Jean Sans

Jean Sans est expert maritime (expert honoraire Cour d’Appel de Rennes, relevé de formes des carènes, calculs de stabilité des navires…), j’ai eu l’occasion d’échanger avec lui lors de la rédaction de l’article « Les foils en monocoques, tous des DSS ? » Jean Sans est aussi l’auteur d’excellents articles sur les engins à hydrofoils. Dont certains abordent la stabilité des futurs bateaux de la coupe : A ne pas manquer !

Partie N°1 : L’utilisation de foils sur de bateaux motorisés, puis sur de voiliers (monocoques et multicoques)

Partie N°2 : La technique se dévoile, ou commente passer du régime Archimédien au régime Folier (vol).

Partie N°3 : Encore plus d’approfondissements et une approche de la taxation par les systèmes de jauges utilisés lors des régates (et sa version anglaise).

Jean Sans aborde aussi les techniques de pilotage dans l’article suivant : Piloter un Foiler (et sa version anglaise Flying on foils and piloting)

Vous retrouvez l’ensemble de ces articles, et j’en suis certain prochainement d’autres, sur la page Naviguer avec des foils.

Mais ce n’est pas tout ! Sur les autres pages du site Expert yacht, vous trouverez d’autres articles sur la stabilité, les jauges…

Bonne lecture…

Basiliscus et T2, vols dans le Golfe

Le golfe du Morbihan, à deux pas des alignements de Carnac, des tumulus et en cherchant bien de fossiles de Trilobites. C’était l’endroit rêvé pour une rencontre de dinosaures. Dinosaures du foil bien entendu, vous savez ces vieux accro. qui s’intéressaient déjà aux hydrofoils au siècle dernier. Enfin, c’est surtout par ce que François dispose d’un « bungalow » pas très loin de l’eau. Un merveilleux endroit pour faire naviguer ensemble deux nouveautés 2019, deux trimarans à foils régulés, conçus et réalisés par des amateurs ! François avait lancé l’invitation en mai lors de LSA – Port Fréjus 2019, difficile de louper un tel moment.

Les canots

Je vous ai présenté Basiliscus, le méga Trifoiler de Maurice et François il y a quelques semaines dans Basiliscus, Il vole.

Basiliscus la grosse bête au repos

Si vous avez lu le récapitulatif de LSA – Port Fréjus 2019, vous avez découvert le Triceratops 2 ou T2 réalisé à partir d’une coque de Nacra par Philippe de Braeckalaer (le T1, plus petit, avait des foils en V puis en T et une coque de Tyka).

T2 paré à voler
Nav.

Etant en vacances, mon emploi du temps était chargé (!), je n’ai pas pu rester plus d’une journée avec Maurice, François et Philippe. Je n’ai donc pas pu assister au vol de la version améliorée du T2 (2ème sortie après le lancement à Port Fréjus). Heureusement que le frère de François a  immortalisé une des sorties.

Maurice et François, petites bricoles sur Basiliscus
Philippe et son T2, « yapluka » le monter

La matinée a été consacrée à la réalisation de quelques ajustements sur Basiliscus et à la fin de son montage.  Nous avons failli ne pas goûter aux joies du vol en ce lundi 12 car le vent était relativement fort et la sortie avec changements d’équipiers risquait d’être dangereuse. En effet, en grands seigneurs, Maurice et François avaient décidé de nous faire découvrir les joies de la navigation sur Basiliscus… Mais j’arrête le bla bla, les vidéos ci-dessous sont bien plus parlantes.

Basiliscus et T2
Vidéo Basiliscus
Vidéo Tricératops
Epilogue

L’époque est aux engins « high tech », les amateurs ne sont plus très nombreux mais heureusement, il y en a encore. Bravo à Maurice, François & Philippe. Basiliscus et T2 sont superbes et ont volé dès leurs premières sorties.

