Ptites News 17

17 février 2011

Alors là !

Pas de foils, niet. Pas de voile épaisse non plus, même pas de flotteur, mais mais mais, il faut voir ça !

Handkite

Je vous ai déjà parlé du travail de Christophe Martin et du site Handkite lors du Ptites News 14. Christophe m’a envoyé un petit mail pour m’annoncer sa collaboration avec le shaper Julien de JL Composites pour la fabrication de châssis pour le ski nautique et le kite 100% carbone. Voici la dernière vidéo Handikite dans les vagues, version embarquée de cet été.

Aérien

  • Nous c’est sous l’eau, lui au dessus. Voici le très très intéressant blog de Laurent
  • Du beau foil aérien. Pour faire suite au précédent lien, très belles images de Gilles Martin Raget du lancement du premier AC45

Plus ça va, plus « y’en a » !

Et oui ma pauv’ dame, ils mettent des foils partout ! Du nouveau chez les trimarans de série, le Seacart 26 OD de Marc Lombard et les F85SR et 32 SR de Ian Farrier sont équipés de foils courbes comme leurs grands frères de 70 piéds et + (car les 60…).

Foil F 35SR via site farrier Marine Inc

Rencontre de zinzins, suite

Dans le « Ptites news 15 », j’avais fait un point sur cette idée de rencontre d’accro. des foils et de la vitesse proposée par le grand GG Delerm. Les discussions sur Foilers et peut être en dehors avaient permis de définir les éléments suivants :

  • Type : RdV informel
  • Où : Leucate
  • Quand : au printemps ou à l’automne, pendant les vacances scolaires ou pas
  • Comment : possible hébergement le camping « Mer-Sable-Soleil »
  • Qui : GG de Bordeaux, Xavier, Armand, Gurval, Maurice…

Je ne serais sûrement pas dispo. Mais ce serait vraiment sympa que ce rendez-vous ait lieu et qu’un des protagoniste puisse en faire un compte rendu sur Foilers !

Alors ?

SUP, PAV à foils

Photo Loïc Olivier

  • Voici la page dédiée aux PAV à hydrofoils sur le site Windsurfing 44, le forum du windsurf en Loire-Atlantique. Des photos assez intéressantes…
  • Trouvé lors de recherches, la page d’un projet Canadien

Tendance bleu

Thierry Seray, du blog « Tendance bleu », propose de revenir sur un article paru dans BATEAUX en novembre 2008 et intitulé : « A la recherche de la vitesse pure à la voile, 24 noeuds en 36 ans »

Moth à foils, en veux tu, en voila !

  • Une vidéo dantesque où l’on peut voir évoluer le Moth à aile rigide (le gréement pas les foils !), qui est d’ailleurs cassée en fin de vidéo…
  • Du vent et des gamelles à gogo, mais c’est encore plus simple d’aller sur le site Zhik 2011 que « Margoden » m’a conseillé…
  • Très belle photo de Moth à foils par Thierry Martinez : Après le vol, la marche sur l’eau, Ici

L’Hydroptère

Harbor Wing Technologies

Si je ne l’ai jamais mis en lien, voici la page du site Harbor Wing Technologies qui travail sur différents projets, dont une sorte de drone à voile, foils, à aile rigide, à…. Un certain Sam Bradfield fait partie du team.

Maquettes

  • Réplique de l’Hydroptère. Quelques photos de la construction d’une réplique de l’Hydroptère
  • Whaou, à moteur mais bel engin à foils. Voici un blog ou vous trouverez des photos de la construction d’une maquette d’Hydrofoil à moteur. Très beau travail, belles photos… Et les autres modèles réduits sont aussi de toute beauté.
  • Projet de char à voile radiocommandé avec aile rigide (bien documenté), beau projet, bravo ! Je retrouve avec plaisir en bas de page l’engin de vitesse Zockra réalisé par Malric Leborgne dans sa version char à voile.

Image via blog Windracer

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Le rêve d’Icare… !

