L’aile d’eau : Foil immergé ou traversant ?

L’aile d’eau (cerf-volant sous-marin assurant le rôle de plan antidérive) m’a fasciné dès la première fois ou je l’ai découvert. C’était un matin, en stage chez Flexboardz, dans l’atelier de la pépinière d’entreprise hébergeant alors l’entreprise « Aile d’Eau » de Jérôme Lacoustete. Je demandais à mon boss ce que foutait là ce qui avait été un snowboard « Ca, c’est l’avenir, c’est un paravane« . S’en est suivi la lecture du formidable document de Luc Armant déniché grâce à ce blog participatif (lecture nécessaire à la compréhension de ce texte). Après quelques années à digérer tout ça, à traîner sur le net, il me semble que le concept d’aile d’eau est de plus en plus sur le point d’éclore. Après avoir posé des questions sur ce site, il me semble que c’est à mon tour d’exposer mon point de vue. Ce papier est orienté « utilisation avec une aile classique de kitesurf d’une aile d’eau, le pilote se trouvant à 25 m du kite et à 3-10m du paravane ». Ce premier article sera calqué sur le très bon « Foil en T ou foil en V », un best-seller de ce blog. Je me permets donc d’en reprendre la première phrase : « Tout d’abord une mise en garde, je ne qu’un simple passionné. Il faut donc faire attention à mes élucubrations ! »

I – Paravane totalement immergé

J’entends par là un paravane dont toutes les surfaces portantes sont en dessous de la surface de l’eau. Seuls la (les) structure(s) de retenue traverse(nt) l’interface. (Ces structures peuvent être : un fil, plusieurs fils ou une jambe carénée).

Avantage

Les avantages sautent aux yeux tout de suite : trainée de vague réduite à celle de la seule structure de liaison. Cette structure de liaison travaillant en traction pure, il est aisé de la caréner (toute la matière travaille en traction). Le paravane peut être immergée à une profondeur ou il sera relativement insensible à l’agitation du monde-tout du moins de la surface.

Inconvénients

Là aussi ils sont évidents : comment le stabiliser ? Eviter qu’il plonge dans les abysses, jaillisse hors de l’eau tel un espadon au bout d’une ligne ?

Luc Armant a proposé une réponse intéressante : la stabilisation par système mécanique mesurant la pression statique (donc la profondeur). Mais pour les échelles qui m’intéressent (aile d’eau monoplace avec aile de kite, donc de 250 mm x 80 x 8 environ), la stabilisation par système mécanique est une impasse. Trop fragile, trop volumineuse, pas assez fiable (réglages etc), stabilisant difficilement un profil supercavitant… Il n’y a qu’à voir les déboires des Moth et généralement des foils en T.

La réponse bien bourrine de tout ingénieur qui se respecte en ces temps modernes sera donc « yaka mettre de l’électronique ». Commandes de vol électriques assistées par calculateur numérique, mots magiques permettant de faire voler les formules aérodynamiques très instables, très performantes des avions de combat depuis 1980 (ex : le Rafale, avec ses canards et son centre de poussée baladeur…).

Petite digression : un avion de combat moderne, c’est un peu comme une voiture en marche arrière. A très basse vitesse, un humain s’en tire honorablement (ex aéro : Wright flyer). A 200km/h, c’est « impossible ». Sauf pour un pilote automatique qui réagit suffisamment vite. On obtient alors un système artificiellement stable et potentiellement ultra manœuvrant.

Avec la baisse des prix des calculateurs, la disponibilité d’effecteurs (servomoteurs de modélisme) et de capteurs, cela paraît facile et abordable. Sauf que…ces éléments détestent l’environnement marin, que les versions « grand public » manquent de fiabilité, qu’il faut les alimenter en électricité…

Ci-dessous un peu de « concret » :

 

Cette aile d’eau est bridée en 3 points (les croix blanches), un avant de longueur fixe, les deux arrières étant pilotées par servomoteurs (un seul représenté ici). Ces deux servomoteurs pilotent le roulis afin de minimiser l’écart entre une consigne programmée et la pression statique indiquée par un capteur dans le tube de Pitot. L’incidence est elle pilotée via un potentiomètre fixé sur la barre du kite. Le pilote dispose aussi d’un interrupteur indiquant au système s’il est tribord ou bâbord amure.

