Ptites news 24

Les lecteurs de « Foilers ! » à l’affut !

Voici les informations transmises par la communauté des guetteurs de foils et présentes dans les commentaires des derniers articles. Merci !

  • Popov lui, nous signalait l’arrivée d’Osprey un projet qui est le fruit du travail d’Hydrosail.
  • Nicolas nous a signalé qu’après le Magnum de David Raison, la classe Mini continue de bouger avec un Mini en préparation par Dominique Pédron basé sur système DDS (Dynamic Stability System). Intéréssant comme concept pour soutenir les discussions des monocoques avec mono-apendice adaptatif. Plus d’informations ici et .
  • Optipag nous à dernièrement signalé la présence de foils sur les dérives de deux AC 45 d’Oracle racing bien visibles aussi !…

 Hydroptère

  • Vous revenez d’une mission sur Mars, vous n’avez pas su que l’Hydroptère vient de trouver un nouveau partenaire (DCNS), voici quelques news à partir de ce lien.
  • Le site de l’Hydroptère a évolué, les photos sont toujours aussi belles. Une page reprend les dernières évolutions du bateau, dont celles en cours pour la configuration « Pacifique » (réglage plan porteur arrière, modification du gréement en avant du mat, gain de poids)…
  • Qui a validé les images réalisées pour mettre en avant le partenariat l’Hydroptère/DCNS ? Pas un voileux en tout cas ! Depuis quand l’Hydroptère navigue contre gité comme un Moth ? Merci à Stéphane, un de mes amis de l’asso. Golden Oldies Multihulls pour avoir découvert cette photo et cette contre gite.
Via site l’Hydroptère DCNS
  • Voici une sorte de réponse d’Alain Thébault à l’article ou B. Peyron disait qu’il ne croyait pas en l’option Hydroptère pour le Trophée Jules Verne.
  • A force d’être modifié et de subir des fortunes de mer, il est possible de trouver des morceaux de l’hydroptère un peu partout ! Merci à Malric, le roi des vélos couchés pour la piste…
Anciens foils de l’Hydroptère – Photo F Monsonnec 01-2012

P28

Si vous n’avez pas lu le dossier de presse, il est disponible ici. Je ne suis pas très d’accord avec leur historique des engins à hydrofoils, mais on y découvre pas mal d’informations intéressantes, entre autres, que l’équipe à bien en projet de réaliser un engin pour « monsieur tout le monde »…

Du nouveau !

Voici un joli prototype qui pour le moment ne navigue qu’au moteur.

Daddy long legs

Nous en avons parlé dans de précédents « Ptites news », voici une nouvelle vidéo.

Bassin d’essai

Nous avons aussi eu l’occasion d’en parler lors d’un précédent « Ptites news », il existe d’autres méthodes moins onéreuses qu’un bassin de carène pour réaliser des tests : REI

Paper

Fan d’engins à hydrofoils ? En attendant de réaliser votre engin ou de racheter une vieillerie, vous pourriez peut être en faire un en papier. Ici un Kometa (il y en avait deux, en vrai, à vendre en décembre de l’année dernière).

Tri Martin Fischer

Un beau foiler signé Martin Fisher qui n’a pas pour but de voler même s’il est équipé de safran avec plan porteur !

Moth à foils

En ce début d’année 2012, Anthony Rezoug, secrétaire le l’IMCA France, m’a envoyé quelques informations sur l’association française des Moth à foils.
Le circuit Breizhskiff reste le circuit principal de régate pour les Moths en France et le fait le plus marquant est la création d’un National France. L’organisation de ce National sera greffé à celle de la Teignouse Cup du 29 avril au 1 mai en baie de Quiberon. Anthony et toute l’équipe espère que la ligne de départ sera bien garnie et que quelques coureurs étrangers feront le déplacement. Et pour les accros le mondial est prévu à Campione (Italie) du 18 au 26 aout.

Ci-dessous, le planning prévisionnel des rencontres de Moth. Si une compèt. à lieu pas loin de chez vous, je vous conseil le déplacement.

