La voile de troisième millénaire – Le Pendul’R

Par Frédéric et Paul Brouzes

Nous développons depuis des années un projet totalement révolutionnaire de navigation à la voile. Il fait l’objet de brevets en France et aux USA. Les premières étapes de la mise au point ont été réalisées et nous cherchons maintenant des partenaires motivés pour finaliser ce projet.

Imaginez un voilier totalement nouveau. Sans réglage de voile ni manœuvre complexe. Sur lequel la voile est toujours réglée de façon optimale quel que soit le cap que vous choisissez. Sans risque de chavirement. Un voilier sur lequel vous pouvez apprécier les sensations de vitesse, de surf, de glisse, sans les contraintes techniques.

Le principe novateur, a été d’appliquer à la voile dans le plan horizontal les dispositions d’équilibrage des plus lourds que l’air dans le plan vertical, simplifiant ainsi le pilotage radicalement.

1 – LE TRIUL

L’idée est née il y a 30 ans de s’inspirer de l’équilibrage aérodynamique des avions et planeurs tel que défini par Voisin : « Centre de gravité en avant du centre de voilure et empennage inversé à l’arrière » ; Soit, transposé sur le voilier :  centre de voilure en avant du centre de dérive et petite voile/empennage à l’arrière pour le couple d’inversion fonction de la vitesse. Il a été récompensé par la médaille d’argent au salon international de Genève en 1991.

Une vidéo de présentation du modèle réduit est visible sur le site Pendul’R, page Triul

Le concept Triul images et dessins famille Brouzes

2 – LA S’WING

La réflexion s’est poursuivie autour des conditions d’équilibre aérodynamique du parapente et le projet actuel utilise l’équilibre pendulaire du parapente transposé du plan vertical au plan horizontal. Cette option permet d’alléger le dispositif en remplaçant la voilure de type Marconi par des voiles plus légères avec des contraintes mécaniques moindres et de s’affranchir du problème de gite, responsable de l’enfoncement du bateau dans l’eau, et donc de l’augmentation de la trainée, et des risques de chavirement.

Un premier projet, le S’Wing qui a fait l’objet d’un brevet, a permis la validation de la navigation pendulaire et les premières réalisations et adaptations techniques. Plusieurs prototypes ont navigué dans les eaux de Guadeloupe.

La description et quelques photos et vidéos sur le site S’Wing

Extrait du site, page S Wing

3 – LE PENDUL’R

La réflexion s’est poursuivie vers le Pendul’R. Un engin conçu pour une navigation performante et simplifiée :

  • La voile pendule librement vers l’incidence optimale quel que soit le cap choisi.
  • Le changement d’amure se fait par l’inversion d’un levier au passage du vent durant l’empannage pendulaire.
  • La voile peut aisément être inclinée au vent pour réduire la trainée.
  • L’absence de gite facilite l’utilisation de foils

Images sur : https://chloebrouzes.wixsite.com/pendulr

Pendul’R vue de dessus –  photo famille Brouzes

Sur les photos et vidéos, le bateau repose sur des flotteurs assurant la flottabilité à l’arrêt et à petite vitesse (jusqu’au départ sur les foils) – photo famille Brouzes

Ce nouveau mode de navigation ouvre des possibilités totalement nouvelles pour une navigation performante et simplifiée, des adaptations sur tout type d’unité, y compris pour des courses au large (sans l’attention constante sur le cap et le réglage des voiles)

L’étape suivante est la mise au point de foils pour finaliser le projet. Il s’agit d’un foil safran sous le flotteur principal et de deux petits foils auto-orientés dans le sens du déplacement sous les flotteurs avant.

4 – LE FUTUR

Nous recherchons actuellement une équipe motivée pour s’investir et participer avec nous à la finalisation de ce projet. Vous êtes séduit(e), contactez l’équipe Pendul’R…

Contact : pendul.brouz@orange.fr

5 – INFOGRAPHIES

Le Pendul’R versus PARAPENTE – famille Brouzes
Le Pendul’R versus VOILIERS TRADITIONNELS  – famille Brouzes

Imoca et BSM…

Quelle édition ce Vendée Globe 2020/2021 ! Une édition pleine de rebondissements, avec ses moments de tristesse, pour ceux qui ont dû abandonner ou naviguer sur un bateau diminué, ses moments de joie comme le sauvetage de Kevin Escoffier, de suspens… Une édition qui révèle de très beaux vainqueurs, des marins attachants et pas seulement aux premières places.