C’est là qu’on voit que l’électronique n’est pas si miraculeuse : il va falloir faire transiter des infos via le fil de retenue (donc glisser minimum 2 fils électriques et leurs gaines isolantes dans le fil en dyneema/spectra/PBO). L’équipe de Skysail (voiles pour cargo) a résolu ce problème, mais pour de grandes tailles et un câble aérien. Quand à la liaison radio à travers 1m d’eau ca ne me paraît difficile, à moins de très basses fréquences et donc d’un débit inadéquat. Ceci dit c’est la voie choisie par certains et les retours que j’en ai sont très positifs. Ensuite le plus gros problème : le servomoteur représenté est le plus compact que j’ai trouvé en fonction du couple nécessaire. Pour loger ce servomoteur dans l’aile elle même (ne me parlez pas de fuselage, je suis un ayatollah des ailes sans empennage, j’y reviendrai dans l’article suivant), il me faut renoncer a mon premier choix de profil (OA206, de l’Onera pour les pales d’hélico), choisir un Naca (23015 déformé), faire monter l’épaisseur à 12mm. Ce qui pour 80 mm de corde me fait 15% d’épaisseur : rédhibitoire. Et si j’augmente la corde, je diminue l’allongement… Sans compter la batterie, la difficulté d’intégrer tout ce monde à la stratification etc.

Une autre solution parmi d’autres :

 

 

Cette fois-ci, les servomoteurs sont hors d’eau (à l’autre bout des fils), ne reste plus dans l’aile que le capteur de pression statique (et son ampli). Mais les problèmes de transmission d’info sont toujours là.

Cette aile d’eau devrait disposer d’une bonne finesse (on peut utiliser des profils subcavitants peu épais), mais son mode même de régulation lui interdit les vitesses de plus de 50 nœuds.

Pour faire rapide, il faut donc commencer à taper dans le sur-mesure coûteux : mesure de la distance à la surface via laser ou sonar, servomoteurs compacts, câble profilé transmettant des infos, électronique très fiable.


II – Le foil traversant

Je ne m’y suis intéressé que très récemment. La raison du déclic : le projet ZeppyWindreamOne.

Utilisation du chien de mer par Stéphane Rousson, projet Zeppy, en kite

Un foil traversant en cuillère, ainsi autorégulé en altitude et en roulis. Illustration issue de « l’aile d’eau », L. Armant

Avantage

Le bridage est hors de l’eau, on évite ainsi la ventilation de(s) fil(s) de liaison et leurs vibrations. La stabilité ne nécessite ni électronique ni pièces mobiles. Grande simplicité, compacité, solidité cruciale pour le kiteur lambda. On peut régler le problème du départ et de l’hydrostatique assez simplement, en mettant des flotteurs aux endroits adéquats.

Inconvénients

« Mais ça va ventiler ». Bah oui. C’est le jeu ma pov’ lucette. Mais quelle meilleure solution que la ventilation pour une transition vers la cavitation (on ventile d’abord l’extrados, puis l’extrados cavite) ? Et puis, à ce jour (27 mars 2010) le record de vitesse est tout de même détenu par l‘Hydroptère, engin à foils traversant. Les suivants (kiteboarder) utilisent des plans traversants avec l’intrados en surpression, l’extrados étant totalement ventilé. Soit un foil traversant ventilé quoi.

Alexandre Caizergues en fin de run, 50,98nds le 15nov09 – photo « Bandoriginale »

Malgré tout, cette solution paraît moins satisfaisante intellectuellement. Pourquoi? Parce que la beauté de l’aile d’eau, c’est de n’avoir qu’un fil traversant l’interface. Ici, on a réintroduit la traînée de vague. Ce n’est peut être pas si gênant. D’abord, la traînée de vague peut être mise à contribution pour réguler le chien de mer en lacet (brevets de D. Costes). Ensuite, tous ceux qui ont un jour fait du kitesurf surtoilé, en abattant (se créant un vent apparent), me comprendront : on ne manque pas de puissance, loin de là. Une aile d’eau qui n’aurait pas plus de finesse qu’une planche de kite, mais qui permettait de faire passer plus de puissance (puisque les efforts ne transiteraient plus par les cuisses du kiteux), suffirait largement pour établir un record de vitesse.

Denier inconvénient, la sensibilité au clapot. Des solutions pour augmenter la stabilité en lacet existent. De plus, la pratique dans des spots relativement abrités (comme les spots de kitesurf) est envisageable, encore plus pour un record de vitesse.