Naviguer sur Basiliscus était une expérience très impressionnante. Maurice et François ont créé un incroyable animal qui vole bien à plat sans effort, l’équipage est bien assis en sécurité dans son siège. Dans ma présentation de Basiliscus, je me demandais pourquoi le duo n’avait pas encore installé de cafetière électrique, je peux vous assurer qu’elle n’aurait pas besoin d’être fixée ! Philippe et moi avons barré le bateau sans formation, comme dans un rêve.

Je reviens de cette journée une fois de plus avec toujours la même question sans réponse. Pourquoi créer des engins à hydrofoils non régulés (hors haute mer) ? Si une jauge l’impose d’accord mais si ce n’est pas le cas ? Il ne faut vraiment pas s’en priver, la navigation devient simple et moins dangereuse. Le vol est très stable et plus d’enfournements. Il faut avoir essayé !!!

Post-scriptum 1

Pour rester dans le domaine de la régulation, j’attendais avec épouvante la mise en place d’une centrale inertielle pour réguler les foils, c’est fait avec le TF35, successeur du D35. Ci dessous, extrait de l’article de Voiles et voiliers: Vidéo et interview,  les premiers vols du TF 35, nouveau foiler du Léman. Cela le mérite d’être clair, on sait qui est le boss…

…Et puis, il faudra faire confiance au logiciel. C’est lui qui maîtrise le vol. Il va y avoir une barrière psychologique à passer. Lors de la phase de test avec Alinghi, l’équipage était surpris de ne rien avoir à faire pour maintenir le vol….

Post-scriptum 2 

12 jours après cette sortie, je  roule sur la RN 165 et sur qui je tombe dans les bouchons ? Le Lézard Jésus-Christ !

Basiliscus en route vers « Brest »
Remerciements
  • François, Maurice pour cette belle journée
  • Philippe pour sa bonne humeur
  • Pierre-Eric Lys et Brigitte Gahagnon pour les photos et images.

Basiliscus, il vole !

Certains lecteurs assidus (Ptites News 43), ou ceux qui connaissent le duo Maurice Gahagnon / François Lys, le savent, une grosse bête à foils est en gestation depuis de nombreux mois au fin fond de l’ouest de la belle Bretagne. Basiliscus (pur produit breton) baptisé en premier « Trifoilie » est né sous le crayon de Maurice Gahagnon, fruit des idées des deux compères.

Le cahier des charges simplifié était le suivant :

  • Naviguer à haute vitesse, avec seulement deux personnes à bord
  • Créer un voilier avec un niveau de sécurité humain élevé (régulation automatique, équipage protégé dans la coque centrale)
  • Obtenir un produit fini moindre coût (sur fond personnel)
  • Etre transportable sur remorque…

De nombreuses heures à rédiger le cahier des charges, à définir le produit le mieux adapté à leur besoin et  envies, à leur capacité de navigation, à leur  budget. Des centaines d’heures passées à l’étude, aux échanges d’idées, aux dessins, calculs, découpes, stratification, ponçage… pour donner la vie à un très grand « Trifoiler » avec, bien entendu, des foils régulés (extrapolation entre autres du Trifoiler). L’ensemble du bateau, hormis le gréement, a été conçu, fabriqué et autofinancé par Maurice et François.

Avant-projet Trifoilie – dessin F Monsonnec 06-2017

Les partenaires qui ont, d’une manière ou d’une autre, facilité la naissance de Basiliscus :

Pour le petit noyau d’amis qui a eu la chance de suivre pas à pas la gestation de cet hydrofoil, je peux vous assurer que ceux qui étaient dans le secret attendaient les news avec plus d’impatience que la sortie d’un épisode de Game Of Thrones !

L’animal a touché l’eau et réalisé ses premiers essais très prometteurs le 19 mai 2019. Lors de cette mise à l’eau, il avait fallu calmer l’engin qui ne demandait qu’à s’envoler !

