Quel avenir pour les Ultims « volants » ?

Route du Rhum 2018, Francis Joyon a gagné sur un bateau vieux de 12 ans et équipé de foils d’appoints. Et ce n’est pas pour me déplaire, pour l’homme et pour ce bateau historique (qui a connu des débuts difficiles).

Idec – F Monsonnec 04-11-18

Aucun des nouveaux « bateaux volants » n’a fini en état de marche. Les non passionnés par la voile sont pour beaucoup étonnés de voir autant de casse. Ils n’imaginent pas les forces en présence, la complexité de ces engins… Ils n’ont pas à l’esprit la RdR 2002 et ses 18 Orma au départ (les plus grands bateaux de l’époque), pour 3 à l’arrivée.

C’est malgré tout un triste spectacle. Bien avant le départ les journalistes et des coureurs avaient évoqué la complexité des supports, le manque de préparation de certains…. Mais la petite chanson d’avant le 04 novembre c’était tout de même « vous allez voir ce que vous allez voir ».

Banque Populaire IX et Gitana 17 – F Monsonnec 04-11-18

 1 – Ultimes, un point sur les forces en présence

Tout dépend bien entendu de ce que l’on appelle Ultim ou Ultime ou collectif Ultim ! Je vais m’en tenir qu’aux bateaux récents, de plus de 24 m (si j’en oublie un, merci de corriger !).

Les non volants
  •  Sodebo « 2018 » : trop lourd et trop vieux pour être équipé pour voler.
  • Idec sport : idem, quoi que, mais ce ne sera pas, semble t’il, avec Idec et Francis Joyon.
  • Spindrift : idem et trop long pour la classe Ultime 32/23
Les « volants »
  • Macif : analyse cause casse safran et perte du foil à réaliser. Fabrication de nouveaux foils, idem pour les safrans, renforcement flotteurs ? Je mets foils au pluriel, peut être que la résistance de ceux en place va être remise en question ?
  • Banque Populaire : retourné après la casse de son flotteur bâbord, bateau en cours de récupération (dans quel état ?).
  • Gitana 17 : flotteur avant tribord cassé et cela ne semble pas lié à un choc, analyse à réaliser, bateau à réparer…
  • Futur Sodebo : en construction, il est encore temps de revoir certains points !
  • Nouveaux canots : le patron d’Idec, ne dirait pas non si Francis Joyon est partant…

2 – Donc ?

L’essai Route du Rhum n’a pas fait de cadeau à cette nouvelle catégorie d’engins. Ces bateaux restent, pour moi, des trimarans à foils d’appoints équipés de grandes ailes. Les oiseaux ont peut-être sauté du nid un eu top tôt. La course Brest Océans a aile aussi du plomb dans l’aile.

Je parie que certaines équipes vont mettre en avant l’interdiction de régulation pour expliquer la casse. Avec une régulation électronique, les Ultimes auraient été mieux réglés, plus volants, abrités des vagues… S’ils ne le font pas, ce sera sûrement de peur qu’il leur soit reproché d’occulter les vrais problèmes.

Pas besoin d’être grand clerc pour savoir que les problèmes de ces bateaux étaient et sont toujours :

  • la résistance/la fiabilité des foils, mais pas seulement des appendices (ce qu’a démontré cette RdR),
  • la régulation des foils, plans porteurs dérivés de ceux utilisés pour l’America’s Cup et donc développés pour un plan d’eau protégé et un équipage de 11 équipiers en AC72 et 6 en AC45.

La voile fonctionne par cycles, il y a eu le gigantisme en monocoque (Club Med, Vendredi 13)…. les Formules 40, les Orma, les Mod 70…. j’en oublie. Beaucoup de supports naissent et se développent à vitesse grand V avant de disparaitre bien souvent encore plus vite pour des problèmes de coût ou de fragilité. On ne sait pas s’arrêter à temps, se remettre en question. Mais je ne souhaite pas être un oiseau de mauvais augure….

Après ce tableau bien négatif je pense que l’on ne va pas vers une remise en question du concept ! Trop de teams ont communiqués sur le fait que leurs bateaux volent. Les équipes vont donc analyser, consolider, réparer, faire réaliser de nouveaux appendices…. Par contre, je pense qu’il doit y avoir de la tension au sein des teams et des cabinets d’architecture et entre ces deux entités. J’aimerai être une petite souris…

A suivre, nous allons bientôt en apprendre un peu plus. Il y aura beaucoup d’intox mais les journalistes vont sûrement fouiller, ils ne vont pas passer à coté d’un sujet aussi passionnant. Souhaitons un avenir radieux à ces bateaux…

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Un bateau, un homme, un océan… pour combien de temps ?