A noter que l’équipe du Swedish Speed-Sailing Challenge semble utiliser un paravane à foil traversant, leur engin bien que n’étant pas une « aile d’eau » pure (le pilote ainsi que la voile reposent sur une structure planante) semble capable d’accélérations foudroyantes, même dans le clapot.

III – Conclusions personnelles

Avantage net au foil traversant pour une application commerciale sport de glisse.

Avantage à l’aile d’eau entièrement submergée pour la course océanique, les grandes tailles et la performance à tout prix.

Applications

  • Pour les épreuves de kite race. Mais vu les performances possibles avec un engin au point, les ailes d’eau seraient vite interdites (ou une classe spéciale créée).
  • Le record WSSR sur 500m et 1 mile
  • Engin pour le raid, la ballade avec l’ajout d’une nacelle (genre kayak très court)
  • Pour l’Handikite, sensation de vol au dessus de l’eau et de liberté
  • Comme accessoire à déployer pour remonter au vent. On range le paravane dans un sac à dos et retour downwind en kiteboard (surf sur houle ou freestyle).

Quelle aile ?

Potentiellement n’importe quelle aile de kitesurf, à condition d’avoir renforcé les lignes et l’éventuel bridage. Ma préférence irait nettement vers une Twinskin de Peter Lynn : pas de bridage à renforcer, aile dont la forme est donnée par l’aérodynamique (donc pas de contraintes reprises par un boudin gonflé ou un bridage), autozenith (permettant de se libérer les 2 mains, voir note en bas de page), un fond de puissance (évitant les chutes brutales sur l’eau si on choque), bon rapport L/D (aile qui accélère très fort en générant une puissance grisante), très sympathique à piloter (« c-shape feeling »).

C’est possible !

Quelques expérimentations se rapprochant un peu de ce que j’ai en tête, montrant du moins la faisabilité :

  • Zeroprestige, à noter que « zeroprestige » était une association destinée à publier librement des données participant au progrès du kitesurf, par des étudiants du MIT. Malgré le fait qu’ils soient 2, que cela nécessite une bonne coordination et que le plan antidérive est limité aux capacités des cuisses d’un des deux, ca fonctionne plutôt bien.
  • Flyozone, même remarque : 2 personnes à tracter, avec l’antidérive gérée via les jambes d’une seule.

Par Xavier Labaume 03-2010

Autozenith : Je n’ai jamais trouvé un site Internet capable d’expliquer ce point. On peut trouver une explication sur le document réalisé par de Luc Armand, p. 54 et surtout p. 58. La définition de « l’autozenith » pourrait être : « capacité d’un cerf-volant de traction à se rendre au zenith puis à y rester en traction minimale dès que le pilote lâche la barre de contrôle, et ce depuis n’importe quelle situation de départ raisonnable ». Parmi les ailes de traction commercialisées, les Twinskin de PL sont les seules à posséder cette caractéristique (depuis 1998).

Note du « rédacteur » (Fred de Lo), ce passionnant article est un très bel exemple de ce que nous pouvons faire ensemble. Vous avez des idées, vous ne souhaitez pas, pour le moment, « sauter le pas » et prendre votre carte d’auteur : pas de problème, nous sommes là pour vous… Vous verrez, on y prend goût !

Publicités

32 Responses to L’aile d’eau : Foil immergé ou traversant ?

  1. Bonjour Xavier,

    Merci pour cet article qui a toutes les qualités pour faire phosphorer.
    Tu dis :

    « Il n’y a qu’à voir les déboires des Moth et généralement des foils en T. »

    Qu’entends-tu par là ? Quels sont les déboires des moths ?

    à bientôt,

    GG

  2. Putaing ! (Ce n’est pas une grossièreté, c’est du bordelais classique 😉 )

    Putaing donc. Après avoir lu et relu l’article de Xavier, après avoir suivi les liens qu’il donne, je suis de plus en plus convaincu que l’avenir (immédiat) de la vitesse sur 500 m est bien là.
    Moi qui restais persuadé que les configurations « classiques » de bateaux à voile avaient encore quelques beau jours devant eux …. je suis paumé.
    Et sous-jacent à tout ça, le document de Luc Armand qui continue à me secouer les neurones.

    En même temps, que les foils tendent à sortir un objet de l’eau ou au contraire à le maintenir près de la surface, le problème reste le même (quelle régulation ?)