Si vous souhaitez plus d’informations, n’hésitez pas à contacter un des animateurs de la classe sur leur site ou écrire sur « Foilers ! », je transmettrai…

IMCA France Planning 2012

Avril

  • 7 au 9 : Trophée Breizhskiff – Lac du Der
  • 6 au 9 : franco suisse training – Port Camargue
  • 28 au 1 mai :Teignouse cup / International Moth Open Championship

Mai

  • 5 au 6   : Défi GUYADER – Douarnenez
  • 17 au 20 : championnat de France de voile légère

Juin

  • 29 au 30 : Trophée Breizhskiff  – Plérin
  • Dates à venir :Trophée Breizhskiff – La Ganguise

Juillet

  • Dates à venir  : National suisse

Aout

  • 16 au 17 : National ITA
  • 18 au 26 : Moth World Championship

Septembre

  • 8 au 9 : Trophée Breizhskiff – Carnac
  • 15 au 16 : Trophée Breizhskiff – Aix les bains
  • 29 au 30 : Trophée Breizhskiff – La Rochelle.

Octobre

  • 6 au 7 : Trophée Breizhskiff – Toulon

Novembre

  • 1 au 4 : Trophée Breizhskiff – Hourtin ou autre

« Jeu » !

« Mab » de l’asso. Eric Tabarly vient de trouver un nom à ma cave : la clinique des hydrofoils ! Oui mais je ne suis pas certain que le médecin chef soit de qualité ! Les malades sortent rarement de leur lit ! Il ne faudrait pas que ce soit le mouroir des hydrofoils !

  • Au premier plan, un flotteur du proto testé par Eric Tabarly en 1976
  • Derrière, en vert/jaune (à droite), les 3 foils d’un proto de 1979 dessiné et construit par mon ami Daniel Charles.
  • En blanc, dans les étagères (à gauche), 2 foils de mon canot commencé en 1992, le safran est sur les flotteurs sur une des étagères (ne cherchez pas mon site, je l’ai retiré : trop de pubs).

Il y en a un de plus, je vous laisse chercher : bateau, architecte ? Facile !

Une clinique des hydrofoils – Photo F Monsonnec 02-2012

Espagne

Pablo D. Espinosa est architecte en Espagne mais aussi surfer. Il a développé un surf à foil et nous a contacté pour nous transmettre le lien d’un de ses très belle video.

Japon

Suite aux articles sur la portance, même au Japon, c’est Bernouilli qui est mis en avant pour expliquer la portance (voir point « 1 » en milieu de page)

Aut’ chose sans foil

The big wave

Tout est dans le titre !

Loisirs

J’aime beaucoup de chose (!), dont les engins de loisirs.  Je trouve le concept proposé par Mike Pullicino assez intéressant, et vous ?

Côte D’or II est mâté, « ça finit le costume » !

Et oui, comme le dit une personne très proche de moi, la mise en place du mât sur Côte d’Or, « ça finit le costume ». Cette expression assez peu usitée peut être utilisée à « toutes les sauces », domaine « voilistique » ou non : ça fini le costume, comme une pochette ou une cravate donne la touche finale à une tenue !

Côte D’Or II avec son mat – photo F Monsonnec 06-2010

Vendredi 18, j’ai reçu un SMS de Cédric Audran, de l’équipe de Côte d’Or, m’annonçant que le matage du bateau avait lieu à 14h00. Je n’ai pas pu me libérer mais voici, avec quelques jours de retard, des photos du bateau enfin équipé de sa perche. C’est vrai que comme cela il est plus beau que la plate forme seule. Cela faisait 8 années que les coques et bras de ce beau trimaran attendaient d’être surmontés d’un grand mat, de ses étais, haubans et bastaques. Auparavant (voir Côte d’or II renaissance), le bateau avait connu le même sort pendant 11 longues années de 1987 à 1998.

Un des mats visé par l’équipe était celui de Poulain appartenant au team « ODK ». C’est en un fin de compte la mât en aluminium d’Explorer (ex. Etoile Explorer, Club Explorer, Atlantique Liberté, Ericson, Crédit Agricole II), qui est en place. Ce bateau, qui va aussi courir la Route du Rhum aux mains de Servane Escoffier, va être équipé d’un mat carbone de trimaran de 60 pieds.