Voici un court article, ou plutôt une suite à la dernière Ptite News 43.

Les fidèles de Foilers, connaissent mon aversion pour le développement d’outils de régulation électronique des plans porteurs. Aux autres, bienvenus, si vous souhaitez connaitre mes arguments, voici quelques liens :

Je souhaite partager un lien qu’un des fidèles lecteurs, Pascal Gaudin, m’a transmis. Pascal savait que la lecture de cet article allait me « plaire »… :

VPLP : « C’est l’an 1 du vol océanique, un beau rendez-vous »

Rich man and poor man sit by the fountain with remote control boats – Gahan Wilson

J’ai surtout apprécié le paragraphe : « L’étape suivante, c’est donc l’asservissement automatique des foils, interdit aujourd’hui par la jauge de la classe Ultim’… ». Quel plaisir de découvrir que la mise en place de la régulation électronique avance et que : « Demain d’ailleurs, on peut même imaginer que des gens à terre interviennent sur des réglages à bord du bateau… » !

A quelques jours du départ de la Route du Rhum, créée suite à la mise en place de limites dans la Transat Anglaise, j’imagine bien Blondie Hasler, (créateur de la Transat Anglaise) être « la-haut » super heureux de voir comment évolue la course au large. Sa transat avait comme slogan : “Un bateau, un homme, un océan”. Quel sera celui des transats en « solitaire » du futur ?

Pour ceux qui ont un doute, c’est du second degré. Je revendique mon statut de grincheux écartelé entre… Entre rien ! Pas entre la modernité du foil et l’esprit des courses d’antan. Puisque le foil n’est pas synonyme de modernité ! Il a plus de 100 ans (merci à Loick Peyron de le rappeler dans la vidéo en tête d’article). Plus d’un siècle, même si la plus grande partie des journalistes viennent de découvrir leur existence avec la coupe de l’America (avant, en France, c’était avec Eric Tabarly).

Alors, comme le dit Vincent Riou (vidéo), « on n’arrête pas le progrès » ? Le mot progrès a de nombreux sens mais il est admis qu’un progrès est synonyme d’amélioration. Et là, à part l’amélioration des performances au détriment de l’éthique (ok, de mon éthique), je ne vois pas. Et oui, on peut arrêter ce que certains appelle le progrès. Je l’espère, lorsque celui-ci va à l’encontre de la survie de la planète, de l’espèce humaine… Ou plus simplement en natation, certaines combinaisons considérées comme des progrès ont été interdites… Tout est relatif, en 1759, les tribunaux de l’inquisition étaient considérés comme une forme de progrès par certains!

D’accord, je rêve. Et je suis peut être le seul à trouver la mise en place d’une régulation assistée par une Intelligence Artificiel non compatible avec LA VOILE (la voile c’est l’utilisation par l’humain d’une force naturelle, le vent. Le pilotage via l’électronique et l’informatique nous éloigne de la maitrise par l’homme)…

J’ai terminé un de mes articles sur la régulation par : « Peut-être que je vais …. me lancer dans la réalisation d’une pirogue Lakana ». Aujourd’hui, pour gouter au plaisir de jouer avec les éléments, je réfléchi à trouver un Sunfish d’occasion…

Dernier petit lien, les débuts de la radiocommande par Nikola Tesla.

Et la suite de cet article fort intéressant :

VPLP : « C’est l’an 1 du vol océanique, … » épisode 2

Commentaires bienvenus !

A man playing with a remote controlled boat – Jason Patterson

La Semaine Affoilante N°4 approche !

LE RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLE DES ENGINS A HYDROFOILS
DU 14 AU 17 JUIN 2018 A PORT-FREJUS

Passionnés d’engins à hydrofoils votre rendez-vous foil approche ! La 4ème édition de La Semaine Affoilante aura lieu du 14 au 17 juin 2018 à Port Fréjus.

Organisée par la SEM Port Fréjus et le Team LSA, La Semaine Affoilante est depuis 4 ans le plus important rassemblement d’engins nautiques volants en France : kitefoils, windfoils, supfoil, surfoil, tri, cata, dériveurs à foils, … mais aussi engins à moteurs.

