Régulation électronique, on y arrive !?

La boucle

Certains vont se dire « il tourne en boucle ». Comme une boucle de régulation, je vais une nouvelle fois aborder le sujet de la régulation électronique. Et pourtant, je me suis très longuement étendu sur la question (voir si besoin « Quel futur pour la régulation »).

Et ceci même si à LSA 2016 des passionnés du capteur ont tenté de me faire admettre qu’il n’y aurait pas de différence entre un système de régulation mécanique et électronique. L’idée étant que :

  • dans un cas la mesure est physique et l’information et l’action mécanique,
  • dans l’autre la mesure est optique (ou de position angulaire) et l’information et l’action électrique ou hydraulique.

Au final, il n’y aurait que les méthodes de mesure et d’action qui seraient différentes…

Alors pourquoi je reviens sur le sujet ?

Par ce que le team Gitana travaille sur ce type de régulation suite aux essais réalisés sur son Mod 70 (maintenant Maserati).

Que les nouveaux types de foils en L ou J, de plus en plus présents, sont instables de nature, et pour gagner en performance, et que l’équipage ne peut pas tout gérer et tout le temps.

Que la solution de la régulation électronique est régulièrement proposée dans les commentaires des lecteurs !

Que dans le Voiles et voiliers N°549 de novembre 2016, Paul Fraisse directeur de NKE évoque à propos du pilotage automatique : «… Sous pilote, ce sera difficile d’obtenir un résultat correct sans asservir le foil, ce qui est pour l’instant est interdit par la jauge »…

Que sur le la version web de V&V le sujet est abordé dans un récent article (merci Christian) « Bientôt l’air des maxi multicoques volants ».

Démarré en mai 2016, j’ai patiemment attendu que les choses se précisent pour mettre en place cet article !

Rappel

Depuis l’Ostar 1976, et l’avènement des pilotes électriques (monocoque géant Club Méditerranée), l’électronique prend une part de plus en plus importante dans le pilotage des voiliers et pas seulement en solitaire.

Vous avez un doute sur ce point ? Visionnez ce lien de Voiles et Voilers sur les travaux du team Sodébo sur le pilote auto du trimaran Ultim. Le bateau est lors d’une traversée à 95 à 98% du temps sur pilote auto. Thomas Coville ne prend la barre que par nécessité ou pour se détendre : « je vais m’offrir de temps en temps le plaisir de barrer » !

Après la direction, c’est maintenant le pilotage de la hauteur de vol qui risque d’être sous-traité aux ordinateurs. Il reste le réglage des voiles mais pour combien de temps (Mer Agitée a développé des penons électroniques) ? Cela ne retire en rien le mérite des pilotes, mais pose (pour moi) une question d’éthique que le WSSRC (World Sailing Speed Record Council) avait déjà balayée en 2012 en ouvrant la porte à la régulation électronique quand le team l’Hydroptère a travaillé sur le sujet.

Club Méd 72 m et des pilotes électriques

Club Méd 72 m et des pilotes électriques

Amusant

Lors du tour de Belle-Ile 2015, le Team Gitana (rappel, qui travaille sur la régul. électronique) avait réclamé contre le Team Groupama qui utilisait l’énergie électrique pour régler ses foils. Et pourtant, ce n’était que des vérins électriques pour anguler les foils et non de la régulation. L’AC45 Groupama n’avait pas été classé….

 

Credit Y.Zedda-Groupama

Credit Y.Zedda-Groupama

Physalia, méduse à voile

Physalia, méduse à voile

Vive la voile !

N’oublions pas que la voile c’est l’utilisation par l’humain d’une force naturelle, le vent. Pour moi, le pilotage via l’électronique et l’informatique nous éloigne de la maitrise par l’homme. Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’un pilote de planeur ou de char à voile d’être assisté ou remplacé par un pilote automatique (même si des essais sont réalisés sur des drones planeurs, mais ce sont des drones) ?

Le cerveau ou le cœur du bateau : non ce n’est plus vous

Le cerveau ou le cœur du bateau : non ce n’est plus vous

Quelques raisons d’être contre la régulation électronique

Solution de simplicité !

C’est en effet peut être « plus simple » de récupérer les données de capteurs optiques, de les traiter et d’envoyer une information à un vérin que de concevoir un système mécanique !

Il existe pourtant de nombreuses solutions qui ne demanderaient qu’à être améliorées.

