Objectif 100, l’avis de Jean Marie Finot !

12 octobre 2008

Mi septembre, je vous proposais de réaliser un voyage dans les années 80 à la découverte ou la redécouverte d’un engin exceptionnel : Objectif 100.

Malgré une documentation patiemment compilée au fil des années, cet article comportait quelques erreurs. Je me permettais aussi, peut être à tort, d’essayer de vous donner mon point de vu sur certains éléments de cette aventure.

Heureusement, ce qu’il y a de formidable avec un blog, c’est qu’il permet aux lecteurs d’intervenir et si besoin de corriger certains points. Et qui mieux que l’architecte d’Objectif 100 aurait pu corriger cet article ? Jean Marie Finot a répondu à « Foilers » ! Un grand merci à lui pour avoir prit le temps de nous écrire.

//www.open500.org

Jean Marie Finot - Site http://www.open500.org

Voici donc son message :

A Foilers !
Le blog des bateaux volants

Bravo pour l’article d’Objectif 100, voici les éléments pour corriger en conséquence votre blog.

Il est clair que, lorsque j’ai imaginé objectif 100 (en 1076), c’était à la suite de l’observation des planches à voile avec le planchiste en sustentation, avec la réflexion et le souvenir des raisonnements et du projet (en maquette) de Bernard Smith.

Tous, nous arrivons à la conclusion qu’un voilier est essentiellement le couple d’une voile dans l’air et d’une voile dans l’eau.
Ce qui fait que le voilier avec plan de dérive est une vraie invention humaine qui n’existe pas dans la nature;

Je tiens à préciser certains éléments, certains faits.

Rhône Poulenc s’est engagé pour soutenir ce projet pendant 4 ans.
Lionel Péan a géré et participé au projet sur le plan technique et médiatique pendant 3 ans. Le groupe Finot a repris la 4eme année la gestion et le développement technique mais sans médiatisation.

Nous avons construit au total
– 2 grands bateaux long. du bateau long. Aile
8m 10m
– 1 mini objectif 100 6m 8m

Le bateau atteint plusieurs fois à Hyères et en baie de Quiberon (ENV) la vitesse de 30 nœuds avec Lionel Péan, Pascal Conq.

L’expérience a été positive sur le plan médiatique, elle a permis de sensibiliser le public à l’aspect écologique de la voile.

Pour nous, elle a été aussi très positive :
Pendant 4 ans, nous avons pu apprendre à maîtriser la fibre de carbone, en connaissance technique, en conception de pièce, en mise en œuvre.
L’engin tel qu’il est n’est pensable qu’avec l’utilisation du carbone, en particulier le T800 (haute résistance, modèle intermédiaire).
Nos succès dans le Vendée Globe (4 fois des bateaux vainqueurs) en sont une retombée.
Merci à tous les sponsors, fabricants, chercheurs connus qui nous ont soutenus dans cette voie.

Notre connaissance des foils s’est ainsi beaucoup affermie.

Foils subcavitants 0 – 40 nœuds finesse 10 – 30
Foils semi-cavitants 30 – 60 nœuds finesse 10 – 12
Foils complètement cavitants 40 nœuds finesse 6 – 8

Avec un bateau qui traverse les vagues, il nous a semblé nécessaire de gérer le déplacement du bateau en temps réel car si on veut être performant, il faut être instable ou proche de l’instabilité, comme un vélo, un bipède, une planche à voile, certains avions….
Cela suppose de gérer cette instabilité, l’usage d’une gestion active par ordinateur était donc nécessaire.

La meilleure finesse des foils est obtenue, par exemple, dans une plage de 2°; d’où la nécessité de gérer en permanence cette incidence en fonction de l’angle avec le flux d’eau, les vagues.

En fait, en mer plate, nous nous sommes aperçus que l’engin avait une certaine plage d’auto-stabilité.
Pour cette raison, après les 2 premiers gros engins, nous en avons fait un petit, 60 Kg au total, pour avoir beaucoup de souplesse d’emploi.

Pourquoi des résultats si limités?
Au début, il a été décidé d’obtenir non seulement un résultat technique mais aussi un résultat médiatique, il fallait donc que l’engin soit toujours en bon état pour naviguer, cela n’incite pas à multiplier les navigations car après chaque essai il faut réparer quelque chose.
De plus, les premiers engins étaient lourds et dissymétriques (pour apprendre à naviguer).
Lorsque l’on a traversé le plan d’eau avec une vitesse de 20 à 30 nœuds, il faut retourner au point de départ en le remorquant à 3 ou 4 nœuds.
Le nombre de run dans une journée est limité.
Pour cette raison nous avons construit un engin plus petit.

Pour progresser, il faut beaucoup naviguer, beaucoup casser, beaucoup modifier, mettre au point. Il faut plusieurs équipes, plusieurs navigateurs, une émulation …
C’est la raison pour laquelle les planches à voile ont tant progressé.

