Un bateau, un homme, un océan… pour combien de temps ?

Voici un court article, ou plutôt une suite à la dernière Ptite News 43.

Les fidèles de Foilers, connaissent mon aversion pour le développement d’outils de régulation électronique des plans porteurs. Aux autres, bienvenus, si vous souhaitez connaitre mes arguments, voici quelques liens :

Je souhaite partager un lien qu’un des fidèles lecteurs, Pascal Gaudin, m’a transmis. Pascal savait que la lecture de cet article allait me « plaire »… :

VPLP : « C’est l’an 1 du vol océanique, un beau rendez-vous »

Rich man and poor man sit by the fountain with remote control boats – Gahan Wilson

J’ai surtout apprécié le paragraphe : « L’étape suivante, c’est donc l’asservissement automatique des foils, interdit aujourd’hui par la jauge de la classe Ultim’… ». Quel plaisir de découvrir que la mise en place de la régulation électronique avance et que : « Demain d’ailleurs, on peut même imaginer que des gens à terre interviennent sur des réglages à bord du bateau… » !

A quelques jours du départ de la Route du Rhum, créée suite à la mise en place de limites dans la Transat Anglaise, j’imagine bien Blondie Hasler, (créateur de la Transat Anglaise) être « la-haut » super heureux de voir comment évolue la course au large. Sa transat avait comme slogan : “Un bateau, un homme, un océan”. Quel sera celui des transats en « solitaire » du futur ?

Pour ceux qui ont un doute, c’est du second degré. Je revendique mon statut de grincheux écartelé entre… Entre rien ! Pas entre la modernité du foil et l’esprit des courses d’antan. Puisque le foil n’est pas synonyme de modernité ! Il a plus de 100 ans (merci à Loick Peyron de le rappeler dans la vidéo en tête d’article). Plus d’un siècle, même si la plus grande partie des journalistes viennent de découvrir leur existence avec la coupe de l’America (avant, en France, c’était avec Eric Tabarly).

Alors, comme le dit Vincent Riou (vidéo), « on n’arrête pas le progrès » ? Le mot progrès a de nombreux sens mais il est admis qu’un progrès est synonyme d’amélioration. Et là, à part l’amélioration des performances au détriment de l’éthique (ok, de mon éthique), je ne vois pas. Et oui, on peut arrêter ce que certains appelle le progrès. Je l’espère, lorsque celui-ci va à l’encontre de la survie de la planète, de l’espèce humaine… Ou plus simplement en natation, certaines combinaisons considérées comme des progrès ont été interdites… Tout est relatif, en 1759, les tribunaux de l’inquisition étaient considérés comme une forme de progrès par certains!

D’accord, je rêve. Et je suis peut être le seul à trouver la mise en place d’une régulation assistée par une Intelligence Artificiel non compatible avec LA VOILE (la voile c’est l’utilisation par l’humain d’une force naturelle, le vent. Le pilotage via l’électronique et l’informatique nous éloigne de la maitrise par l’homme)…

J’ai terminé un de mes articles sur la régulation par : « Peut-être que je vais …. me lancer dans la réalisation d’une pirogue Lakana ». Aujourd’hui, pour gouter au plaisir de jouer avec les éléments, je réfléchi à trouver un Sunfish d’occasion…

Dernier petit lien, les débuts de la radiocommande par Nikola Tesla.

Et la suite de cet article fort intéressant :

VPLP : « C’est l’an 1 du vol océanique, … » épisode 2

Commentaires bienvenus !

A man playing with a remote controlled boat – Jason Patterson
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12 réflexions sur « Un bateau, un homme, un océan… pour combien de temps ? »

  1. Aaaahhhhh ca fesait longtemps que tu ne nous l’avais pas ressorti. Ta position sur le sujet est archi connue et archi contrariée par les développements actuels. Personnellement ça fait plus longtemps encore que je suis contrarié, à partir du moment où un bateau à voile a besoin d’éthanol, de gasoil de charbon ou de lignite pour avancer ca me pose problème. Tu reste focalisé sur le foil, mais qu’en est il,des pilotes auto, des quilles pendulaires… Tout cela demande une puissance qui n’est pas obtenue a partir du mouvement de cisaillement de ces deux fluides que nous aimons tant. Quelque part l’esprit de la Golden globe race est plus honnête: l’enjeu énergétique y est plus fort, et le moteur puisqu’il est la peut servir à mette en mouvement une sorte de foil rotatif permettant de faire avancer le bateau quand il n’y a pas assez de vent. Soyons clairs, je ne suis pas d’accord avec toi: peu importe le moyen de régulation tant que la puissance nécessaire est issue du vent ou de l’équipage , ok ca peut mener aux hamsters à vélo de l’AC.
    La maxime  » Un bateau un homme un océan » fait partie de l’histoire au même titre que le bonhomme nesquick, on peut en avoir la nostalgie.
    Effectivement le marin risque de devenir le chargé de la maintenance d’une machine pilotée à distance par un ordinateur de Palo Alto.
    Dans 20 ans quand le foil sera devenu banal tu pourras lui redonner sa grandeur en organisant une course réservée aux foilers sans asservissement électronique. Il y aura certainement des Figaro 3 d’occasion pas trop cher que des soixantenaires de demain pourront faire revivre. En attendant je te conseil de ne pas trop y penser sinon tu te vas te faire un ulcère. Bien amicalement. Olivier