3 février 2011

Petit voyage au cœur des motivations…

Rubens, La chute d'Icare, 1636

J’ai une très bonne vue, mais avec l’âge, il faut de temps en temps vérifier les capteurs. Le bâtiment qui abrite le cabinet de « mon » ophtalmologiste, le Dr Taupe, est ancien et en travaux. Différents spécialistes, qui ont fait de longues études et participé à creuser le trou de la « sécu. », ont accroché leurs diplômes sous le même toit. L’assistante du Dr Taupe m’explique que pour découvrir l’origine d’un dégât des eaux, des cloisons ont été « attaquées ». Dans la salle d’attente, un trou a été réalisé dans le plâtre et les briques rouges. A travers ce trou, je vois des gars en bleu de chauffe aller et venir. L’ouverture permet d’accéder à de vieilles conduites rouillées, mais aussi de voir et entendre ce qui se passe chez le voisin ! Assis non loin de la saignée, j’attends mon tour. Mon ophtalmo. a décidément du retard. Soudain, mon oreille est attirée par un mot : « foilomaniaque ». Je regarde de l’autre côté de la cloison et tends l’oreille. Je plante le décor : de l’autre côté du mur, se trouve un cabinet qui doit être celui d’un psychiatre : moquette épaisse, savant mélange de meubles design et anciens, ensemble sobre, mais recherché. J’ai retranscrit ci-dessous, ce que j’ai pu entendre (admirez au passage mon excellente mémoire).

Le divan de Sigmund Freud !

  • Le Psy : Martine, il est arrivé mon patient « foilomaniaque » !
  • Martine : Le zinzin qui parle de faire voler des bateaux ? Oui
  • Le Psy : Martine, mes patients ne sont pas des zinzins… Petit temps d’attente, bruits d’ouvertures et de fermetures de portes.
  • Le Psy : Bonjour monsieur « X » (vous comprendrez que je ne peux pas donner son nom), allongez-vous, je vous en prie. Alors cette addiction aux hydrofoils ?
  • Le patient : Euh, j’ai encore rêvé d’un plan porteur parfait, sans cavitation, ni ventilation !
  • Le Psy : Mmm, bien bien.
  • Je vous ai demandé d’essayer de ne plus visiter les pages spécialisées sur Internet. Combien de visites sur le fameux blog « Foilers » ?
  • Le patient : Deux fois par jour, peut être plus….

  • Le Psy : Oui ce n’est pas fameux, il va falloir réaliser un important travail sur vous même. Je vous ai expliqué combien ce blog peut être nocif pour vous. D’accord, vous m’avez loué la qualité de ses articles éclectiques, la passion des auteurs… Note du rédacteur : oui, d’accord, peut être que j’ai mal entendu…
  • Nous travaillerons plus tard sur l’origine de cette déviance. Aujourd’hui j’aimerai que vous me parliez du « pourquoi ». Je vous ai demandé de réaliser un travail de recherche. Vous avez travaillé ?
  • Le patient : Voui
  • Le Psy : Alors, que recherchez-vous ? Qu’est ce qui motive votre intérêt pour ces engins qui sont, somme toute, que des chimères, mi bateau – mi avion ?
  • Le patient : Je peux sortir mes notes ?
  • Le Psy : C’est indispensable ? Je préférerais que cela vienne naturellement, même si vous avez des hésitations. J’ai confiance en vous, faites vous confiance.
  • Le patient :

Bien, bien… Difficile question que celle de savoir pourquoi on peut être intéressé par les engins à hydrofoils. La réponse demande d’essayer de déterminer ce qui au fond de soit motive cette passion : désirs, sentiments, espoirs…

Pour commencer docteur, je pense qu’il faut revenir à l’origine, aux premiers essais d’engins à hydrofoils…

Très tôt marins et architectes ont imaginé la possibilité de s’extraire de l’eau pour gagner en vitesse. Cette recherche de performances est motivée par des intérêts commerciaux ou sportifs. Ces essais découlent des travaux réalisés en aéronautique. Les premiers développements sont réalisés sur des engins à moteurs qui sont, à l’époque, limités en puissance. Les hydrofoils pouvaient potentiellement pallier cette limitation.

Hydrofoil de Enrico Forlanini Lac Maggiore 1910

C’est au début des années 40 que deux américains, Baker et  Gilruth, commencent à travailler (séparément) sur la mise en place d’hydrofoils sur des voiliers. Impossible de lier ces essais à la recherche de potentiels gains économiques : les voiliers utilisés pour transporter des marchandises ont « disparus » ! Pour ces conquérants du vol au ras de l’onde, c’est le désir d’aller vite qui est le principal moteur de leurs recherches.

Ces innovateurs sont des passionnés de technologie. Les travaux de Gilruth découlent de sa passion pour l’aéronautique. Quant à Baker, il a passé de nombreuses années dans un laboratoire de recherche avant de démarrer son projet Monitor. Et, « les chiens ne font pas des chats », il est issu d’une lignée de pionniers de la mécanique (Eoliennes Monitor depuis 1875 aux USA).

