La semaine Affoilante / ENVSN, le débrief

22 juin 2015

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« La semaine affoilante » s’est déroulée avec succès du 12 au 16 juin à l’ENVSN à Saint Pierre Quiberon. Malgré un vent qui laissait à désirer, les différentes catégories – kitefoil, windfoil, engin – ont pu s’exprimer. Retour sur la gestation de ce projet et le déroulement de cette édition. Mais avant cela la superbe vidéo « officielle » de Valère Caneri (Horue Movie Production).

1 – La genèse

L’idée
Maintenant que cette première rencontre a vue le jour, nous pouvons revenir sur l’origine de ce projet dont la mise en place n’était pas gagnée. Lors d’une navigation sur hydrofoils, en aout 2014, Maurice Gahagnon et François Lys évoquent ensemble l’idée d’une rencontre d’engins à hydrofoil dans l’esprit des semaines de vitesse que Maurice a fréquentées dans de nombreux pays avec le team Loisirs 3000. François, propriétaire de deux hydrofoils, adhère, fonce et me contacte. Novembre 2014, je reçois un coup de fil de François, je suis sur le foiler PiR2, c’est la veille du lancement de la RdR, heureux présage. Nous échangeons par tél et mail sur le sujet et proposons des noms pour cette rencontre. Celui de François est sélectionné (et déposé), je bricole vite fait un logo, trop figuratif pour être utilisé sur tous les supports, mais qui permet d’illustrer le premier document de synthèse que nous réalisons quelques jours avant le Nautic. Les bretons montent par vagues au salon pour retrouver François, le local. Armés de notre « stick de pèlerin », nous prêchons la bonne parole foilesque auprès de coureurs, constructeurs, partenaires. Nous avions déjà repéré le plan d’eau idéal et, toujours au Nautic, nous rencontrons madame Eynaudi la directrice de l’ENVSN. Au début, elle a du mal à comprendre, nous lui présentons les contours d’un projet alors que des membres de l’ENVSN viennent juste d’évoquer l’idée de travailler sur les foils. Une co-organisation ?! Mais avec plaisir. Le projet semble bien démarrer mais va ensuite un peu patiner, une grande maison comme l’ENVSN n’a pas les mêmes contraintes et la même réactivité que 3 passionnés bouillonnants !

Le Lycra Forward Wip – F Monsonnec 06-15

Le Lycra Forward Wip – F Monsonnec 06-15

Co-organisation
L’arrivée d’Eric Flageul au sein de l’ENVSN va relancer le projet, il souhaite s’investir dans un projet novateur et me contacte après voir visité Foilers. Il va donner un coup de boost à ce projet et devenir le coordonnateur au sein de l’ENVSN. Deux petites équipes se rencontrent mi mars, Eric Flageul et Yves Neosmoen pour l’ENVSN, Maurice et Fred pour le « team LSA ». L’ENVSN va nous apporter ses capacités organisationnelles sur l’eau et à terre, l’appui de son service communication, ses infrastructures, etc. Il reste pas mal de travail à réaliser mais nous avons de notre coté déjà sondé le monde des engins, des kites, des planches et des moths, et constitué une mailing list de potentiels participants. Nous avons un nom, un logo (qui sera modifié pour inclure l’ENVSN). François a démarché un bon nombre de partenaires pour obtenir des lots. Forward se propose de réaliser des lycras, Valère Caneri un teaser et la vidéo officielle de la rencontre. Nous ne partons pas d’une feuille blanche. Les boites mails vont surchauffer (en quantité de mail et certaines fois en contenu !), pour enfin arriver à ce que tout le monde se retrouve sur le très beau site de l’ENVSN le 12 juin.

Eric Flageul – F Monsonnec 06-15

Eric Flageul – F Monsonnec 06-15

2 – Le site

Sept hectares de nature, parfaitement situés dans la baie de Quiberon. Les coureurs ont pu apprécier la plage en forme d’amphithéâtre, la cale en béton, les infrastructures de l’école, hangar, grue, hébergement, restauration… Voila pourquoi une grande partie de l’élite olympique, et pas seulement, s’entraine à l’ENVSN.

Le matos sort des véhicules – B Gahagnon 06-15

Le matos sort des véhicules – B Gahagnon 06-15

3 – Les participants

Cette semaine affoilante a vu arriver 26 « foilistes » dont certains comme Philippe Caneri et son frère Valère ainsi que Bob Fisher (Class A) depuis le grand sud. Bruno André de AHD Tridenn est arrivé en force avec entre autre Diony Guadagnido du Venezuela. Nous avions aussi sur l’eau Nicolas Parlier (Champion du Monde de kitefoil) et Kévin Festocq (Champion du Monde de Windsurf en 2006).

Philippe Caneri avec un peu de matos – F Monsonnec 06-15

Philippe Caneri avec un peu de matos – F Monsonnec 06-15

Les foils du cata de Bob Fischer – F Monsonnec 06-15

Les foils du cata de Bob Fischer – F Monsonnec 06-15

Foil Loké composites – F Monsonnec 06-15

Foil Loké composites – F Monsonnec 06-15

4 – Exposants

Le site de l’ENVSN accueillait 8 exposants :

  • Tridenn AHD et son AFS1 (Bruno André et son team), en windfoil
  • HORUE (Philippe Caneri, Valère de Horue Movie Vidéo) en kitefoil et windfoil
  • LOKÉ Composite (Kevin Festocq, Loig Peigné), en windfoil et kitefoil
  • Severin Caillez présentait l’hydrofoil à propulsion musculaire « Aquaskipper » (lien US)
  • Forwards Wip (qui a réalisé le lycra de LSA) pour ses équipements sportifs et des kitefoils
  • Magrard Innovation (Patrice, Bernard…) présentait leur cata à hydrofoil avec voile inclinées
  • Ker Foil en Kitefoil
  • Serise Foils (Arnaud Sourisse) en windfoil
Le stand AHD Tridenn – Photo B Gahagnon 06-15