    1. Bonjour Olivier,

      Merci pour ton commentaire.
      Je partage ta vision sur le fait qu’il s’agit maintenant de « bateaux à moteurs ».
      J’avoue que pour moi si on se pose des questions sur l’énergie, la question se pose aussi sur de la façon dont elle est gérée, mais bon…. Je suis sûrement plus extrême.
      Et oui aussi, j’avais imaginé qu’un jour comme pour le Golden Globe Race certains décident de revenir en « arrière (dans le droit chemin!!!).
      Je ne pense pas que ce soit qu’une affaire de nostalgie, pour moi cela va plus loin, c’est le concept même de la course.
      Mais bon, on pourrait échanger longtemps sur le sujet, être d’accord sur certains points, pas sur d’autres….
      Fred

  2. Je n’ai pas suivi à cette époque, mais je me demande comment a été perçu l’avénement des pilotes automatiques en course, comme l’évoque Olivier…

    Une autre manière de prendre le « problème » : imaginons des foils parfaitement régulés, pour que l’attitude de vol soit constante (que le bateau ne sorte pas de l’eau, ni ne plante donc). Ne se rapproche-t’on pas d’un bateau archimédien ? Le skipper n’a pas trop d’influence sur la manière donc un bateau archimédien tangue / roule sur l’eau (oui, oui, en négociant les vagues, en abattant / lofant,…). De même, un pilote de char à voile n’a pas d’action à réaliser pour contrôler son tangage, etc…

    1. Bonjour Xavier,

      Déjà en 72 quand Alain Colas a utilisé un pilote auto « électrique », cela a fait couler beaucoup d’encre (d’ancre !).
      Mais ensuite les choses sont arrivées graduellement, ce qui explique que il n’y a pas eu de levée de bouclier.
      Mais en effet, tout le monde le reconnais, les pilotes ont « remplacé les barreurs ».

      En ce qui concerne ta vision d’un bateau entièrement stable électroniquement, aujourd’hui encore le pilote agit sur la stabilité, réglage voiles, le matossage…

      Pour le char à voile, très bon parallèle. Le pilote agit sur la l’équilibre latérale par la gestion de la puissance et son parcours. Et (comme évoqué dans un de mes précédents articles), est ce que l’on trouverait cela normale qu’une centrale pilote la puissance d’un char en fonction d’un « gitomètre »lors dans championnat du monde ?
      Non : Un char, un homme, le sable…

      Pour ce qui est du fait qu’en effet on ne peu peut être pas voler sans une régulation : oui.
      Mais je suis contre le fait de « faire puisque l’on peut le faire », comme les expressions « on ne peut pas arrêter le progrès » ou « il n’y a pas de fumée sans feu », ce sont des maximes simplistes qui permettent d’accepter tout et n’importe quoi sans réflexion!
      Je ne dit pas cela contre toi, je pars d’une idée et je suis les miennes !!!

      Je rentre dans ma grotte, enfin je vais d’abord faire un tour a St Malo…
      Fred

  3. Et une 3ème piste : si depuis 50 ans, l’on arrive pas à faire de voilier océanique sur hydrofoil, c’est peut-être que sans régulation avec pilotage actif, ce n’est pas possible ?

  4. Ca va bien se passer Fred 😉

    Au printemps on se fera une sortie sur le T2….tu verras, on régulera l’assiette avec la position de nos postérieurs respectifs !!!

    A bientôt

  5. Pour moi, la voile c’est l’utilisation intelligente du vent (ou autre flux) pour se déplacer. Je ne saurai enlever le nom (ni la beauté) à un albatros qui fait du dynamic soaring, à une physalie qui choisit sa météo pour remonter à la surface et adapte la forme de sa voile, ou à quelques grammes de silicium embarqués pour le pilotage jour et nuit de l’aile d’eau du futur. Tous trois sont façonnés grâce à des connaissances accumulées par la Nature (incluant l’Homme) à travers les siècles. Mais la compétition entre les espèces a du bon pour l’évolution, et l’apparition de nouvelles ne correspond pas forcément à l’extinction d’autres, mais plus à de nouvelles symbioses.

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