviter que le bateau ne coule, et une fonction structurelle : reprendre les efforts du gréement, des plans hydrodynamiques et de l’équipage. L’idée qui a donné naissance à Mirabaud LX est de séparer ces deux fonctions:
    • une structure triangulée de 80 m de tubes de carbone de diam 44 mm, épais de 1.2 mm reprend les efforts. « ça je sais faire », dit l’ingénieur…
    • une coque, ou plusieurs flotteurs, peut-être gonflables pourquoi pas, dont le rôle n’est que de favoriser l’envol par un poids minimal, et également de fonctionner en « mode archimédien » dans des airs trop faibles. Une coque de catamaran M2 va être utilisée dans un premier temps (t’avais raison Buster, mais …) mais elle va être « sciée en 3 » dans le sens de la hauteur, seul le fond de la coque sera utilisé.

Comme on le voit sur cette photo (la video suit…) Mirabaud LX a déjà effecté un vol à 17-18 noeuds à sa première sortie la semaine passée, en utilisant des flotteurs de sagex comme coque !

Mirabaud LX devrait être équipé de son 1/3 de coque M2 le 18 mai, et participer à sa première régate déjà le 24 mai, mais le grand objectif 2008 c’est le Bol d’Or, les 14-15 juin, voire le Ruban Violet si la météo s’y prête.

Séduite par le projet, la banque privée Mirabaud & Cie va sponsoriser le développement et la mise au point de cet engin pour les 3 prochaines années. Son représentant a mentionné le slogan « tradition et innovation » de la banque, avec le côté traditionnel de la voile classique et de régates comme le Bol d’Or, et le côté innovation qui conduit à des projets très actifs en Suisse Romande, avec les multicoques il y a quelques années, avec les foilers actuellement.

Les spécifications:

  • Longueur horst tout : 10m
  • Longueur de la coque : 8.5 m
  • Largeur hors tout : 5.4 m
  • Largeur de la coque : 50 cm
  • Surface de voile au près : 32 m2
  • Surface de voile au près : 62 m2
  • foils : 2 identiques de 0.35 m2, avec ailerons
    • commandé par palpeur à la dérive
    • commandé manuellement (par rotation du stick) au safran
  • Poids à vide : 150 kg seulement, dont 25 kg de foils
  • Poids total avec équipage (3) : 390 kg !

L’équipage:

  • Thomas Jundt, concepteur et équipier central. 50 ans, ingénieur en génie civil, skipper du « Ville de Genève » lors des Tours de France à la voile 86 et 87
  • Antoine Ravonel, barreur et préparateur. 49 ans, maitre de sport, 18 ans d’expérience en 18 pieds australien, 3 ans de formule 40 etc etc.
  • Eric Gobet, « singe » et équipier d’avant. 45 ans, bijoutier, championnats d’Europe de Hobie Cat en 1992 et du monde en 1994, 12 ans de 18 pieds.

Les 3 amis Antoine, Eric et Thomas (AET…) naviguent ensemble depuis 12 ans en 18 pieds. Une équipe bien soudée donc, qui a déjà remporté la Genève-Rolle-Genève trois fois, et deux fois le Bol d’Or en classe L

Equipe technique:

  • Hugues de Turkheim, consultant pour les foils, 60 ans, ingénieur ENSAM
  • Sébastien Schmidt, architecte naval, 46 ans.
  • Jean-Marc Monnard, développement des voiles, 43 ans.
  • Jean-Pierre Ziegert, coach, entraineur, cameraman, 40 ans.
  • Mathis Bavaud, constructeur de la structure, 33 ans.

Le site de ce projet est www.jundt.ch/mirabaudlx , mais il y aura aussi des nouvelles sur foilers !


Mirabaud LX : combien de coques ?

26 avril 2008

Après avoir monté des foils sur son 18 pieds australiens « AET », Thomas Jundt a trouvé un solide partenaire pour un projet plus ambitieux. Le suspense est entier et bien entretenu comme on le voit dans l’invitation que je viens de recevoir :

Epaulé par une équipe d’ingénieurs et de designers pour lesquels les seules contraintes sont celles que l’on s’impose, Thomas Jundt a en effet développé un « engin » appelé à modifier notre conception de ce qu’est un voilier, et notamment l’idée reçue selon laquelle un voilier doit bénéficier d’une – ou plusieurs – coques !