    Bon, j’y retourne immédiatement 🙂

    GG

  3. xav dit :

    Les moth dans l’ensemble fonctionnent tres bien, mais (j’ai l’impression) que leur systeme de palpeur necessite beaucoup de réglages et que toutes ces pièces mobiles sont peu fiables. Alors intégrer ce genre d’éléments (tringleries, bielletes, palpeurs) est bien sur faisable (un peu comme en aéromodélisme)mais vu le volume disponible dans une aile d’eau et les efforts…De plus je souhaiterais une solution avec le minimum de réglages/choses à resserer nécessaires.

    Un extrait d’un blog trouve au hasard : « REGLAGE DES FOILS: Ce week end de régate m’a aussi permis d’affiner les réglages sur les foils de dérive et de safran. Après la première journée de nav, je me suis rendu compte que le bateau ne partait pas souvent sur les foils. Cela était dû à un mauvais réglage du foil de dérive. Pour cela j’ai dû déssaler le bateau et « ralonger » le cable de transfert entre le palpeur et le foil de dérive en dévissant la rotule de jonction le long du pas de visse du cable. (Ca va vous me suivez toujours là ?!?) Le fait de ralonger la longueur permet de donner plus d’incidence au volet sur le foil et donc plus de portance pour faire décoller le bateau. A l’inverse réduire cette longueur permet de réduire la portance , le réglage idéal par gros temps.
    Dimanche donc, j’avais mieux réglé la rotule et j’ai pu voir son efficacité. Je pense que j’avais encore un peu de marge pour partir plus tôt. Le réglage du foil de safran avec le stick permet d’enclencher ou non l’ascenssion. Je ne l’ai pas trop réglée en l’air car j’ai plus équilibré avec mon poids de corps en avançant pour réduire la portance et en reculant pour l’augmenter.
    Réflexions pour améliorer le système: Il me semble que ce système n’est pas très pratique car je ne peux pas le régler une fois en navigation ou en l’air sur les foils. Pour cela il faut arrêter le bateau, le déssaler, puis revisser ou dévisser la rotule de régalge et repartir. Ce qui peux être frustrant quand on a besoin d’un régalge rapide lorsque l’on commence à faire du « yoyo » (là il y a trop de portance et il faut la réduire) ou lorsque l’on n’arrive pas à partir sur les foils. De même, au près nous avons besoin d’un peu plus de portance pour partir en l’air qu’au portant où la vitesse du bateau entraîne des départs assez soudains et beaucoup plus faciles sur les foils.
    Un piste d’amélioration peut être d’une part sur un réglage plus fin et facile à mettre en oeuvre en navigation. C’est avec l’élastique branché sur le palpeur que l’on peut forcer un peu plus le foils de dérive à réduire la portance en tendant l’élastique (utile au portant). Et inversemment en relachant complètemment l’élastqiue lorsqu’on a besoin de plus de portance (notamment au près). Je vais donc installer un taquet clam cleat pour cette élastique qui sera facilement réglable en navigation: au près détendu et tendu au portant. Seul problème, cela suppose avec le système actuel, que la rotule soit bien régée avant la nav. Dans le cas de changement brutal de conditions de vent, il faut déssaler le bateau et toucher au réglage de rotule.
    Le nouveau Mistress 3 de Christian présent au Der avait un super réglage du cable de jonction palpeur-foil avec une échelle garduée et un taquet pour le bout de réglage. J’aurais bien voulu en savoir plus sur ce système…il faut que je lui demande des photos et explications. » http://nicolasbessec.over-blog.com/88-index.html

    Cela montre un peu ce que je voulais dire : meme si l’ensemble fonctionne, cela reste une uzine à gaz necessitant d’etre bichonnee et optimisee avant chaque départ en fonction des conditions.

  4. Hello,
    Tout cela me conforte dans ce que j’ai toujours dit, et GG ne me contredira pas : j’ai du mal à dire que les foils d’un Moth sont régulés !
    Régulés oui, mais par deux système : un mécanique, l’autre humain. C’est ça qui me chagrine. Qu’il y ait des bidouilles à faire, why not, mais de là à devoir régler comme ci, et comme ça, et à avoir besoin d’un safran réglable, il y a un hic !
    Bien entendu, c’est juste d’un point de vue théorique, car les Moths sont de supers engins et les pilotes de ces bolides des demi-dieux !!!
    Je me suis toujours dit que la faible distance dérive / safran était peut être pour beaucoup dans ce comportement.
    Mais je n’oublie pas non plus que sur le Windrider rave, le pilote doit aussi intervenir et que c’est pourquoi les écoutes sont aux taquets.
    Bref, les ingénieurs et autres bidouilleurs ont de quoi s’arracher les cheveux… La discussion reste ouverte, il y a de quoi dire
    Fred de Lo

  5. F.M. à dit :

    « j’ai du mal à dire que les foils d’un Moth sont régulés ! »

    En effet j’ai l’impression que la régulation n’est pas « totale ». A mon humble avis le système de volets (aussi présent sur le Rave) ne permet pas d’obtenir une plage de Coeff. de portance assez large pour pouvoir fonctionner avec une bonne plage de vitesses. Il me semble qu’une régulation par variation de l’angle d’attaque du foil serait plus efficace. Mais c’est certainement plus facile à dire qu’à faire.

