Chandeleur avant l’heure ?

Faut il créer une seconde chandeleur spéciale engin de vitesse ? Une première pour les crêpes en février et une seconde pour les engins de vitesse en décembre ? Après Sailrocket, voilà que l’Hydroptère vient de terminer l’année en beauté !

Je n’ai malheureusement pas plus d’informations que celle que vous avez déjà sûrement entendues ou lues. Mais cette nouvelle fera l’objet, je suppose, de nombreux commentaires (certains sont déjà présents sur l’article « l’Hydroptère vise les 100 km/h« ).

Les bras semblent intacts, le mat lui semble cassé et ressortir à travers l’espace constitué par les deux poutres du bras tribord. Si c’est la cas, et il serait étonnant vu la vitesse et la profondeur que le mat soit en état, il reste bien à l’équipe de l’Hydroptère l’ancien mat. Mais celui-ci est plus épais et est surtout plus long (voir photo en bas d’article, prise lors de l’embarquement du bateau à Lorient).

Pour ceux qui auraient eu une panne généralisée (PC, TV, Radio…), voici ce que l’on peu lire sur le très bon site Adonnante.com :

L’Hydroptère vient d’enregistrer une pointe de vitesse à 61 nœuds ce matin. Le trimaran volant est ainsi le premier voilier à atteindre cette vitesse extraordinaire.

Les conditions de vent étaient très musclées devant la plage Napoléon de Port-Saint-Louis-du-Rhône, la base de vitesse de l’Hydroptère homologuée par le WSSRC, avec 35-38 nœuds de vent établis et des rafales à plus de 45 nœuds.

Dans ces conditions, le trimaran s’est élancé à pleine vitesse pour le premier run de la journée. Profitant du vent soutenu, la vitesse a progressivement augmenté : 50, 55 puis 61 nœuds en pointe !

La risée, qui a provoqué cette accélération, était très puissante et a entraîné le chavirage de l’Hydroptère.

Alain Thébault et son équipage préparent actuellement le remorquage du trimaran, qui va être ramené au mouillage à Fos sur Mer avant d’être mis au sec.

L’équipage s’en sort avec de légères blessures mais surtout ravis de cette pointe de vitesse, qui vient confirmer le potentiel du bateau. Ils ont hâte de pouvoir reprendre les tentatives et stabiliser ces vitesses.

Quelques photos :

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Mats Hydroptère, embarquement Lorient, photo FM 05-10-08
Mats Hydroptère, embarquement Lorient, photo FM 05-10-08

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« Ca ne vole pas, mais ça a de grands foils ! », la suite !

L’article sur Banque Populaire 5 publié le 29 août a été suivi de nombreux échanges (à ma grande surprise !). Clément Tournade, technicien polyvalent plus particulièrement en charge du matelotage dans le Team BP, est l’un de ceux qui a réagit. Dans cet article je m’excusais de l’absence de photos précises (le bateau était difficilement approchable). Clément m’a donc très gentiment proposé de visiter la bête. Proposition que je ne pouvais bien évidemment pas refuser ! Mi novembre, j’ai donc eu la chance de monter à bord du géant. Confidentialité oblige, je n’ai pu prendre que quelques photos et je ne m’étendrai pas sur certains détails …

Le matelotage étant la spécialité de Clément, j’ai eu droit à une très intéressante revue du matelotage sur BP5. Sur un bateau de cette taille, où beaucoup de fixations sont en textile, où  les pièces s’usent rapidement et où énormément de fixations doivent être doublées par sécurité, le matelotage est une activité très importante.

Petit rappel

Les foils de BP5 ne sont « que des foils d’appoint ». Mais ils sont sûrement, après ceux de l’Hydroptère, les plus gros au monde (sur un bateau à voile). C’est en tout cas ce que j’écrivais fin août. Mais je serai curieux de savoir si les foils du trimaran DoGzilla/BMW Oracle (90 pieds / 27.5 m), sont plus petits ou non que ceux de BP5. D’après ce que j’ai pu lire ou entendre, il est difficile de réaliser des foils de ce type,plus grands que ceux de BP5. Les foils de ces maxi étant, à priori, proportionnellement moins grands que ceux qui équipent les 60 pieds Orma. Rien n’empèche donc DoGzilla/BMW Oracle d’avoir des foils aussi grands que ceux de BP5. Surtout que BP5 est prévu pour un programme tour du monde, alors que DoGzilla/BMW Oracle est presque un dayboat ! Bien entendu, les foils de l’Hydroptère sont plus grands, mais l’architecture de ce bateau, sa construction et son programme sont différents de ceux de BP5 & DoGzilla.

