La Semaine Affoilante / ENVSN 2016

21 avril 2016

Logo La semaine affoilante-ENVSN - F Monsonnec 31-03-15 medium

Quand pour me remémorer cette deuxième édition de LSA je me projette mon petit film perso, dans la salle de cinéma située en haut de mon crâne dégarni (et cramé par le soleil de la presqu’île), de très nombreuses images se projettent sur mon écran personnel. Mais c’est la navigation dantesque avec François Lys, dans son Trifoiler, qui s’impose (32.86 nœuds « tenus ») ! Et pourtant, j’en ai des images en mémoire et de très belles : le vol des Moths tout en grâce, les rencontres, la voltige aérienne de C. Maunoury

LSA 2015 s’est révélé être un très bel évènement monté rapidement par le Team LSA et l’ENVSN, LSA 2016 était une encore plus belle rencontre, vive LSA 2017 !

N’ayant pas été présent sur toute la période, difficile de faire un récapitulatif complet, heure par heure. Je vais donc parler de ce que j’ai vu par thème.

Le mélange des genres

Où, à part à Saint Pierre Quiberon, peut-on voir sur le même plan d’eau des Kitefoils, Windfoils, Moths (nombreux cette année), catamarans à foils (Flying Phantom, Whisper), engins ? La semaine affoilante est, je pense aujourd’hui, LE rendez-vous DES foils en France (et la Foiling Week  en Italie).

Class C, Moth, Whisper, Windfoil, Kitefoil, Flying P… – photo F. Monsonnec

Class C, Moth, Whisper, Windfoil, Kitefoil, Flying P… – photo F. Monsonnec

Loisirs 3000 – photo B. Gahagnon

Loisirs 3000 – photo B. Gahagnon

Bob Fisher en class A – photo F. Monsonnec

Bob Fisher en class A – photo F. Monsonnec

Windfoil – photo B. Gahagnon

Windfoil – photo B. Gahagnon

Flying Froggs (K. Fauconnier and Co) – photo F. Monsonnec

Flying Froggs (K. Fauconnier and Co) – photo F. Monsonnec

Moth, le spectacle à quelques mètres de la plage– photo JF. Daron

Moth, le spectacle à quelques mètres de la plage– photo JF. Daron

Un «ptit paquet» de Moths dans le Hangar ENVSN – photo F. Monsonnec

Un «ptit paquet» de Moths dans le Hangar ENVSN – photo F. Monsonnec

Kitefoil et Windfoil – photo B. Gahagnon

Kitefoil et Windfoil – photo B. Gahagnon

Phil De Braeckelaer & F2 = 1/2ρ x V² SC2 – photo F. Monsonnec

Phil De Braeckelaer & F2 = 1/2ρ x V² SCz – photo F. Monsonnec

Le beau vol du Whisper – photo JF. Daron

Le beau vol du Whisper – photo JF. Daron

Les rencontres

C’est un des objectifs de ce rassemblement, ne pas simplement obtenir des chronos mais permettre aux différents passionnés de se rencontrer. Comme en 2015, mission réussie. Nous avions, entre autre, sur la plage de l’ENVSN, Claude Tisserand (pionnier des foils en France, Véliplane 1 en 1964), Maurice Gahagnon (géniteur des différents Loisirs 3000 depuis 1981), les teams des différents producteurs de foils pour Kite et Windfoil, Phil Roulin de Perspective Design et bien d’autres… Franck Cammas a même participé à la sortie du samedi en Class C. Mais l’ENVSN n’était pas qu’un repère de monomaniaques. Les simples curieux ont pu s’approcher des ailes, poser des questions, échanger. Je pense, entre autre, à un très jeune passionné, accompagné de ses parents (eux aussi intéressés), qui ont fait le déplacement depuis la petite mer de Gavres… La relève est assurée.