    à plus,

    GG

  6. armando dit :

    L’aile d’eau oui, mais je pense très dangereuse à mettre au point pour une utilisation loisir, j’imagine très bien le danger que peux représenter une aile d’eau qui sort de son élément à grande vitesse le câble tendu, quand on voit tous les dégâts occasionnés par une planche de kite retenue par un leash lors d’une catapulte. maintenant pour le choix de l’aile de kite je pense plus à une aile plate à boudin dont le border choquer est nettement supérieur à celui des ailes à caissons dans le vent soutenue et pour l’auto- zénith allez voir ces petits liens http://www.dailymotion.com/video/k4YLzyCrUKpfLQ1rc1O et http://www.dailymotion.com/video/xbyacv_troisieme-essais-de-lyaile-auto-sta_sport
    Je m’amuse à développer une aile auto- zénith pour tracter mon cata le but c’est de pouvoir larguer mon aile du bateau et de faire toutes les manœuvres sur celui –ci sans me préoccuper de l’aile .

  7. Bonjour Armando,
    Merci pour ce commentaire.
    Si tu as un jour de la « matière » pour nous informer de ton travail et même si ton cata n’a pas de foil (!), n’hésite pas…
    Fred

  8. armando dit :

    Bonjour Fred
    Je termine de mettre au point cette aile et je t’envoie un petit article sur ma petite recherche de mes ailes de traction pour mon bateau qui certes n’a pas de foil mais actuellement je travaille en parallèle sur un projet de bateau avec des foils tracté par mes ailes. Les plans sont presque
    terminés je dois juste modifier quelques détails, la construction va débuter cet automne. C’est pourquoi il me fallait absolument développer une aile performante en traction mais aussi capable de tenir l’auto zénith assez longtemps pour faire les manœuvres et les réglages des foils
    Armand

  9. xav dit :

    il est sur qu’un retour elastique d’une paravane est un gros risque. si un jour je fais des essais, ca sera avec integral+minerve+coque dorsale+chaussures montantes.

    pour le coup de l’aile plate et de son depower, celui-ci ne sert que tres peu dans une utilisation « aile d’eau ». seulement à pouvoir tenir beaucoup de toile sur la plage histoire de pouvoir etre tres toile apres.
    et puis dans le choix je me restreingnait aux ailes de traction commercialisees (et il me semble que la tienne ne l’est pas). parceque sinon on peut bien evidemment envisager une aile specialement concue pour cette activite et bien plus adaptee. ou plus simplement, certains protos qui n’ont jamais ete produits en serie auraient aussi leur mot à dire.

  10. xav dit :

    ps @armando : ton aile posede un mode autozenith, mais il faut quel vent minimum? 10nds? 12?

  11. armando dit :

    10 12 noeuds pour l’auto zénith ensuite c’est une 9m que j’ai développé spécialement pour le vent fort. Étant de Leucate en hiver je peux compter que sur des vents forts pour faire les essais donc pour une navigation bateau c’est intéressant de 20 à 35 nœuds et pour une navigation kite 15 à 25 nœuds et plus mais avec risque

  12. sms-kite dit :

    Salut,

    Vraiment un super site…ca fait un moment que je traine dessus et je suis toujours a fond sr les foils.

    Je me permet d’intervenir sur la parti kite (vue que j’en dessine)
    Meme si je ne crois pas (voire jamais) a la partie electonique, je pense qu’il est tout a fait possible de developper ce genre d’engin pour une utilisation loisir. Il est evident que si le kite et l’aile se retrouve en opposition ce sera la cata, sauf si par exemple ce lien n’est pas physique mais passe pas une composante humaine. Quand la tension est trops grande c’est la personne qui lache avant que tout parte en cata. Plutot que de rechercher a reguler l’aile je chercherai a agir sur le kite. La plupard des voiles de kite a boudins on un bon depower ce qui permetra de decharger l’aile en cas de probleme. C’est comme ca que fonctionne tout les discipline de kite. Un contre a la force du kite qui est gerer par les jambes (montainboard-kitesnow-kitesurf) a la limite par sont poigd et l’aderance avec le sol pour le char a cerfvolant.
    C’est auto reguler car il ya glissade ou dechargement du kite avant « surcharge ».