Le montage, webcam office de tourisme, plage du Trez Hir à Plougonvelin

Voilà que dès le second essai le « monstre » de 8.5 m de long (28 pieds) par 8 m de large, équipé d’un gréement de Diam 24, vole !

Il vole ! – photo Thierry Blaise

D’après François et Maurice, le potentiel de Basiliscus semble énorme. Avec des vents de 12 à 14 nœuds, la plage de vitesses lors de ce second test était de 17 à 25 nœuds. Le tout en sécurité dans le grand cockpit central (pas encore de cafetière comme je l’ai proposé, mais cela ne saurait tarder).

Maurice et François, les aviateurs – photo Thierry Blaise

La vidéo permet de bien prendre la mesure de l’engin ! Admirez la taille des foils, le pilotage au volant…

L’équipe va essayer de participer au Trophée des multicoques à La Trinité Sur Mer fin août et d’ici là, elle va s’entraîner dans le golfe du Morbihan. Le team envisage aussi de participer aux :

  • Records libres de baies (Port Navalo-Houat, Brest….),
  • Rassemblements de foilers tels que La Semaine Affoilante,
  • Tour de Belle-Ile,
  • Grand prix Guyader de Douarnenez…
En mode archimédien il est très beau aussi – photo Thierry Blaise

Pour ceux qui ne connaissent pas Maurice et François :

Maurice GAHAGNON est l’un des pionniers de la voile sur foils depuis les années 80. Il a conçu de nombreux multicoques à hydrofoils depuis plus de 30 ans, dont la série des Loisirs 3000. Il est avec Jean Bernard Cunin un ancien recordman du monde de vitesse à la voile en Class C.

François LYS, passionné de longue date d’engins à hydrofoils, a volé sur de nombreux Dart, Tornado, Mystère, à foils. Et bien entendu sur le très beau Trifoiler N°64 (ancien bateau de Dan Ketterman) avec lequel il a réalisé la meilleure vitesse de la semaine Affoilante 2016 : 34 nœuds de vitesse max et 30,2 nœuds de vitesse moyenne.

Maurice et François sont, avec l’auteur de ce petit papier, à l’origine de La Semaine Affoilante.

Quelques images, animées ou pas, des engins de Maurice et François sont visibles sur le site F18foiler. Et de très belles vidéos du Trifoiler 64 ci-dessous et sur Voiles et voiliers et Le Télégramme :

 

Gitana 17 en images

Vidéo

Vous n’êtes sûrement pas passés à coté des superbes images de Gitana 17 en vol. Dans le doute, les voici :

Photos

Pendant que certains bossent d’autres terminent leurs vacances, sous le superbe soleil Breton. Un petit tour sur les pontons de « La Base » s’imposait pour admirer Gitana 17 et faire quelques photos (en cliquant dessus, vous obtiendrez si besoin un format un peu plus grand).

Gitana 17 vu de l’avant photo 1 – F Monsonnec 04-09-17
Gitana 17 vu de l’avant photo 2 – F Monsonnec 04-09-17

Sur la photo ci-dessous, on peut voir le vérin monté sur le flettner de la dérive, il agit vraisemblablement sur le volet (flap horizontal) de cet appendice (si besoin voici une Image de la dérive et en Vidéo à 1 mn 33).

Tête de dérive – F Monsonnec 04-09-17

Ce n’est pas très net, il a fallu que je zoom pour prendre le foil en photo puisque je n’ai pas été autorisé à monter à bord (j’ai tenté le coup, mais non, ce qui se comprend aisément), la partie portante des foils avant a une forme « d’aile de mouette »…

Foil babord – F Monsonnec 04-09-17

Les foils pivotent, je pense, autour d’un axe disposé en bas des puits. En haut des puits, ils sont insérés dans une « cage » (carbone, titane, plastique à faible coeff. de glissant…) qui pivote par rapport à l’axe longitudinal du bateau pour accepter les variations de courbure de la partie antidérive (shaft). A l’arrière de cette cage se trouve la tête d’un vérin qui permet de déplacer le haut du foil d’avant en arrière, donc de régler l’incidence. Le réglage du cant, ou inclinaison latérale du foil, ne semble pas possible. « Juste » un réglage du rake. Mais la courbure du shaft n’est pas régulière, l’angle du plan porteur évolue donc en fonction de l’enfoncement.