Quelques informations complémentaires et remarques sur les foils de BP 5

Profil

Le profil du foil est asymétrique et semble proche d’un profil de la série Naca 64A … Le petit bulbe visible près du bord d’attaque cache un système Wifi qui permet de renvoyer au cockpit, ou dans la coque centrale, les valeurs du ou des capteurs de charge incorporés au foil.

Profil foil babord BP V – FM Lorient 11-08
Profil foil babord BP V – FM Lorient 11-08

Angle d’incidence

Le puis de foil est équipé d’un calage bas et haut (pièce blanche et noire) qui sont montés sur des rails. Un recul ou une avance des foils (quelques cm) est donc possible. Mais surtout, un recul de la cale haute et une avance de la cale basse, permet d’augmenter l’incidence du foil (surtout dans la partie basse qui est presque horizontale lorsque le foil est baissé entièrement). Le foil dans sa cale semble avoir une incidence se proche de 4° (voir photo ci-dessus). Le mouvement des cales permet d’augmenter ou de diminuer cet angle…

Calage haut foil babord BP V – FM Lorient 11-08
Calage haut foil babord BP V – FM Lorient 11-08

Winglet

La présence de winglet, comme sur de nombreux 60 pieds, permet d’augmenter la surface antidérive, mais surtout de diminuer les effet de vortex en bas de foil. Vortex liés à la différence de pression entre l’intrados et l’extrados. Ce winglet rend le retrait et la mise en place du foil compliqué. En effet, cela ne peut se faire que par le dessous du flotteur. Vu le poids de la bête (250 kg mini) et l’ajustement du puis, cela augure de bons moments.

J’en profite pour vous conseiller le site de Christian Hugues et de son système de diminution des vortex « MINIX », à voir…

Winglet foil tribord BP V – FM Lorient 11-08
Winglet foil tribord BP V – FM Lorient 11-08

Actuellement, Banque Populaire est en révision générale, après 1000 milles de navigation. Il a été démâté et va être révisé et amélioré. Il sera ensuite en stand by à partir de janvier 2009 pour le record Cadix/San Salvador (actuellement détenu par Groupama III, 31.5 m en 7 j 10 h 58 mn 53 s).

Sail… Rocket !

Sailrocket  a atteint 47.35 noeuds sur 500m le 3 décembre, avec une pointe à 51.76 !  Ce record a été soumis au WSSRC, et s’il était validé,  Sailrocket ravirait à l’Hydroptère le titre de « voilier » le plus rapide du monde.

Après et puisque les conditions de vent (22 noeuds) et de mer étaient idéales, Paul Larsen et son équipe ont tenté un run de plus. Et là, Sailrocket s’est effectivement transformé en fusée, décolant et effectuant une cabriole spectaculaire :

Heureusement, Paul s’en sort indemne et l’engin est réparable.

Sur son blog, Paul Larsen explique ce qui est arrivé. Traduction

Au premier run, j’avais l’aile bordée (« sheeted in ») vers l’intérieur de 15 à 18° (incidence je pense…). Au second run, je l’ai mise à l’angle optimal de 10°. Le vent était plus fort d’un noeud environ, la moyenne autour de 23 noeuds… donc des rafales de 25. Nous avions démonté les capteurs de vent B+G pour les tentatives de record, donc je ne peux qu’imaginer que c’est une rafale de ce genre qui a  fait accélérer VESTAS SAILROCKET si fort jusqu’au point de surcharg. Peut-être aurais-je du être plus prudent, mais après la stabilité et le contrôle du run précédent et des navigations dans des conditions pires, j’ai simplement pensé que ce n’était pas le moment de se retenir. C’est une tentative de record absolu de vitesse à la voile, après tout. Finalement, c’est sans doute une combinaison d’effets dus aux nouvelles hautes vitesses et du vent apparent élevé qui va avec. VESTAS SAILROCKET aurait transformé cette brise de 23 noeuds en du 50+ noeuds apparent arrivant à environ 26 degrés.

Le plus  important est de comprendre et d’empêcher ceci d’arriver à nouveau.

