Jeu « Foilers ! » 15

Jeu, le retour !

Voici un très bel et original engin, vous n’allez pas dire le contraire !

Jeu 15, qui a imaginé et réalisé cet engin ??

Oui mais qui est son géniteur ?

Je n’ose pas vous demander le nom de ce bateau !

Réponse :

Hydrocat de Patrick John Cudmore.

P. J. Cudmore est né et a grandi aux états unis (Dakota du Sud). Il a obtenu un baccalauréat en architecture en 1965 et une maîtrise en architecture de l’Université de Harvard en 1966. C’était un architecte, inventeur, écrivain et enseignant qui a déposé de très nombreux brevets : GV avec bord de fuite particulier améliorant les performances, boite/microscope permettant d’élever et d’observer des insectes, nichoir à oiseau design, capsule de jeu oscillante…

Ce bateau semble être le premier d’une série de 3 prototypes. Ces engins ont été réalisés de 1971 à 1985 ! Le bateau ci-dessus était peut être le second et semble avoir été réalisé en 1981. Avec cet engin, P. J. Cudmore souhaitait battre des records de vitesse mais aussi réaliser un bateau produit en série. Je pense qu’il a surtout battu un record d’originalité et d’esthétique.

Le dernier proto, était un prao, Seaflyer, qui mérite le détour ! Voici et des pages qui parlent de cet autre prototype.

P. J. Cudmore est décédé en 2001.

Voiles et Voiliers, « On a marché sur la mer » !

Le Voiles et voiliers du mois de juin nous propose, entre autre, un article de 10 pages sur les pionniers des hydrofoils !

Double page du Voiles et Voiliers du mois de juin sur les pionniers des hydrofoils

Un des auteurs est Christian Février. Christian est une légende de la photographie de marine et un journaliste mondialement connu. C’est un des fondateurs de Voiles & Voiliers. Il a établi le style novateur de ce magazine et participé à la réalisation de nombreux ouvrages.

Christian février au Golden Oldies Trophy de 2009 – photo F Monsonnec

Si Christian Février, est un des meilleurs photographes et journalistes de voile, c’est aussi par ce qu’il navigue depuis toujours. Dès 1954, il barrait un des premiers catamarans de série français (Le Véloce). Il faisait partie de l’équipage d’Esprit de Rueil lorsqu’il gagna le championnat du RORC en Classe 3 en 1967 et 1968 (et termina seconds en 1969). En 1968 et a couru la Twostar en 1981 avec Jean Yves Terlain sur le foiler Gautier II… !

Gautier II Twostar 1981 – photo http://www.bluegreenpictures.com

Il nous a fait découvrir les fabuleux catamarans ailés de la Petite Coupe de l’America et autres engins nés des mains expertes de Lindsay Cunningham (Yellow pages Endeavour…). Christian était le photographe officiel de Team New Zealand, le gagnant de la coupe en 1995 ! Enfin, il est membre du World Sailing Speed Record Council. Christian, que j’ai eu l’occasion de croiser puisque nous faisons partie de l’association Golden Oldies Multihulls, est un artiste mais aussi un sage !

Cet article nous fera découvrir ou redécouvrir Catafoil, le premier voilier volant, Monitor de Gordon Baker, Williwaw le premier foiler océanique, les réalisations de mon ami Claude Tisserand, l’hydrofoil testé par Eric Tabarly en 1976 (réalisé par Jean Garnault) et de nombreux autres engins ayant volés de 1941 à 1985…

Vous découvrez « Foilers » ?

Vous avez lu cet article dans V&V, il vous a donné envie d’en savoir un peu plus sur les hydrofoils? Voici quelques informations sur ce blog :

Ce blog a été créé par Philippe Guglielmetti qui a eu l’idée de développer ce lieu d’échange. Il a ensuite été rejoint par d’autres auteurs.

Vous trouverez dans la partie droite de ce blog, des raccourcis sur les Sujets abordés, les Bateaux et les Hommes, les Articles les plus consultés, un moteur de Recherche, les Archives (en bas de page)… Vous pouvez aussi visiter les pages FAQ, Les auteurs, Records, Références (boutons en haut de page).

Ce blog est ouvert à toutes les bonnes volontés, vous êtes passionnés, vous avez un point de vu sur les engins de vitesse avec ou sans hydrofoils, des « histoires » à raconter, nous sommes là pour vous aider à mettre en place des articles…

Bonnes visites

100 km/h à la voile, analyse de Daniel Charles

Daniel Charles, qu’ Eric Tabarly appelait « l’encyclopédie vivante de la plaisance », m’a très aimablement proposé d’utiliser une partie de son prochain article dans Yachting Sud et de l’éditer sur Foilers. Comment refuser ? Je vous laisse apprécier l’analyse de Daniel sur la dernière performance d’Alexandre Caizergues.