« LSA » c’est bien plus que des régates en flotte, c’est l’occasion de rassembler sur le même site les plus aboutis spécimens d’une nouvelle génération d‘engins nautiques.

Une fête sur ou au-dessus de l’eau mais aussi à terre. Cette manifestation sera animée par des challenges sportifs (runs et parcours), conférences et soirées festives, animations, restauration….

Seront présents durant ces quatre jours de fête les meilleurs pratiquants et les plus grandes marques qui vous présenteront et feront essayer leurs produits : kite wind sup surf à foils, dériveurs, semi rigide volant… Sont, entre autres, attendus : Seair, I Fly, Horue, Alpine, Taaroa, AHD, Olivier Moulin Composite, X trem, Ketos, Storm, One Fly, Waszp, France Catamaran…

Port Fréjus est l’endroit rêvé pour foiler. Le site offre un environnement unique, plage, port, mise à l’eau de qualité, accès aisé… L’infrastructure de Port Fréjus permet de faire découvrir au grand public les supports à terre ou à quai et surtout de les admirer en vol.

De très bons moments en perspective pour admirer les machines volantes, voler et échanger autour des dernières innovations à hydrofoils.

Inscriptions

La Semaine Affoilante est ouverte aux engins volants, prototypes ou engins de série autonomes, quels que soient leurs modes de propulsion (capables de naviguer sur les deux amures pour les engins à voile). Pour vous pré-inscrire : semaine.affoilante@gmail.com

Le Lycra de LSA 4 par Forward WIP

Exposants

Vous souhaitez vous inscrire comme exposant, contactez Philippe : philippe.manon@portfrejus.fr

Le Flyer de LSA 4 qui résume tout ce qu’il faut savoir

Documents téléchargeable en pdf

Pour encore plus d’informations

Rejoignez-nous nombreux et participez à Port Fréjus à cet évènement inoubliable

 

Hydrofoils, quel plan de vol pour le futur ?

Et oui, je vais faire un peu de prospective, tenter de lire dans la poussière de carbone. Oh, je ne vais pas faire des prévisions à un siècle, juste pour les années à venir (je ne me mouille pas)… C’est risqué et peut faire peur si on se penche sur le travail de ceux qui se sont essayés à prévoir l’avenir ! Même si, sur le nombre d’écrivains ou scientifiques certains étaient de vrais visionnaires.

Quelques couvertures de revues techniques, nous ne sommes pas loin de la SF…

Modern Mechanix March 1930 – Everyday Mechanics Oct 1930 – Modern Mechanix Feb 1933
Popular Science March 1933 – Modern Mechanix Jan 1934 – Popular Science Jan 1936
Popular Science April 1939 – Tekhnika Molodezhi августейший 1958 – Népszerű Technika Június 1959

Je vais maintenant « déverser » ci-dessous quelques éléments qui portent déjà en eux une part de partie pris !

1. Quelques points de repère

Où en sommes-nous de la mise en place d’hydrofoils dans le but de faire voler un engin flottant propulsé par un moteur, la force vélique ou musculaire ?

Catafoil premier voilier volant – F Monsonnec 13-11-13

Williwaw premier hydrofoil hauturier– F Monsonnec 07/2013

Même si pour les non initiés, et pas seulement, le foil peut encore paraitre une innovation, en un peu plus d’un siècle de très nombreux supports volants ont déjà vu le jour. Même un doris à foils, il reste peut-être le bateau de plage gonflable, qui « s’y colle » ?

Un Dory ou Doris à foils – Tampa Bay Times 17 sept 1968
2. La troisième période

Intéressons nous plus de plus près aux engins à propulsion vélique. L’épopée des voiliers volants peut être découpée en trois périodes : l’air des pionniers, l’heure des passionnés, l’époque des experts. Cette dernière phase est celle d’une professionnalisation du foil. Elle se poursuit et le « foil s’installe ».  Les amateurs hésitent à se lancer. Peut-être par peur du ridicule, par manque d’habilité (le bricolage est passé de mode)… Surtout, l’enthousiasme pour ce qui pouvait passer il y a encore quelques années pour extraordinaire s’essouffle ou va s’essouffler !

3.  Quelques données qui prouvent que le public est « blasé » !

Blasé ne veut pas dire non intéressé, juste que le foil est, ou va devenir, un outil logique, accepté (d’accord, il suffit d’ouvrir les yeux pour le savoir !).