Deux pionniers C. Tisserand, M. Gahagnon – photo B. Gahagnon

Deux pionniers C. Tisserand, M. Gahagnon – photo B. Gahagnon

Franck Cammas va sortir en Moth – photo F. Monsonnec

Franck Cammas va sortir en Moth – photo F. Monsonnec

Des bêtes accessibles – photo F. Monsonnec

Des bêtes accessibles – photo F. Monsonnec

Les tables rondes

Je n’ai pas pu assister aux différentes tables rondes mais je n’ai entendu que des échos positifs. Je regrette de ne pas avoir pu écouter Martin Fisher du team Groupama (Different Foil Types for different Usage Profiles). Petite information en passant, il semble que certaines personnes du public, pourtant très pointues en navigation, pensent que la mise en place de foils sur un voilier date de la Coupe de l’America…. Ceux qui comme moi ont suivi la réunion organisée par l’ENVSN sur « La prise de décision à grande vitesse » ont apprécié la présence de Catherine Maunoury, qui nous a montré tout son talent lors de ses démonstrations de voltige. J’ai entre autre retenu de cette rencontre (C. Maunoury, K. Fauconier, B. Marie, B. Castelnérac de SeAIR) que la compétition peut nuire au plaisir ! Il faut donc que cette rencontre ne cède pas à la tentation du classement ou de la performance à tout prix. Pour revoir l’ensemble des tables rondes proposées, voici un rappel du programme.

Démo. de Voltige par C. Maunoury – photo F. Monsonnec

Démo. de Voltige par C. Maunoury – photo F. Monsonnec

Débat « La prise de décision à grande vitesse » - photo F. Monsonnec

Débat « La prise de décision à grande vitesse » – photo F. Monsonnec

Les exposants

C’est aussi le point fort de cette rencontre, la possibilité de voir, discuter et même tester les produits du marché. Etaient présent cette année, Horue, Serise Foils, Ker Foils, Rods, Tridenn, Loke Composite , Voilavion, Forward Wip, Erplast (Optimist à foils), UCPA.

Foil Horue - photo F. Monsonnec

Foil Horue – photo F. Monsonnec

Foil Serise - photo F. Monsonnec

Foil Serise – photo F. Monsonnec

Foil Rods - photo F. Monsonnec

Foil Rods – photo F. Monsonnec

Le stand Tridenn AHD - photo F. Monsonnec

Le stand Tridenn AHD – photo F. Monsonnec

Foil Ker Foils - photo F. Monsonnec

Foil Ker Foils – photo F. Monsonnec

Kevin Festock de Loke Foil – photo P. Juhel ENVSN

Kevin Festock de Loke Foil – photo P. Juhel ENVSN

Voilavion deuxième proto - photo F. Monsonnec

Voilavion deuxième proto – photo F. Monsonnec

Le stand Forward Wip - photo F. Monsonnec

Le stand Forward Wip – photo F. Monsonnec

Optimist Erplast - photo F. Monsonnec

Optimist Erplast – photo F. Monsonnec

Les résultats

La météo du mercredi et du jeudi n’a pas permis d’organiser des runs ou raids. Il a donc fallu attendre vendredi pour que les bêtes montrent leurs dessous. Mais, l’ENVSN ayant bien fait les choses, les participants en ont profité pour assister aux tables rondes, dont celles organisées par Eurolarge. Cette année les participants étaient équipés de trackers de Géo Racing qui ont permis d’obtenir les vitesses moyennes et max sur 500 m. Ci-dessous, les résultats des runs du vendredi 16.