 

 

Yachting Sud numéro Septembre Octobre 2010

 

Le run du record en vidéo

Au coeur de l’action avec Alex. Caizergues

 

L’analyse de Daniel Charles

Le nouveau record du monde d’Alexandre Caizergues n’est pas un record du monde de plus, même si l’accélération dans ce domaine raréfié (+16% de vitesse en seulement neuf ans) attire l’attention. Ce qui rend ce record-ci tellement unique, tellement exceptionnel, c’est que pour la première fois dans l’histoire –l’histoire des bateaux, des transports, de l’humanité…- on a dépassé, à la voile, 100 km/h. Il y a seulement cent neuf ans, on saluait comme un prodige qu’une automobile ait dépassé ce chiffre symbolique… alors, faire de même à la voile… !

Quand j’étais ado –du temps où De Gaulle était encore président- atteindre 100 km/h à la voile était aussi possible, ou impossible, que l’antigravitation ou les voyages intersidéraux à vitesse supraluminique. Ce n’était même pas de la prospective ou de la science fiction : c’était du rêve pur. On n’avait pas la moindre idée comment y arriver. Bernard Smith publia en 1963 « The Forty Knots Sailboat », et il imaginait des dirigeables immenses gonflés à l’hélium, qui trempaient une dérive et un safran dans l’eau : cela semblait alors aussi futuriste et éloigné qu’avait du apparaître, en 1929,  le film de Fritz Lang « La femme dans la Lune »…

…Personne, d’ailleurs, ne s’intéressait alors aux records de vitesse : les premières tentatives officielles eurent lieu neuf ans après la publication du livre de Bernard Smith. Enfin…, l’auteur aura vécu assez longtemps pour vérifier combien ses prédictions étaient erronées (les 40 nœuds ont été dépassés par une planche à voile en 1988, et Bernard Smith est mort le 12 février dernier, à l’âge de 100 ans).

Les énormes dirigeables de Bernard Smith n’avaient vraiment rien en commun avec l’engin avec lequel Alexandre Caizergues à dépassé 100km/h. Et pourtant, ce dernier aurait pu être construit en 1963 : c’était techniquement réalisable, on avait tout ce qu’il fallait pour faire la même chose, ou la même chose à peine moins efficace ; c’était réalisable -mais c’était aussi impensable, inimaginable. Quand on rêvait alors à un voilier qui irait très vite, on pensait naturellement à un bateau alourdi par des siècles d’architecture navale, et des siècles de prudence : en 1963, la mer était une ennemie. On encerclait les cockpits de murailles (dix ans plus tard, Tabarly fera faire un vrai mur en aluminium pour protéger le barreur de Pen Duick VI des légendaires vagues du Grand Sud), on n’imaginait surtout pas faire le tour du monde avec des tableaux ouverts ; en voile légère, chavirer était une fatalité catastrophique –on naviguait encore sur dériveur en bottes et en cirés, le trapèze était souvent vu comme une acrobatie et le terme « glisse » ne s’appliquait encore qu’à la toile cirée, par à une conception du sport. On était tellement occupé à se protéger de la mer qu’on n’imaginait pas que, pour aller vite, il faudrait rentrer en symbiose avec elle ; et qu’il faudrait s’alléger de nos siècles d’habitudes.

…Comme il est opportun que ce record historique ait été établi à Luderitz, en bordure du désert de Namibie ! Car le dénuement  du paysage correspond à un record bâti sur l’abandon, sur le renoncement. Le kite-surf d’Alexandre Caizergues, est réduit à un homme, un cerf-volant, une plaque avec des foot-straps. Ce n’est plus que du rien avec de l’air autour. La coque ? Plus de coque. L’étrave ? Plus d’étrave –et plus d’avant ou d’arrière non plus, d’ailleurs, on décide qui est quoi. Le gouvernail ? Plus de gouvernail. La dérive ? Plus de dérive, on incline latéralement un ski de la taille d’une planche à roulettes. Le déplacement ? Ni lourd, ni léger : plus de déplacement du tout, adieu Newton et Archimède, on est suspendu à un crochet rivé au ciel. Le haubanage qui relie le gréement à la coque ? Plus de haubans, rien que des chevilles et des mollets. La voile ? Plus de voile, remplacée par un cerf-volant. Et on pourrait ajouter, à cette liste funèbre des absents du record, l’architecture navale toute entière. Pour atteindre 100 km/h à la voile, il fallait d’abord oublier…

La suite de cet article sera publiée en novembre dans Yachting Sud…

Daniel Charles

Daniel Charles est architecte, journaliste, écrivain, historien, analyste… Il a travaillé au sein de nombreuses rédactions et a exercé le métier d’architecte navale pendant 15 années (il donne des cours d’architecture navale à Nantes).

 

Daniel Charles, Golden Oldies Trophy 2009 – photo F Monsonnec

 

Daniel a dessiné de fabuleux bateaux dont plusieurs Prao (Tahiti Douche, Eka Grata, Epicure…). Il est un spécialiste incontesté de l’histoire du yachting, expert du patrimoine maritime auprès du ministère de la Culture. Il a écrit de très nombreux ouvrages qui font référence, dont cinq furent couronnés meilleur livre nautique de l’année…

 

Epicure, prao de Daniel Charles, mis à l’eau juillet 2010 – Photo Stéphane Thomas 08-2010

 

Précédents participations de Daniel Charles sur Foilers