3.1 N gram

N gram, cet outil linguistique permet d’observer l’évolution de la fréquence de mots à travers le temps à partir des documents scannés par Google. Mis en service en 2010 il n’a plus été mis à jour depuis 2013. Mais c’est largement suffisant pour voir que nous sommes bien dans une phase descendante !

Les piques de 1964 et 65 semblent correspondre au lancement en 1965 du AGEH [Experimental Auxiliary Hydrofoil] Plainview

3.2 Google Trends

Google Trends calcule le nombre de recherches d’un mot clé par rapport à l’ensemble des recherches sur Google. Le graphique se passe de commentaire, petite hausse en juin 2017, vive la Cup, mais quelle chute depuis 2004 !

Très amusant de voir que comme pour la vente d’arrosoirs, les recherches sont saisonnières ! En hiver on se passionne moins pour les foils.

3.3 Visites du blog Foilers

Enfin, le nombre de visites sur ce blog est en baisse. Il y a au minimum deux raisons à cela, le contenu et l’intérêt pour le sujet… J’en profite pour rappeler que ce blog est ouvert aux bonnes volontés. Si je fais confiance à la courbe polynomiale, en septembre 2020 il n’y aura plus de visite sur ce blog (gloria victis) !

4. Pourquoi le foil va s’installer et pourquoi maintenant ?

Si le foil ne date pas d’hier, il a fallu un siècle pour qu’il soit réellement accepté dans le monde de la propulsion vélique. Et pourtant, de très intéressants supports ont vu le jour. Pour ne parler que des plus connus, le Trifoiler (40 bateaux produits par Dan et Greg Ketterman, 164~ par Hobie de 1995 à 1999 + quelques bateaux français), le Windrider Rave (136 de 1998 à 2003).

Pourquoi aujourd’hui ?

Avant, c’était trop tôt, le foil ne faisait pas partie des attentes.

  • Désormais, les engins à hydrofoils sont « identifiées » grâce aux images de Moths mais surtout aux catamarans de l’America’s Cup. Maintenant, on peut les faire rentrer dans un cadre, ce sont bien de vrais bateaux !
  • Par ce que les nouveaux marins ne veulent pas avoir le même « bateaux que papa». Beaucoup de pratiquants aiment utiliser des supports différents, technologiquement innovants, la grande époque du dériveur roi est loin derrière nous, celle du catamaran de plage idem, la pratique de la planche a connu son apogée… ces supports existent toujours mais ce ne sont plus les rois.
  • Le foil apporte un « coup de boost » à certains produits. Accroissement des performances pour certains supports et certaines conditions, nouvelle plage d’utilisation, nouvelles sensations d’où la venue de pratiquants moins intéressés par les supports plus classiques.
5. Bon et pour le futur ?

Il ne reste plus beaucoup d’engins qui ne se sont pas vu attraper, sangler sur une table d’opération pour une greffe de plans porteurs. Que reste-t-il à faire ? Pour certains pas grand-chose, pour d’autres « tout » ou l’essentiel : la maitrise ! En effet, qu’est ce qui est le plus difficile : faire voler ou « bien faire voler » ?

5.1 Retour sur les différents types d’engins déjà greffés.

La situation actuelle pour les mêmes engins que ceux présentés dans la partie « Quelques points de repères ».

Avec pour les caractéristiques, « Situation » et « Vol » une notation de 1 à 5.

5.2 Quelles conclusions en tirer ?

Des évidences !

  • C’est en haute mer que le plus dur reste à faire. Pour ces engins, nous n’en sommes qu’au début, à l’air des pionniers. Combien de gros bateaux ont volés ?
  • Pour les petits engins, où ceux utiliser en « zone calme », beaucoup de développements ont déjà été réalisés.
  • La prise en main de ce type d’engins reste difficile. Pour que le foil s’installe il faut des supports adaptés à l’utilisation du plus grand nombre et ça ce n’est pas gagné… !
6. Alors, un peu de prospective ?

En premier lieu pour les engins sans moteur.

6.1 Les coups d’une fois !

La mise en place de foils sur certains supports risque de rester des « coups médiatiques » ou le fruit du travail « sans suite » de passionnés : aviron, surf, body board, Optimist à foil… ce n’est pas un jugement sur la qualité ou l’intérêt des engins réalisés !  Attention à ne pas céder à la tentation du foil gadget : on peut le faire, alors on le fait. Pour le plaisir oui, mais pour une commercialisation ? Est ce qu’il existe vraiment un marché ?