En termes de simplicité, c’est aussi celle d’éviter de longues heures d’apprentissage. Il y a quelques années, un passionné de kite et d’électronique avait évoqué sur la toile sont projet de régulation électronique d’un kitefoil : « pour faciliter la prise en main ».

Je ne nie pas que techniquement, il peut-être passionnant, et pas si simple, de mettre au point un tel système de régulation.

 

Fuite en avant

Un pilotage automatique de plus.

Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit de foils en L2.0. Foils instables mais qui en contrepartie permettent d’obtenir de bonnes performances. Instabilité qui exige une régulation rapide et fine en termes de réponse. Le choix d’un type de foil, non pilotable humainement en solitaire et sur une longue distance, nous obligerait donc à utiliser une régulation électronique. C’est exactement ce qui est mis en avant dans l’introduction de travaux d’étudiants des Arts et Métiers Paris Tech : « …dans le but d’améliorer encore les performances de ces formules 1 des mers, il nous a été demandé de travailler sur le développement d’un système qui permettrait l’utilisation de foils instables plus performants tout en gardant un vol stable ».

 

Sans contact avec l’élément

C’est un système dématérialisé, sans contact, déconnectée de l’élément.

La régulation mécanique est « basique », même si elle peut être fine, elle dépend ELLE de forces liées à la mer (palpeurs en avant ou trainées) ou au vent (force sur l’écoute comme sur Monitor).

 

Sans l’énergie du vent

La régulation électronique dépend de capteurs qui n’ont rien de naturel. Ils fonctionnent à partir d’une énergie, l’électricité, rarement obtenue à partir du vent ou de la progression du voilier.

Une nouvelle fois, le voilier devient encore plus dépendant d’une énergie extérieure (un bateau à moteur !).

Point défendu par l’ISAF qui insiste, à juste titre, sur le respect des règles 42 & 52 : voir ISAF un peu plus bas.

 

La réussite des mathématiciens

Ce type de régulation, donne les clés de la réussite aux ingénieurs électroniciens, informaticiens… plus aux architectes et coureurs.

Comme le dit Vincent Lauriot-Prévost dans CAL 68 de Mars-Avril 2016 à propos du pilotage des foils pour la Cup (même pas de la régulation électronique) : « Actuellement, la plupart des fonctions est actionnée hydrauliquement … C’est devenu un problème d’ingénieurs électronicien et hydrauliciens…. ».

Mais on peut aussi penser l’inverse. Comme l’expliquait Xavier Labaume dans son commentaire de l’article « Foils en L 2.0 – réflexions » : « … avec un foil asservi par électronique, l’architecte/l’ingénieur conçoit le tout, le constructeur fabrique/assemble, le marin peut modifier les courbes de réponse en temps réel pour par exemple modifier les curseurs risques/performances, hé bien la place des hommes et leurs rôles sont à peu près les même…».

Mais cette place de l’humain n’existerait, pour moi, que temporairement lors de la phase de mise au point de cette technologie. Un outil de ce type n’aurait pas pour vocation d’être modifié ou alors que très rarement. Rapidement, l’objectif sera de matérialiser l’état de la mer, de tenir compte d’un ensemble de paramètres, assiette bateau, vitesse, force du gréement…. de les exploiter dans un outil qui gérera la portance et la finesse à la place de l’homme. L’objectif final étant de gagner en qualité de mesure, analyse, réaction… et de libérer du temps pour d’autres actions. Celles pour lesquelles l’homme doit encore intervenir !

 

« Caractère marin »

On risque d’assister à des abandons pour des problèmes de régulation car l’engin aura perdu une grande partie de son potentiel.

Comme le souligne Yvan Bourgnon dans son livre Gladiateur des mers : « L’aberration est de voir de plus en plus de skippers abandonner une course océanique à cause de la perte d’une simple girouette en tête de mât qui ne donne plus la direction du vent… ».

Il y a quelques semaines je lisais le « coup de gueule » d’un éditorialiste sur la maitrise de la communication qui faisait perdre l’intérêt du suivi des courses. La maitrise des bateaux par l’électronique et/ou les abandons pour cause d’électronique déficiente, risquent de rendre les courses inintéressantes et de diminuer la passion du public. Car le public est majoritairement intéressé par l’aventure, la maitrise des éléments, plus que par la prouesse technologique !

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WSSRC

Le WSSRC est l’instance qui régit les records de vitesse à la voile. Début 2012, les règles de cet organisme ne permettait pas l’utilisation d’une régulation électronique mi 2012 elles ont été modifiées et l’ont été une nouvelle fois et vont, encore plus dans le sens de la possibilité d’utiliser un asservissement électronique.