    Nono

  13. xav dit :

    il y a aussi moyen de reguler la surcharge sur une aile d’eau.
    par exemple si le paravane a une charge ailaire élevée (surface faible).
    ou si le point d’accroche possède une certaine souplesse, permettant de diminuer l’incidece lorsque l’effort augmente (mais on a alors une stabilite de route problematique).

    je ne crois pas trop a une aile d’eau avec pilote ecartele, genre je tiens le kite d’une main et le paravane de l’autre… tout l’avantage de l’aile d’eau est justement d’avoir une structure simple en tension permettant de contourner les limites humaines.

    bein sur il y a la securite a travailler (notament des systemes de largage, qui larguent par exemple le kite quand la retenue du paravane se rompt, systemes de largage par rupture de fusible en cas de surcharge,…), l’envoit du kite dans la « mauvaise » demi-fenetre n’est toutefois pas le principal probleme, surtout une fois qu’un certain vent relatif est cree (par ex en buggy ca n’est pas catastrophique, ca fait juste une grande abatee voir un deadman’s turn, http://www.youtube.com/watch?v=qk_U42-lTRA pour les voileux qui ne connaissent pas ce genre d’empanage dynamique)

    je dirais que les limites des cuisses du kiter ne sont pas une auto-regulation mais une faiblesse inherente. c’est un peu comme si tu me disai que mettre des pneus qui accrochent tres peu en voiture empechent d’accelerer trop fort et d’arriver trop vite dans les virages, et que des lors des pneus avec une super accroche ne seraient pas « auto-regulants » et dangereux.

  14. xav dit :

    je rajouterai que pour avoir le pilote leve hors de l’eau, avec un angle raisonnable entre les fils du kite et du paravane, il est necessaire d’avoir de l’ordre de tension=10x poids pilote, soit des tensions de l’ordre de 70kgx10=700daN.
    donc retenir l’aile ou le kite ou les deux uniquement par un memebre humain est impossible.

    le harnais avec ses 2 points d’accroche est à chiader (un exemple prmi d’autres : eviter qu’en cas de rupture/deformation de la spreadbar, les cotes soient ecrasees)

  15. Guy Capra dit :

    Assez d’accord avec Xavier – que je remercie moi aussi pour son article – quant à l’intérêt de se passer de l’interface humaine pour la tension entre l’aile d’eau et l’aile d’air.
    Surtout effectivement protège-toi si tu fais des essais… Et penses à aller les faire loin de la foule ! 😉
    Le travail génial de Luc Armant n’a pas fini d’inspirer des ambitions, et c’est encore un hommage à sa qualité.

  16. Bonjour,

    Petite question pour Xav, concernant la liaison radio, tu dis que c’est la voie choisie par certains et que les retours que tu en as sont tres positifs. Pourrais-tu approfondir ?

    Merci d’avance.

    • xav dit :

      bonjour,

      comme tu t’en doutes, c’est bien à tes expérimentations que je me refere (tout du moins a ce qui m’en a ete rapporte)

      par tres positifs, j’entend qu’une de tes versions aurait une precision d’immersion de l’ordre du millimetre, ce qui est très impressionnant. (mais à quelle vitesse?)

      pourrais-tu nous en dire plus, quel est l’état du projet?
      pense-tu qu’une eventuelle production en serie soit envisageable?
      quelles sont les performances ainsi que le niveau de complexite pour mettre en oeuvre cette aile d’eau?

      ceci dit, si j’ai bien compris ton projet, la liaison radio ne transmet que le cap (l’incidence voulue) ainsi qu’une information indiquant l’amure (afin que l’elec corrige dans le bon sens?), donc que des informations ne necessitant pas de « haut debit », tu dois donc t’en tirer avec des basses frequences.

      par contre, pour un projet qui demandrerait un dialogue haut debit entre un capteur et un effecteur, la solution radio à travers l’eau me parait inappropriée.

      merci d’avance pour tes reponses, et desole d’avoir devoile ton projet. (si tu considere que certains passages sont des citations non autorisees, je peut les modifier/retirer)