Puits de foil photo 1 – F Monsonnec 04-09-17

Ce n’est pas facile à voir, mais sur le coté droit de l’image ci-dessous, une lumière est visible dans la « l’épaisseur du puits ». C’est le rail de guidage tribord de la cage du foil.

Puits de foil photo 2 – F Monsonnec 04-09-17

« Petite strat » sur le vit de mulet avant la prochaine sortie prévue mercredi 06 (et donc peut être bientôt une nouvelle vidéo !?).

Vit de mulet – F Monsonnec 04-09-17

Les safrans sont deux belles pièces cachées dans leur « coqueron » aérodynamiques. Le mécanisme de remontage, et surtout de maintien en position basse, n’est pas très évident à comprendre. Il faudrait monter sur le foil ou être sur un « zod » pour ausculter la mécanique. Des pièces en métal usiné sont visibles ainsi que des rails courbes… Une chose est certaine, en tête de foil se trouve un vérin Harken qui manœuvre le flap.

Safran photo 1 – F Monsonnec 04-09-17
Safran photo 2 – F Monsonnec 04-09-17

La partie supérieure de l’arrière de la coque centrale (derrière le bras) est un entoilage très esthétique et aérodynamique.  Admirez ce beau ciel bleu et cette luminosité, on se croirait dans la marina de Pointe-à-Pitre !

Gitana 17 vu de l’arrière photo 1 – F Monsonnec 04-09-17

La forme de l’arrière de cette coque est presque en Canoë. Cette poupe n’est pas sans rappeler celles de Pat’s ou de Quiksilver, plans du sorcier Dick Newick.

Pats trimaran Newick à arrière canoë – F Monsonnec juin 2014

Visible aussi sur la photo suivante, la forme « d’aile de mouette » du foil. Et en arrière plan la BSM et la construction du plus grand toît photovoltaïque de France sur le K2.

Gitana 17 vu de l’arrière photo 2– F Monsonnec 04-09-17

Je n’étais pas seul à observer « G 17 », un team concurrent se baladait et comme moi essayait de déterminer le fonctionnement des éléments visibles.

Team « X » en observation – F Monsonnec 04-09-17

Au détour d’un ponton, une « vielle connaissance », Voilavion V2 cata à foils au gréement inclinable.

Voilavion V 2 – F Monsonnec 04-09-17

Régulation…

La régulation de ce bel engin peut se faire de diverses manières :

  • de manière « naturelle » puisque ce type de foils en L 2.0 peut voir son extrémité sortir de l’eau et donc perdre en surface (fonction de l’inclinaison des différentes parties les unes par rapport aux autres),
  • par modification de l’angle d’incidence du foil (rake),
  • par ajustement des flaps des safrans,
  • par rotation du volet de la dérive ?

Alors quelles « manettes » seront utilisées ? Je n’en sais rien ! Toutes, séparément, ou pour certaines ensembles, en fonction de l’importance de l’action désirée, des conditions…

Maintenant la question que certains se posent, régulation électronique ou pas ? Pour moi, NON, pas dans un premier temps. Car même si le sujet est régulièrement évoqué je ne pense pas que la technologie nécessaire a été développée (pour ce type d’engins). Et il y a suffisamment à faire sur ce type de bateau avant de passer en mode régulation électronique. Mais s’il ya bien un team qui a dans l’idée de développer une régulation de ce type, c’est bien le team Gitana (à mon grand désespoir !!).