Le stand AHD Tridenn – Photo B Gahagnon 06-15

Kerfoil – Photo B Gahagnon 06-15

Kerfoil – Photo B Gahagnon 06-15

5 – L’ambiance

Nous souhaitions que les participants puissent naviguer et échanger de manière conviviale autour d’une même passion, je crois que nous pouvons dire que l’objectif a été atteint. Il n’y avait aucune concurrence entre les classes. Le kitefoil est le plus rapide, c’est un fait, mais chaque classe à ses aficionados ! Que ce soit sur la plage, pendant la soirée crêpe AHD, les briefings, la table ronde… kiteux, plancheux, accro. des engins, tout ce petit monde à pu « causer foils » en toute simplicité. Courbure, rigidité des mats (jambe de force pour les engins), winglets ou pas de winglet ? Les discussions étaient passionnantes, cordiales… Patrice Magnard et son équipe, venue sans Voilavion bloqué au soleil, présentait une maquette de leur concept de voile inclinée. Ils ont profité de la rencontre pour travailler sur le futur avec l’architecte Philippe Roulin… Dommage qu’aucun mothiste n’a pu se libérer. Le public a pu observer les différents supports sur l’eau et à terre, assister à des essais d’Aquaskipper (hydrofoil à propulsion musculaire), à du kitefoil tracté…

F Lys et P Magnard au briefing – F Monsonnec 06-15

F Lys et P Magnard au briefing – F Monsonnec 06-15

Kitefoil tracté – F Monsonnec 06-15

Kitefoil tracté – F Monsonnec 06-15

6 – La semaine affoilante, jour par jour

Vendredi
Nous avions prévus plusieurs types d’épreuves, runs, triangles, raids… Les équipes de l’ENVSN se sont parfaitement adaptées aux conditions météo. Nous avons pu lancer dès le vendredi des runs sur 500m. Ils se sont révélés être les meilleurs de ce rendez-vous ! Vent d’ouest de 12-13 nœuds (encore un peu faible), une mer plate et une température ambiante de 21°C. Et enfin, après de nombreuses années sans ce mélange des genres, il y avait sur l’eau des supports très différents mais tous à foils et au dessus de l’eau.

Loisirs 3000 préparation aux runs – B Gahagnon 06-15

Loisirs 3000 préparation aux runs – B Gahagnon 06-15

Trifoiler mise à l’eau – F Monsonnec 06-15

Trifoiler 64 et ses nouvelles voiles,  mise à l’eau – F Monsonnec 06-15

Samedi
Une nouvelle fois l’organisation a dû s’adapter aux conditions météo. Le matin, une partie des participants a profité des Stand Up Paddle de l’ENVSN alors que l’autre s’est réunie pour une table ronde avec pour sujet « 1913 – 2013 Un siècle d’hydrofoil à voile »… L’après-midi, faute de vent, une navigation libre a été proposée. Severin Caillez, qui était venu avec deux Aquaskippers, a animé la plage avec des essais et une « compétition » entre Philippe Caneri et Nicolas Parlier ! Le vent s’est levé à 18h permettant aux kitefoils, windfoils et engins de s’élancer sur un parcours mis en place par l’ENVSN.

Essai d’Aquaskipper – F Monsonnec 06-15

Essai d’Aquaskipper – F Monsonnec 06-15

Kevin Festock (Loké composites) essaye une AFS1 ! – F Monsonnec 06-15

Kevin Festock (Loké) essaye une AFS1 ! – F Monsonnec 06-15

Dimanche
Une nouvelle fois le briefing météo (par Claire Denomazy) du début de journée indiquait des conditions peu favorables. Malgré un vent faible, quelques kitefoils, windfoils et Class A ont choisi d’aller tester les « runs ». En kitefoil Remy Grivard avec un vent de 6 nœuds a atteint 22 nœuds. Malheureusement, les quelques nœuds de vent présents dans la matinée ont « mollis ». La Semaine Affoilante a donc été clôturée à 14h00. A 16h00 a eu lieu la remise des prix pour remercier et féliciter tous les participants, les bénévoles, exposants, partenaires et organisateurs. Grâce à la générosité de nos partenaires, chaque coureur a reçu un ensemble de cadeaux et les 3 premiers de chaque catégorie des lots plus conséquents. Le matin, nous blaguions avec Eric Flageul sur le fait que le vent allait sûrement monter une fois les engins à terre et passés au jet, et bien c’est presque ce qui s’est passé ! Le dimanche soir le vent est monté et les exposants en windfoil on pu proposer une séance d’essai mémorable a tous ceux qui en rêvaient….

Raphaël Censier– F Monsonnec 06-15

Raphaël Censier et les safrans de son Class A – F Monsonnec 06-15

Lundi et Mardi
L’ENVSN avait mis son site à la disposition des coureurs qui souhaitaient réaliser des navigations libres. Malheureusement la météo fut tout aussi capricieuse ! Mais après un changement de monture, du Trifoiler au Mystère, une partie du Team LSA a pu « découper » la baie avec les foils en V dessinés et réalisés par Maurice Gahagnon.

Le mystère ronge son frein – F Monsonnec 06-15

Le mystère ronge son frein – F Monsonnec 06-15

7 – Résultats

Vitesses moyenne sur 500m obtenues lors des runs du 12 juin par 8 à 11 nœuds de vent et du 14 juin par 3 à 7 nœuds de vent (à 100° du vent).

LSA tableau récap résultats - F Monsonnec 06-15

8 – Images

Voici une compilation de photos prises par Michel Bazile, Philippe Juhel de l’ENVSN

Plus d’images sur la galerie photo de l’ENVSN
D’autres vidéos sur la page Facebook de l’évènement

9 – Remerciements

Avant tout aux participants
Merci d’avoir répondu présent à notre invitation à « La semaine affoilante ». C’est surtout grâce à vous, premiers participants à ce rendez-vous, que cet évènement a pu avoir lieu.

Les participants et les organisateurs – F Monsonnec 06-15

Les participants et organisateurs – F Monsonnec 06-15

A l’équipe de l’ENVSN
Eric Flageul coordonnateur de ce projet pour l’ENVSN, Mathilde Le Floch à la communication, Jeff (qui a ouvert son atelier pour réaliser la réparation de la barre de liaison du Trifoiler), Claire Denomazy pour ses briefings météo, à tous ceux qui sur l’eau comme à terre se sont démenés avec le sourire, Michel Bazile, Philippe Juhel, Claire Denomazy, Florence Lebrun…

Atelier strat réparation d’urgence – F Monsonnec 06-15

Atelier strat réparation d’urgence – F Monsonnec 06-15

Un briefing météo de Claire Denomazy– F Monsonnec 06-15

Un briefing météo de Claire Denomazy– F Monsonnec 06-15

A nos partenaires

Valère Caneri, auteur du teaser et de la « vidéo officielle » - F Monsonnec 06-15

Valère Caneri, auteur du teaser et de la « vidéo officielle » – F Monsonnec 06-15

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10 –La suite

L’ENVSN pense déjà à 2016… C’est vrai que ce type d’épreuve permet au public de découvrir des supports impressionnants, aux coureurs de participer à une rencontre moins fondamentale que les compétitions de chaque classe, donc plus appropriée aux échanges…
Malgré ce tableau positif, nous avons listé plusieurs améliorations à apporter à l’organisation et au programme de ce type d’évènement ! Nous avons déjà à l’esprit ce que pourrait être « La semaine affoilante » 2016…
Encore merci à ceux qui ont cru à cet évènement !