Largement impliqué dans le monde de la voile depuis plusieurs années, Mirabaud s’est associé à ce projet audacieux dans la continuité de ses engagements. Le voilier portera le nom de Mirabaud LX.

Véritable concentré de technologie futuriste et de créativité le bateau sera dévoilé à la SNG en première mondiale au terme de la conférence de presse.


Date et heure : Mardi 29 avril, 11h00
Lieu : Société Nautique de Genève, Port Noir

Vous en saurez plus ici juste après …


Ah ces designers !

19 avril 2008

Un des articles de ce blog les plus consultés depuis ses débuts, c’est celui concernant eXplorius, un concept de monocoque à foil d’Arnold Freidling, très esthétique mais dont on ne sait pas trop comment il tient debout :

Dans le même genre, voici un concept de Guillermo Sureda-Burgos :

Trouvé aussi cette peinture d’auteur inconnu :

Tout aussi délire, voire plus, mais réalisable au point d’exister, la Rinspeed Splash !

En 2004 elle a même traversé la Manche :

En passant, vous avez vu le pavillon ? Rinspeed, c’est une boite suisse! On fait des montres, des chocolats, des comptes en banque, mais aussi des folies à foils 😉

A propos de design, comme vous le voyez j’ai changé le look du blog. Ce « thème » est un peu mieux traduit et a quelques bugs de moins que le précédent. En plus je peux mettre une image d’entête. C’est mieux, non ?


SailRocket veut (aussi) du vent

19 avril 2008

Selon leur analyse récente, Sailrocket pourrait atteindre les 50 noeuds si:

  • ils trouvent un truc pour relever leur safran « basse vitesse » pour ne conserver que ce qu’ils appellent le « skeg » à haute vitesse. Ca éclaire (un peu) la fameuse photo du tableau arrière de l’engin. Selon leurs mesures résumées dans le graphique ci-dessous, ceci leur permet de gagner 5 noeuds. Mais puisqu’ils ont réussi à faire des runs avec le « skeg » seul, où est le problème ???

  • Comme pour MacQuarie et les autres, il faut du vent. Au moins 21 noeuds pour espérer flirter avec les 50 noeuds si on en croit l’extrapolation des mesures (qui me semble d’une linéarité optimiste…)
  • Or les forces n’augmentent pas linéairement avec la vitesse, mais de façon quadratique : à 50 noeuds, les forces sont 55% plus élevées qu’à 40. Or la résistance mécanique de Sailrocket n’a pas encore vraiment été éprouvée au dessus de 40 noeuds…

Pour mettre un peu de couleur, voici une photo de Walwis Bay en Namibie, le spot de Sailrocket. En cliquant dessus, vous verrez où c’est.


Enfin un peu d’air pour MacQuarie

19 avril 2008

Après l’éclatement spectaculaire de leur aile en 2005 et deux saisons pratiquement sans vent, les premières nouvelles de la saison 2008 de MacQuarie Innovation sont meilleures. En atteignant 46.48 noeuds dans seulement 17 noeuds de vent le descendant de Yellow Pages à frôlé le record en classe C (46.52) détenu par son aïeul depuis 1993. L’équipe australienne n’attend plus qu’une chose : pouvoir lâcher la bête dans 20 noeuds.

Suite à une défaillance de trackengine, T0m de Vagueo a été plus rapide sur ce coup (bravo et merci pour le tuyau), et il faut que je trouve quelque chose d’original à ajouter… Voilà : Sandy Point c’est à la pointe sud de l’Australie, juste au nord de la Tasmanie. C’est une magnifique plage déserte d’après la photo satellite, et en cliquant dessus vous saurez comment vous y rendre si vous allez chez les kangourous.


l’Escadron des Papillons Volants

11 avril 2008

Si vous vous intéressez aux Moths à foils, voici un blog à ne pas manquer, celui de 6 propriétaires de Bristol (UK) qui y partagent leur expérience, des photos (de GPS à 21.2 noeuds) et des vidéos. Voici la dernière :