  17. Toi, tu traînes encore avec Patrick de Flexboardz, tu lui fera un gros bisou de ma part.
    A la lecture de l’article j’étais ravi de constater que le sujet vivait encore et j’espérais sincèrement que d’autres se soient concrètement penchés sur le problème, c’est pourquoi cela ne me dérange pas du tout que tu aies « dévoilé » ce projet. Mieux je t’en remercie car ça participe a faire connaitre le principe des paravanes.
    Concernant l’etat du projet, je me suis associé avec des professionnels, en l’occurrence Eric Pelaprat qui a monté une des première école de kite (www.fildair.com) ,Colas Ricard (www.jadebycoco.com) qui shape des planches pour cette même école et Hervé Devic (www.tocatec.fr) qui fabrique entre autres des moths a foil. Luc avait fabriqué un prototype grandeur réelle de son aile d’eau et l’a prêté pour tests en 2008. Colas a volé une vingtaine de mètres avant que le paravane ne sorte de l’eau et se disloque en percutant la surface, mais les sensations qu’il a ressenti durant ces quelques secondes étaient si géniales que depuis deux ans, il m’appelle toute les semaines pour me faire part de son impatience a revivre ça.
    L’aile d’eau de Luc avait montré ses limites et mon proto électronique de l’époque avait les mêmes défauts. On est donc reparti a zéro. Aujourd’hui on a une magnifique bestiole en carbone d’un coté, et de l’autre, une électronique beaucoup plus travaillée, reste plus qu’a coller les deux ensembles. On a planifié ça courant mai, on peut donc espérer voir un kitesurfeur dompter un foil inversé avant cet été.
    Je ne peux évidemment pas dévoilé les détails techniques mais je vais tenter de répondre a ta curiosité.Concernant la liaison radio, ce n’est pas de la basse fréquence, l’astuce pour contourner le problème n’est vraiment pas élégante mais elle a le mérite de fonctionner. On lui transmet effectivement l’incidence et l’amure mais on pourrait aussi lui transmettre des datas, il était question, a un moment, de pouvoir modifier les paramètres pendant l’utilisation afin d’optimisé les réglages…pas le temps pour les gadgets ! Pour la précision d’immersion, je parle en statique, on est effectivement autour du millimètre, c’est important d’avoir une mesure précise de la vitesse verticale. La aussi, il a fallu bidouiller, car un capteur aussi précis qui résiste au milieux agressifs c’est minimum 1500€ HT. La solution choisie est astucieuse, la question est combien de temps ça va fonctionner ?
    On est donc encore bien loin de la production en série, mais le jour où ça marche on ne manquera pas de le faire savoir.

  18. xav dit :

    super!
    merci beaucoup de ces precisions.

    oui, je ferais un gros poutou à patrick. le monde est petit dans ce milieu hein?

    « concernant la liaison radio, ce n’est pas de la basse fréquence, l’astuce pour contourner le problème n’est pas vraiment élégante »
    déjà, toute astuce est par définition très élégante 😉
    ensuite, j’imagine que tu fais passer le fil de l’antenne à l’intérieur de la ligne en dyneema (avec une aiguille?). j’ai découvert à l’occasion de reflexions sur le sujet que toutes les lignes de kite en dyneema etaient creuses.

    j’imagine que tu as vu l’image de la paravane de Costes utilisee en kite dans cet aricle, qu’en penses-tu?

    pour les essais, j’imagine que tu as reflechi a la securite, aux formes speciales de la spreadbar qu’il fallait etc, mais si tu veux qu’on en discute pas de pb.

    bon vent et je te souhaite de reussir, j’espere qu’un jour je tracerai le spot avec un de tes engins 😉 (entretemps j’aurai surement essaye ma petite conception perso).

  19. sylvain claduel dit :

    bonjour,

    je suis bien content d’être tombé sur ce post!
    en deux mots : je vole avec une grosse aile de kite à caisson fermé depuis qq années sur la dune du Pyla:

    J’ai rencontré Luc Armand à Essaouira en 2008 grâce à Olivier Suire, et nous avions à l’époque essayé de voler avec la paravane de Luc et mon parakite (19m^2), mais sans succès. Les premiers essais étaient toutefois prometteurs:

    J’ai décidé de reprendre le projet cet été, et je me suis donc fabriqué ma propre aile d’eau sur le principe de celle de Luc Armand mais avec un pilotage manuel et mécanique. tout est prêt, ça marche en tracté, mais en attente de vents pour essais « échelle 1″…

    en fait je cherche un passionné de foil sur Bordeaux qui serait intéressé d’une part pour participer aux essais et surtout qui touche au carbone pour m’aider dans la fab des prochains foils (l’aile principale est en bois pour l’instant, mais on arrive vite aux limites…)

    mon mail : sylvain.claudel@sfr.fr
    mon tel: 05-56-35-16-73

    • Bonjour Sylvain,

      Où en es-tu aujourd’hui? Je suis tres curieux de voir ton aile d’eau a pilotage manuel et mecanique. As-tu des photos, ou bien un shéma a nous montrer ?