A lire, la très intéressante interview de Guillaume Verdier dans Voiles et voiliers 559 et dont voici un extrait :

  • Voilesetvoiliers.com : Vous devez regretter que la classe Ultim n’autorise pas l’asservissement des foils…
  • G.V. : Les histoires de politique de classe, je m’en fiche. Nous aurons l’asservissement ensuite. Ils le brancheront et le débrancheront quand ils voudront. Il faut faire en sorte que le bateau soit auto stable. C’est plus important que tout…

 

Une nouvelle fois, j’espère ne pas avoir raconté top de bêtises…

 

Complément du 08/09/2017

Suite au message de Gurval sur l’utilité de l’habillage des safrans (message du 08/09/17), voici un complément en image.

Vérin en tête de safran, il est placé « à l’envers », il doit actionner une biellette qui pousse la tige de commande du flap.

Vérin en tête de safran – F Monsonnec 04-09-17

Vue rapprochée de l’arrière de l’habillage ou coqueron de safran (je sais, un coqueron c’est fermé !). Pour moi, il protège la structure qui guide la remontée, les bouts de manœuvre (je n’ai as pu voir si c’était hydraulique), les pièces de fixation en position basse et haute, le système de rotation du safran, l’hydraulique de la commande du flap…

Habillage système de remontage safran – F Monsonnec 04-04-17

J’en profite pour poser une question, qui a une piste d’explication pour la forme en « aile de mouette » des foils principaux ? Ci-dessous un dessin fait à la va vite (ICI une photo en vol )… Cette forme permettrait t’elle de créer un palier de perte « rapide » de la surface dès le début de la sortie du foil, de limiter la ventilation… ?

Petit détail qu’a soulevé un autre lecteur, le fait que les foils ont été annoncés comme les plus grands réalisés pour un voilier avec une longueur de 5.5 m (OF 18/07/2017). Voici une estimation de la longueur de la partie « droite » des foils de l’Hydroptère sur une des premières versions : 5.75 m sans le winglet. Estimation longueur Winglet 0.85 m. Long TT estimée foil développé 6.5 m.

Stress Boat est de nouveau à vendre !

 

Stress boat en 2017 – Photo DR

En janvier, je plaçais un article qui commençait ainsi : « Voici une annonce de rêve pour un accro. du foil qui souhaite, bricoler, naviguer à peu de frais… » (voir ICI)…

Stress boat avait rapidement trouvé preneur. Malheureusement Richard, son nouveau propriétaire, est obligé de se rendre à l’évidence, son emploi du temps ne lui permettra pas de refaire naviguer Stress boat avant de longs mois. Ceci, alors qu’il a collecté des documents (photos, dessins) pour se lancer dans sa remise en état (Richard était venu à LSA 2017 pour échanger avec le club des dinosaures).

Plutôt que de laisser Stress boat se rendormir sous une couche de poussière, Richard souhaite trouver un nouveau propriétaire plus disponible. Mais pas question de céder le bateau à un acheteur seulement intéressé par certaines pièces ! L’idée est de le remettre en état et de faire naviguer ce bateau qui volait il y a 15 ans dans la rade de Lorient et le Golfe du Morbihan !

 

Stress boat en 2017 – Photo DR

Bateau vendu complet :

  • GV
  • Foc
  • Mat (F18)
  • Accastillage
  • Foils à palpeur à l’arrière et « trainard » à l’avant
  • Prix 1000€ avec sa remorque, bateau situé à Tours (37)

 

Stress boat n’attends plus que vous – Photo R Heinrich 2017

 

Vous êtes intéressé ?

Vous pouvez laisser un message ci-dessous, l’information sera relayée. Si vous laissez un message pour la première fois, ou pour ceux que WordPress n’aime pas (certaines adresses ne sont pas appréciées !) votre message demandera une validation…

35ème America’s Cup : régulation humaine !