21. Sailing rules

……

b. Manual operation

Unless categorized as ‘a vessel using powered sailing systems’ (21c), only human power may be used to work the vessel during the attempt, with the following exceptions:

i. Electricity may be used for instrumentation, navigation, communication, automatic steering and for domestic purposes such as lighting, heating, cooking etc. Generators including motors, solar panels, wind or water turbines can be used to provide electric power, together with the appropriate batteries and control gear. Mechanical power may be used for charging batteries, pumping bilges, loading, unloading or transferring ballast, for weighing anchor and for the powered and automatic control of in-water appendages. The operation of engines, motors, pumps or in-water appendages must not provide any element of propulsion.

international-sailing-federation-isaf-logo

ISAF

Deux points de la réglementation ISAF (International Sailing Federation) limitent l’utilisation d’une régulation électronique.

42 Propulsion – 42.1 Règle de base

Sauf quand cela est permis dans la règle 42.3 ou 45, un bateau doit concourir en utilisant seulement le vent et l’eau pour augmenter, maintenir ou diminuer sa vitesse. Son équipage peut ajuster le réglage des voiles et de la coque, et accomplir d’autres actions de navigation en bon marin, mais ne doit pas bouger son corps autrement pour faire avancer le bateau.

52 Energie manuelle

Le gréement dormant d’un bateau, son gréement courant, ses espars et appendices mobiles de coque doivent être réglés et manœuvrés uniquement par la force fournie par l’équipage.

L’ISAF aurait critiqué le WSSRC lorsqu’il a modifié les règles afin d’intégrer les travaux de régulation électronique de l’Hydroptère…

En 2010, l’ISAF à signalé à la FFV, et à l’organisateur Pen Duick, différentes infractions aux règles de l’ISAF :  vélo de Groupama (voir règle 42), système de largage automatique des voiles… En 2013, mêmes remarques de l’ISAF sans, semble t’il, de réaction du coté français.

Et la régulation mécanique par rapport à cette régle ? C’est le marin qui fait avancer le bateau qui génère alors le déplacement donc la force qu’utilise le système mécanique.

La régulation électronique ne semble pas irriter que l’ISAF puisque le collectif Ultim est aussi contre l’idée développée par le team Gitana. C’est d’ailleurs pour cela que le Team Gitana développe son projet de foils régulés hors du cadre de ce collectif.

Alors, bien sûr, on peut critiquer les règlements, dire que ce sont des freins à la créativité, que les IMOCA et ULTIM ne seraient pas là sans des classes plus ou moins ouvertes. Mais l’absence de règles c’est aussi le risque d’aller vers des extrêmes : longueur, fragilité, coût… qui ont tuées certaines classes : F40, Orma, Mod 70 (pour ne parler que des plus récentes).

Contacts

J’ai essayé d’obtenir l’avis de la FFV (5 personnes) et de l’ISAF (2 prises de contact) sur la régulation électronique mais sans succès (depuis les critiques de la FFV par l’ISAF, ces deux entités se sont rapprochées…). Je n’ai pas échangé avec le WSSRC puisqu’il semble clair que ce paramètre a été pris en compte et validé…

 

LZR Racer Speedo

LZR Racer Speedo

Peut-on arrêter le mouvement ?

Oui, cela s’est déjà fait. Restons dans un domaine aquatique, celui des combinaisons en polyuréthane. C’est un très bel exemple, de prise de conscience d’être allé trop loin !

Fin des années 90, les combinaisons en tissu arrivent progressivement.

Les premiers bons résultats sont obtenus lors des JO d’Atlanta en 1996.

En 2008, à la suite de plusieurs années de recherche (avec la Nasa), Speedo lance la LZR Racer. Une combinaison en polyuréthane assemblée par ultrason. En 2008, 105 records du monde sont battus dont 79 avec cette combinaison. Au JO de Pékin, 94% des médailles d’or ont été obtenues par des nageurs équipés de cette combinaison.

Les équipementiers ont profité d’un vide juridique pour imposer leur technologie. La Fédération internationale de natation, dépassée par les évènements, ne réagit que tardivement. En 2010, elle décide d’interdire les combinaisons en polyuréthane !