      Felicitations pour ce ride aero-amphibie !

      • Bonjour Jérôme,
        Je me permet de faire une réponse à ta question. Xavier, aussi auteur sur Foilers, m’a fait suivre des photos des derniers essais de Sylvain afin de placer quelques nouvelles de ce projet dans le prochain « Ptites News ».
        Ces photos et info. devraient être en place dans une dizaine de jours. Ceci afin de laisser aux lecteurs le temps de découvrir le dernier très long article en place !
        Fred de Lo

  20. xavierlabaume dit :

    bonjour sylvain,

    de mon cote, je viens enfin de decrocher un « sponsor » ( = un boulot bien paye)proche de bons spots, je vais donc dans les mois qui suivent, passer a la pratique (j’espere).

    je pense pas que nos approches soient les memes, moi je vais choisir la paravane traversante, sans regulation d’altitude qui comporterait des pieces mobiles.

    je pense sous-traiter a un shaper la strat’, et utiliser la modelerie de la boite pour le moule.

    bonne chance et bons essais,
    je te laisse mon mail pour qu’on puisse se tenir au courant de nos deboires!

  21. gurval dit :

    Bonjour sylvain.

    T’es célèbre dans le monde entier avec tes session de « paraglidingboard »!! Tu as modififié le bridage ou juste les arrières, on tu vois prendre comme des poignée de trapèze pour passer en mode parapente?
    Je te conseil ce site http://kitefoil.forumactif.net/forum.htm .
    Il y a pas des type sur arcachon et de bon bricoleur.

  22. sylvain claduel dit :

    je ne pensais pas être aussi connu 😉

    je suis ravi de voir que des passionnés travaillent sur le sujet de l’aile d’eau associé à un kite. j’espère qu’il va sortir quelque chose de tout cela !
    De mon coté je n’ai pas expérience des foils et à dire vrai c’est surtout le coté aérien de la chose qui m’attire dans ce projet. Je m’imagine déjà voler full-speed au raz de l’eau accroché à mon aile !
    Mais il reste encore pas mal de questions posées, ne serait-ce que la faisabilité qui n’a pas encore été démontrée « échelle 1 » à ma connaissance…
    C’est un joli chantier à défricher ! je vais essayer d’aborder la truc de façon très expérimentale et voir comment ça se passer à l’eau…
    et puis si vous avez besoin d’un pilote d’essai avec une grosse aile étanche et qui porte bien, je peux aussi être votre homme !
    sylvain

  23. gurval dit :

    erratum:
    Il y a pas mal de type sur arcachon et de bon bricoleur.

  24. pascal dit :

    heu,…et les profils reflex ca n’aiderait pas je suppose vu la vitesse souhaitée…?

  25. David dit :

    Bonjour,

    Il semble qu’en 2010 il y avait de nombreux projets d’ailes d’eau. Je me demande ce qu’ils sont devenus en 2011; et les raisons des succès (futurs) ou des échecs passés.

    PS: Merci, pour ce très bon article.

    • Bonjour David,

      Il y a en effet du nouveau !
      J’espère pouvoir en parler prochainement, mais les jours ne font que 24 heures et j’ai du mal à tout faire !

      J’espère que tu pourras prochainement lire un article sur le sujet sur Foilers !

      A bientôt
      Fred

      • David dit :

        En fait, je désire entreprendre la construction d’une aile d’eau.

        Je suis preneur donc de toute info supplémentaire sur les choix et retours d’expériences de tout le monde !

        • David,
          J’espère que je ne vais pas mettre trop longtemps pour mettre en place un article. Il en répondra sûrement pas à l’ensemble de tes questions, mais pourra je l’espère t’aider…
          Tu me relances si tu ne vois rien venir !
          Mais pas demain !!!
          Fred

  26. Bonjour,

    C’est finalement grâce au chien de mer que cela se concrétise :

    Bravo à Didier Costes et Sylvain Claudel !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :