Nouvelle règle du WSSRC

27 juin 2008

les kiteboarders pas contents du tout.

Hier, le “World Sailing Speed Record Council” (WSSRC) a déclenché une tempête dans 50cm d’eau en ajoutant à la règle no 3 du record sur 500m la petite phrase suivante :

« Record claims will not be ratified when, in the opinion of the WSSR Commissioner, the minimum water depth over the whole course is below 50 cms »

La version française des règles n’ayant pas encore été modifiée, ça donne à peu près ça : « Les records ne seront pas homologués si, selon l’opinion du commissaire du WSSRC, la profondeur minimale de l’eau sur l’entier du parcours est en dessous de 50 cm »

Un mail de John Reed, secrétaire du WSSCR annonce que la règle entre en vigueur immédiatement

Le kite boarder  Manu Taub (2x recordman en 2004, 47 noeuds en 2007) qui nous avait expliqué l’historique mouvementé de la reconnaissance du kitesurf par le WSSRC, m’a fait parvenir copie d’un mail de protestation énergique adressé au WSSRC dont voici quelques extraits, retraduits en français ( en enlevant pas mal de points d’exclamation ):

  • C’est un scandale absolu, j’espère que c’est une (mauvaise) plaisanterie ! 2 lignes, et pas même une discussion, pas une explication sur les raisons d’une telle décision ou sur la manière dont elle sera appliquée!
  • Si vous voulez nous chasser du WSSRC, pourquoi ne pas le dire simplement ? Si vous voulez nous faire rejoindre le côté de Tilmann, c’est bien joué.
  • Pour éviter de résoudre le problème de l’avantage des GPS enbarqués sur les bateaux (qui signifie que le WSSRC ne garantit pas des chances égales (…) à tous les concurrents), vous décidez de changer les règles pendant la partie pour vous assurer que nous ne pourrons pas concourir?
  • Y’avait-t-il 50 cm d’eau lors du record à 49.09 sur le canal ? Antoine surfait joliment près du bord … Je suis sur que les 50 cm n’étaient pas garantis tout le long du parcours, et certainement pas si près du bord. Idem à Fuerteventura, idem à Port St Louis pour l’Hydroptère … est-ce la fin de la course au record ?
  • Questions :
    • A quelle distance de la côte la mesur est-elle effectuée ? 0,50m  1m , 1m50, 1m52, ??? 3,08m de la côte ou 150 m de la côte ?
    • Comment allez vous vous assurer que vous mesurerez la profondeur le long de mon parcours et qu’à un certain point j’aurais moins de 50cm d’eau sous ma planche, en tenant bien sur compte des marées qui changent la configuration du run pendant la journée etc…
  • Nous trouvons des conditions naturelles au bout du monde, et juste à cause du lobbying vous changez la simple règle du vent et de l’eau !  Magnifique …
  • Donc vous préférez donner de bons arguments à Tilmann… Ok, je vais aller dans son sens et y amener autant de monde que possible et faire du bruit. Pourquoi devrions-nous payer et communiquer sur le WSSRC au prochain Luderitz ? Vous nous montrez la sortie, mais vous devez être conscients de ceci.
  • Vous devez aussi être conscient que « absolu » ne veut plus rien dire désormais sans les kiters. Assez de monde nous connait et respecte ce que nous faisons, y compris parmi les autres concurrents. Le WSSRC prend le risque que le premier dépassement des 50 noeuds mesuré avec un chronomètre homologué par le WSSRC se produise endehors du WSSRC. Drôle de coup.
  • En aucune manière nous ne pourrions tricher en surfant sur 10cm d’eau, ou alors veuillez expliquer comment !
  • pourquoi ne créerions-nous pas notre propre classe officielle avec mesure par GPS doppler ou chronométrage fixe, selon nos propres règles, en annonçant ensuite le record de vitesse dans les media ? Si tous les kitespeeders choisissent cette option, nous aurons assez de crédibilité pour une véritable association officielle, et quand les 50 noeuds seront atteints selon le WSSRC dans quelques année, nous l’aurons fait depuis longtemps.
  • Ainsi, si nous ne battons pas le record cette année à Luderitz, nous accueillerons Tilmann dans notre nouvelle association et lui donnerons la crédibilité qu’il n’a pas actuellement. pourra continuer de son côté.
    Faisons cela, je serai le premier à le féliciter et à m’excuser. Le WSSRC
  • Quel scandale ! Je pense que nous devons être particulièrement effrayants dans la chasse au 50 noeuds (foilers : oui! voir ici). Merci pour l’augmentation de motivation : les 50 noeuds seront atteints cette année à Luderitz, vous pouvez me croire !
  • Avec ou sans vous, nous avons assez de crédibilité pour réussir sans le WSSRC.
  • C’est une énorme déception : j’avais combattu Tilmann et les adeptes du GPS pour garantir que l’histoire serait respectée… Un tel manque de respect en retour pour ce que nous faisons est tellement inéquitable, injustifié et hors de l’esprit sportif et du fair-play…
  • Nous attendons des explications, et en les attendant je vais consulter et éventuellement créer un groupe de speedriders prêts à nous séparer et à créer notre propre conseil, le « World Speed Kiting Record Council », ça sonne bien, n’est-ce pas ? Et nous allons informer un maximum de media de ceci.
  • Par ailleurs, vous pouvez compter sur la défection certaine de Sjoukje et d’ Alex, et de la mienne par solidarité.

