Ptites news 28

Les revoilà les Ptites news du « Café Foilers », les brèves de comptoir branchées portance et trainée qui n’existeraient pas sans GG Delerm qui m’en a soufflé l’idée.

Le temps file m’sieur dames, l’année est déjà passée, une année assez « foilesque » entre autre grâce aux AC 72. Et 2013 s’annonce tout aussi passionnante…

N’oubliez pas de régler vos consommations avant  de sortir et à bientôt, un des « patrons » !

Bad new

Samuel Bradfield formidable chercheur, architecte, passionné d’hydrofoils nous a quitté le 16 octobre 2012. Sam Bradfield, a commencé à s’intéresser aux hydrofoils alors qu’il est professeur d’université. En 1964, il choisi la problématique du voilier à hydrofoils comme thème de recherche pour ses étudiants. Après avoir étudié la possibilité de mettre en place des foils sur un catamaran, en 1966, l’équipe travaille sur une structure tripode (configuration canard) équipé de foils en V. En 1968, l’engin vole, surmonté d’un mât incliné implanté sur l’avant. En 1975, l’équipe réalise un nouveau  bateau qui prend le nom de « NF2 » (« Neither Fish Nor Fowl » – « Ni poisson Ni volaille »). De 1975 à 1977, ils poursuivent leurs recherches et l’engin  devient un tripode canard. Avec ce bateau, en 1978, l’équipe bat le record de vitesse en classe C avec 24.4 nœuds. En 1980, Sam Bradfield travaille à la mise au point d’une planche à voile à hydrofoils. Par la suite, S. Bradfield change plusieurs fois d’université et crée la société « Hydrosail ». Au sein d’Hydrosail il développe alors de très nombreux engins : NF3 (avec un gréement aile),  le Rave,  HS21T et Scat un trimaran de 37 pieds. Au cours de sa longue carrière, Sam Bradfield va faire voler plus de 12 engins différents. A la fin de sa vie, il travaillait au développement d’un drone marin à hydrofoils et d’« Osprey », un trimaran volant de 18 pieds…

Samuel Bradfield à bord de Scat - picture DR
Samuel Bradfield à bord de Scat – picture DR

 Osprey sur Youtube

Et sur Viméo

A voile

Gary

Un jour, il faudra que m’attaque à une présentation sérieuse du travail de mon ami Gary Baigent. Mais là, je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne quelques belles photos de Sid, le dernier foilers que Gary vient tout juste de mettre à l’eau en NZ !

Longueur 8m, largeur idem, poids de la plateforme 150 kg, mat 11,5 m par 0,5 m poids 55 kg, poids TT 215 kg, surface de voile théoriquement 26 à 27 m².

Sid, foiler de Gary Baigent – photo via G Baigent 12-2012
Sid, foiler de Gary Baigent – photo via G Baigent 12-2012
Sid foiler de Gary Baigent – photo via G Baigent 12-2012
Sid foiler de Gary Baigent – photo via G Baigent 12-2012

Vestas Sailrocket

Mon ami Christian Février m’a signalé la présence du blog de François Chevalier de très belles représentations et explications de la « bête »…

Dared

Gurval a dernièrement placé sur son blog un dossier qui résume le travail réalisé sur le projet Dared et surtout un appel à contribution pour passer de l’étape prototype à celui d’engin commercialisable.

Dared

Weymouth

Gurval (Dared) m’a signalé cette page comprenant de très belles photos de la dernière semaine de vitesse (pour ceux qui accèdent à Facebook). Je pense que Christian sera heureux de voir un bel exemple d’engin en configuration canard…

Poursuivie !

Il y a des vies difficiles, en plus de devoir supporter la passion de son père pour les hydrofoils, voici que ma fille voit arriver en cours des histoires de foils ! Voici un extrait de son dernier devoir de math !

