Lever de rideau sur l’Hydroptère.ch

Parti sous d’autres latitudes*, j’ai hélas raté le baptême de l’Hydroptère.ch hier, ce qui fait que je n’ai pas grand chose de plus à vous mettre sous la dent que des extraits du Communique de Presse et la même photo que partout de la nouvelle bête volante du Léman (pour autant qu’il y ait du vent…)

Le bateau suspendu dans les airs - photo (c) Gilles Martin-Raget

Selon Alain Thébault:

Bateau laboratoire destiné à concevoir l’Hydroptère maxi, ce catamaran va nous permettre de tester une nouvelle géométrie et notamment la formule bi- safran. L’objectif de ce premier voilier hybride : la polyvalence. Naviguer quasiment aussi vite que les voiliers classiques en mode archimédien, et avec une vitesse bien plus élevée en vol. D’abord sur le lac Léman puis en Méditerranée et à l’étranger,l’Hydroptère.ch devrait fournir des réponses à des problématiques précises en termes de dynamique du vol et sera un nouvel ambassadeur avec un petit supplément d’âme lié à sa genèse transfrontalière.

En gros, les foils seront relevables par petit temps (trop) fréquent sur le Léman. Seules autres infos techniques dans les 4 pages du communiqué de presse :

Voilier de 35 pieds (10,85 mètres de long et 10,40 mètres de large) avec coqueron central structurel, il est notamment équipé d’ensembles arrière relevables, d’un système de réglage des foils très pointu et de carènes planantes mobiles. Tout comme l’Hydroptère de 60 pieds, l’Hydroptère.ch sera doté d’un système de mesures embarqué ultra sophistiqué.
L’équipe de l’Hydroptère.ch va s’atteler aux essais statiques et étalonnages de la plateforme avant de se concentrer sur l’armement du voilier.
Heureux et émus de voir le fruit de trois années d’étude, de conception et de fabrication prendre forme, impatients de récolter les premiers résultats mais conscients des mises au point à effectuer sur un tel prototype, Alain Thébault et son équipage tireront leurs premiers bords sur le Léman début octobre.
Cette fois j’y serai, promis. Et peut-être même avant si j’arrive à m’approcher du « système de réglage des foils très pointu » et des « carènes planantes mobiles » …
Note* : j’ai une bonne excuse, j’étais entre autres ici. Vu des lions de mer, des dauphins et des pélicans, mais pas de SailRocket, l’équipe étant rentrée en Angleterre préparer la version 2

Morceau choisi d’Alinghi 5

En me promenant cette après-midi dans ma bonne ville de Genève, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir ça :

Oui, il s’agit bien d’un des mystérieux dérives/foils courbes qu’on a vu au dévoilement d’Alinghi 5. La pièce est marquée « entrée libre » car elle est placée à l’entrée de l’exposition « D’Altaïr à Alinghi – La saga des multicoques du Léman » à voir à l’espace SIG du Pont de la Machine jusqu’au 25 mars.

Voici ce qu’on peut lire sur la plaque à côté de la chose:

Dérive d’Alinghi 5. D’une longueur de huit mètres pour un poids d’une demi-tonne, la dérive en « S » d’Alinghi 5 propose une géométrie variable en fonction des conditions météorologiques. Entièrement immergée par vent faible, elle offre ainsi un plan antidérive maximal. Puis, lorsque la brise – et la vitesse – augmentent, la dérive est partiellement relevée et la poussée devient plus verticale, ce qui permet de soulager les coques et d’augmenter  la vitesse. La dérive a donc la forme d’un « S » par vent faible, et d’un « C » lorsque la vitesse augmente. Une grande partie du poids du voilier – environ 15 tonnes – repose sur cet appendice construit en fibre de carbone. »

Info « grand public » donc, mais on aurait bien aimé savoir pourquoi Alinghi ne l’a pas utilisée en course… Ceci doit cependant intéresser quelqu’un car un morceau du bord d’attaque a carrément été scié de façon assez barbare d’ailleurs, ce qui ma permis de photographier ses tripes de carbone (désolé, c’était avec mon téléphone portable…) :

J’ai pris encore deux photos : celle ci, et celle là. Comme ça il restera quelque chose de ces pièces impressionnantes  qui n’auront servi que quelques heures…

Sailrocket regonflé à bloc

Dans ses derniers messages l’an passé, Paul Larsen semblait un peu découragé par les records de l’Hydroptère. Toujours aussi fair play, il reconnaissait que son Sailrocket ne pourrait pas améliorer notablement son record de 2008 à 47.36 nœuds.

Bonne nouvelle, il vient de l’annoncer : il y aura un Vestsas Sailrocket 2 pour « finir le boulot d’établir un record absolu de vitesse ». Le nouvel engin est en construction sur l’Ile de Wight et devrait être mis à l’eau du côté de Cowes pour cet été. Traduction du passage clé:

“le fait est que dans le monde de la vitesse à la voile, il n’y a rien d’intéressant pour nous en dessous de 50 nœuds. 50 nœuds doit être la vitesse de croisière minimale de notre prochain bateau, et il doit pouvoir le faire dans une large gamme de vents et d’états de la mer. Certains problèmes nous demandaient de nouvelles solutions, et nous ne pouvions plus apporter une pensée conventionnelle à un bateau non conventionnel. Nous avons mis beaucoup d’effort pour stabiliser le bateau dans des situations inhabituelles. Notre première version était un bon bateau, mais un très mauvais avion. (Ndt: je pense que c’est de l’humour anglais…) Le prochain bateau sera stable dans les deux environnements. Peu importe ce qu’il en sortira, nous le pousserons à la limite, en étant capables de prendre un passager pour la chevauchée. »

L’ambition est affichée, et il n’y a pas d’informations techniques à se mettre sous la dent pour l’instant, mais c’est très excitant de savoir que Sailrocket revient dans la course.

En attendant la version 2, Vestas Sailrocket 1 sera visible au RYA VOLVO Dinghy Show à l’Alexandra Palace de Londres les 6 et 7 mars. Quelqu’un y va ?