Pour continuer l’expérience qui ne s’est jamais révélée négative, il faut un minimum de :

– 2 techniciens constructeurs, réparateurs
– 1 ingénieur pour calculer, dessiner, au besoin gérer les achats, dépenses, logistique
– Plusieurs navigateurs

Les navigateurs peuvent être en partie bénévoles, mais la nécessité d’un vent d’au moins 20 nœuds (30 à 50% du temps) demande une présence et une disponibilité importante, ceci dans des régions éloignées (Roussillon, Corse)
Ce développement demande encore environ 4 ans avec un budget technique annuel de 300 000 à 500 000 euros.

Nous sommes à la disposition de toute équipe qui s’y intéresse pour transmettre nos expériences, connaissances, et collaborer.

Que sont devenus les bateaux ?
Le 1er n’est pas utilisable.
Il est entreposé à Bordeaux ; nous cherchons d’ailleurs quelqu’un pour le prendre en charge et le remorquer car il encombre l’entrepôt d’un ami.
Le 2eme est sur notre parking, à Vannes (après avoir été à l’ENV).
Le mini est dans un hangar.
Le 2ème demande pas mal de travail pour renaviguer.
Le mini peut naviguer après quelques modifications (1 à 2 mois de travail pour 1 ou2 personnes).

Nous avons préparé un article sur les foils (pour le public non averti), nous vous le transmettrons dès qu’il sera publié par ailleurs.

Bravo encore pour votre travail !

Pour ceux qui ne connaissent pas bien le travail de Jean Marie Finot, je vous conseil de visiter le site du cabinet Finot-Conq et je rajoute juste une info. : 4 des 5 bateaux qui ont  gagné le Vendée Globe, ont été dessinés par le cabinet Finot-Conq !

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Le bateau qui vole sur NouvoL

10 octobre 2008

Nouvo, c’est l’émission des nouvelles tendances de la Télévision Suisse Romande, et ils viennent de réaliser ce très beau reportage sur l’Hydroptère, dont on a même le droit de reprendre la vidéo sur les blogs, alors la voici :

Plein de belles images intéressantes, de fleurs pour l’EPFL et à la fin … les premières images de l’Hydroptère.ch !


Syz & Co : les vrais foils !

9 octobre 2008

Buster me signale que des photos du baptême et de la mise à l’eau de Syz & Co sont disponibles ici.

A part l’équipe de choc maitrisant le délicat alliage carbone-argent, on y découvre enfin les foils de la nouvelle bête du Lac. Voici d’abord le foil en T arrière :

Première surprise : le plan horizontal à l’air bien fixe… (correction: d’après le très informé Buster, le tout pivote et l’incidence est donc variable)

La seconde surprise vient des foils inclinés « façon Hydroptère » de chaque côté du cata. D’abord, ils sont amovibles : par petit temps, la bête se résigne à l’archimédisme en diminuant sa trainée. Mais surtout, i sont très différents de ceux que laissait entrevoir la vue 3D d’il y a quelques mois : pas de fences anti ventilation, pas de forme de nageoire de baleine mais des volets mobiles !

oui, c'est bien Alain Prost : il est le parrain du bateau, mais ce n'est pas lui le sujet principal de la photo ...

Je n’arrive pas à voir comment ils sont commandés… Par un palpeur ou manuellement ? Peut-on les manoeuvrer indépendemment pour créer un couple de redressement ? Quand peut-on le voir naviguer ? Tant de questions ne peuvent rester sans réponse bien longtemps …


Pointe à 52 noeuds pour l’Hydroptère

4 octobre 2008

Le site de l’Hydroptère vient d’annoncer qu’ à Fos sur Mer, Alain Thébault et son équipage ont atteint une pointe de vitesse à 52 noeuds dans des conditions de vent très musclées, avec des rafales à plus de 40 noeuds.

l’Hydroptère est ainsi le premier voilier à passer en pointe le mur du vent, les 50 noeuds.

Si Eole voulait bien souffler de manière plus régulière, les runs seraient plus stables et peut-être susceptibles de taquiner Cattelan et ses copains…

L’Hydroptère à pleine vitesse, et à haute résolution (2126 × 1417) si vous cliquez dessus.

À l’assaut du mur mythique des 50 nœuds

4 octobre 2008

Si vous découvrez ce blog et que vous souhaitez un résumé de la situation actuelle, lisez cet excellent article de synthèse paru hier dans Le Figaro. Gérard Nicaud y rapelle l’histoire de l’Hydroptère et la vision de son skipper Alain Thébault, puis il entre dans le vif du sujet : la compétition acharnée entre kitesurfs, windusurfs et bateaux pour être le premier à franchir des 50 nœuds sur 500 mètres, soit 92,6 kilomètres/heure.

À la barre de L'Hydroptère , fruit de vingt ans de travail, Alain Thébault espère franchir la "barre mythique" avant la fin du mois. (Gérard Julien / AFP)

La technique de ces différents types d’embarcations est au point, tout le monde s’attend à ce que le record tombe très prochainement. Reste qu’il faut des conditions de mer et de vent idéales. Sera-ce d’abord le mistral du sud de la France ou le thermique du désert de Namibie ? Suspense …