Befoil 16 Sport

Décidément, Lorient aime les foils. Il y a bientôt plus de bateaux à foils que sans sur les pontons de « La Base ». Il y a quelques jours j’ai lu dans le journal du coin, la sortie du Befoil 16 sport. Je suis depuis presque 10 ans les projets de Benjamin Magnard (Voilavion 1 et 2…) mais c’est sans le chercher que le week-end dernier je suis tombé sur la bête.

Befoil 16 sport – FM 03/2020

Ayant un peu de temps à perdre, je suis allé respirer un peu d’air iodé, je ne pouvais pas vraiment le louper, sa belle ligne m’a attiré !

Befoil 16 sport à « Lorient La Base » – FM 03/2020

Réalisé en collaboration avec VPLP, le Befoil 16 Sport diffère du Befoil 16 standard par de nombreux points…

Des étraves inversées comme celles de son « frère » – FM 03/2020

Plus léger de 65 kg (240 pour le standard 175 pour le sport) il est réalisé en verre époxy et non en rotomoulage. La version sport est aussi plus toilée de 15%. Ses foils ne sont plus accolés à l’extérieur des coques mais disposés dans un puits central.

Foil avant tribord remonté – FM 03/2020
Foil bâbord – FM 03/2020

Les foils sont toujours régulés : la meilleure option (pour moi) ! Le puits de foils est réglable ce qui doit permettre de gérer la portance en fonction de la météo et du poids de l’équipage (option déjà vue sur le I Fly).

Tête de puits de foils mobile – FM 03/2020

Les palpeurs sont toujours sur la face interne des coques.

Palpeur remonté et « bridé » – FM 03/2020

J’ai été très étonné par la taille des plans porteurs des safrans ! Foils et safrans ont l’air d’être identiques sauf leur envergure… En aluminium, ils sont tous terminés par des embouts souples.

Safran bâbord – FM 03/2020

Le flap de safran semble réglable en navigation mais, sauf erreur de ma part, seulement par un réglage présent sur la tête de foil.

Une tète de safran – FM 03/2020

Ce bateau, qui dispose en option d’ailes de rappel, de safrans et dérives sans plan porteur… Befoil propose toute une série d’options qui permettent de définir un bateau sur mesure mais aussi évolutif !

A voir en détail sur la page du site Befoil et sur la plaquette dispo ci-dessous. Un bateau que j’aimerai énormément voir naviguer à LSA Port Fréjus (01 au 03 mai)….

Jean Sans

Jean Sans est expert maritime (expert honoraire Cour d’Appel de Rennes, relevé de formes des carènes, calculs de stabilité des navires…), j’ai eu l’occasion d’échanger avec lui lors de la rédaction de l’article « Les foils en monocoques, tous des DSS ? » Jean Sans est aussi l’auteur d’excellents articles sur les engins à hydrofoils. Dont certains abordent la stabilité des futurs bateaux de la coupe : A ne pas manquer !

Partie N°1 : L’utilisation de foils sur de bateaux motorisés, puis sur de voiliers (monocoques et multicoques)

Partie N°2 : La technique se dévoile, ou commente passer du régime Archimédien au régime Folier (vol).

Partie N°3 : Encore plus d’approfondissements et une approche de la taxation par les systèmes de jauges utilisés lors des régates (et sa version anglaise).

Jean Sans aborde aussi les techniques de pilotage dans l’article suivant : Piloter un Foiler (et sa version anglaise Flying on foils and piloting)

Vous retrouvez l’ensemble de ces articles, et j’en suis certain prochainement d’autres, sur la page Naviguer avec des foils.

Mais ce n’est pas tout ! Sur les autres pages du site Expert yacht, vous trouverez d’autres articles sur la stabilité, les jauges…

Bonne lecture…

Basiliscus et T2, vols dans le Golfe

Le golfe du Morbihan, à deux pas des alignements de Carnac, des tumulus et en cherchant bien de fossiles de Trilobites. C’était l’endroit rêvé pour une rencontre de dinosaures. Dinosaures du foil bien entendu, vous savez ces vieux accro. qui s’intéressaient déjà aux hydrofoils au siècle dernier. Enfin, c’est surtout par ce que François dispose d’un « bungalow » pas très loin de l’eau. Un merveilleux endroit pour faire naviguer ensemble deux nouveautés 2019, deux trimarans à foils régulés, conçus et réalisés par des amateurs ! François avait lancé l’invitation en mai lors de LSA – Port Fréjus 2019, difficile de louper un tel moment.