ETNZ a gagné et de quelle façon ! Pour une analyse de l’ensemble des éléments qui ont permis cette victoire, je vous invite à visiter les nombreux articles qui ne manqueront pas de paraitre sur le sujet ! Il faut bien l’avouer, même si cette Cup semble moins secrète, les éléments non « monotypes » restent difficiles à analyser quand on reste derrière un écran.

Bon, tout de même, histoire de bien démarrer ce mini article (vite fait et d’après moi), les principaux éléments de cette victoire :

  • qualité et choix des foils (bravo aux architectes dont Guillaume Verdier),
  • la gestion de l’énergie (cyclistes),
  • le moteur, l’aile, et son réglage (hydraulique pour ETNZ et semble t’il des possibilités de réglages supérieures),
  • le savoir-faire de l’équipe navigante et à terre, organisation et cohésion d’équipe,
  • la régulation…

La régulation

Ce dernier point a, pour moi, aussi pesé dans la balance. Même si bien entendu à ce niveau de compétition il faut être complet. Et pour cette 35ème édition, cette gestion de la portance était humaine ! Si on en doute, il suffit de regarder la vidéo de Franck Cammas publiée avant la Cup. Elle montre bien que ces bateaux ne sont pas stables naturellement : en moyenne 2 impulsions par seconde.

 

Et par rapport à la précédente édition, cette régulation est devenue encore plus humaine ! L’angulation de la cassure entre le shaft (partie « verticale ») et le tip (partir portante) était moins importante et les bouts de foils ne sortaient plus de l’eau. Donc, exit la régulation par la baisse de la surface. Quoi de plus logique, on régule l’incidence et on perturbe bien moins le plan porteur.

Malgré l’amélioration des systèmes de réglages, le pilotage de la hauteur de vol ne devait pas être simple. Et les Néo Zed on bien fait d’assigner cette tache à une autre personne que le barreur. En effet, sur ETNZ Peter Burling ne gérait plus les foils, c’était Blair Tuke le « foil trimmer » (et cycliste). Alors que sur Oracle, le barreur Jimmy Spithill s’occupait des deux, positionnement et hauteur de vol.

Sur l’AC 50 ETNZ en 2017

La partie haute du shaft (partie « verticale » antidérive) est courbée vers l’extérieur. Le foil se déporte vers la largeur maxi de la plateforme, ce qui permet d’écarter le centre de portance. Mais surtout, le foil descendu au maximum, le tip (partie portante) est à l’horizontale ou presque. Seule solution pour réguler la portance, le rake  (inclinaison du foil par rapport à l’horizontale).

© ACEA 2017-Ricardo Pinto

Sur l’AC72 ETNZ 2013

Mes petites dessins, celui de  la partie « Glossaire » en bas d’article et celui-ci-dessous, ne sont plus valables pour cette Cup. Ils l’étaient en 2013/14 ! Le pointe du foil pouvait sortir de l’eau.

Chris Cameron/ETNZ©

Ce que je retiens…

…pour cette Cup et par rapport à la suivante :

  • les aides à la régulation humaine se sont améliorées,
  • parallèlement au point précédent, la régulation par perte de surface n’est plus utilisée.

Cela démontre, si quelqu’un en doutait encore (voir « Foils en L 2.0 – réflexions« ), que les foils en L2.0 développés au départ par ETNZ pour détourner la jauge, et qui sont apparu pour certains comme une « piste magique », le « renouveau du foil », une « première »…, n’était bien que le mix entre les foils en L 1.0 régulés et les foils en V. Mais maintenant pour cette Cup, et grâce à l’amélioration du réglage, on revient à une forme de foil en L 1.0 (pour les différentes formes de foils, voir si besoin  » l’Alphabet du foil« ).