Résultats runs 16-04-16 LSA 2016

François Lys sur son Trifoiler - photo P. Juhel ENVSN

François Lys, roi des runs, sur son Trifoiler – photo P. Juhel ENVSN

Après les runs du vendredi, un raid organisé le samedi a permis de regrouper sur l’eau Kitefoils, Windfoils, engins, Moths, Flyings Phantom, Class A et le Class C Groupama (Franck Cammas et Louis Viat). Par 10/12 nœuds, c’est Groupama qui a remporté le raid avec des pointes à 28 nœuds. Dimanche, la faiblesse du vent, la fatigue des précédentes journées, et pour certains les longues heures de route en prévision, n’ont pas incitées les hommes volants à aller sur l’eau pour de nouveaux runs. Quelques coureurs sont tout de même sortis pour des navigations libres sous le soleil breton. En début d’après-midi, Catherine Maunoury a une nouvelle fois dessinée des figures dans le ciel de Saint Pierre Quiberon. A 16h00, la réunion de clôture a réuni les coureurs, exposants, et organisateurs de La Semaine Affoilante®…

Groupama Class C - photo JF. Daron

Groupama Class C – photo JF. Daron

Remerciements

Merci à toute l’équipe de l’ENVSN pour son investissement, Eric, Yves, Mathilde, Philippe, Claire… sans oublier Jeff qui, une nouvelle fois, a ouvert son atelier pour que les bateaux puissent réparer leurs plaies et naviguer le lendemain. Merci aux participants, exposants, passionnés et simples curieux.

Le futur

On ne change pas une équipe qui gagne ! Le « Team LSA » va prochainement débriefer avec l’ENVSN. Mais logiquement nous vous donnons rendez-vous pour LSA 2017…

Avant cela, la vidéo officielle de Valère Caneri permettra à ceux qui étaient présents de revivre cette rencontre et aux autres de mieux la découvrir (la vidéo de LSA 2015)…

Le team LSA – photo B. Gahagnon

Le team LSA – photo B. Gahagnon

RdV en 2017 (Lycra Forward Wip) – photo F. Monsonnec

RdV en 2017 (Lycra Forward Wip) – photo F. Monsonnec

Team LSA médium

 


Ptites News 36

12 novembre 2015

Une « Ptites News », une. N’hésitez pas à la compléter en indiquant les articles, vidéos… que vous avez trouvés.

A – Foils et à voiles

Transat Jacques Vabre

Un banc d’essai pour les foils ?

Macif à terminé premier en Ultime. Est-ce que c’est grâce à son unique foil équipé d’un grand tip ? Hmm, je ne crois pas.

  • 2/4 à l’arrivée
  • un seul foil en place, était-il toujours du bon côté (sur une bonne partie, oui)?
  • un bateau neuf par rapport à Sodébo mis à l’eau en 2001, Sodébo qui même s’il a été remanié n’arrive sûrement pas au rapport poids puissance de Macif ni à la même qualité d’écoulement. Maintenant, Macif aurait été derrière j’aurais dit qu’il n’y a pas que la théorie !
  • un super équipage car Bidegorry est un pro.

Bref, pour moi le foil n’est en « rien » dans cette victoire, avec deux « foils standards », il aurait sûrement été devant !

En Imoca 60 le foil n’a pas fait non plus ses preuves.

  • mais, les bateaux à foils n’étaient pas fiabilisés,
  • les nouvelles règles de jauge, quilles plus épaisses, mats et système hydraulique plus lourds, moins de ballasts… brident ces bateaux par rapport aux anciens.

Mais en IMOCA il ne faut pas enterrer les foils trop rapidement car, comme noté ci-dessus, il aussi de bonnes raisons. Bref, il y a encore du boulot, heureusement car ce sont aussi les essais, les évolutions qui sont intéressants. Mais bon je me dis que c’est peut-être une analyse de bistrot.

Macif

Une présentation du canot et de la philosophie foil du team (enfin, celle pour les médias).

Safran

Idem ci-dessus mais de la part de Safran en mono.

Eight cube

En voilà un qui est bien placé (en tout cas lors de la mise en place de cet article) le mini 6,5 à foils et étrave camuse de Simon Koster. Simon à l’air très sympa sur cette vidéo qu’il faut regarder jusqu’à la fin pour voir des images de la bête (merci Max pour le rappel).