6.2 Les spécifiques

Certains supports existent et sont performants mais la demande est limitée et va sûrement le rester : engins mus par les mouvements du corps comme l’Aquaskipper, « pédalo » à foils ou le Air Chair…

6.3 Les avec et sans

Certains supports vont cohabiter, versions avec et sans foil, sans que l’arrivée des foils n’enterre les versions archimédiennes : dériveurs (Moth, Laser…), catamarans, planches, kites, mono et multi de régates et hauturiers. C’est dans cette famille, que les évolutions vont être les plus importantes. Mais attention, les limites existent toujours : ventilation, cavitation, résistance de matériaux, complexité de fabrication, résistance au stress et au bruit des pilotes, technicité, coûts, dangers… !

6.4 Cette évolution se fera de cette manière,  si…

Si pour les engins de « plage » les porteurs de projets et architectes ne proposent pas seulement des engins chers, fragiles, difficilement domptables et dangereux… Il faut des produits grand public, techniquement et économiquement.

Si les organisateurs d’évènements, les journalistes, ceux qui peuvent influencer l’image de cette catégorie d’engins, ne mettent pas seulement en avant les pro. du foil et ne véhiculent pas qu’une image de sport extrême et élitiste.

Mais le principal obstacle au développement de ces supports reste la régulation. Aussi bien pour les engins de petite taille, que « monsieur tout le monde » doit pouvoir faire voler sans avoir fait l’école du cirque que pour les engins hauturiers qui font face à des conditions changeantes et extrêmes. Je ne vais pas revenir sur les pistes de résolution de ce problème de régulation, j’ai assez écris sur le sujet :

Dans mon dernier article traitant de ce sujet (35ème…) j’écrivais en conclusion : « il ne reste plus pour voler en mer que » :

  • de voleter, un coup sur l’eau, un coup au dessus,
  • de réguler mécaniquement à condition de résoudre les problèmes d’échelle,
  • de réguler électroniquement,
  • de me donner tort en arrivant à développer un foil en L2.0 efficace même en haute mer ! »….
7. Le bateau à moteur, un cas particulier !

Comment analyser le fort développement des hydrofoils à moteur dans la première partie du siècle dernier, son apogée dans les années 70 et la presque extinction de cette famille ? Pourquoi ces engins, pour certains si aboutis et mis au point par de très grandes firmes, ont disparu des radars ?

Voici quelques raisons : faible efficacité (même des engins régulés électroniquement), coût de construction et d’entretien, fragilité, consommation, encombrement, gain de vitesse pas vraiment nécessaire et gap pas si important par rapport aux nouvelles carènes, plus grande détectabilité des navires militaires…

Voici donc un bon petit paquet de raisons, qui ne sont peut être pas toutes justifiées, mais qui interpellent quand aujourd’hui certains architectes, écoles… mettent en avant le possible développement de grands engins théoriquement plus économiques !

Bien entendu, les matériaux, la connaissance des profils, les motorisations ont évolués. Mais le gain est il suffisant pour gommer les raisons de l’abandon des hydrofoils à moteurs, par exemple ceux de l’US Navy ?

7.1 Pour les engins de petite taille (1 à 10 m ~)

C’est en effet jouable mais ce n’est pas révolutionnaire. Mêmes conclusions que pour les voiliers, il y aura des engins volants et non volants. Merci aux progrès de la conception et de la construction des foils, de la motorisation électrique… : engins moins bruyants, moins générateurs de vagues, plus économe en énergie ?

7.2 Pour les engins « lourds » (+ de 10 m ~)

Et oui car certains n’hésitent pas à faire miroiter la création de transport de charges à foils ! Et là c’est « amusant ». C’est oublier que les hydrofoils n’aiment pas le poids, oublier que la surface évolue au carré de l’échelle mais que le volume (et donc le poids) au cube. Il arrive un moment ou la surface des foils est déraisonnable pour la trainée, la résistance, l’encombrement… Et pourtant elles étaient belles les illustrations de monstres à hydrofoils à propulsion nucléaires !

Atomic Ship – Popular Science mars 1959

Et pourtant, il y a presque 70 ans, les hydrofoils semblaient installés !