Pour rendre ce petit article un peu moins triste un petit dessin – Imoca version 2018 F. Monsonnec

C’est un Imoca à petits, ou plutôt moyens foils, qui s’est imposé. Ce matin, en me réveillant et après avoir parcouru mon journal du matin. Un truc imprimé sur des grandes feuilles qui prennent un malin plaisir à se coller sur la tartine de beurre ou de confiture tellement elles sont grandes, si si, cela existe encore. Ce matin donc, je me suis une nouvelle fois posé ces questions : « est-ce que ce résultat ne met pas en évidence ce que nous aurions dû deviner depuis longtemps ? », « les foils de dernière génération n’étaient-ils pas vraiment trop grands ? » : Facile à dire après coup. Peut-être aurait-il fallu revenir au BSM. Au quoi ? Au BSM.

BSM ce n’est pas l’acronyme de Base Sous-Marine, de Bateau de Servitude Moteur ou de Bâtiment de Soutien Mobile (ces acronymes existent), mais l’équivalent de ce que certains mettent en avant là ou je bosse, le BSP ! Le Bon Sens Paysan ! Donc pour le BSM,  le Bon Sens Marin. Ce bon sens tient compte de nombreux paramètres. Comme la pifométrie, il n’est pas étalonné et appartient à chacun. Et chacun pense détenir la vérité. Sans cela pas de discussion de ponton avec, comme pour le foot et ses milliers de sélectionneurs, ici une palanquée de skippers pros et d’architectes. Mais, en parlant du BSM sur le ton de l’humour, je lui retire son importance, j’arrête.

Il y a quoi dans mon BSM (d’eau douce)

  • Foils très longs ratissant tout ce qu’ils peuvent se trouver à leur portée, bateaux, OFNI.
  • Foils fragiles puisque affutés et qui transmettent d’importants efforts à la structure.
  • Navigation en solitaire, donc sans un équipage capable de surveiller l’environnement et de gérer de grands foils 24/24.
  • Navigation autour du monde, formats de vagues, forces de vents d’une grande gamme, avec de fortes chances d’être dans le haut des échelles.
  • Rétraction incomplète difficile et bateaux fortement diminués sans leurs foils.

…J’en oublie, je ne vais pas lister ce que vous savez déjà.

Bref, j’aime les foils (!) mais une fois de plus, nous sommes arrivés au bout d’un cycle. Certaines classes ont disparues pour ne pas avoir été capables de voir les signaux, Formule 40, ORMA… Là, heureusement, il ne s’agit que d’un élément de ces bateaux, cela ne remet pas en cause l’ensemble du concept. Concept qui a déjà su se renouveler à la fin des années 90 lorsque ces bateaux avaient tendance à ne pas se redresser.

Avant le départ de ce Vendée Globe, certains avaient dû voir des signaux puisque Antoine Mermod (président de la classe Imoca) parlait déjà d’une limitation de la taille des foils  (OF 23/10/2020) ! Certaines fois il faut que les problèmes arrivent pour donner raison à ceux qui passent pour des oiseaux de mauvais augures ! Dans le cas qui nous intéresse, il n’y a pas eu à déplorer de perte de vie humaine, c’est bien l’essentiel.

Il dit quoi votre BSM ?

Charles Heidsieck IV, suite…

Charles Heidsieck IV – F Monsonnec 12/2020

Aux amoureux des bateaux du siècle dernier !