Les plus des combinaisons en Polyuréthane étaient les suivants : propriétés hydrophobes, contention des muscles, flottabilité, densité du matériau et bien entendu aspect de surface (10% la trainée en moins par rapport aux autres combinaisons).

J’ai sélectionné certaines des critiques faites à l’encontre des combinaisons polyuréthane. Ces critiques se rapprochent des celles qui pourraient être faites à l’asservissement électronique :

  • « dopage technologique » (Frédéric Barale)
  • « la natation est un sport dont l’essence est la performance physique du sportif, le principe le plus fondamental et non pas la technologie » (source non connue).
  •  » la technologie ne créé-t-elle pas des inégalités entre les sportifs ?  Et ne dénature-t-elle pas ainsi le sport ? «  (Annick de Susini)

Je rajoute un extrait d’un très intéressant article d’Adrien Cadot (Natation Magazine).

En faisant un peu de prospective on pourrait, en changeant quelques mots, imaginer un article sur le bannissement de la régulation électronique en 2025 (avant si possible !) !

« ….Les années 2008 et 2009 et leurs 255 records du monde améliorés resteront comme le paroxysme d’une marche accélérée vers la technologie. Une frénésie interrompue le 24 juillet 2009 par la FINA qui, admettant enfin les méfaits du polyuréthane, décrète un retour dix ans en arrière pour préserver l’authenticité d’une natation en souffrance. C’est la fin du tout polyuréthane, ère de science et de volupté esthétisante. C’est la fin du règne sans partage des équipementiers sur une natation en quête de modernité. C’est le retour à une natation au style dépouillé, authentique, où le nageur accapare la lumière… »

Pour plus d’informations sur le sujet un très intéressant TPE.

Vieux schnock ?

Peut-être suis-je réfractaire aux changements ?

Je travaille dans un domaine où la régulation est présente : mesures par scanner, analyse, action sur l’outillage, bouclage par nouveau scan… Je participe au développement et à la mise en place de certains de ces outils. Et c’est bien par ce que l’homme n’est pas en mesure de « faire le job ». Mais dans ce cas précis, ce n’est pas pour « dompter » les éléments, naviguer, mais pour améliorer une production industrielle.

Je crois que nous devons nous interroger sur la pratique de la voile sportive : utilisation des énergies autres que celle du vent et de la mer…

J’ai tort ? C’est possible. Peut-être que je vais contacter mon ami Christian Campi et me lancer dans la réalisation d’une pirogue Lakana (voir Rien, rien de rien) pour être plus près des éléments et « faire corps » avec eux !

Lakana de Christian Campi – photo F Monsonnec 2015

Lakana de Christian Campi – photo F Monsonnec 2015

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11 commentaires pour Régulation électronique, on y arrive !?

  1. CURTI norbert dit :

    Bonjour,

    Pour reprendre l’exemple, on peu en effet se demander si une combinaison technique a changer la face de la natation mais quand on voit qu’un nageur a pris 3 pointures de chaussure 20cm de taille et une 20aine de kg de muscle en 1 ou 2ans, on peut aussi se demander si ce soit disant scandale n’était pas l’arbre qui cachait la foret…

    Pour moi le pilotage par électronique ou pas et plutôt a rapprocher d’un état d’esprit que d’un débat technique. Si on enlève tout l’électronique d’un bateau (car après tout, un voilier n’en a pas besoin) on aura des courses différentes. On peut aussi interdire le plastique, le carbone, le lest, le nylon, mylar, bref garder le bois et la toile de lin… Les bateaux seront plus authentiques, plus en rapport avec la nature, moins en phase avec le monde d’aujourd’hui. Ce sera un choix sur l’état d’esprit que la voile veut donner. On peut aussi comprendre que sur des courses pour jeunes on laisse les bateaux simples pour des raisons évidentes de couts des bateaux. Comme on le ferait pour le kart par rapport a la F1.
    Mais je ne vois vraiment pas quelle théorie technique impose de faire le trait de la limite de l’électronique au niveau des pilotages de foil?
    Je viens du kite et en kitefoil nous n’avons pas de pièce mécanique, pas de gouvernail, pas de palpeur, tout est géré par les appuis sur le « flotteur ». c’est très simple comme système mais difficile a apprendre. Mais çà correspond a mon état d’esprit, et a l’état d’esprit du kitefoil actuellement. Si demain la régulation électronique (ou mécanique) arrive en kitefoil, l’état d’esprit changera, mais je ne suis pas sur que j’accepterai de faire charger mon foil tout les soirs sur une prise, ou de le graisser / démonter.
    Par contre je n’ai jamais vu un compétiteur s’aligner sur une ligne de départ pour perdre et donc si l’état d’esprit et de gagner, ils franchiront le pas. Ce qui est sur c’est que foiler avec des bateaux aussi gros sans pilotage électronique est a mon avis une prise de risque qui amènera des accidents grave et ça je crois que personne ne veut le voire.
    Donc mon avis perso et que sur les gros bateaux et les courses au large soit on autorise le vol avec aide au pilotage en vol soit on interdit le vol. Mais en aucun cas il faut garder cette espèce de mixe mal défini sorti des pseudos réinterprétation réglementaire.