The News Messenger Sat Jul 9 1960
8.  Conclusions

Eric Tabarly avait il raison en 1987 de dire : « Un jour tous les voiliers voleront » ?

Avec tout le respect que je dois à ce grand homme, et bien Non !

D’accord, mais pourquoi ?

Même si je suis un passionné de foils de longue date, je pense entrevoir leurs défauts et limites et je n’imagine pas les plans d’eau colonisés par les hydrofoils, zébrés par le sillage de fines lames. En effet, même si on résout tous les problèmes et ils sont nombreux (poids, résistance, encombrement, coût, régulation, prise en main…), tout le monde ne souhaite pas voler !

Non, nous n’allons pas assister au raz de marée annoncé. Quand de nouveaux matériaux ont vu le jour, et ont été en mesure de remplacer le bois, comme l’aluminium, l’acier et surtout les composites, certains ont imaginé que le bois allait être supplanté, mais que nenni ! Et non, il faut de tout, pour tous les budgets, tous les cahiers des charges et toutes les sensibilités… Les supports à foils ne vont pas effacer ceux sans foil, comme les deux roues motorisées n’ont pas tués le vélo ! On assiste même à de fabuleux retour en arrière (temporaires ?) dans certains domaines comme celui du support musical : disque de zinc puis de cire, vinyle, CD, formats numériques, musique dématérialisée, pour un « retour » au vinyle ! Idem pour l’horlogerie avec la réédition des montres à cristaux liquides !

En 2011, j’ai tenté de faire un petit voyage au cœur des motivations (« Le rêve d’Icare… ! »). J’essayais alors de déterminer ce qui pousse les passionnés de foils à voler et je proposais 4 pistes. Les voici et, en réponse, pourquoi tout le monde ne souhaite pas voler !

  • La soif de vitesse

Mais celui qui préfère flâner au fil de l’eau ne sera pas tenté par le foil et le bateau du flâneur sera souvent trop lourd pour voler. Voici le commentaire trouvé sur la page Facebook de Loïck Peyron suite à la mise en place d’une vue d’artiste de son projet d’hydrofoil : « Humm, très intéressant !!!! Enfin, si on veut aller vite ! »,

  • L’intérêt technologique

Idem, les accro. des vieilles coques, des technologies d’antan, n’ont rien à faire de nos plans porteurs aiguisés.

  • La volonté de faire les choses autrement

Mais si le foil se démocratise, voler ne sera plus si extraordinaire (voir plus haut la partie sur le public blasé). Dans les années 80 oui, il fallait comprendre, réaliser ses propres foils, oser…

  • Le désir de voler

Mais ce serait sans compter sur le désir d’aller sur ou dans l’eau. Peut être par ce qu’on y a tous séjourné environ 9 mois et que nous sommes constitués à 65% d’eau ! Ou seulement par peur des atterrissages/amerrissages ?

Donc, tous les voiliers ne voleront pas car ce sont au départ des bateaux et l’humain continuera à apprendre à naviguer et à aimer être au contact des éléments sans s’en détacher. Et le retour de bâton pourrait même couter cher. Le marché du foil n’est pas aussi important que certains l’imaginent et il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Sans compter que l’image du voilier volant va prendre en pleine face les accidents, casses…

Mais peut être suis-je pas assez imaginatif, pessimiste… ? Rendez-vous dans 10 ans pour en reparler ! Ou avant ci-dessous !

 

Jeu 22

Le revoilà, le format « Jeu » il était en sommeil. La dernière fois qu’il s’est installé sur le canapé de Foilers c’était en octobre dernier (Jeu 21). Et le premier date de 2009 (Jeu 1) ! Une nouvelle fois avec le Jeu 21 je me suis fait surprendre par la vitesse de réponse des lecteurs : mais vous n’avez rien d’autre à faire ?!

Vous connaissez sûrement le format : quel est le nom de ce bateau, qui en est l’architecte ? Je parle de celui qui est au milieu de l’image, pas d’Icarus ni de la planche à l’avant plan ! Cette fois, est ce que « le mystère » va rester un peu plus longtemps caché ? Bon, le premier qui donne une bonne réponse (nom du canot ou archi) à gagné, tic tac, tic, tac…

Réponse 30/01/2018

Bravo « mon Phil », il s’agit bien d’« Hydrosail » qui sous des formes un peu différentes à aussi porté le nom d’Intermedia et de Wizard. Tu gagnes mon respect mais tu l’avais déjà avec ton superbe F2 = 1/2ρ x V² SC2.