Vous avez apprécié l’article «Charles Heidsieck IV, toujours vivant !» ? Voilà une petite suite. Elle fera je l’espère plaisir à Pascal, Phil, Jeff… La nouvelle de la découverte de CH IV a été relayée même en Allemagne dans l’article « Mutter aller Offshore-Foiler ». Et non, vous n’êtes pas les seuls à avoir rêvé de ce bateau prometteur sur le papier mais si décevant sur l’eau. En commençant cette « suite », je me suis rendu compte que j’avais oublié combien ce bateau m’avait intéressé. En 1984, je lisais avec bonheur les articles qui précédaient sa mise à l’eau (voir le très bon site Histoire des halfs). Sa maquette a même été présentée dans la revue US Popular Science d’août 1984 et de février 85. Mi 80, je photographiais CH IV, et l’admirais, lors de mes passages à La Trinité sur mer (voir Jeu N°9). C’était alors le port des multi. avant qu’il ne soit détrôné par Lorient… Je l’ai ensuite vu de très près, en 1986,  à « Port Laf » lors de sa mue en bateaux de « croisière ». J’étais en stage chez CdK, la bête occupait une bonne partie du port et nous avions dû faire passer les F40 Lessive Blanco et Chaffoteau et Maury (muni de safrans à l’avant) entre la coque centrale et les flotteurs. Quelques années après, j’avais toujours un poster de lui dans ma chambre d’étudiant, une très belle photo de celui qui est depuis un devenu, plus qu’un ami, un père spirituel, Christian Février. Poster que j’ai perdu ou jeté, aujourd’hui il aurait été collector…

1992, sur le mur « The poster », au premier plan les flotteurs de mon futur engin  (le lit n’est pas fait !)
 

Au gré de mes recherches, je suis depuis tombé depuis la rédaction du premier article sur deux nouvelles images que voici.

Via Twitter Charles Heidsieck UK dessin de Patrice Lerigue
Via Creative Commons

Vidéo…

En plus de découvrir CH IV par satellite dans le rio, nous avons eu la chance d’avoir quelques images extraites d’une vidéo, mais seulement quelques secondes… Mais, mi-décembre Gilles Lepeltier m’a contacté pour échanger à propos de Charles Heidsieck IV.  En effet, Gilles a eu l’occasion de le voir mais aussi de le filmer…  C’était en avril 2017, Gilles était partie faire le tour des caraïbes en catamaran et a fait escale dans le fameux rio Cumasaya.

Le tour des caraïbes de Gilles – G. Lepeltier

Avec son annexe, Gilles et son ami Vincent, ont visité ce bras de mer et découvert cet étrange voilier parmi les nombreux bateaux abandonnés. Lors de son passage, un arbuste poussait sur la plage arrière et la tête de mat était équipée non pas d’une électronique flambant neuve mais d’un gros nid ! D’après Gilles, l’endroit est superbe mais mal famé… Gilles m’a fait suivre la vidéo qu’il a prise lors de cette visite, avec son accord, je l’ai placée sur Youtube. Merci à lui, on découvre l’ampleur des dégâts, arrière du flotteur bâbord arraché, l’arbuste, la jambe de force arrachée et le foil qui pend !

Et puis aussi

C’est vrai que je ne l’avais pas évoqué dans le premier « opus », Champagne Charlie a eu un petit frère (merci du rappel Jean François !) : PACA. Ce bateau, de 22,80 m, mieux construit, en tout cas plus light, n’a pas eu plus de succès. Problèmes financiers, retard à la mise à l’eau, chavirage (peut être lié à un OFNI) avec casse du bras de liaison… bateau jamais remis en état… Le voici ci-dessous lors d’une rencontre organisée avec Pascal Maka. Pascal Maka, était alors de recordman du monde de vitesse à la voile. PACA, skippé par Paul Ayasse, avait réalisé le parcours à une vitesse moyenne de 27 noeuds avec des pointes à 33. Trois manches avait été courues et deux gagnées par Pascal Maka. Mais l’équipage de PACA n’avait pas eu à rougir…

Trimaran PACA – via Histoire des Halfs – « Neptune Yachting » avril

Deux ans après PACA, en 1988, un autre foiler mono bras était mis à l’eau, cette fois l’architecte était anglais, Andrian Thomson. Il s’appelait au départ We, puis Sebago. Bateau superbe qui mériterait un article à lui tout seul, en attendant, comme toujours, il y a le site Histoire des Halfs avec de très belles photos de Christian Février (entre autre) !

We / Sebago – F. Monsonnec 01-2017

Passez de bonnes fêtes, prenez soin de vous, à bientôt sur Foilers pour une meilleure année !