Autre élément lié aux caractères des premiers pilotes d’hybrides bateau/avion, et sûrement de ceux qui ont pris le relai, ils ont comme point commun l’envie de faire les choses autrement, de se démarquer. Pour Baker, on peut imaginer que le projet Monitor, qu’il initie au sein de la Baker MFG, lui permet de se différencier de ses aïeuls, de faire sa place au sein de l’entreprise familiale. Gilruth lui, ne souhaite pas suivre la voie tracée par ses parents, tous les deux professeurs, et préfère se diriger vers un cursus d’ingénieur en aéronautique.

La Baker Manufacturing Co 1900-1920

Maintenant, je ne sais pas si les motivations des « fondus » d’aujourd’hui sont les mêmes que celles des passionnés d’hier. A l’intérêt pour la vitesse, et à celui de la technologie, s’est sûrement ajouté le désir de voler. Au début, les aventuriers du vol sur hydrofoils ne peuvent utiliser que leur imagination pour se représenter au dessus de l’eau. Mais au fil du temps, les voiliers volants se multiplient et deviennent de plus en plus visibles. Avant même l’apparition d’Internet, des photos de voiliers sur échasses paraissent ici et là. Comme Monitor dans Life en 1955. Pour ma part, le déclic est peut lié à la vision d’une photo d’Eric Tabarly sur un hydrofoil orange, photographié en 1976 !

Monitor – Life 03 octobre 1955

Les passionnés du 21ème siècle sont donc sûrement poussés par au minimum un des buts suivants, voir les quatre (ou d’autres !) :

  1. Soif de vitesse
  2. Intérêt technologique (la magie du vol !)
  3. Volonté de faire les choses autrement
  4. Désir de voler

Pour le dernier point, le désir de voler, on peut même oser faire le parallèle entre ce qui pousse les pionniers des hydrofoils à voile avec l’idée développée par Constantin Edouardovitch Tsiolkovski (physicien autodidacte considéré comme le précurseur de l’ère spatiale) : l’homme souhaite naturellement s’élever ! En 1911 C. E. Tsiolkovski a écrit : « Une planète est le berceau de l’esprit mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau » (ланета есть колыбель разума, но нельзя вечно жить в колыбели) ! L’homme serait donc habité par une irrépressible envie de voler, de s’élever, de quitter la planète terre ??

Constantin Edouardovitch Tsiolkovski

Mais revenons à des concepts plus terre à terre. Chez les « malades » d’aujourd’hui, quelle est la part de chaque motivation ? Même s’ils sont toujours en quête de vitesse, sûrement intéressés par la technologie (mais tout le monde n’a pas la « fibre technique »), désireux de se démarquer (?), ils sont peut-être maintenant plus attirés par la possibilité de voler ? Si ce postulat est correct, difficile de définir le début de ce changement d’appétit.

C’est sûrement la conjonction de trois éléments, qui ont connus une forte croissance, qui peut expliquer le fait que certains passionnés s’intéressent aux engins à hydrofoils dans l’optique de voler :

  1. Le temps de loisirs : CP, 35 heures… éclosion de la « société des loisirs » définie par Joffre Dumazedier en 1962.
  2. L’existence de supports adéquats : arrivée d’engins à foils développés pour aller vite mais dont la finalité n’est pas de battre des records de vitesse. Trifoiler TF22 en 1993, Windrider Rave en 1998, Moth à foils vers 1998.
  3. L’accès à l’information et « visibilité » de certains engins : revues, livres, TV, Internet et communication autour de l’Hydroptère qui a « finie le costume » en faisant connaître au plus grand nombre cette façon de naviguer.
  • Le Psy : Pardon, « finir le costume », pouvez-vous expliciter ?
  • Le patient : Euh terminer le travail, quoi !

C’est là que l’assistante du Dr Taupe est venue me chercher. Pendant que j’étais la tête calée dans l’appareil de torture de ce bon docteur, je me posais la question suivante : « Et toi, pourquoi t’intéresses tu aux hydrofoils ? »

Et vous ?

Comme Icare, vous aimez ou aimeriez voler ? C’est la vitesse qui vous motive, le côté technologique … ? Détendez-vous, vous êtes reposé, vos doigts parcours le clavier…. Oui, exprimez-vous, c’est pour votre bien, confiez à « Foilers » vos désirs les plus profonds……

P.S.

Bon dieu de bois, quel boulot de mémorisation, pfff, heureusement que j’avais un carnet et un crayon dans ma poche de veste.