Ptites News 20

24 juillet 2011

Je profite de cette période calme pour faire un point sur les engins évoqués lors des précédentes « PN » (ou Ptites News). En +, nous arrivons à un chiffre rond ! En bas de page, pour ceux qui ont du temps à perdre et qui veulent découvrir de nombreux liens, un sommaire des précédents numéros. Mais avant cela, quelques nouvelles nouvelles !

Hydroptère

  • Daniel Charles m’a envoyé cette adresse me faisant remarquer combien elle était révélatrice de la différence de résistance et de sillage entre un foil en T et un foil oblique !
  • Bel article sur le site de Voiles et voiliers
  • Belles photos de Yves

Sailrocket & Hydroptère

Très belle vidéo de Sailrocket 2 avec vers la fin, des images de l’Hydroptère. Suite au très intéressant article de Xavier réalisé après sa visite de  l’hydroptère, ces images confirment que cet engin éprouve des difficultés pour naviguer dans toutes les conditions. Car au près, il semble difficile d’éviter les plantages à répétition.

Et puis aussi

  • Des dollars qui dorment sous votre matelas, une envie de vols au dessus des vagues, un Windrider est à vendre dans la belle province de Québec (7500$ dollars Canadiens, 5500 €)…

Des nouvelles des projets évoqués dans de précédents « PN » (ou pas !)

Cata puissance 4

J’en avais parle dans la PN13, il navigue toujours aussi bien comme on peut le voir sur cette vidéo de ce cata Suisse multi gréement : Puissance 4

AFS One

Je lui avais consacré un article, l’AFS one que je n’avait pas pu voir voler à Douarn comme le montre cet article dans l’Est Eclair

Walkirie

Je n’en avais pas parlé dans un PN, j’avais préféré réaliser un mini article sur ce bateau. Cory m’a annoncé l’arrivée de la version 2 de Walkirie

Hello!  I want to thank you again for the excellent article you wrote about my boat Valkyrie for Foilers! a while back. Also, some of the links you provided in the article led me to learn and expand my knowledge. Based on my experience with Valkyrie, I have designed and am now building Valkyrie II with a large number of improvements. I still have a dream of a two person (side by side), low cost, easy to sail, hydrofoil sailboat and by using the experiences of so many hydrofoil experts that are willing to share information on the web I am very excited at the prospects of this new boat.  It’s not finished yet, but if you are interested in the progress, here’s the link: corycraft.blogspot.com. I share my plans and ideas freely in the hopes of receiving constructive feedback.  Thanks again!

Hyraii

Dans la Ptites News 10, je mettais un lien vers ce projet de cata à foils Suisse, puis un rappel dans le PN 14. La page vidéo du site montre que le cata qui lors de la PN10 n’était que tracté, vole très biens sous voiles.

Hydrofoils. Ch

Ricardo m’avait contacté, j’en avais parlé dans le PN11. L’équipe d’Hydrofoils. Ch continue à d’acquérir de l’expérience dans la conception et la construction de bateaux à hydrofoils.

Whites dragons

L’engin que Charles nous avait signalé dans la PN 12+1 et dont j’avais aussi parlé dans le 15, c’est toujours sur Facebook qu’il est le plus facile à suivre. Belle page photos

Hydro-fly, le « planeur de la Gironde »

Et bien il semble bien avancé l’Hydro-fly, le trimaran volant à moteur. Sa prochaine navigation est programmée le mercredi 06 juillet 2011 entre 10 H 45 et 11 H 45 entre Plassac et Blaye. Le tournage d’un film est prévu à cette occasion !

Handkite

Je sais, le Handkite (vu dans le PN14 et PN17) utilisé par Christophe Martin n’a pas de foil (même s’il a déjà étudier la possibilité d’utiliser un plan porteur), mais j’aime vraiment ses vidéos et ses projets !

P28 Gonnet et Cie

C’est du récent, c’était dans le précédent numéro, je faisais référence à ce bateau, P28 Gonnet et Cie, qui avait auparavant comme nom de baptème de Kisscut. Les différents éléments du bateau sont actuellement en cours de construction, ils seront assemblés durant l’été pour une  mise à l’eau prévue fin août/début septembre 2011.

