Tripode à foils radiocommandé par Julien Butheel

Il y a bien des années, alors que « Foilers ! » n’existait pas, j’ai fait la connaissance par l’intermédiaire de mon site (aujourd’hui fermé), de Julien Butheel. Il développait un modèle réduit de tripode à foils proche du projet Minifoiler 3X. Nous nous sommes perdu de vue pendant de nombreuses années avant que j’arrive à lui « remettre la main dessus ». A ma demande, Julien à bien voulu faire une présentation de son travail et de sa superbe maquette à foils radiocommandée.

Mais surtout, le bateau que vous allez découvrir ou redécouvrir est à vendre ! Julien a besoin de place et se sépare, à regret, de son bel engin. Il souhaite que son nouveau propriétaire soit un passionné, qui respectera son travail. Rendez-vous en fin d’article…

Fred Monsonnec

 

Naissance d’un projet

Tout commence en 1998, lorsque je découvre l’hydroptère, un trimaran révolutionnaire sorti tout droit de l’association d’Alain Thébault et d’Eric Tabarly.

Etant modéliste depuis quelques années déjà (voiliers, planeurs principalement), je suis alors instantanément conquis par l’hybride. Quant à ma profession de mouleur en matériaux composites, la question des matériaux que j’ai l’intention d’utiliser est une évidence.

L’idée était là, bien présente, mais quelques petites années sont passées avant que je me sente prêt à me lancer dans la folle aventure, c’était en 2000. Je conçois alors un premier prototype, fruit de mes premières déductions en la matière. Le résultat n’est alors pas des plus concluants mais permet tout de même de valider des idées …

Puis vient le second prototype. Celui-ci est déjà bien plus réussi. Après m’avoir prouvé une vitesse impressionnante, le foil sous le vent casse puis recasse à la sortie suivante avant que le bateau ne décolle enfin. C’est à ce moment là une récompense sans commune mesure. Pourtant, celui-ci présente tout de même quelques problèmes tels qu’une mauvaise fiabilité, une souplesse et un poids excessifs.

Mon expérience se finalise avec le troisième prototype… Le cahier des charges est alors bien plus précis…

L’animal en vol – photo Julien Bultheel
L’animal en vol – photo Julien Bultheel

Le bateau

La taille du bateau est un argument décisif. J’ai choisi des caractéristiques satisfaisants la jauge 2M pour plusieurs raisons :

  • la hauteur de vol,  elle doit être supérieure à celle du clapot, et cette hauteur est fonction de la taille.
  • le rendement et le respect du profil des foils principalement augmentent aussi avec la taille, ceci est aussi valable pour les voiles.
  • le poids est bien entendu une donnée importante car il augmente de manière disproportionnée car par exemple un modèle 2 fois plus petit doit être 8 fois plus léger…
  • même démonté, le bateau doit rentrer dans une voiture, c’est plus pratique !

Mes objectifs étaient de faire plus fiable, rigide, simple, insubmersible, visible de loin et rapide à monter mais là nous arrivons à la conception.

Mise à l’eau – photo J Bultheel
Mise à l’eau – photo J Bultheel
La rencontre de deux mondes – photo Julien Bultheel
La rencontre de deux mondes – photo Julien Bultheel

Conception

A mi-chemin entre le bateau et le planeur, ce croisement m’amène à réaliser un produit à l’esthétique bien typée. Tout d’abord, ce planeur particulier est conçu pour atteindre des vitesses bien supérieures aux voiliers traditionnels. En effet, c’est bien la vitesse et elle seule qui soulève l’intégralité de l’engin par l’intermédiaire de ses trois foils, les deux avant reprenant l’essentiel du poids, celui de derrière, à l’extrémité inférieure du safran jouant principalement le rôle de stabilisateur comme chez nos amis du vol à voile. Point des plus importants, la diminution maximale du poids, en effet, plus le bateau est léger, meilleurs est son rendement.

Comme un grand - Julien Bultheel 06 2004
Comme un grand – Julien Bultheel 06 2004

Gréements

Les mats et balestrons sont de simples cannes à pêche. Les mats sont enfilés chacun dans deux roulements à billes eux-mêmes insérés dans le bras de liaison principal. Leurs extrémités supérieures sont pourvues de flotteur en cas d’enfournement.

Les  flotteurs bien visibles – photo Julien Bultheel
Les flotteurs anti-retournement bien visibles – photo Julien Bultheel
Essai de gréement rigide – photo Julien Bultheel
Essai de gréement rigide – photo Julien Bultheel

Les voiles

La puissance est un argument de taille car ce sont les voiles qui canaliseront l’air pour permettre le déplacement. Leur disposition est particulière car, pour des raisons de stabilité, le centre de poussée des voiles doit être bas. En effet, sa position est une des composantes du couple de renversement à la gîte et en tangage. La solution est alors d’utiliser deux jeux de voiles.

Les coques

Dans le cas d’une jauge 2M, il est impératif d’espacer les flotteurs de telle manière à se rapprocher au maximum de la taille de 2 mètres par 2 mètres. Leur rôle est bien sur d’assurer la flottabilité mais aussi la stabilité et la vitesse minimum de décollage. Leur taille sera minimale pour deux raisons, le poids et pour conserver de bons moments de stabilité. Ils doivent tout de même être bien effilés pour avoir une bonne pénétration sur l’eau. J’ai souhaité une construction simple, peu onéreuse, sans moule, rapide et insubmersible. Les flotteurs sont donc en styrofoam, stratifié de résine époxy et rowing.

Le charme des plans d’eau intérieur – photo Julien Bultheel
Il est bien radiocommandé ! – photo Julien Bultheel

Les bras de liaison

Etant donné que les efforts appliqués sur ces éléments sont très importants, ils sont de sections conséquentes, simplement moulés sur un tube de PVC modifié.

Les foils avants

Situés à chaque extrémité du bras de liaison principal, ce sont les pièces maîtresses du bateau car ils soulèvent le voilier et reprennent les efforts de dérive. Dans certains cas, la quasi-totalité du poids du bateau repose sur le foil sous le vent. Ces pièces éprouvent donc des efforts considérables. Ils sont trapézoïdaux, c’est facile à réaliser et cela permet d’obtenir un maximum de surface avant le décollage puis un minimum après.

En polystyrène découpés au fil chaud à l’aide de gabarits, ils sont ensuite stratifiés à l’époxy puis pressés sous vide. Une grande clé les traverse pour permettre d’un côté leur fixation et de l’autre le collage de la petite surface antidérive, les winglets.

Le charme des plans d’eau intérieur – photo Julien Bultheel
Le charme des plans d’eau intérieur – photo Julien Bultheel

Le foil arrière

Rien de particulier pour lui, si ce n’est qu’il opte pour une forme en T inversée, c’est un empennage. Il est réalisé en balsa, poncé à la forme et stratifié.

Le meilleur pour la fin la bête en vidéo

Et aussi :

Et après ?

Après le développement de ce bateau, je me suis attelé à la conception d’une sorte d’« Ekranoplan » et d’un Moth à foils (!) mais je ne suis pas allez au bout de ce dernier projet et j’ai préféré retourner vers les aéroplanes !

 

Entre le bateau et l’avion – photo Julien Bultheel
Entre le bateau et l’avion – photo Julien Bultheel

C’est engin vous plait ? Julien vend son voilier complet avec la batterie de réception, le servo de direction et le treuil (mais sans radio). Vous souhaitez contacter Julien, en parler avec lui et faire une offre ? Laissez un message, Foilers transmettra…

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