    A+ Nono

  2. philippe DE BRAECKELAER dit :

    L’auteur de ce blog peut témoigner du fait que je suis plutôt un adepte des bons vieux assemblages mécaniques fiables et résistants, des sandows de rattrapage et des axes de transmission d’information….:-) mais ce n’est pas une question d’état d’esprit, simplement de compétences et de possibilités d’accès à des technologies plus fines et plus réactives. Je rejoins assez bien Monsieur Curti dans son analyse quand il écrit  » je n’ai jamais vu un compétiteur s’aligner pour perdre…. »

    Laissons donc de la place aux technologies et aux expérimentations. On peut bien sûr discuter éthique, besoins énergétiques à bord, place du pilote….mais de la même façon, on ne trace plus les courbes des grands multis à la latte et aux poids à crochet et encore récemment, je me suis vu pester en me disant que ce satané pilote auto barrait mieux que moi !

    Il y aura toujours de la place sur l’eau pour tous les supports et toutes les techniques, des couches de vernis sur bois massif ou de la strat carbone, des régulations manuelles ou de la tripaille électronique relayée par un peu d’hydraulique….mais c’est vrai que je ne considère que les jauges ne sont là que pour être contournées.

    Alors je suis clairement en faveur du « laisser faire » pour les écuries qui en ont les moyens. Mais si Fred veut un coup de main pour une pirogue Lakana au rabot et à la varlope, je suis tout aussi partant !

  3. Bonjour à tous,

    Autant que je sache, les pilotes automatiques sont admis dans la plupart des courses hauturières.
    A partir du moment où on permet d’embarquer du carburant pour faire tourner un générateur électrique qui alimente tous les appareils de communication, les ordinateurs … et le pilote, je vois mal comment, à terme, on pourrait interdire les régulateurs de foils.

    Il est arrivé il y a des années, que de nombreux concurrents solitaires abandonnent pour panne de pilote et à l’époque ça n’avait pas été un scandale.

    A mon avis, si on veut retrouver un peu d’authenticité dans ces courses, il faudrait interdire l’utilisation de moteurs thermiques pendant la compétition et n’accepter que la génération d’électricité issue du vent (et éventuellement du soleil). Ce fut le cas, je crois, il y a des années.

    Mais alors, comment avoir en direct pendant la course ces si belles images de mer et de skippers que nous aimons tant sur nos télés ? 😉

    Bon dimanche et meilleurs vœux pour 2017.

    GG

  4. gurval dit :

    Je retrouve beaucoup de similitude dans cette reflexion avec ce qu’il s’est passé dans le monde du surf il y a quelque temps et qui reviens avec le Supfoil. On peut être pour ou contre pour autant de bonnes raisons d’un coté que de l’autre, le seul facteur décisif sera tout simplement l’efficacité. Hier j’était en Supfoil sur le même pic qu’un gars avec un longboard en bois…CQFD.

  5. F lys dit :

    Bonsoir. Je me suis souvent posé la même question que Frédéric. Je fais le parallèle avec les nombreux multis qui se sont mis sur le toit en course au large. Le récent record de sodébo devient difficile à aller chercher sans capteurs (gîte, enfournement…) pour tenir la vmoy en solo. La technologie vient servir l’objectif et rien n’arrêtera le mouvement même si un jour des piles à combustibles doivent être embarquées pour produire l’énergie consommée à bord.
    Heureusement pour le grand public et les amateurs que nous sommes qui voulons nous offrir l’émotion d’une navigation sur foils des solutions simples mécaniques sécurisantes et moins onéreuses existent et foilsworldpress en regorge (monitor reste pour moi emblématique) Élitisme ou accessibilité c’est un peu l’opposition des derniers développements en voile légère volante ces dernières années pour des écarts de performance pas toujours probants.
    Vive la créativité et au diable la jauge (qui ne peut que restreindre voire générer indirectement des pb de sécurité nous l’avons vu)