Devoir TS Orma et foils
Devoir TS Orma et foils

L’hydroptère

L’équipe de l’Hydroptère est toujours à la recherche d’un complément de budget pour mener à bien leurs projets, à suivre sur le site

L’Hydroptère - Copyright_Christophe_Launay
L’Hydroptère – Copyright_Christophe_Launay

Rules

En aout, je me demandais dans la Ptites news N°26 si le pilotage automatique du plan arrière de l’Hydroptère le fesait passer dans la catégorie « voile assistée » ? Ou bien est ce que ce système pouvait être considéré comme un pilote automatique de safran et donc autorisé en voile normale ?

J’ai donc contacté Claude Breton, président du WSSRC, pour avoir son opinion sur le sujet. Claude Breton m’a très gentiment répondu. Il s’était posé la même question, sans toutefois éprouver la « gène » que j’éprouvais (et que j’éprouve toujours !) par la mise en place de cette assistance au pilotage. Toutefois, le WSSRC, à la demande de Claude Breton, a réalisé des ajustements aux règles de manière à ce que ce point ne devienne pas une source de divergences. Ils en ont profité pour réaliser d’autres ajustements et retirer la version française des règles, la langue officielle du WSSRC étant l’anglais. C’est modifications sont disponibles sur la page « Rules »

Exemple de modification :

i. Electricity may be used for instrumentation, navigation, communication, automatic steering and for domestic purposes such as lighting, heating, cooking etc. Generators including motors, solar panels, wind or water turbines can be used to provide electric power, together with the appropriate batteries and control gear. Mechanical power may be used for charging batteries, pumping bilges, loading, unloading or transferring ballast, moving keel, foils and rudder appendages or for weighing anchor. The operation of engines, motors or pumps must not provide any element of propulsion.

Olivier Schaller

Lorsqu’Olivier, qui visite Foilers depuis une ile Française aux antipodes, ne travaille pas sur Enya 3 ou dans son chantier, il navigue à donf sur Jessica Rabbit, un 40 pieds dessiné par Benoit Cabaret et Martin Fischer et sur lequel il a travaillé. Il y a pire dans la vie que de naviguer sur un tel bateau dans un tel endroit !

Enya 3

Des news d’Enya 3 dont nous avons déjà parlé sur Foilers  (Enya  sur Foilers !). Voici deux photos qu’Olivier m’a fait suivre. C’est comme le dit Olivier la Xème version d’Enya 3. Les prochains tests devraient se faire dans les configurations suivantes : la première photo au  portant et au près a partir de 10-11 noeuds de vitesse bateau, la deuxième pour le près petit temps …

Et si vous souhaitez un peu plus découvrir ce diable d’Olivier, voici un article de Multihull World à son sujet !

Foils Enya3 – photo O Schaler 11-2012
Foils Enya3 – photo O Schaler 11-2012
Foils Enya3 – photo O Schaler 11-2012
Foils Enya3 – photo O Schaler 11-2012

Martin Fisher

Restons encore un peu sous l’équateur, Olivier (toujours lui !) a intégré dans un de ses post les adresses de 2 engins à foils dessinés par Martin Fischer. N’ayant pas beaucoup d’information à leur sujet, je n’avais pas encore mis ces bateaux en avant, c’est fait : Phantom et GC32

Cotes d’Or II

Armel Awen a eu l’occasion de croiser Cote D’or II au Portugal, à Seixal. Ce grand foiler a été récupéré par son sauveur, Miguel Subtil (voir les articles de Foilers, ici et ), après de longues péripéties pas très agréables pour celui qui à donné de longues années de sa vie pour sauver ce bateau conçu par Eric Tabarly. Pour en savoir plus, voici le site de Miguel.

Cote d’Or II à Seixal – photo Armel Awan 10-2012
Cote d’Or II à Seixal – photo Armel Awan 10-2012
Cote d’Or II à Seixal – photo Armel Awan 10-2012
Cote d’Or II à Seixal – photo Armel Awan 10-2012

Speedream

Projet déjà évoqué sur ce blog, voici sa page Facebook et son blog avec de belles images du proto.