Points positifs

Les systèmes de régulation manuels se sont améliorés. Si le principe peut être dupliqué à un appareillage moins énergivore (voire mécanique). Cela pourrait permettre la mise au point de petits engins ou la dextérité humaine prendrait tout son sens. C’est déjà un peu le cas en Moth et les autres supports équipés de foils en L2.0 (mais sans ces systèmes). Engins sur lesquels le poids, le réglage de la puissance, la régulation de l’incidence du foil et du safran… sont des remèdes à une régulation incomplète. Si quelqu’un en doute, voici une vidéo

Le fait d’avoir fait rêver, oblige maintenant les concepteurs à trouver comment voler en haute mer !

Point négatif !

La mise au point de ces foils, et des systèmes de régulation, a ravivé des projets d’engins hauturiers volants. Mais il est où le point négatif !? La régulation manuelle ne peut être utilisée sur un engin hauturier…

Sur un engin hauturier volant

A part une amélioration de l’interface homme/foil, sûrement des outils de calcul, des profils… il n’y a rien de nouveau (pffff le basé) !!!!! Pas de matériaux révolutionnaire, de configuration magique, de profil autorégulé miraculeux… il ne reste plus pour voler en mer que :

  • de voleter, un coup sur l’eau, un coup au dessus,
  • de réguler mécaniquement, à condition de résoudre les problèmes d’échelle,
  • de réguler électroniquement,
  • de me donner tort en arrivant à développer un foil en L2.0 efficace même en haute mer !

Et j’ai hâte d’avoir tort si les projets en cours volent de façon stable sur longue distance et en haute mer sans électronique.

Une nouvelle fois : à suivre….

Glossaire

Les termes sont toujours valables, pas les formes pour cette 35ème cup.

Glossaire réalisé pour l’Alphabet du foil – F Monsonnec 2014

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Le Tétrafoiler est à vendre !

Bateau vendu !

Votre tirelire n’était pas assez remplie pour acheter le Trifoiler 64, vous n’avez pas été assez rapide pour acquérir le Stress boat ! Le Tétrafoiler sera peut être à vous ?

Ce catamaran a été développé par un des pionniers des hydrofoils en France, Claude Tisserand, dont j’ai de multiples fois évoqué les réalisations sur ce blog (voir en bas d’article).

D’ailleurs, la régulation innovante de ce bateau à été présentée dans l’article : Les foilers TISSERAND, du nouveau dans la régulation.

Controleur Tisserand - F Monsonnec 13-10-15

Et le Tétrafoiler a fait l’objet de l’article suivant : Le Tétrafoiler : du nouveau dans les hydrofoils

Les foils du Tétrafoiler à l’extérieur des coques et les contrôleurs ancienne version – photo Tisserand 08-2009

Entièrement démontable, coques en fibre de verre, foils et poutres tout carbone, son état est d’après Claude «médiocre » ! Mais facilement réparable (le pont est à refaire). Vendu avec son gréement complet et sa remorque adaptée, Claude n’en demande que 550€ !

Tétrafoiler sur la plage V2007 – photo via C Tisserand

Le Tétrafoiler en chiffres

  • Longueur : 4.80m (15.75 pieds)
  • Largeur (hors foils) : 2,6 m (8.53 pieds)
  • Poids : 80 kg
  • Voilure : 13,6 m2
  • Décollage : à 10 nœuds avec 10 nœuds de vent
  • Prix : 550 € TTC
  • Situation : Sisco Corse (22 km de Bastia)

 

Conclusions

Un peu de travail et une balade en Corse à prévoir, pour un bateau innovant, dessiné et construit par un pionnier des foils et qui est équipé d’une régulation innovante.

C’est autre chose qu’un bateau de série, c’est un morceau d’histoire qui vous fera gouter aux joies du vol régulé…

 

Vous êtes intéressés ?

Vous pouvez laisser un message ci-dessous, Foilers se fera un plaisir de faire le lien avec Claude !

 

Enfin, pour en savoir plus sur les réalisations de Claude :

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