Les canots

Je vous ai présenté Basiliscus, le méga Trifoiler de Maurice et François il y a quelques semaines dans Basiliscus, Il vole.

Basiliscus la grosse bête au repos

Si vous avez lu le récapitulatif de LSA – Port Fréjus 2019, vous avez découvert le Triceratops 2 ou T2 réalisé à partir d’une coque de Nacra par Philippe de Braeckalaer (le T1, plus petit, avait des foils en V puis en T et une coque de Tyka).

T2 paré à voler
Nav.

Etant en vacances, mon emploi du temps était chargé (!), je n’ai pas pu rester plus d’une journée avec Maurice, François et Philippe. Je n’ai donc pas pu assister au vol de la version améliorée du T2 (2ème sortie après le lancement à Port Fréjus). Heureusement que le frère de François a  immortalisé une des sorties.

Maurice et François, petites bricoles sur Basiliscus
Philippe et son T2, « yapluka » le monter

La matinée a été consacrée à la réalisation de quelques ajustements sur Basiliscus et à la fin de son montage.  Nous avons failli ne pas goûter aux joies du vol en ce lundi 12 car le vent était relativement fort et la sortie avec changements d’équipiers risquait d’être dangereuse. En effet, en grands seigneurs, Maurice et François avaient décidé de nous faire découvrir les joies de la navigation sur Basiliscus… Mais j’arrête le bla bla, les vidéos ci-dessous sont bien plus parlantes.

Basiliscus et T2
Vidéo Basiliscus
Vidéo Tricératops
Epilogue

L’époque est aux engins « high tech », les amateurs ne sont plus très nombreux mais heureusement, il y en a encore. Bravo à Maurice, François & Philippe. Basiliscus et T2 sont superbes et ont volé dès leurs premières sorties.

Naviguer sur Basiliscus était une expérience très impressionnante. Maurice et François ont créé un incroyable animal qui vole bien à plat sans effort, l’équipage est bien assis en sécurité dans son siège. Dans ma présentation de Basiliscus, je me demandais pourquoi le duo n’avait pas encore installé de cafetière électrique, je peux vous assurer qu’elle n’aurait pas besoin d’être fixée ! Philippe et moi avons barré le bateau sans formation, comme dans un rêve.

Je reviens de cette journée une fois de plus avec toujours la même question sans réponse. Pourquoi créer des engins à hydrofoils non régulés (hors haute mer) ? Si une jauge l’impose d’accord mais si ce n’est pas le cas ? Il ne faut vraiment pas s’en priver, la navigation devient simple et moins dangereuse. Le vol est très stable et plus d’enfournements. Il faut avoir essayé !!!

Post-scriptum 1

Pour rester dans le domaine de la régulation, j’attendais avec épouvante la mise en place d’une centrale inertielle pour réguler les foils, c’est fait avec le TF35, successeur du D35. Ci dessous, extrait de l’article de Voiles et voiliers: Vidéo et interview,  les premiers vols du TF 35, nouveau foiler du Léman. Cela le mérite d’être clair, on sait qui est le boss…

…Et puis, il faudra faire confiance au logiciel. C’est lui qui maîtrise le vol. Il va y avoir une barrière psychologique à passer. Lors de la phase de test avec Alinghi, l’équipage était surpris de ne rien avoir à faire pour maintenir le vol….

Post-scriptum 2 

12 jours après cette sortie, je  roule sur la RN 165 et sur qui je tombe dans les bouchons ? Le Lézard Jésus-Christ !

Basiliscus en route vers « Brest »
Remerciements
  • François, Maurice pour cette belle journée
  • Philippe pour sa bonne humeur
  • Pierre-Eric Lys et Brigitte Gahagnon pour les photos et images.