Ce bateau est l’œuvre de Miles Handley, pionnier de l’Aile Delta. Ci-dessous quelques extraits de presse et de livre, dont l’image d’origine avant modifications. Vous remarquerez le double safran !

Beaucoup plus d’info ICI

Extract of The Sydney Morning Herald Sat Jul 13 1991
Sport aventure ISBN 2-88399-016-6
Extrait de VV N°171 p67 mai 85

 

La Semaine Affoilante N°4 : Go !

Tous les supports à foils ont rendez-vous du 14 au 17 juin 2018 à Port Fréjus.

Après déjà trois éditions réussies La Semaine Affoilante® installe ses foils en méditerranée !

Forte du succès des trois premières éditions bretonnes, La Semaine Affoilante® s’installe à Port-Fréjus, c’est donc un complet changement de cadre mais pas d’esprit.

La Semaine Affoilante® c’est :
  • Le premier et plus grand rassemblement d’engins volants en France,
  • La mise en valeur d’un site du littoral français pour la pratique du foil, accessible au grand public,
  • Un outil pour promouvoir la créativité, la mise en valeur des développements foils, un précurseur de la voile et des supports nautiques de demain,
  •  Une rencontre conviviale.

La SEM Port-Fréjus, avec le support du Team LSA, a souhaité rassembler pratiquants et constructeurs  pour  un évènement d’exception. Nombre de supports à foils évolueront sous vos yeux, sur l’exceptionnel plan d’eau de Port Fréjus. Kitefoils, Windfoils, Moths, catamarans et trimarans à foils, hydrofoils à moteur et propulsion humaine. Public, passionné de navigations « volantes », vous pourrez admirer, approcher et photographier tous ces supports.

Une fête sur ou au dessus de l’eau mais aussi à terre. Des engins différents, les plus grandes marques et les meilleurs pratiquants sont attendus durant ces quatre jours, le spectacle s’annonce de toute beauté. Et la fête sera aussi à terre où tout sera prévu pour l’accueil du public, animations, restauration…. au plus près des machines volantes.

Au programme
  • Démonstrations des différents supports,
  • Runs chronométrés,
  • Essais de matériels,
  • Parcours au plus près du public,
  • Conférences,
  • Soirées festives.
Pour plus d’informations
Pré-inscription

La Semaine Affoilante est ouverte aux engins volants, prototypes ou engins de série autonomes, quels que soient leurs modes de propulsion, capables de naviguer sur les deux amures pour les engins à voile.

Vous souhaitez participer à La Semaine Affoilante 2018, comme coureur, pré- inscrivez-vous à l’adresse suivante : semaine.affoilante@gmail.com

Vous souhaitez vous inscrire comme exposant : philippe.manon@portfrejus.fr

Rejoignez-nous nombreux et participez à Port Fréjus à cet évènement inoubliable

La semaine affoilante 2018…

Le Team LSA (Maurice Gahagnon, François Lys, et moi-même) et l’ENVSN n’ont pas souhaité renouveler la convention qui les liait jusqu’ici pour l’organisation de La Semaine affoilante®

Le Team LSA, à l’origine de ce rassemblement pionnier en France (en 2015), souhaite faire vivre cet évènement au travers du triptyque suivant :

  • mise en valeur d’un site du littoral français pour la pratique du foil, accessible au grand public,
  • promouvoir la créativité, la mise en valeur des développements foils, précurseurs de la voile et des supports nautiques de demain, sans contrainte de jauge,
  • assurer la convivialité entre les participants.

Aujourd’hui, l’organisation d’une rencontre d’engins à hydrofoils sous ce nom, et surtout dans l’esprit voulu par le Team LSA, n’est pas garantie.

De son côté l’ENVSN va, selon toute vraisemblance, profiter de la dynamique créée lors des éditions 2015, 2016 & 2017 pour proposer une autre rencontre d’engins à hydrofoils.

L’essentiel est là, après l’arrêt de la semaine de vitesses de Brest (qui n’étaient pas 100% foils), de nouveaux rendez-vous existent, Foiling bay, Finist’Air Sailing…

Mais  les candidatures sont ouvertes ! Qui sera le prochain yacht club qui organisera la prochaine semaine affoilante ?