Don Montague

André (il se reconnaitra) m’a envoyé le lien vers cette belle vidéo d’un engin de Don Montague, cela se passe de commentaire… Merci André. Qui veut bien me sponsoriser pour aller faire un tour à Frisco ?

Forum ami

Même si Foilers parle aussi d’ailes aériennes, Foilers est plus spécialisé hydrofoils qu’aérofoils. Mais il a son pendant, Voiles alternatives qui a dernièrement eu la gentillesse de mettre un des articles de Foilers en avant. Bonne visite sur Voiles alternatives…

Voiles alternatives

A moteur

Géolocalisation

42° 52′ 54.97″N  47°39’24.29″E

C’est quoi ? Ce sont les coordonnées d’un engin… En allant sur Google maps et en collant ces coordonnées dans la fenêtre, on le découvre. En zoomant, c’est plus clair (il faut peut être aussi passer en Satelitte)…

1960

Les plans de cet engin ont été proposés dans le magazine « Popular Science » du 1er mai 1960, le voilà en vidéo, bien des années plus tard (2009). Beau projet pour quelqu’un qui voudrait se faire plaisir (j’ai pas mal de documents sur cet engin).

Lancement de la bête

En navigation « lancée »

Et sur Flickr, voici l’album photo d’un bateau en cours de réalisation. Si avec tout cela il n’y a pas un mec qui se lance, moi je ne comprends pas !

Dragonfly

Voici un site qui propose un manuel de construction pour réaliser un engin assez semblable au Dragonfly ci-dessus et pour 19$95.

Kotaro Horiuchi

Une vidéo de cet hydrofoil à moteur, Yamaha OU-32, a déjà été présenté sur Foilers (vidéo, proposée dans un Ptites News ou dans un message d’un lecteur…) voici une autre vidéo où un journaliste essaye de dompter l’engin. Le concepteur de ce bateau, le Japonais Kotaro Horiuchia, a conçu beaucoup d’autres engins à foils, dont le fameux Twin Ducks son travail n’est malheureusement pas assez connu…

Pour le plaisir

Rudy Heeman’s « Flying » Hovercraft

Le Néo-Zélandais Rudy Heeman a transformé pendant plus de 11 ans son aéroglisseur en véhicule à effet de sol : A VOIR !

Avant lui, d’autres ont imaginés des engins volants aussi délirants, mais il fallait tout de même avoir l’idée et surtout le réaliser (de belle façon) et le mettre au point. Pour le plaisir voila quelques spécimens…

Aqua glider may 1930
Aqua glider may 1930
Motor boating june 1930
Motor boating june 1930

Pour la conduite accompagnée, choisissez les routes de Norvège…

Via, Antoni Blanco Casañas, un as du Patin Catalan ou Patin a vela.

Avec une aile aussi…

Via Georges Guivarc’h (Golden Oldies Multihulls), si le début est trop long, laisser charger et passer les première minutes, j’aime bien vers 8mn et des brouettes.

Mad mad mad

Pas dans le sens breton du mot (bon), but in English, Yvan Bourgnon souhaite faire le tour du monde en cata de sport

Bricolage

Récup.

Voila une très bonne idée pour réaliser de très beaux foils à moindre frais, OK, vous ne choisirez peut être pas le profil avec précision, mais…

Wood

Et toujours sur cet excellent site (Instructables), si je n’ai pas encore eu l’occasion de le présenter, ce VPH en bois type Pumpabike ou Aquaskipper !

Bonnes fêtes, bonne année 2013 !!

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Cinq ans, +17 noeuds. Et après ?