Prochaine étape pour Bertrand, essayer les voiles dont il dispose. Pour les premiers essais, Bertrand utilisera des voiles du Team Banque Populaire. En course, celles qui proviennent du premier IDEC de Francis Joyon (Poulain, rallongé en : Un autre regard, Charal, Lyonnaise des Eaux-Dumez, Sport-Elec, Idec et perdu sur la cote Bretonne après le record de l’atlantique de F. Joyon en 2005) mais elles doivent être retaillées. Question finance, Bertrand est toujours à la recherche d’un sponsor car la souscription qu’il a lancé fonctionne moyennement. Dans un quinzaine de jours, le bateau doit appareiller pour la Trinité sur mer (entre autre pour laisser sa place à l’Hydroptère).

Bôme de Cote d'Or II - photo F Monsonnec 06/2010

Enfin gréé, le bateau est superbe. Il reste bien entendu du travail à réaliser, mais quelle belle histoire si Bertrand Quentin arrive à passer la ligne de départ de la prochaine route du Rhum le 31 octobre 2010…

Le cockpit de CDO ressemble plus à celui d'un voilier avec ses bastaques - photo F Monsonnec 06/2010

Remerciements

  • Bertrand Quentin
  • Cédric Audran

Côte d’Or II, renaissances

L’histoire d’un bateau aux multiples vies.

La naissance

Côte D’Or II est l’ultime étape de la saga Paul Ricard et de l’idée du foiler hauturier esquissée en 1975 par Eric Tabarly. Ce trimaran aux couleurs du chocolatier Belge voit le jour en 1986. Xavier Joubert, son architecte, est déjà l’auteur d’un autre foiler de course : Hydrofolie. Une nouvelle fois, Eric Tabarly ne dispose pas d’un budget à la hauteur de ses ambitions. Pour réaliser des économies, la coque centrale en aluminium de Paul Ricard est coupée en deux par le milieu et rallongée par l’adjonction d’une partie rectiligne de 3,5 m. Une jupe permet de pousser le bateau de 16,5 m (Paul Ricard) à 22,85 m (Côte d’Or II). Ces modifications ont lieu au Chantiers de la Perrière à Lorient. Le reste du bateau, bras, flotteurs, foils est en composites. Le safran et le système de barre sont aussi d’origine.

Paul Ricard – photo G Delerm 01-1983

Construction de Paul Ricard CMN – photo B Rubinstein 1979

L’intérieur de la coque centrale de Côte d’Or II / Paul Ricard – photo F Monsonnec 01-2010
Sortie du chantier de la Perrière de la coque modifiée – via MB "DR" 05-1986
Mise à l’eau de Côte D’or II – photo auteur inconnu DR, fond d’archive ville de Brest sept 1986

Côte d’Or II lors de son lancement

  • Année de construction : 1986
  • Longueur : 22.85 m
  • Largeur : 19 m
  • Mat : 29.5 m
  • SV au près : 309 m²
  • SV au portant : 755 m²
  • Tirant d’eau : 0,6 / 3 m
  • Poids : 10.5 t
  • Constructeur : ACX Atelier composites Xavier Joubert

Côtes D’or vue de coté - F. Monsonnec 03-2010

Côtes D’or vue de dessus - F. Monsonnec 03-2010

Eric Tabarly Route du Rhum 86 – photo C. Février nov 1986

Départ de la Route du Rhum 86 – photo B. Rubinstein nov 1986

La vie tumultueuse de Cote D’Or II

  • Septembre 1986 : lancement
  • Novembre 1986 : rupture de l’avant du flotteur bâbord au ras du bras de liaison au cours de la Route du Rhum
  • Avril 1987 : remise à l’eau après réparation, puis vainqueur du grand prix de Brest avec Patrick Tabarly à la barre