La semaine affoilante, c’est parti !

12 juin 2015

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LSA 12-06-15 - photo P Juhel ENVSN

LSA 12-06-15 – photo P Juhel ENVSN

Pendant les quelques jours que va durée cette « Semaine affoilante », je vous donne rendez-vous sur la page Facebook de l’événement ou vous découvrirez, entre autre, les commentaires et les photos postées par Mathilde le Floch de l’ENVSN (laissons faire les pro.). Mais aussi sur la galerie photo de l’ENVSN et enfin sur Ridermatch ( cliquez sur les logos)…

Le facebook La semaine affoilante / ENVSN

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La galerie photo de l’ENVSN

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La semaine affoilante / ENVSN, J -3 !

9 juin 2015

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Si vous êtes lecteur régulier de Foilers, vous ne pouvez pas ne pas savoir que d’ici quelques jours aura lieu une rencontre d’engins à foils à l’ENVSN à Saint pierre Quiberon (12, 13 et 14 juin avec possibilité de dépassement les 15 et 16).

Les participants

Voici, selon toute vraisemblance, les forces en présence lors de cette rencontre (au 08 juin).
Les inscriptions ne sont pas clôturées et de nouveaux noms peuvent venir s’ajouter à cette liste de participants.

  • Rémy GRIVART Kitefoil
  • Marc KERSAUDY Kitefoil
  • Clément REMY Kitefoil
  • Christophe MARIN Kitefoil
  • Marc BENOIT Kitefoil
  • Arnaud SOURISSE Kitefoil
  • Philippe CANERI Windsurf foil / Kitefoil
  • Bruno ANDRE Windsurf foil
  • Joël CARRIERE Windsurf foil
  • Diony GUADAGNINO Windsurf foil
  • Sylvain HERNIGOU Windsurf foil
  • Kévin FESTOQ Windsurf foil
  • Yann KERMOAL Windsurf foil
  • Arnaud BOULAY Windsurf foil
  • François LYS Trifoiler et F18 foiler
  • Maurice GAHAGNON Tripode prototype
  • François BOUJARD Classe A DNA
  • Raphaël CENSIER Classe A
  • Robert FISCHER A cat

Les exposants

Passionnés de foils, et désireux de voir d’un peu plus près différents types de supports, l’ENVSN sera ouverte au public, vous pourrez donc découvrir les foils des inscrits et plusieurs exposants.

Le programme

Vendredi 12

  • 9h – 12h Accueil et installation des exposants
  • 12h-13h Repas
  • 13h30 Ouverture de La Semaine Affoilante
    Présentation de l’équipe LSA ENVSN
    Briefing météo (Claire Denomazy) et de l’orga. nautique du jour
  • 14h Ouverture des essais et démonstrations.
    Interviews (organisées par Michel Bazile et Philippe Juhel)
  • 17h30 Clôture des essais
  • 18h30 – 19h30 Apéritif offert par Tridenn
  • 19h30 – 20h Repas

Samedi 13

  • 7h45 – 9h Petit déjeuner
  • 9h – 10h Accueil des coureurs
  • 10h – 10h30 Briefing météo et de l’orga. nautique du jour
  • 11h – 18h Ouverture des essais constructeurs / Challenge sportif
    Interviews (organisées par Michel Bazile et Philippe Juhel)
  • 19h – 20h Repas
  • 20h et plus Cocktail offert au Bigorn’eau

Dimanche 14

  • 7h45 – 9h Petit déjeuner
  • 9h30 à 10h Briefing météo (Claire Denomazy) et de l’orga. du jour
    Interviews (organisées par Michel Bazile et Philippe Juhel)
  • 10h – 16h Ouverture des essais / Challenge sportif
  • 17h – 18h30 Clôture de la Semaine Affoilante
  • 19h30 – 20h Repas

Prolongations Lundi 15 juin et Mardi 16 juin

  • 7h45 – 9h Petit déjeuner
  • 9h30 – 10h Briefing organisation du jour (Florence Lebrun)
  • 10h – 17h Navigations et essais libre
  • 19h30 – 20h Repas

 

Nous espérons que la météo sera de la partie et vous voir nombreux à l’ENVSN… A bientôt sur place et sur Foilers…

 

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Dernier bord avant « La semaine affoilante »

22 mai 2015

Logo La semaine affoilante-ENVSN - F Monsonnec 31-03-15 mediumPlus qu’un peu plus d’une semaine pour vous inscrire à « La semaine affoilante » qui aura lieu les 12, 13 et 14 juin (avec possibilité de dépassement les 15 et 16) ! En effet, la clôture des inscriptions est prévue le 31 mai.

Cette rencontre co-organisée par le « team LSA » et l’ENVSN se déroulera sur le superbe site de l’ENVSN à Saint Pierre Quiberon. Au cœur d’un parc de 7 hectares, l’ENVSN bénéficie d’un environnement unique. Possibilité d’hébergement, de restauration, mise à l’eau de qualité… c’est l’endroit rêvé pour foiler.

Seront présents des tri, cata, tripode… kites, moths et planches à foils. De très bons moments en perspective pour naviguer et échanger entre passionnés.

En kitefoil et planches à foils, certaines « écuries » seront présentes : AHD-Tridenn (Bruno André), Horue (Philippe Caneri), Loké composites (Kevin Festock)…

Valère Caneri, de Horue Movie Production fera le déplacement pour réaliser, comme à son habitude, de très belles vidéos. C’est déjà lui qui a signé le teaser de la rencontre.

Rémi Finiel, de Forward WIP (protections en navigation), nous a concocté un très beau lycra aux couleurs de la rencontre.

Lycra Affoilante Prop - test mod V1 30-04-15

Brice Lemetais et l’équipe de Ridersmatch  (site d’information sports extrêmes) rendrons compte, au jour le jour, du déroulement de cet évènement et mettront en ligne les vidéos.

Nos partenaires, La belle Iloise, Harken, Nautix, FSE Robline, AHD-Tridenn, Helly Hansen nous soutiennent et ont prévus des cadeaux pour les participants.

Vous n’êtes pas encore inscrit ?
Il est encore temps de vous pré-inscrire, ou poser vos questions, à l’adresse suivante :
semaine.affoilante@gmail.com

Et bien entendu de transformer votre préinscription en inscription pour ceux qui sont passés par la « case G mail »!

A bientôt
Le team LSA / ENVSN

 

Plus de détails sur ce rendez-vous ?

  • Notre page Facebook
  • N’hésitez pas à télécharger la notice d’information sur le lien suivant :logo-pdf-telech

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La Semaine Affoilante/ENVSN pré-inscriptions

22 avril 2015

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Vous êtes propriétaire d’un Kite, d’une planche, d’un Moth, d’un cata ou d’un trimaran à foils ?

Vous souhaitez naviguer, échanger avec d’autres passionnés d’engins volants… ?

La semaine affoilante/ENVSN est le rendez-vous incontournable.
Alors n’oubliez pas de vous pré-inscrire à l’adresse ci-dessous, nous vous ferons suivre votre bulletin d’inscription.
semaine.affoilante@gmail.com

Vous souhaitez obtenir plus de détails sur ce rendez-vous ?
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Sans oublier notre page Facebook et le teaser LSA/ENVSN.

A bientôt sur l’eau
LSA/ENVSN

 

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La Semaine Affoilante – ENVSN

7 avril 2015

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 Le teaser par Horue Movie Production

C’est avec grand plaisir que le « team LSA » et l’équipe de l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques (ENVSN) peuvent enfin vous annoncer que La semaine affoilante – ENVSN aura lieu les 12, 13 et 14 juin sur le site nautique exceptionnel de la Baie de Quiberon (prolongation possible les 15 et 16).

Le site de l’ENVSN à Saint Pierre Quiberon

Le site de l’ENVSN à Saint Pierre Quiberon

Cette rencontre est le fruit de la co-organisation du « team LSA » et de l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques.
Ce rendez-vous est uniquement et spécialement dédié aux engins navigants sur foils. Kites, planches, Moths équipés de foils, catamarans et multicoques sont les bienvenus. Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’événement national de la 16ième édition de « La fête du nautisme ».

La semaine affoilante – ENVSN

Dates

Du 12 au 14 juin, possibilité de montage le 11 pour les engins et prolongation possible les 15 et 16 juin sans le concours du personnel de l’ENVSN (démontage, réalisation d’images…).

Nos objectifs

  • Rassembler les concepteurs, constructeurs et distributeurs d’engins à foil.
  • Favoriser les échanges entre les professionnels et leurs clients potentiels.
  • Valoriser son savoir faire auprès du public et durant des interviews produites par l’ENVSN.
  • Donner un coup de projecteur médiatique sur nos pratiques.
  • Rassembler les pratiquants de différents supports à hydrofoils autour d’une même passion le temps d’une « courte semaine » conviviale et sportive.
  • Organiser un challenge sportif, run chronométré de 500m, record de traversée de Baie de Quiberon… (format en cours de validation et fonction des conditions météo.).

Le site de l’ENVSN

  • Un plan d’eau qui bénéficie de vents de secteurs sud ouest à nord ouest et d’une mer plate.
  • Une base exceptionnelle facilitant le montage des bateaux, leur mise à l’eau et le séjour des équipages (restauration et hébergement).
  • Un site ouvert au public (pour l’occasion) permettant d’offrir un spectacle de qualité.
  • Un parking à proximité de la mise l’eau pour les professionnels exposants.

Le programme indicatif

Programme révisable au jour le jour.

Vendredi 12 juin

  • Matinée :
    Accueil des professionnels
  • Après midi :
    Ouverture des essais constructeurs

Samedi 13 juin

  • Matinée :
    Navigation libre
  • Après-midi :
    Run ou record de Baie en fonction des conditions météo
    Ouverture des essais en début d’après midi
    Soirée : apéritif d’ouverture du week-end

Dimanche 14 juin

  • Matinée :
    Navigation libre
  • Après midi :
    Run ou record de Baie en fonction des conditions
    Ouverture des essais en début d’après midi
    Clôture et remise

Des ateliers de réveil musculaires, des breifing météo et les rencontres de passionnés feront de cet événement une rencontre inoubliable.

Vous êtes intéressés ?

N’hésitez pas à vous « préinscrire » sur Foilers ou à l’adresse suivante : semaine.affoilante@gmail.com

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Des hydroptères hauturiers ?

29 mars 2015

Cet article de Daniel Charles, est le second d’une série de trois sur les hydroptères hauturiers (Volet 1)

Durant longtemps, la seule raison d’être des hydrofoils à voile fut de voler -pas d’aller quelque part. L’incroyable sensation d’être soulevé hors de l’eau, de naviguer sur le fil du rasoir… c’était stupéfiant, addictif ! Il n’y avait rien de pareil ! Seule une élite connaissait cela ! A Weymouth ou à Brest dans les années 1970-80, ceux qui avaient sacrifié tant d’heures dans l’espoir de connaître cette éphémère bouffée d’adrénaline étaient des gens à part: pour voler en hydrofoil à voile, il fallait non seulement en avoir dans la culotte, mais aussi dans le ciboulot, ce n’était pas donné à tout le monde, allez ! La preuve : le premier à s’être ainsi envoyé en l’air, Robert Gilruth, travaillait à la Naca avant de terminer sa carrière comme patron de la navette spatiale… Aah, voler sur foils…, c’était tellement extra-ordinaire que ce pied de nez à Archimède et Newton se suffisait à lui-même. L’horizon des foileux n’allait pas au-delà des 500m du record de vitesse à la voile, personne n’imaginait sérieusement aller se balader au-delà de l’horizon géographique (le vrai).

Catafoil de Bob Gilruth – extrait livre Sailing Hydrofoil

Catafoil de Bob Gilruth – extrait livre Sailing Hydrofoil

Certes, Williwaw avait prouvé que l’on pouvait amener un hydrofoil très loin –mais la vitesse moyenne de ce trimaran volant de 9,75m avait été inférieure à 6 nœuds (Note 1). A partir de 1979 et Paul Ricard, on a vu une série de trimarans stabilisés par foils –mais eux ont vu les tableaux arrière des meilleurs bateaux archimédiens. En mai 2002, à Dournenez, par 15-20 nœuds de vent, l’Hydroptère régata pour la première fois contre les tris de 60’ de la défunte classe ORMA ; le « voilier volant » termina le parcours en 1h 31m 39s ; le vainqueur (le trimaran Bonduelle) avait gagné en 45m 15s, soit… moins de la moitié du temps ! Dont acte : après 63 ans d’essais (1939-2002) les hydroptères à voiles étaient juste bons (mais alors très bons !) pour s’envoyer en l’air, et pas pour régater (Note 2) ni pour aller quelque part et encore moins affronter les vagues du Grand Sud.

Notes :
1 – C’était à peu près la même moyenne que celle du monocoque Pen Duick V dans la Transpac. Les voiliers allaient lentement, alors !
2 – Un Moth avec des foils latéraux perçant la surface avait bien gagné une des manches du championnat du monde en 2001, mais comme il s’assimilait à un multicoque il fut déclaré illégal.

Telle était la situation il y a treize ans. Ce n’est rien treize ans, un battement de paupières de l’histoire, la durée de vie d’une mouette, moins de la moitié de celle d’un crapaud commun…

L’Hydroptère Douarnenez – F Monsonnec 2002

L’Hydroptère Douarnenez – F Monsonnec 2002

Un miracle peut en cacher un autre

Pour voler, il fallait créer de la portance, et l’on chercha à la maximiser, en sélectionnant des sections d’ailes particulièrement porteuses à 6, 7, 8° d’incidence. Il y a seulement dix ans, les Moths à foils tandem adoptaient encore une assiette longitudinale aussi angulée (Note 3) … jusqu’à ce que les exigences de la compétition et la cruauté des palmarès rappellent une vérité que tout le monde connaissait, dont la réalité physique avait été prouvée avant même que Gilruth se hisse sur ses premiers foils. Pour voler il fallait certes créer de la portance, mais pour voler bien il faut minimiser la traînée. Et profiter d’un autre miracle, connut de tous, mais dont l’ivresse du vol avait caché l’importance.

Note :
3 – L’angulation du foil par rapport à la coque était proche de zéro, donc on cabrait tout le bateau de 4-6°.

Ce miracle, c’est qu’aux faibles angles d’incidence la portance est gratuite. Elle ne coûte rien ! Nada ! Zilch ! Jusqu’à, disons, 3 à 7° d’angle d’incidence selon le profil, la vitesse est transformée en portance sans que la traînée n’augmente (Note 4). Par contre, au-delà de cet angle critique c’est le coup de bambou, le matraquage en règle, l’assommoir : la traînée augmente alors beaucoup plus vite que la portance. La courbe portance/traînée, qui définit l’efficacité du profil en fonction de l’angle d’incidence, ressemble à la moitié d’un seau, un fond plat puis un flanc qui remonte brutalement. En conséquence les aérodynamiciens ont appelé cette portion de courbe « lift-drag bucket », le seau portance-traînée. Comme on le voit dans la figure ci-dessous, tous les profils ne sont pas égaux : certains ont un « seau » bien plus marqué que d’autres, inexistant sur un profil Naca 2415 alors qu’il s’étend de 0 à 7° sur un Naca 66-415. Pour voler bien, il faut impérativement rester au fond du seau.

Note :
4 – A part, bien sûr, la résistance de friction, qui augmente linéairement avec la vitesse.

Exemple de seau sur Naca 66-415

Exemple de seau sur Naca 66-415

Hélas, rester dans cette fourchette étroite n’était pas possible. Je me souviens d’un bord de près à la Petite Coupe de l’America en 1987 (bien avant les foils) : The Edge, futur vainqueur, fonçait à 19 nds en baie de Melbourne dans un mètre de creux (Note 5), et à vue de nez le Classe C tanguait de plus et moins 12°. Une amplitude de 24° ! Trois fois les 7° nécessaires pour rester au fond du seau ! C’était ça le monde réel, et à son entrée il y avait un écriteau annonçant : « Foileux qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

Note :
5 – Christian Février et moi nous trouvions sur un tout petit canot à moteur, et nous avions manqué couler

The Edge Class AUS – photo Christian Février

The Edge Class AUS – photo Christian Février

John Ilett et sa baguette magique

Il aurait fallut varier l’angle d’incidence dix, vingt fois par seconde : humainement impossible (et de toute façon les hydrofoils n’étaient bons qu’à voler, même pas a battre des records de vitesse (Note 6), alors pourquoi s’en faire ?).

Une solution avait bien été inventée bien loin de la mer par un type du Middlewest, un certain Gordon Baker mort depuis, ses expériences de 1957 étaient tellement mal connues que le premier journaliste à aller les voir ne l’avait fait qu’en 1981, et on n’allait pas croire ce dernier vu que c’était un belge un peu cinglé (pléonasme) qui dessinait des praos… Un journaliste ne suffisait pas pour révéler la magie. Pour cela, il fallait un magicien, un sorcier.

Note
6- Le premiers records officiels datent de 1972, et il fallut attendre 37 ans pour qu’en 2009 un bateau (L’hydroptère) complètement supporté par foils établisse un record sur 500m toutes catégories. Trente-sept ans…

Le sorcier John Ilett –montage D Charles mars 2015

Le sorcier John Ilett –montage D Charles mars 2015

Celui-ci apparut durant les premières années du XXIème siècle équipé comme il se doit d’une véritable baguette magique. J’imagine que les Perthiens et les Perthiennes finiront par lui élever un monument dans Herdsman Park à Perth (Western Australia). On y découvrira leur compatriote John Ilett, sculpté en fibre de carbone, terrassant d’un pied foilé Archimède impuissant sous la baguette du Maître. Ce sera fort joli.

Moth Katana de Nicolas Bessec – F Monsonnec juillet 2010

Moth Katana de Nicolas Bessec – F Monsonnec juillet 2010

  • L’invention de John Ilett était (comme toutes les inventions) un assemblage nouveau de techniques et connaissance anciennes.
  • De toute une série d’expérimentateurs Ilett reprenait l’idée d’un foil arrière sous le safran, dont le barreur pouvait régler l’incidence et, de là, l’assiette longitudinale du bateau.
  • De Christopher Hook il reprenait l’idée du palpeur de surface, mais en remplaçant les patins par une mince baguette articulée à l’étrave, ce qui économisait un paquet de traînée.
  • Cette baguette (wand) commandait le volet de bord de fuite du foil central, sous le centre de gravité.
  • Dans le passé, le foil arrière commandait la portance en changeant l’assiette du bateau ; il fallait donc combattre l’inertie de l’ensemble ; John Ilett, en variant la portance directement sur le foil principal, rendait les corrections plus rapides et de moindre amplitude, avec moins de traînée.
  • Le dernier apport de John Ilett innovait par soustraction : il retirait aux vieux foils leur fonctions antidérive et stabilisatrice. Dès les premiers Moths volants, le barreur apportait la stabilité ; les supports verticaux des deux foils en tandem servaient de plan antidérive ; les deux foils en tandem n’avaient plus qu’à fournir la portance verticale (Note 7).

Note :
7 – Je simplifie ; au près, les Moths avancent avec une contregîte marquée de manière à ce que la portance du foil contribue également à lutter contre la dérive. Cela permet de limiter la taille et l’angle d’incidence du montant vertical supportant le foil central et agissant comme dérive. Cette réduction de surface est évidemment payante aux autres allures.

Hydrofins C Hook - Life 5-06-1950

Hydrofins C Hook – Life 5-06-1950

Toutes ces innovations entraînaient une révolution. En mars 2014, Ned Goss sur un Moth Mach 2 a maintenu durant 10 secondes 35,9 nds, avec une pointe à 36,5 nds (Note 8). Quand on pense que ces vitesses sont atteintes avec seulement 2,2 fois la surface de voilure d’un Optimist, on ressent un certain vertige…

Note :
8 – Sailing Anarchy, 14 mars 2014

Evolution de la forme des foils de Moth – Bruce McLeod

Evolution de la forme des foils de Moth – Bruce McLeod

Evolution

Depuis dix ans, les foils de Moths ont évolué dans deux directions. D’une part, l’envergure a augmenté, pour diminuer la traînée (Note 9). D’autre part, on s’est orienté vers des foils plus épais ce qui permet, à traînée et portance égales, d’augmenter l’inertie de la section et de réduire le poids (Note 10). On remarque sur la figure page suivante (qui ne tient pas compte de la portance) combien le drag bucket de l’Ilett Square (Fastacraft v1) est visible.

Notes :
9 – Les trois illustrations de ce paragraphe sont dues à Bruce McLeod à http://www.teknologika.com/mothblog/the-evolution-of-moth-main-hydrofoils/
10 – Les profils adoptés s’apparentent à des profils d’ailes supercritiques (poursuivant des objectifs structurels similaires, entre autres). En plus, les profils supercritiques d’avions visent à étaler le pic de l’onde de choc aux vitesses transsoniques, un problème qui ne concerne évidemment pas les Moths. On peut s’interroger sur le gain de traînée possible avec une aile complètement mobile sans volet, et un joint déformable en élastomère lisse entre le montant vertical et le foil ; cela impliquerait cependant d’adopter des profils avec un centre de poussée variant très peu avec l’angle d’incidence.

Portance et trainée foils Ilet square/Ilet Tapered / Bladerider – Bruce McLeod

Portance et trainée foils Ilet square/Ilet Tapered / Bladerider – Bruce McLeod

 

Profils NACA 63-412 et Blaserider – Bruce McLeod

Profils NACA 63-412 et Blaserider – Bruce McLeod

On remarquera que la surface du foil a peu changée ; par contre la tendance vise clairement à obtenir le plus grand allongement possible.

Il me semble (mais je peux me tromper) qu’au fil des années, la baguette de Mr Ilett s’est inclinée graduellement, diminuant la distance entre le palpeur et le foil, sans doute pour que le point de mesure soit le plus proche possible du foil. Si c’est bien le cas, cela augurerait mal des possibilités de cette méthode de palpage d’extrapolation dans les plus grandes tailles.

Quoiqu’il en soit, l’une des caractéristiques les plus étonnantes des Moths à foils est leur garde au sol très élevée, de l’ordre de 10-12 % de la longueur de coque (à peu près le double d’un AC 72). La garde au sol est évidemment une donnée cruciale dans l’hypothèse d’un hydroptère hauturier.

Bon et après ?

Le Moth est évidemment un cas atypique. Le poids de l’équipage (voué à la stabilité) y représente 60% du poids total : non seulement son apport à la stabilité est formidable mais encore l’inertie des poids du bateau en devient relativement négligeable. Le gréement (mât, voile, gréement) n’entre que pour 7% dans le poids total, alors qu’il est près du double dans un tri de 60’. Ces différences de proportions peuvent complètement changer les données du problème dans une mer formée, où l’influence d’un poids dans les hauts augmente comme le cube de la distance depuis le centre de gravité.

Moth à foils – photo James Boyd

Moth à foils – photo James Boyd

Ne peut-on envisager un super-, voire un hyper-Moth comme on construisit dans les années 1950 un « Star x 3 » (Note 11)? Hahaha. Il y en aura toujours pour imaginer un bateau hauturier dont la stabilité serait assurée par les déplacements instantanés d’un équipage dont la force herculéenne (zé-inextinguible) réglera au quart de seconde le réglage des voiles. Pourquoi pas ? Il y a même des convaincus de la planéité de la terre (Note 12)! Cependant, les plus réalistes ne se satisferont pas de ces chimères. « On ne peut pas extrapoler du petit vers le plus grand, parce que de nombreux systèmes qui fonctionnent en petite taille ne fonctionnent pas en taille plus grande », écrivait déjà Galilée en 1638 (Note 13). Il y a un truc qui s’appelle l’effet d’échelle, qui fait que si l’on double une longueur, la voilure sera multipliée par quatre (normal, c’est une surface) et le volume, donc le poids, par huit (23). On ne peut donc extrapoler un Moth à 60 pieds (x5,45), parce qu’avec l’effet d’échelle le rapport poids puissance passerait d’un excellent 57m²/T à un misérable 10,5m²/T (Note 14) ! C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir un rapport poids-puissance égal à celui des meilleurs racers d’aujourd’hui, on retomberait au niveau de leurs ancêtres des années 1965 : le Tina, plan Dick Carter et multiple vainqueur de la One Ton Cup, n’affichait que 12,8m²/T.

Notes :
11 – Il s’appelait Attila et s’empressa de mériter son nom, sauf que les dégâts concernaient sa structure et le portefeuille du propriétaire. Capable de faire 11-12 nœuds au près (dit-on), Attila se fit tout de même battre lors du Vive-Vire marseillais de 1961 par un 505. Attila avait été construit pour Albert Debarge, second au championnat du monde des Stars en 1957 (son équipier s’appelait Paul Elvström et son vainqueur Lowell North). Le noceur Debarge était un ami des rois de la nuit Castel et Barclay ; industriel pharmaceutique (il produisait la pilule anticonceptionnelle), il semble qu’il se soit diversifié dans la drogue ; il se suicida en novembre 1972, d’une balle dans le dos, dit-on. Le second propriétaire d’Attila, Jean Guichet, transforma l’incontrôlable sloop en ketch ; il appartint également au chanteur Sacha Distel avant de faire naufrage en Corse. Voilà : c’était ma minute culturelle.
12 – http://www.theflatearthsociety.org/cms/
13 – Galilée, dans « Discorsi e Dimostrazioni Matematiche, interno à due nuove Scienze ».
14 – Avec une échelle de 545%, la voilure (échelle au carré) n’aurait que 237m² alors que le déplacement se monterait (échelle au cube) à 22666 kg! D’accord, on réussirait sans doute à fabriquer un engin bien plus léger –mais même en divisant le poids par trois on resterait loin du compte : en dessous de 50m²/T autant rester au lit.

Ne nous y trompons pas, le rapport poids-puissance est capital. Si les vitesses ont triplé ou même quadruplé depuis 40 ans, c’est parce que le rapport poids-puissance faisait de même. Augmenter la vitesse impliquera d’une façon ou d’une autre d’augmenter aussi la puissance à poids égal.

Dont acte : la configuration du Moth à foil ne sera pas adoptée pour un hypothétique engin hauturier, mais on peut –on doit !- en retenir certains princi _ _…

…Ouais, bon, je sais bien, cela fait quelques paragraphes que vous vous demandez pourquoi je m’acharne sur les Moths, pourquoi (si je veux vraiment parler d’hydrofoils hauturiers) je ne mentionne pas les AC 72 et autres multicoques à foils, qui sont autrement plus pertinents et cetera… mais j’implore votre patience : même si cela n’en a pas l’air, je sais très bien où je vais. Courage ! Un peu de mystère n’a jamais tué de lecteur !

…on doit en retenir certains principes validés par les Moths, à savoir :

  • si l’on veut voler vite et bien, inutile d’envisager des foils en V ou en échelles, ou à faible allongement : il faut réduire la traînée ;
  • pour réduire la traînée il faut TOUJOURS rester au fond du seau portance-traînée ; en d’autres termes l’angle d’attaque du foil DOIT toujours rester faible (< 3 à 7°), ce qui implique IMPERATIVEMENT une incidence automatique ;
  • pour réduire la traînée il faut que la variation de la portance se fasse directement sur le foil, sans avoir à changer l’angle d’incidence de tout le bateau (qui impliquerait de vaincre l’inertie du bateau);
  • pour réduire la traînée, il faut séparer les rôles et ne demander qu’une seule chose à faire un foil (porter le bateau ou le stabiliser ou changer l’assiette : il faut choisir)
  • et (bien entendu) il faut réduire la traînée !

La question de la stabilité

On contestera que je fasse une césure entre portance et stabilité, enfin !, une portance est une portance, dans un monocoque Monsieur Archimède ne fait pas la différence entre une carène droite ou gîtée. Bien sûr –sauf qu’il nous faut rester au fond du seau ! Un foil chargé de la seule portance devra répondre aux sollicitations du tangage (Note 15) ; un autre en charge de la seule stabilité devra s’adapter aux variations de roulis et de couple de chavirement de la voilure. Or les périodes de roulis et de tangage sont très différentes : répondre à l’une dans les temps signifie que l’on sera à contretemps pour l’autre – et zou !, on aura quitté le fond du seau.

C’est pour cette raison que je crois la formule actuelle des catamarans à foils –AC 72, AC 45, GC 32, Classe C, Phantom…- inadaptée pour un hydrofoil hauturier : le foil sous le vent assurant toujours la portance comme la stabilité, il risque d’être constamment poussé hors du seau. En plus, l’on n’a pas besoin de deux foils arrières, ni de deux bras structuraux : l’architecture à deux coques ne se justifie pas vraiment dans ce cas là.

Note :
15 – Et du couple de cabanement de la voilure, j’y arrive…

GC32 AEZ- picture James Boyd

GC32 AEZ- picture James Boyd

Le problème du foil oublié

Il reste un foil dont nous n’avons pas parlé jusqu’ici, et que l’on a un peu tendance à oublier dans ce rôle: il s’agit du foil propulseur. La voilure est un foil comme les autres, avec ses exigences d’efficacité et ses effets sur l’ensemble du bateau.

On le sait, seule une faible portion de la portance générée par le foil « voilure » sert à la propulsion, le reste étant orienté latéralement pour faire dériver et gîter le bateau ; certains ont essayé, en orientant le foil « voilure » en diagonale, de transformer cette portance latérale en une portance verticale (c’est le cas sur Vestas Sailrocket 2 – Note 16). Tellement de gens se sont penchés sur cette question que je m’en vais la glisser sous le tapis… On ne va pas s’étendre sur de la philosophie avancée alors que nous avons devant nous une question de physique élémentaire : soit une voilure « verticale » normale ; le centre de voilure sera au-dessus du centre de gravité ; donc la composante latérale de sa portance provoquera un couple de chavirement. Tout le monde sait cela –mais la plupart des gens oublie que cela s’applique aussi à la portance longitudinale (propulsive) : puisque le centre de voilure est au-dessus du centre de gravité, il se crée à chaque augmentation de portance un couple de chavirement longitudinal, dit (horresco referens !) « couple de cabanement ». Aaargh ! C’est lui le méchant, le détestable, la plaie qui fait passer les multicoques cul par-dessus tête ! C’est le couple de cabanement qui mérite vos sifflets, vos huées, vos lazzis et vos boules puantes ! C’est pour combattre ce couple infernal qu’on a reculé les gréements et que la quête de mât est sortie de son purgatoire centenaire ! Et le pire, le vrai cauchemar, c’est que cette abomination fonctionne dans les deux sens.

Note :
16 – La solution d’un bateau monodrome (qui ne vire pas) comme Vestas Sailrocket 2, où la portance est en très grande partie assurée par l’effet de sol produit par sa poutre profilée, n’est pas envisageable sur un parcours hauturier, les vagues perturbant l’écoulement sur la poutre.

Projet de prao à foil et voile rigide inclinée – D Charles 1990

Projet de prao à foil et voile rigide inclinée – D Charles 1990

Notre cher brave vieux couple de chavirement transversal est, lui, à sens unique: la voilure pousse plus ou moins fort et –sauf conditions extrêmes- l’état de la mer n’a qu’une influence minimale. Au contraire, le pervers couple de cabanement s’intensifie si la portance de la voilure augmente ET si la traînée du bateau s’accroît (Note 17). Le bateau est freiné dans une vague mais la voilure pousse toujours et… pataplouf !

En d’autres termes, pour combattre le couple de cabanement, contrôler la portance de la voilure ne suffit pas : il faut aussi contrecarrer les variations de résistance à l’avancement du bateau… lesquelles, justement, caractérisent la progression d’un voilier dans une mer formée. Résoudre ce problème est donc LA condition sine qua non pour le succès d’hydroptères hauturiers.

Note :
17 – Bien entendu, l’inertie de chaque partie du bateau (qui augmente avec la distance du centre de gravité) ne fait qu’empirer la tendance au cumulet avant !

Asservir le couple infernal –mais comment ?

La baguette magique de Mr Ilett sert à moduler finement la portance d’un foil central dont la direction est présumée proche de la verticale. En ce qui concerne l’assiette longitudinale de tout le Moth à foils, il y a la portance du foil arrière (réglée par le barreur) et/ou la position de l’équipage (le barreur lui-même). Dans une mer formée, où la surface de référence de la baguette cesse d’être horizontale, une telle solution ne suffira pas pour rester au fond du seau.

Et là, soudain, j’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte. Tout ce que je raconte-là… mes imprécations à l’encontre du couple de cabanement… c’est une vieille barbe ! Tellement vieille que cette problématique-là fut à la base même du premier voilier hydroptère qui ait vraiment bien marché. Monitor a volé parfaitement au temps où les autos avaient encore des ailerons, le Mirage III n’avait pas encore décollé, et la moitié des ménages français n’avaient pas de lieu d’aisance dans leur lieu de vie. Pendant près d’un demi-siècle, Monitor est resté le seul hydrofoil à voiles à survoler les flots avec une stabilité de cuirassé, le seul à avoir vaincu clairement et sans appel le couple de cabanement. Comme par hasard, c’était aussi le seul à avoir fait de cette victoire une priorité, et à avoir pris le taureau par les cornes.

Avant Monitor, Gordon Baker -mentionné plus haut- avait testé un premier hydroptère sur lequel il s’était pris quelques pelles ; la tendance au crash-dive (le couple de cabanement augmente, le bateau pique du nez, l’incidence diminue, donc la portance, le bateau plonge, crash) l’avait interpellé à grand coups de flotte dans la tronche. Gordon Baker n’était pas amusé (Note 18). Il inventa donc (et breveta) un système pour mettre le couple de cabanement en échec.

Note :
18 – Le même genre de phénomène avait été vécu par Nat Herreshoff sur son premier catamaran, Amaryllis, ce qui l’avait conduit à imaginer ces étonnants catamarans articulés.

Monitor et son foil arrière régulé par les efforts du gréement – via Mariner Museum

Monitor et son foil arrière régulé par les efforts du gréement – via Mariner Museum

Schéma via « Monitor Hydrofoil Sailboat » - Niel C Lien

Schéma via « Monitor Hydrofoil Sailboat » – Niel C Lien

En pratique, le pied de mât est monté sur un axe transversal, et le gréement peut pivoter d’avant en arrière. Les étais sont reliés à une structure pivotante dans la coque. A cette structure sont connectés un ressort dont la tension est réglée par l’équipage, et une barre push-pull qui commande l’angulation du foil arrière. Supposons que la portance propulsive augmente : le mât pivote vers l’avant, entraîne (via la structure pivotante et la barre push-pull) une diminution de l’incidence du foil arrière, le bateau se cabre, la portance des foils avant augmentent, à ce moment le ressort atteint sa tension de référence et relie la traction du gréement au bateau, et… bateau vole ! Bien entendu, l’opération se fait par incréments minuscules, plusieurs fois par seconde. Par ce système il est impossible au couple de cabanement de déséquilibrer Monitor –mais ce n’est pas tout.

Imaginons qu’une grosse vague se présente. La résistance à l’avancement augmente…,
le bateau pique du nez…,
donc la portance du foil arrière diminue…,
donc la barre push-pull pousse sur la structure pivotante qui relâche le ressort qui laisse filer le mât, désaccouplant le moment de cabanement le temps que le bateau retrouve son équilibre.
Le système fonctionne donc dans les deux sens, comme le couple qu’il doit combattre.

Evidemment, le système mécanique de Baker pourrait être remplacé par un autre, électro/hydraulique par exemple. Qu’importe, tant que le crucial feedback voilure/ bateau est maintenu. Sans lui, je crains que l’hydrofoil hauturier reste un mirage.

Zutalor, v’la aut’chose !

Lors de la récente 5th High Performance Yacht Design Conference à Auckland, Burns Fallows (Note 19) a rappelé que, durant les trois ou quatre dernières décennies, les records de sprint en course à pieds ont baissé de 3%, ceux de cyclisme de 10%, mais ceux sur 500m à la voile ont été atomisés de 81%, et de 77% pour les 24h à la voile (Note 20). On pourrait se dire que cela va s’arrêter –mais pas du tout ! Sur le graphique ci-dessous, j’ai tracé, année après année, les records de vitesse sur 500m (échelle de gauche) et ceux sur 24h (échelle de droite). La tendance historique à long terme est franchement haussière même si à court et moyen terme il faut s’attendre à un plateau pendant quelques années (Note 21).

Notes :
19 – Directeur de North Sails
20 – Source: Keith Taylor dans Scuttlebutt #3288 – 11 March 2015
21 – On ne construit plus de multis géants comme Banque Populaire, et il faudra un sacré bond technologique pour dépasser Vestas Sailrocket 2.

Evolution des records sur 500m et 24h – D Charles mars 2015

Evolution des records sur 500m et 24h – D Charles mars 2015

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Donc on va devoir y passer, à l’hydrofoil à voile hauturier ! Et peut-être même y arrivera-t-on très vite. Il reste cependant un problème loin d’être réglé…

…Une année, Baker amena Monitor en baie de San Francisco. Dans le Golden Gate, sur un bateau aussi petit que Monitor (7,92m), la navigation peut être rude. Gordon Baker et Neil Lien affrontèrent des vagues de 1-1,2m, équivalentes à des creux de 2,5m pour un 60’ (mais avec une amplitude bien plus courte). Monitor restait im-per-tur-bable. Un vrai cuirassé ! Par contre ses correctifs de portance entraînaient des accélérations et décélérations verticales désastreuses pour les estomacs. Ce mal de mer là pourrait être autrement plus difficile à contrôler que les foils…

Daniel Charles
Mars 2015


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