    Flys

    • Bonjour monsieur Lys, merci pour ce message…

    • Laurent Voge dit :

      Bonjour Mr François Lys
      Je souhaiterai vous contacter pour parler mécanique de votre Mystere. Je n’ai rien trouver de mieux que d’acheter l’unique exemplaire de ce catamaran en Nouvelle-Caledonie en état d’épave. La reconstruction est en cours… J’avais l’intention dans un futur proche de le transformer en foiler type Icarus pour des raisons techniques tel que difficultés ou avantages:
      – réaliser des foils courbes sans atelier de fraisage numérique pas cher sur l’ile ou même d’une imprimante 3D capable.
      – faire venir à prix d’or un kit et essayer de l’adapter et après moult essais et arrêts buffet bien sentis, laisser la bête dans un coin…
      -et surtout je suis convaincu que pour une 1er approche du vol, le travail de certains comme J.Grognono doit être regardé…

      Bref si cela ne vous dérange pas, merci de répondre
      Cordialement
      Laurent
      Nouméa

      • Bonjour Laurent,
        Frédéric de Foilers, François intervient de temps en temps comme lecteur, mais je vais donc lui faire suivre votre message.
        Bon courage pour vos projets.
        N’hésitez pas à tenir Foilers au courant (petit message sur le blog).
        Fred

      • lys dit :

        Bonjour Laurent
        Désolé pour ma réponse tardive. Je n’ai pas vu que j’avais un message (j’ai peut être mal paramétré mon compte sur foils.worldpress…). Votre initiative est bonne. Cette configuration permet de bien progresser à la barre et de changer ses réflexes de multi archimédiens et de naviguer à plus de 20 noeuds stabilisés tout en étant en relativement bonne condition de sécurité : en effet si les foils sont positionnés très à l’extérieur du bateau, on peut s’affranchir du trapèze et rester caler dans les sangles ce qui n’est pas parfait mais plus sécurisant que les catas dont les foils sont dans les puis de dérive (jauge oblige…). Idem pour l’assiette longitudinale, il est souhaitable que le(s) stab arriere(s) soit déporté. Sur mon mystère la largeur hors tout est de 5,4 m, les foils alus sont à 45° (ex loisirs 3000 de Maurice Gahagnon) et le stab arriere se situe à environ 70 cm des tableaux arrière des flotteurs. Fred a déjà largement abordé les avantages et inconvénients des différentes formes de foils.
        Outre la réalisation des foils, le choix de leur profil, leur mode de relevage et de réglage de l’incidence sont des points à aborder très en amont.
        j’ai pas mal de photos et d’informations à communiquer par mail si besoin. famille.flys0067@orange.fr
        ps : le bateau navigue toujours dans le golfe du morbihan à la pointe de l’ours (future base foils….) et des essais sont possibles entre mai et septembre
        Bien à vous

  6. haddad florent dit :

    Je fais des multicoques modèle réduits depuis des années. Mon premier foil date des années 80 en m’inspirant de Ker Cadelac. Les multi modèles réduits sont toujours délicats au pilotage en raison des fortes variations de la force du vent. Une navigation finit très souvent par une baignade suite à un chavirage. Depuis 2 ans j’ai ajouté une régulation électronique sur les foils. Ils lévent la coque au vent quand il n’y a pas assez de vent et la plaque quand il y en a trop. Du coup le multi reste très facilement sur une coque. Je peux confier le pilotage à des personnes ne connaissant que les rudiments des allures. Ils se font plaisir à piloter un engin hors du commun et je suis assez tranquille.
    Même si cela reste un gros jouet (lwl=2m h=2.6) l’électronique est une réelle avancée permettant daméliorer performances, facilité et sécurité. Le sur coût n’est pas très important en comparaison du carbone de la structure. Par contre la fiabilité doit être travaillée car l’eau salée est un réel challenge. A titre personnel j’ai un mode dégradé sans asservissement mais alors les performances ne sont plus les mêmes et bonjour le stress si je garde la même toile.

    Si le raisonnement se transpose en grandeur réelle, l’électronique bien conçue et intégrée s’imposera pour étendre l’utilisation d’engins inaccessibles pour la plupart aujourd’hui.

    Cela n’empêchera cependant pas d’admirer une belle coque archimedienne comme celles des Classe-J.

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