Malcolm travaille dur là dessus avec l’aide de tout le team. Nous voulons « amortir » (dampen) tout le bateau un peu et approcher à nouveau ces vitesses du point de vue de la sécurité. Nous allons donner quelques degrés au foil pour qu’il plaque la surface planante avant plus fort et « stand the rig up so it is pulling up less » (pas compris…) Nous avons déjà commencé à évoluer dans cette direction et vous pouvez voir que le flotteur sous le vent ne vole plus aussi haut que sur certaisn runs précédents. Nous pensons aussi que le foil principal pourrait fléchir plus que ce que nous pensions et que nous devrions en tenir compte du point de vue de la sécurité. Nous allons aussi voir pour ajouter des systèmes « anti décollage » sur la poutre. Pour ce qui me concerne, je vais être un peu plus prudent avec ma façon agressive de border. Le volet principal n’a même pas été utilisé lors du run de l’envol. Quand il l’est, il contribue a garder le nez en bas.

A part ça, Paul est toujours aussi fair-play, et l’Hydroptère aussi:

C’était vraiment sympa de recevoir un (message de soutien) de la part de l’équipe de l’Hydroptere. C’est fantastique d’avoir un bateau si « hot » comme concurrent. Nous voulons tous deux desespérément être numéro 1, mais je crois que nous apprécions tous deux les efforts de l’autre équipe et leur présence. A la fin nous leur avons envoyé toutes nos données GPS pour voir s’ils obtiennent les mêmes résultats que nous avec leur programme (?). Et ils ont obtenu les mêmes. Et même si nous sommes devant maintenant, je ne pense en aucun cas que nous y resterons longtemps tant je suis sur qu’ils ont faim de retrouver leur titre de « voilier le plus rapide du monde »

Le premier run, la joie de Paul Larsen, puis le looping de Sail Rocket sont visibles sur cette video :

l’Hydroptère vise les 100 km/h

L’Hydroptère annonce que le WSSRC a validé son record à 46.88 noeuds sur 500m obtenu le 13 novembre. C’est un peu moins que les 47 noeuds annoncés par Tendance Bleue, mais c’est assez pour enfin battre les 46.52 noeuds atteints il y a 15 ans (!) par Yellow Pages et devenir le voilier le plus rapide du monde.

Le communiqué de presse reproduit ci-dessous ne laisse aucun doute : Thébault et son équipe visent toujours le record de vitesse absolue, et le placent désormais à 100 km/h, 54 noeuds !

En prime avec leur communiqué de presse, Foilers! a reçu ces 3 belles photos que vous pourrez agrandir en cliquant dessus et transformer éventuellement en beau fond d’écran :

Le nouveau record de l’Hydroptère homologué par le WSSRC,

46,88 nœuds sur 500 mètres (en catégorie D).

l’Hydroptère améliore ainsi son record et devient le voilier le plus rapide de la planète sur 500 mètres et un mille nautique.

Le WSSRC, organisme britannique décisionnaire en matière de records, vient d’homologuer la dernière performance de l’Hydroptère.

Le 13 novembre dernier, en entraînement sur la base de vitesse de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Alain Thébault et son équipage ont profité des conditions météo favorables pour améliorer leur chrono et établir un nouveau record sur 500 mètres.

Ce nouveau record homologué, l’Hydroptère détrône le prototype de vitesse australien Yellow Pages et son record à 46,52 nœuds de moyenne et devient ainsi le voilier le plus rapide de la planète.

Après une ouverture progressive du domaine de vol, les navigations de l’automne auront permis de franchir une étape décisive :

Premier voilier à passer « le mur du vent », les 50 nœuds à la voile, l’Hydroptère améliore également son record de vitesse sur un mille nautique soit 43,09 nœuds de moyenne sur la distance.

Désireux de gravir progressivement les marches qui les conduiront vers le record de vitesse absolue, Alain Thébault et son équipage tutoient désormais le chiffre impressionnant de 100 km/h à la voile (54 nœuds) avec une pointe de vitesse à 53,69 nœuds.

l’Hydroptère stabilise donc aujourd’hui des vitesses extrêmement élevées : deux fois celles imaginées par Alain et son parrain Eric Tabarly lors du lancement de leur rêve commun. Les mesures enregistrées lors des dernières tentatives ont révélé des moyennes de plus de 52 nœuds sur 100 mètres.

Les performances de l’Hydroptère démontrent sa fiabilité mais aussi son potentiel à passer à court terme les 100km/h et décrocher le record de vitesse absolue à la voile cet hiver. Une nouvelle période de tentatives de 28 jours vient d’être accordée par le WSSRC, Alain Thébault et son équipage ont donc jusqu’au 22 décembre pour établir de nouveaux records en 2008, période qui sera, si nécessaire, reconduite en 2009.