Ce blog a été créé il y a un peu plus de 5 ans. Fin 2007, les records de vitesse à la voile homologués sur 500 m dans les différentes catégories étaient les suivants:

  • 48.14 noeuds par Simon Mckeon sur « Yellow Pages » (Classe C: voile de 21.84 à 27.88m2) en Australie en 1993
  • 47.92 noeuds par Alexandre Caizergues sur kitesurf en Namibie en 2007
  • 46.82 noeuds par Finian Maynard sur windsurf avec voile de 10m2, France, 2004
  • 44.81 noeuds par Alain Thebault et l’équipage de « l’Hydroptère » (Classe D : voile de plus de 27.88m2), France, 2007
  • 44.65 noeuds par Simon Mckeon sur « Yellow Pages » (classe B : voile de 13.94 à 21.84m2), Australie, 1993
  • 43.55 noeuds par Russell Long sur « Longshot » (classe A : voile de 10 à 13.94m2), Espagne, 1992

Quelle que soit la voile, aile rigide ou gonflable et quel que soit l’engin, la planche ou la coque, les records ne s’écartaient guère plus de 10%, mais tenaient parfois plus de 10 ans. A l’époque on s’interrogeait : avait-on atteint des limites physiques, notamment celles liées à la cavitation ? Allait-on pouvoir franchir un jour le mur des 50 noeuds à la voile ?

Quelle meilleure réponse que le tableau actuel des records:

  • 65.45 noeuds par Paul Larsen sur « Vestas Sailrocket 2″ (classe B) Namibie, le 24 novembre 2012 !

  • 55.65 noeuds par Rob Douglas USA Luderitz sur kitesurf en Namibie en 2010
  • 51.36 noeuds par Alain Thebault sur « l’Hydroptère » en France en 2010
  • 50.07 noeuds par Simon Mckeon sur « MacQuarie Innovation » (classe C), Australie 2009

Depuis le premier franchissement des 50 noeuds par Sebastien Cattellan sur son kitesurf en 2008, 12 autres records à plus de 50 noeuds ont été homologués, mais le tout récent run de Vestas Sailrocket 2 à plus de 65 noeuds  laisse pantois, pour ne pas dire « sur le cul ». Presque 10 noeuds de plus que le kitesurf le plus rapide ! 17 noeuds de plus que le record absolu en 2007 ! Il faut le voir pour le croire :

Pour ma part j’en suis convaincu même si je n’ai pas de « preuve » à vous apporter : Sailrocket a trouvé une solution à la cavitation des foils, y compris le safran. Je suis prêt à parier un truc qui me tient particulièrement à coeur, disons un biscuit, que leurs foils ne créent pas de portance avec un extrados convexe (je suis prudent, pour ne pas trop risquer de perdre mon biscuit…).

Mais où va-t-il donc si vite ?

Alors que va-t-il se passer, disons dans les 5 prochaines années? Mon pronostic:

  • Sailrocket va se dépêcher de battre aussi le record en classe C en s’ajoutant un petit bout de « voile » comme l’avait fait « Yellow Pages » à l’époque.
  • Même si l’équipe de l’Hydroptère a annoncé ne plus viser la vitesse absolue, l’Hydroptère 2 ne se privera pas d’ajouter un record en classe D si l’occasion se présente.
  • Un génial bricoleur pulvérisera enfin  le record en classe A qui n’attend que ça attend depuis 20 ans.
  • Les kiters ne vont pas s’avouer vaincus, leur matériel évoluant toujours. Je vois d’ici des ailerons en coin et des trous dans la planche pour la ventilation …
  • Mais tout ce petit monde passera beaucoup de temps sur les quelques bons spots de la planète à attendre que le vent souffle à la bonne vitesse et sous le bon angle par rapport à la plage.

Car pour dépasser 50 noeuds, et à plus forte raison 60, il faut des conditions idéales, rares. Selon le très dynamique et intéressant blog de l’équipe de Sailrocket, le vent était bien régulier, entre 27 et 28 noeuds pendant le run. Des conditions qu’ils n’ont pas eu pendant les semaines précédentes.

Pourquoi pas des records relatifs, et polaires ?

Sailrocket a réalisé la performance d’aller 2.4 fois plus vite que le vent. Les kites atteignent 1.8 fois la vitesse du vent environ. Ne serait-ce pas un progrès d’arriver à augmenter ce facteur plutôt que la vitesse absolue ? Le record (inofficiel) actuel me semble être celui de USA 17 aka BOR 90 aka BMW Oracle qui a atteint 27 noeuds dans 6 noeuds de vent : facteur 4.5. Peut-on faire mieux pour moins cher ? Puis-je rêver d’un « Hobie Cat » du futur atteignant 50 noeuds dans 10 ou 15 noeuds de vent ?

De plus, tous ces engins de vitesse fonctionnent bien au grand largue, mais au près serré ou au vent arrière, peu de bateaux atteignent la vitesse du vent. A ces allures, tout régatier le sait, c’est la VMG qui fait la différence. Alors pourquoi ne mesurerait-on pas des records de vitesse (relative) de remontée au vent ou de vent arrière ?

En fin de compte, un voilier « parfait » devrait avoir une courbe des vitesses polaires parfaitement circulaire révélant sa capacité à naviguer à un certain facteur de la vitesse du vent quelle que soit la direction relative du vent. Ne devrait-on pas définir les records par rapport à cet idéal, par exemple en mesurant la « surface dans la polaire relative » ?

un diagramme polaire « typique » des vitesses d’un bateau au hasard

J’entends déjà ceux qui se disent « ce Dr. Goulu n’a jamais navigué, sinon il saurait que vent debout les voiles faseyent et qu’on ne peut pas aller plus vite que le vent au vent arrière ». En fait je me dis surtout que, n’en déplaise à Planet Solar, le premier tour du monde à l’énergie renouvelable date d’il y a presque  500 ans, et que là maintenant il y en a au moins 13 en cours, et qui passent par les 3 caps, les 40 èmes rugissants, et en solitaire en prime. Le seul tout petit avantage des bateaux à moteur, écolos ou pas, c’est leur insolente capacité à remonter pile face aux airs, et il faut aujourd’hui admettre que les voiles traditionnelles ont leur limites et innover dans ce domaine.

Une idée serait par exemple de faire des bateaux à éoliennes. D’ailleurs je ne sais pas si vous avez réalisé mais le « Vestas » de « Vestas Sailrocket » est un des principaux fournisseurs d’éoliennes. Une éolienne orientable face au vent apparent qui entraîne une hélice et hop!, voilà un bateau à vent qui remonte le vent. En fait il y a plusieurs modèles réduits, de petits engins monoplaces et même un catamaran de 36 pieds propulsés par des éoliennes.

Sur terre, il existe un concours de véhicule éoliens « vent debout » : la compétition Aeolus. Elle a été remportée cette année par Chinook, un engin canadien qui a remonté le vent à 58.5% de la vitesse du vent réel, soit tout près de la limite de Betz qui est (?) la limite théorique. A combien arriverait-on sur l’eau ?

Et puis il y a quelque chose que j’ai lu cet été et que je n’ai pas cru. Pourtant c’est paru dans « Pour la Science », journal sérieux, et publié par des gens sérieux puisqu’ils sont membres du C@fé des Sciences Mais même comme ça j’ai eu de la peine à l’admettre.  Dans « Plus vite que le vent« , Jean-Michel Courty et Édouard Kierlik prétendent qu’il est possible d’aller…

Plus vite que le vent au vent arrière

avec un véhicule éolien. Et pourtant c’est vrai ! Cette video montre différentes étapes, notamment (à partir de 1:22) un modèle réduit qui atteint 10 noeuds avec 7 noeuds de vent réel arrière.

(Note du 16/12/12 l’explication qui suit n’est pas correcte, je m’en suis aperçu en rédigeant « encore plus vite que le vent » sur mon blog)

L’idée est que le véhicule est propulsé d’abord par un vent apparent venant de l’arrière, puis de l’avant lorsqu’il dépasse la vitesse du vent réel. Evidemment, le franchissement de cette limite est délicat : il faut que le véhicule stocke un peu d’énergie pour continuer à accelérer lorsque le vent apparent est nul. Il semblerait que l’inertie de l’éolienne suffise pour qu’elle soit ensuite entraînée par le vent venant de l’avant. Ce char qui fait le vent nécessaire à sa propulsion sent un peu le mouvement perpétuel...

(voici donc une interprétation plus correcte (je crois…))

Dans leur article, Jean-Michel Courty et Édouard Kierlik utilisent l’analogie du yoyo : quand un yoyo est posé au sol et qu’on tire doucement sur la ficelle, il se rapproche en enroulant la ficelle autour de son axe, donc plus vite que le déplacement de la ficelle. Ce comportement ne se produit cependant que si certaines relations entre le rapport de transmission (le rapport entre le périmètre de l’axe et le périmètre du yoyo) entre le coefficient de frottement du yoyo au sol sont satisfaites.

Sur « Blackbird », c’est le vent réel arrière qui joue le rôle de la ficelle et l’hélice celui de l’axe. Avec un rapport de transmission entre le périmètre des roues et le pas de l’hélice bien choisi et des coefficients de frottement avec la route et avec l’air suffisants, le véhicule exploite avec une sorte de bras de levier la différence de vitesse relative entre les deux milieux, différence qui reste d’amplitude et de direction constante lorsque le véhicule accélère.

Le 3 juillet 2010, le « char à éolienne » Blackbird a atteint ainsi 2.8 x la vitesse du vent au vent arrière (video ici).

Et sur l’eau ? Qui arrivera à naviguer plus vite que le vent au vent arrière ?

Jeu « Foilers » 17

Dernièrement j’ai lu un article qui présentait C Fly comme innovant… Et pourtant, cela fait très très longtemps que la configuration canard existe. Par exemple, ce très beau spécimen lui aussi équipé de foil en V (ou 45°)…

Jeu 17
Jeu 17

Oui, mais comment s’appelle cet engin, et à qui doit on ce bateau ?

Réponse :

Bravo Jean Yves, c’est bien Loisirs 3000, version 1982, qui avant d’être équipé de son flotteur articulé a tâté du foil en losange. Ce principe n’a été utilisé qu’une année. A l’époque, le team Loisirs 3000 rencontrait de gros problèmes dès que la mer se formait, le bateau « plantait » sans que l’équipage puisse agir (problème de ventilation). Et de plus la fonction safran perdait toute son efficacité. Comme le dit Maurice Gahagnon : « j’espère que les profils de C-FLY sont plus tolérants… ».

En 1988 et 1989, cet engin (revu et amélioré tous les ans) a battu à deux reprises le record du monde de vitesse à la voile en classe C ! Le team Loisirs 3000 était constitué de Maurice qui a dessiné et construit les différentes versions, Jean Bernard Cunin équipier et sponsor,  Claude Breton à l’intendance et la sécurité.

Quelle libellule ! Je trouve régulièrement sur des forums comme Boatdesign des personnes qui sont tombées sur une photo de ce bateau et cherche à savoir qui c’est ! Idem avec la vidéo en bas de page.

Complément d’information de Maurice Gahagnon :

Cette photo a été prise à Weymouth. La voile est celle d’un Dart, il y a plus de 40 nœuds de vent. Le 15 octobre 1987 le bateau a été détruit dans la fameuse tempête. Il s’est retourné sur la plage à Weymouth lors de la basse de vitesse. Nous avons quand même peu navigué deux jours après mais il était fissuré de partout. La photo de Weymouth a du être faite les jours d’après je pense. En 1988 j’ai construit celui qui a battu le record.

Loisirs 3000, Weymouth  – photo Claude Breton
Loisirs 3000, Weymouth – photo Claude Breton
Loisirs 3000, Sainte Marie de la mer – photo DR
Loisirs 3000, Sainte Marie de la mer – photo DR
Loisirs 3000, Dournenez 2004  – photo Claude Breton
Loisirs 3000, Dournenez 2004 – photo Claude Breton

Et pour le plaisir, voici une vidéo où on ne voit Loisirs 3000 que quelques secondes (de 2mn 03 à 2 mn 06), mais les images de cette rencontre à « Douarn. » sont si belles…