Le WSSRC a répondu avec les explications suivantes (traduites d’un email de John Reed) :

Notes explicatives sur la WSSR Newsletter No 155

Il y a eu beaucoup de débat aur les tentatives de record à la voile dans très peu d’eau. La controverse s’est rallumée récemment car le besoin d’ailerons pour les windsurfers auto-limitait la profondeur de l’eau. Cependant, les vitesses élevées revendiquées par les kitesurfers a contourné ceci, car même s’ils ont besoin d’incliner leur planche quelque peu pour générer de la portance, à 50 noeuds et à des allures très au largue, l’arête ne pénètre pas profondément dansl’eau.

Ceci a été un véritable souci, car à moins d’introduire une règle sensée, un record du monde sur une surface utilisant l’eau comme un lubrifiant était possible, par exemple en recouvrant un parking d’un plastique avec quelques mm d’eau. Il y a eu un sentiment général que ceci poussait la notion de record « sur l’eau » trop loin.

Il y a aussi des preuves anecdotiques sur l’effet positif de l’eau peu profonde sur la vitesse, et même des études publiées sur des ferries rapides entrant dans de l’eau peu profonde, et sur l’utilisation de cet effet pour décoller des hydravions. Cependant, pour optenir des données solides, le Conseil a chargé la Wolfson Unit de Southampton de préparer un article sur ce sujet spécifique.

Leur conclusion de cette étude détaillée est que la trainée d’une planche lanante est réduite quand la profondeur de l’eau est inférieure à la largeur de la planche, avec une réduction de 50% possible dans de l’eau très peu profonde, de moins de la moitié de la largeur de la planche.

Une profondeur de 50cm serait assez grande pour éviter cet effet.

Le Conseil a envisagé introduire une règle qui aurait demandé de mesurer la largeur des planches afin d’imposer une profondeur, mais elle n’aurait pas été applicable en pratique et ainsi la profondeur minimale de 50cm a été introduite ainsi:

« Les records ne seront pas homologués si, selon l’opinion du commissaire du WSSRC, la profondeur minimale de l’eau sur l’entier du parcours est en dessous de 50 cm »

On considère que cette profondeur annule l’ « effet de réduction de la trainée en eau peu profonde » mais ne désavantage pas les parcours existants, qui sont protégés et relativement libres de courants et de vagues.

Réponse de Manu Taub

Cher WSSRC, merci pour les détails, il aurait été apprécié qu’ils arrivent avant ou avec la « nouvelle » règle. Quelle que soit cette explication pseudo scientifique, les conséquences sont que le WSSRC fait clairement des règles avantageant les bateaux.

Il me semble jusqu’ici que ce ne sont que des spéculations, où est l’étude « officielle » sur ce sujet et comment se fait-il que la règle soit adoptée avant que l’étude ne soit présentée à la communauté de la vitesse à la voile en détail ? Qu’avons nous fait pour être traités ainsi ?

C’est simple : il n’y a pas un endroit au monde ou les kiters naviguent à plus d’1m du bord, ce qui signifie qu’il n’y a jamais plus de 50 cm. Que devons-nous faire ? arrêter la vitesse ? Ce serait probablement apprécié. Naviguer dans le clapot ? intéressant… Quel type de réaction de notre part attendez-vous ?

Vous pouvez être surs que ceci ne nous arrêtera pas.

Il semble d’ailleurs que les windsurfers sont aussi affectés par cette règle, surtout sur le canal, donc maintenant quelle est la situation ?

Voulez-vous nous garder comme une catégorie du WSSRC reconnue pour le record absolu, ou devons-nous créer notre propre conseil ?

Au moins aussi longtemps que cette théorie n’est pas prouvée et reconnue officiellement par la communauté scientifique qui montrera la non conformité de notre discipline par rapport aux autres.

D’ailleurs, quid à propos de la mesure par GPS sur un trajet quelconque, approuvée par le GPS et que seuls les bateaux peuvent réellement utiliser ?

Pourquoi ne pas simplement dire que le WSSRC ne se préoccupe que des voiliers, ce serait beaucoup plus clair pour tout le monde. Plus d’ « absolu »… pas de problème, faisons notre propre conseil : le premier à 50 noeuds, c’est ça le jeu. Le public et les media n’auront rien à redire, aussi longtemps que l’équité entre concurrents est garantie.

« See you there »

Manu Taub, partageant les sentiments de tous les kiters contactés jusqu’ici à ce sujet

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nouvelles de WotRocket

27 juin 2008

Un petit mot de l’équipe WotRocket annonce :

  1. que des conditions météo idéales sont prévues pour mardi 1er juillet
  2. que leur safran a été doté d’un nouveau profil
  3. que l’équipage s’allège en suivant un régime strict
  4. que dans ces conditions, WotRocket décollera la semaine prochaine
  5. mais que n’ayant pas reçu de nouvelles du WSSRC au sujet de l’homologation d’un record par GPS embarqué, la sortie sera une sortie de test.

Il faut dire qu’un record au premier décollage, ça deviendrait un événement historique !

A part ça, Sean Langman a aussi répondu à un mail où je lui posais quelques questions. Traductions:

  1. sur la supercavitation : « Nous sommes actuellement sur des foils en T qui sont relativement standard avec la technologie actuelle, et nous visons à utiliser des foils à suercavitation prochaiement« 
  2. sur la classe de WotRocket : « En ce qui concerne la surface de l’aile, nous n’avons pas regardé les différentes classes mais seulement la chasse aux 50 noeuds et la limite qu’ils représentent….« 
  3. à propos de leur élément d’aile « larguable », je lui ai demandé s’ils leur permettait de courir en 2 classes, comme YellowPages qui détient les records en classes B et C (depuis 1993!) avec cette astuce :  » J’aime l’idée de changer des choses ou des pièces pendant le parcours, donc je pense à ça et j’ai de la chance qu’Andy Dovell ait beaucoup plus de science que ce que mes rêves produisent!!« 
  4. sur leurs contacts avec l’équipe de MacQuarie Innovation : « J’ai parlé avec les gars de Macquarie il y a quelques années, ils sont basés à Melbourne et naviguent au printemps (l’automne dans l’hémisphère nord…), alors qu’ici à Sydney nous navigoins toute l’année.« 

Un dernier mot de Sean Langman : « Send my best wishes to Hydroptere.. I wish them good wind.. « 


l’Hydroptère attend le Mistral

27 juin 2008

Pour un record de vitesse à la voile, il faut un bateau à la pointe de la technologie, un équipage bien entraîné qui en veut, un plan d’eau le plus plat possible, et du vent. Il n’y a que ce dernier ingrédient qui manque à l’Hydroptère pour s’attaquer aux 50 noeuds sur le spot de Port-Saint-Louis-du-Rhône

L’endroit est bien alimenté en bonne eau douce du Lac (;-) ), mais il faudrait que le Mistral made in France se mette au boulot aussi. En attendant, l’Hydroptère est au Vieux-Port de Marseille et l’équipe peaufine le bateau pour la prochaine fenêtre météo. Dans le communiqué figurant sur Hydroptère.com on mentionne que « l’équipe électronique calibre les instruments de mesures des winchs« . Quelqu’un sait de quoi il s’agit ? Ils ont des capteurs de force ?

Vous trouverez le site de l’Hydroptère quelques magnifiques photos, dont une de Martin Raget prise d’un peu loin, la qualité web n’est pas terrible, mais je la trouve géniale :

La combinaison hydrodynamique + aérodynamique = Hydroptère représentée par trois véhicules, c’est vraiment top. Il faudrait en faire des posters !


WotRocket met la gomme

20 juin 2008

Voici la traduction d’un communiqué que je viens de recevoir

Deux pays, deux hémisphères, deux objectifs… un vainqueur

Deux pays dans les hémisphères opposés s’affrontent pour être le premier à battre le record de vitesse à la voile, et atteindre le saint graal des 50 noeuds, considéré comme l’équivalent du mur du son.

« Personne ne se rappelle du deuxième homme qui marcha sur la Lune » dit Sean Langman, le créateur et pilote du voilier/planeur australien de 9m construit pour la circonstance et baptisé « Wot Rocket », qui est très conscient de la « course contre les Français pour les 50 », et de la possibilité qu’ils le dépossèdent de son rêve d’enfance.

La tentative de record de vitesse à la voile sur 500m de Wot Rocket a été forcée de s’accélérer suite à l’entrée en course du trimaran français à foils l’Hydroptere le 22 mai.

« Je veux devenir un concurrent officiel maintenant parce que les français l’ont fait. Tout a été tamponné ‘urgent’!  » admet Langman.

Il attend actuellement l’avis du World Sailing Speed Record Council pour savoir si un técepteur GPS Trimble peut officiellement mesurer la vitesse de Wot Rocket. Ceci  supprimerait le besoin d’avoir un chronométreur officiel sur le parcours à chaque fois que Wot Rocket tente de battre le record du planchiste français Antoine Albeau’s , de 49.09 knots (90.9 km/h) sur 500m, et casser la barrière mythique des 50 noeuds.

Samedi passé, lorsque ‘Hydroptere a atteint 46.8 noeuds selon leur site web, Langman a admis que « le concept brut (brutish) des français peut probablement être poussé plus loin, mais je crois que nous avons la capacité d’aller plus vite », a-t-il dit.

Dans les dernières semaines, Wot Rocket a reçu plusieurs améliorations après trois tests en mer de plus à Botany Bay, l’étendue d’eau plate ou la tentative de record aura lieu.

Lors de la dernière navigation hier (le 18), le team entier dont le designer Andy Dovell était présent sur le site pour la première fois. Bien que la prévision de vents à 8-12 noeuds ne se réalisa pas, « c’était bien de remettre le programme sur les rails sur un certian nombre de points » a dit Langman aujourd’hui (le 19).

« Nous avons souffert de certains problèmes avec notre système de commande et nous avons passé plus de 300 heures supplémentaires à le modifier. Ca a vraiment été un processus d’élimination ».

Hier a aussi été marqué par le premier essai réussi d’une nouvelle extension de l’aile.

« Parce que la règle stipule que nous devons partir arrêtés, nous pensons utiliser une extension de l’aile au début pour fournir plus de puissance pour déjauger la cabine. Puis, lorsque nous atteignons 30 noeuds, nous larguerons la section supérieure de l’aile » explique Langman.

Cette approche par étages est l’origine du nom ‘Rocket’. Langman compare le décollage de Wot Rocket’s à celui d’une fusée Saturn V, qui largue ses étages au fur et à mesure qu’elle quitte l’attraction terrestre.

Une fois que le GPS trimble sera installé, probablement ce week-end et que le team Wot Rocket recevra le feu vert du Speed Council pour enregistrer lui-même sa vitesse, une lettre d’intention sur la tentative de record sera adressée au Council.

Depuis ce moment, toutes les sorties seront considérées comme une tentative officielle de battre le record du monde actuel.

« Il n’y a pas de temps à perdre. Les français ont définitivement bousculé nos plans » ajoute le copilote Martin Thompson.

Un sponsor de plus soutient la tentative de record de vitesse australienne.(passage sur les sponsors sauté, vous les trouvez sur www.wotrocket.com )

Les media sont invités à assister à n’importe quelle sortie de test ou de tentative officielle. avec la prévision de vents du W/SW de 10 à 15 noeuds vendredi 20 juin, le team Wot Roket prévoit un autre test.

Signé : Lisa Ratcliff et Sean Langman (avec leurs nos de portable et leurs e-mails)


Volcan sous-marin

20 juin 2008

Une magnifique vidéo, légèrement hors-sujet :

Ca se passe à 600m sous la surface. On ne saisit pas bien l’échelle du phénomène, mais vu la clarté de l’image (en infrarouge?) il ne doit pas être très grand pour que la caméra puisse s’approcher assez près.

Le commentaire dit que tous les ingrédients d’une éruption terrestre sont là, plus la vapeur due au contact des roches en fusion avec l’eau. C’est juste, à un détail près : les pyroclastes (utiles au Scrabble) sont éjectés beaucoup moins loin que dans l’air. On voit de manière spectaculaire à quel point le frottement dans l’eau est plus élevé que dans l’air, non ?


Bol d’Or du lac de Joux : 23-24 août 2008

18 juin 2008

Dominique Rochat, secrétaire cnvj vous donne de bonnes raisons de venir naviguer sur le magnifique Lac de Joux, ou de flâner sur ses rives le week-end du 23-24 août :

Après la très bonne expérience de l’an dernier, nous ouvrons pour la seconde fois notre Bol d’Or du lac de Joux aux foilers. Ils concourent dans une catégorie à part.

Vous êtes de plus en plus nombreux à survoler l’eau et nous espérons vous retrouver nombreux au départ. L’avis de course sera bientôt disponible sur notre site www.cnvj.ch. Et si vous avez besoin d’informations, vous pouvez nous contacter à l’adresse info.AT.cnvj.DOT.ch

(cliquez sur la photo pour d’autres de l’édition 2007)

Un lac magnifique au milieu des montagnes du Jura, du vent, du carbone, qui dit mieux ? Qui vient, qu’on se jette quelques mousses ?


Enya3

16 juin 2008

Enya 3 est un catamaran équipé de foils par Olivier Schaller, en Nouvelle Calédonie. J’en ai déjà reçu quelques photos en décembre, mais maintenant il vole, et même très bien !

Bravo et merci Olivier ! Donne-nous quelques précisions sur ce beau bateau, sa conception, ses performances actuelles, tes objectifs…