Côte D’or II au GP de Brest – photo F. Monsonnec 04-1987

  • Mai 1987 : vainqueur du trophée des multicoques de la Trinité/Mer, toujours aux mains de P. Tabarly
  • Juin 1987 : mise en place d’un nouveau mat en carbone et de nouvelles voiles
  • Juillet 1987 : 5ème de la course de l’Europe co-skippé par Eric et Patrick Tabarly
  • Octobre 1987 : chavirage lors de La Baule Dakar. Eric et son frère sont récupérés par la marine portugaise et le bateau abandonné.
  • Octobre 1987 : des pécheurs prennent le bateau en remorque jusqu’à Funchal
  • Août 1988 : Miguel Subtil rachète l’épave à Madère
  • Juillet 1995 : M. Subtil remet Côte D’Or II à l’eau après 7 années de travaille
  • Avril 1998 : remise en place du mat d’origine manchonné
  • Printemps 2002 : convoyage du trimaran vers Lorient et démâtage
  • Septembre 2004 : après être resté sur le terre-plein de la BSM de Lorient, M. Subtil est prié de trouver un nouveau refuge pour son trimaran. Ce sera sous le Viaduc d’Hennebont.
  • Mi 2009 : Bertrand Quintin s’attaque à la remise en état du bateau pour s’aligner à la Route du Rhum
  • Janvier 2010 : le bateau est remis à l’eau et amarré au pied de la Cité de la Voile Eric Tabarly
  • A suivre …

Cote D’Or II au pied de la Tour des Vents de la Cité de la voile – photo F. Monsonnec 01-2010

La casse du flotteur

Dès le départ de cette Route du Rhum 1986, les abandons se succèdent. Loïck Peyron démâte, Paul Vatine rentre en collision avec un cargo, Tony Bullimore heurte un OFNI. Olivier de Kersauson rencontre des problèmes de bastaques, Hervé Cléris chavire… Les dépressions s’enchaînent et la liste s’allonge : Charente Maritime problèmes de structure, Jet Services démâtage. Enfin Côte d’Or II perd la partie avant du flotteur bâbord. Le flotteur s’est cassé net au ras de la poutre avant. Dans son malheur, Eric Tabarly a de la chance : Pen Duick VI, qui se rend aux Antilles, se trouve à 8 miles de Côte D’Or II. Eric Tabarly est récupéré par Arnaud Dhallenne et le bateau remorqué par Patrick Tabarly. L’avant du flotteur sera retrouvé plusieurs semaines plus tard à Perros Guirec par un cantonnier fort mécontent de trouver une « saloperie » encore abandonnée par un plaisancier. Le « découvreur » rencontre Jean Sans, qui n’est autre que l’expert d’Eric Tabarly. Il récupère avec plaisir  le bout de flotteur ! Côte D’or II ne sera pas le dernier de la liste des bateaux cassés. Au cœur de la tempête, Dominique Marsaudon, chavire à son tour. Le 14 novembre le relevé Argos de Royale montre que le bateau dérive. Florence Arthaud se déroute et trouve Royale retourné sans aucune trace de Loïc Caradec…

Flotteur bâbord cassé Route du Rhum 1986 - photo DR, livre de T.Rannou « Route du Rhum 1994 »

Le chavirage

Après réparation du flotteur, et de bons résultats en grand prix, Côte D’Or II est au départ de La Baule Dakar 1987. Le 26 octobre après huit jour de course, le temps est calme mais la mer est croisée, assez confuse. Le vent souffle à 20 nœuds, Eric et Patrick viennent d’envoyer le spi de tête de 570 m² et Patrick Tabarly descend se reposer. Eric Tabarly est à la barre. Le flotteur bâbord plonge par deux fois sous l’eau mais la troisième fois sera celle de trop. Le bateau pivote, se retrouve vent de travers sous spi, il stoppe et monte à la verticale puis cabane comme une tortue retournée. Le bateau est au large de Madère, à 60 miles de Funchal, les frères Tabarly déclenchent leur balise de détresse. Il passent une dizaine d’heures à califourchon sur la coque centrale avant qu’un bateau de la marine Portugaise ne vienne les récupérer…

Merci à Christian Février pour cette formidable photo.

Cote d’Or II retourné, Eric et Patrick Tabarly attendent les secours - photo Christian Février 10-1987

La récupération de l’épave

Repéré par avion le 29 octobre, le bateau est retrouvé par des pécheurs qui le remorquent à Funchal et le pillent de son contenu. Au port, le bateau est remis à l’endroit. Les réparations sont jugées trop onéreuses par Patrick Tabarly et Côtes d’Or II est mis en vente 2 millions de francs. Pendant plusieurs mois, le bateau continu à être « désossé » en attendant un hypothétique acheteur.

Le sauveur

En août 1988, le bateau est mis aux enchères à Funchal. Miguel Subtil jeune informaticien Portugais de 22 ans a fait le déplacement avec toutes ses économies et un peu d’argent prêté par des amis. Les enchères montent et Miguel décide de ne pas suivre. Celui qui remporte l’affaire, à contre cœur, n’est autre que l’actuel propriétaire du bateau ! En effet, le bateau ne trouvant pas d’acquéreur, le pécheur qui a ramené le bateau à Funchal a organisé cette vente et participé aux enchères… ! Miguel lui propose de lui racheter le bateau le double du prix de vente (soit 100 000 fr), mais seulement si le propriétaire s’engage à récupérer le matériel volé et disséminé sur l’île. C’est ainsi que Miguel devient propriétaire d’un « joujou à foils » de 23 m, bien mal en point et sans gréement. C’est le commencement d’une longue reconstruction qui va durer 7 années. Sept ans de recherches des pièces d’origine, de pièces à bas prix … En 1995 le bateau est remis à l’eau mais son gréement est toujours en morceaux. Le mat d’origine est manchonné et en 1998 Côte D’Or II est remâté. Mais le sort s’acharne sur le bel oiseau rouge, un dirigeable « égaré » entre en collision avec le gréement ! S’en suivent quatre nouvelles années de labeur pendant lesquelles Miguel et sa femme vivent à bord. Enfin, en 2002, le bateau est de nouveau prêt à naviguer. Patrick Tabarly, qui conseil Miguel depuis de longues années, fait le déplacement et re-navigue sur CD’O 15 ans après son chavirage. C’est un véritable travail de titan qu’a réalisé Miguel dans un pays qui n’a, ni la culture des multicoques, ni les fournisseurs adéquats, pour remettre ce type d’engins d’aplomb. Quatorze années de sacrifices pour remettre le trimaran dans sa configuration d’origine.

Miguel Subtil – photo F. Monsonnec 01-2010

Le démâtage

En 2002, le bateau est convoyé vers Lorient par Miguel et Patrick Tabarly pour rejoindre la Cité de la voile et les Pen Duick. Avant d’arriver à destination, le bateau démâte. L’incident ruine, à nouveau, des années de labeur et manque de se terminer tragiquement puisqu’en tombant la mat passe très très prés de Patrick Tabarly. Remorqué vers Lorient, le bateau est gruté sur le terre-plein de la base sous marine en attendant des jours meilleurs. Malheureusement après plusieurs mois, Côte d’Or II est prié de trouver un nouveau port d’accueil, ce sera Hennebont.

Le nouveau souffle

Après Miguel Subtil, qui reste propriétaire du bateau, un nouveau protecteur, en la personne de Bertrand Quentin, a décidé de refaire naviguer Côte d’Or II.

A gauche, Bertrand Quentin – photo F. Monsonnec Lorient 01-2010

Bertrand a toujours rêvé de participer à la Route du Rhum. Remettre Côte D’Or II en état lui permet de refaire naviguer un bateau mythique, auquel il est très attaché, et de s’aligner au départ de cette course (de nouveau ouverte aux multicoques de grande taille). Ancien paysagiste, Bertrand a travaillé comme stratifieur à la BSM de Lorient puis a exercé plusieurs métiers liés à construction navale. En 1994, il crée à La Trinité / Mer le chantier « Bretagne Carène Service ». Bertrand n’est, d’après ses dires, pas un « super pro » mais il a beaucoup navigué et connaît parfaitement le bateau pour l’avoir remis en état. Son but n’est évidemment pas de gagner la Route du Rhum mais de réaliser une bonne place.

La remise en état

Bertrand Quentin, tout d’abord seul puis aidé d’amis, travaille depuis de nombreux mois à la restauration de Côte D’Or II. De nombreuses pièces  doivent être retrouvées comme la bôme, la dérive…. Coques, bras sont vérifiés, l’antifouling refait ainsi que l’électronique.

Dérive de Côte D’Or II sous l’ancienne poutre de Paul Ricard - photo Mariannick Buffard Brest printemps 2003

Côte D’Or attendant des jours meilleurs – photo F Monsonnec Hennebont 09-2004

Remise en état par B Quentin – photo F. Monsonnec Hennebont 01-2010

L’équipe a reçu l’aide des élèves du lycée des métiers du nautisme d’Etel. Les professeurs et élèves du Lycée Emile James ont installé le moteur fixe (ancien groupe de propulsion de Gitana XII), les trampolines, et révisés les winchs. Un Lycée technique de Redon doit travailler sur le circuit électrique. Remis à l’eau par une grue, le bateau est descendu jusqu’à la Cité de la voile par le blavet.

Mise à l’eau- photo Yann Michel Hennebont 01-2010

Pour régréer Côte d’Or, Bertrand Quentin doit normalement récupérer l’ancien mât de rechange de Poulain (l’équipe technique d’Olivier de  Kersauson doit même faire le déplacement pour aider à sa mise en place). Pour la garde robe, ce sera celle prévue pour le premier IDEC et rachetée à Francis Joyon. Une fois maté à la BSM de Lorient, le bateau gagnera La Trinité pour terminer sa remise en état.

Côte D’Or au pied de la Tour des Vents de la Cité de la voile – photo F. Monsonnec Lorient 01-2010

Le nerf de la guerre

Reste qu’il manque à Bertrand 300 000 € pour terminer l’important travail déjà réalisé. Plusieurs solutions sont à l’étude :

  • Sponsors
  • Organisation d’une tombola de soutien avec mise en vente de 2000 billets de 100 €, auprès d’entreprises et commerces. Si cette solution est choisie, un tirage au sort est prévu le 14 juin. Le gagnant aurait son nom inscrit sur bateau (mais le nom de Côte d’Or II sera conservé). Bertrand Quentin prévoit aussi de réaliser des sorties avec ses partenaires. Un site Internet permettra de suivre l’évolution du projet. Plusieurs écoles suivront de près la course. Le Lycée d’Etel bien évidemment, mais aussi une école  d’enfants handicapées de Redon.

Les foils

Les foils à 45° de Côte D’Or II sont équipés d’un volet de bord de fuite. Chose assez rare sur un foiler à foils en V (voir aussi les foils de Syz & Co). Un renflement situé sur l’intrados cache un vérin qui permet de cabrer le profil. Particularité assez étonnante de ce bateau, les bras sont relativement souples. Lors de ma visite, un des équipiers situé en avant du bras s’amusait à faire « remuer » la structure en « sautant ». J’essayais alors de marcher sur le bras de liaison qui n’est pas très large . Nous ne sommes pas passé loin de l’homme à la mer ! Surtout que le trampoline ne couvre que la moitié de l’espace entre la coque centrale et le flotteur. Je me demande si cette souplesse ne peut pas engendrer un surcroit d’incidence lorsque le foil est en portance maximum. Le foil étant situé juste derrière le bras avant, si la structure a tendance à vriller, le nez du flotteur pourrait se relever et l’incidence croitre. Peut être que l’arrière du flotteur, par son volume, permet d’éviter ce cas de figure ?

Vérin de réglage du bord de fuite- photo F. Monsonnec Hennebont 10-2009

Foil équipé du « cache vérin » - photo F. Monsonnec Hennebont 09-2004

Foil dans son élément - photo F. Monsonnec Lorient 01-2010

« Conclusions »

Souhaitons à Bertrand de trouver les fonds nécessaires pour terminer sereinement, la remise en état de Côte d’Or II. Ainsi, bien évidemment, une superbe traversée vers Pointe à Pitre. Passionné de multicoques anciens ou non, et adhérent à l’association Golden Oldies Multihulls, j’ai hâte de voir ce beau trimaran amarré dans le bassin Vauban à côté des bêtes de course actuelles. Comme Côte d’Or II, certains arboreront des foils sur leurs longs flotteurs…

Les remarques et rectifications sont les bienvenues…

Sources

  • Différentes revues nautiques dont Voiles et voiliers
  • Ouest France – Le Télégramme
  • Mariannick Buffard
  • Bertrand Quentin

Remerciements

  • Miguel Subtil
  • Mariannick Buffard
  • Bertrand Quentin
  • Yann Michel
  • Christian Février