Récap Ptites News

Bonnes visites, bonnes lectures et visionnages, bonnes vacances…

Publicités

Visite de l’Hydroptère

9 juillet 2011

Durant sa tournée de représentation, j’ai été invité, par l’entreprise ayant instrumenté l’Hydroptère et l’Hydroptère.ch, à une petite visite. Le bateau était de passage sur Bordeaux, ou il y avait ce jour-là un salon du vin (avec un stand Lanson, un des sponsors).

Je ne reviendrai pas sur le bateau de manière générale, qui est bien décrit dans une foultitude d’articles, mais plus sur certains points particuliers.

L'hydroptère à Bordeaux - photo XL

Sur deux pattes

La navigation sur un seul foil : C’est une phase transitoire, néanmoins stable. Lorsqu’il n’y a pas assez de vent pour foiler, l’équipage descend seulement le foil sous le vent. Il arrive (lors d’une risée par ex) que le bateau décolle alors.

Asservissement en prespective

Ce qui nous amène au point suivant : le bateau étant généralement en appui sur le foil sous le vent et sur le plan porteur arrière, la droite reliant ces 2 appuis est à 45° de la direction de marche. Un peu comme un char à voile qui lève une roue.

Plan porteur arrière - photo XL

Ceci fait que lorsque le bateau loffe, il cabre, et pique du nez lors d’une abatée.

Rajoutez à ça que de manière générale, au près, le bateau à tendance à cabrer, et à piquer au portant (à cause de la poussée vélique qui change de direction).

Vous obtenez un système assez instable, qui doit être régulé. Actuellement, c’est le pilote, qui en plus de disposer de la barre et d’une pédale permettant de relâcher l’écoute de GV, a  sur le côté droit un petit joystick activant un moteur ¼ de tour qui lui-même modifie l’incidence du plan porteur arrière via un système vis sans fin/écrou.

Le team veut asservir par automatisme ce dispositif, afin de garantir l’assiette. Cette équipe, qui avait tout misé sur la stabilité mécanique, et avait toujours refusé tout asservissement (par palpeur mécanique ou par électronique), afin d’avoir une fiabilité permettant des nav’ océaniques, s’y est donc résolue.

Avec prudence néanmoins, puisque ce système sera débranchable à tout moment, avec un « mode dégradé » (le mode actuel). De plus, du fait de leurs configurations avec 2 safrans, le .ch et le maxi n’auront pas besoin de ce dispositif.

Plan porteur arrière

Quels sont les efforts sur le plan porteur arrière ? 4 tonnes vers le bas à haute vitesse. Portance positive à faible vitesse. Selon le copilote (Jérémy), l’assiette à piquer qu’a alors en permanence le bateau est très impressionnante (impression, lorsque le bateau pique pour accélérer après avoir déjaugé, que les étraves vont planter et que le front flip est pas loin).

Cette déportance est cruciale à haute vitesse, et l’apparition de la cavitation sur le plan porteur arrière est un des points les plus critiques, le second point le plus critique étant le winglet (permettant l’antidérive) du foil sous le vent.

Cavitation

Justement, quelle est la max speed avec foils de vitesse ? 57.98nds lors du run de record. Vitesse à ne pas dépasser : 57nds, à laquelle les premières bulles apparaissent.

Puisque l’on parle des foils du record, les fences qui initialement avaient été retirées, ont très vites été remises. Elles sont absolument indispensables selon l’équipe.

Les foils du record n’étaient pas supercavitants. Ils étaient justes fins (épaisseur relative faible) avec un rayon de bord d’attaque faible. Foils très peu tolérants et inefficaces aux faibles vitesses.

A haute vitesse

Vitesse à partir de laquelle la balade s’arrête et ou ça devient sérieux : 40-45nds.

Ecréteurs

Ecréteur tribord - photo XL

Les écréteurs, chers à F.M. Ils viennent bien du train du Rafale. On le voit d’ailleurs à la conception du compas (pièce qui empêche le piston de tourner dans le cylindre). Chaque écréteur est instrumenté, et c’est bien cette mesure qui est répétée sur l’écran principal de l’ingénieur présent dans la coque. Les différentes lignes de cet écran sont :

-en abscisse le temps

-en ordonnée : vent réel, vitesse bateau, effort contre fiche foil bâbord et tribord, et il devait y en avoir deux ou trois autres, ça devait être genre des haubans et peut être les bras.

Il y a en tout 40 ensembles de jauges de contraintes. Pour la petite histoire, lors du dernier chavirage, 38 capteurs ont survécus sans dommage, malgré de l’eau qui était rentré notamment dans le carénage (au bord de fuite du bras) accueillant les boitiers.

Dès que les contraintes dépassent un seuil critique, ou que l’ingé le décide, une LED rouge clignote dans le poste de pilotage et donne l’ordre aux marins de lever le pied. Il dispose aussi d’un « panic button » qui lorsqu’il est pressé, permet de relâcher l’hydraulique de  l’écoute de GV. Les marins n’ont plus qu’à mouliner du café durant quelques minutes pour repressuriser les accus hydrauliques, ce qui calme les ardeurs !

Le ressort à gaz (« gonflé » grâce à une bouteille d’azote, située dans un coffre derrière le bras, proche du pilote et à côté du boitier précédemment décrit) du foil sous le vent reprend en vol stabilisé 20t. L’écréteur se déclenche, durant quelques millisecondes, à partir de 30t (soit 50% de surcharge)  et absorbe tout jusqu’à, il me semble, 70t.

La course semble assez faible, ce qui colle avec le temps très court des surcharges.

Part des écréteurs dans le « succès » de l’hydroptère : cruciale. Ils sont absolument nécessaires pour la performance.

Les obstacles

Le fameux système de détection d’OFNI. Il n’existe pas à l’heure actuelle. L’équipe ne compte pas en développer, mais plutôt attendre les retours d’autres coureurs.  Du fait des partenariats (EADS, etc), le plan est d’utiliser celui que le 60’ Safran utilise, mis au point entre autre par MBDA si je ne m’abuse. Le principe est « simple », on prend une caméra infrarouge (issue d’une tête autodirectrice de guidage de missile), on la monte en tête de mat (sur plate-forme stabilisée par gyroscopes) et on repère les obstacles. Actuellement, ça marche pour les growlers (fort contraste thermique…) mais la sensibilité devrait fortement progresser.

Programme à suivre

L’Hydroptère devrait bien courir la Transpac (Los Angeles-Honolulu), selon les membres présents « le seul record océanique à portée du bateau ».

Masse et performances

Masse du bateau : 6t à vide, auxquelles il faut rajouter 2t : 800 kg de ballast, le reste en « bonhommes » et équipement. Le bateau décolle dès 11nds de vent, avec 15nds de vitesse eau. Le maximum d’efficacité est entre 15 et 18 nds de vent réel, avec un facteur de 2.5 environ.

Conception générale

L’architecture du bateau est assez surprenante. Notamment le fait que les bras soient articulés (montage en pivot avec des chapes) avec une contre-fiche inférieure (qui touche l’eau au repos), et non les bras encastrés que l’on a l’habitude de voir sur les multis. Chaque pièce sent l’aéro à plein nez, pleins de détails (poches, épaisseurs variables,…) montrent une forte habitude de la chasse au gramme de la part des dessinateurs.

Sources de traînée aéro

La traînée aéro : Le carénage des bras a apporté « peanuts ». Le plus gênant, c’est les filets. Il a été envisagé de caréner le poste de pilotage et les 9 personnes qui sont sur le bras.

Les reproches de l’équipe se portaient plus sur le vieux mat (celui prévu pour la vitesse ayant cassé lors du chavirage), qui « traîne un max ».

Le "vieux" mât-aile - photo XL

Vous avez dit bidromique ?

Lors des records de vitesse, l’Hydroptère était totalement symétrique, les runs ont d’ailleurs été effectués sur les 2 amures. Le bateau n’a pas toujours été symétrique dans le passé (je ne me souviens plus quelles pièces étaient concernées).

Les concurrents…

Que pensent-ils de Sailrocket? « On espère qu’ils vont pas se faire mal, mais s’ils réussissent à maîtriser l’hypercavitation, ils seront très rapides ».

Hydroptère.SA

Dernier point, qui ne concerne pas la technique : Hydroptère est en fait maintenant une SA « à but plus ou moins lucrative » et avec sponsors (drôle de mariage non ?). Une des sources de bénéfice serait le monnayage d’expertise (notamment la forme à donner aux bouts de pales des hydroliennes pour qu’elles ne cavitent pas).

Merci à toute l’équipe de l’Hydroptère pour nous avoir reçus, ainsi qu’à HBM pour la formidable occasion de pouvoir voir ce bateau, accompagné de réponses techniques pointues.

C'était parait-il la première navigation fluviale - photo XL