Nacra F 20, sillage

Vidéo postée par Xavier sous la Ptites News 35, belle navigation d’un Nacra F20.

 

Ou voler quand on n’est pas équipé ?

A l’UCPA par exemple. J’avais déjà rencontré Clément Remy à « La semaine affoilante », je l’ai croisé au hasard d’une promenade à la base sous-marine de Lorient. Il était accompagné de son collègue Loïc Hanon. Discussion fort intéressante avec ces deux passionnés qui se bougent pour faire découvrir le foil, sur Flying Phamtom, mais « pas que » !
Voici une belle vidéo d’une formation des moniteurs UCPA. Les accro. reconnaitrons l’AFS One, et le boss Bruno André, le Flying Phantom, le S9 et son concepteur, des kites SrokaEn savoir plus.

ENVSN

Un « pole foil » en Bretagne ? C’est ce que souhaite mettre en place l’ENVSN ou s’est déroulé « La semaine affoilante » en juin dernier. Le « Team LSA », le groupe de passionnés à l’origine de cette rencontre, n’avait donc pas tort en pensant que le lieu s’y prêtait…

Mer Force One

Voici un nouveau venu, un day boat de 7 m de long par 7 de large dont je n’ai pas pour le moment visualisé le système de régulation. Ici le blog pour suivre sa construction. Un sacré projet qui n’est pas nouveau, dommage que je ne l’ai pas trouvé avant.

Projet Mer Force One via site www.archi-delion.com

Projet Mer Force One via site http://www.archi-delion.com

America’s cup

Flip

Une vidéo des Suédois qui se mettent sur le toit (aout)

Visite guidée

Vidéo sympa, visite guidée par Nathan Outtedrige de l’AC 45 Artemis avec une présentation des appendices et de leur réglage.

Bar

Belle pub Land Rover et belles images de l’AC Bar en navigation.

Sailrocket

Compte rendu de sa dernière nav. après 3 ans sans toucher l’eau.

Amer X

Il n’y a pas que les bêtes de course à se mettre aux foils, les croiseurs aussi. L’Amer X, déjà évoqué sur foilers, propose d’autres innovations.

Benoit Marie

Une présentation en vidéo de Benoit Marie, un pro du foil (vice champion du monde de Class C, vainqueur de la Mini transat, un des meilleurs Mothiste Français…). Son site ICI.

Little cup

Cup

Vous revenez de Mars, vous avez des informations à rattraper, Franck Cammas garde la cup.

Groupama C

En vol à l’entrainement avant la Little cup

 

Harken

Oui, comme cette vidéo l’annonce, Il y a 30 ans (ou presque) la firme Harken faisait déjà voler une planche. C’était avec l’aide du grand Sam Bradfield en 1986 ou 87.

Harken - Bradfield hydrofoil 1986 DR

Projet de planche à 2 foils

Voici une sorte de retour au source puisque Patrice Belbeoc’h travaille sur un projet de planche à deux foils comme au bon vieux temps de Rich Miller. Photos en bas d’article.

 

B – Avec foils et moteur

DHL

Un hydrofoil autonome capable de transporter 5 m3 de produits… C’est très beau mais pour moi c’est surtout un bon coup de comm. comme Amazon et ses drones (je dois être trop vieux).

C – Sans foil

DARED

Gurval bouge, « comme d’hab. » Il nous présente la dernière version de son bébé

dared-kiteboat-xk21

RU

Vous êtes curieux, voici un bateau Russe assez particulier. Je connaissais leurs cata et tri gonflables voici comme un mono assez proche des Coracles. Si les images vous ont plues, n’hésitez pas à poursuivre par la lecture des commentaires.

Idec

Francis va-t-il une nouvelle fois montrer tout son talent et cette fois en équipage ? Belle vidéo de la présentation du projet Idec autour du monde.

53,27

Sa dérive est elle un foil ? Un plan porteur, c’est sur. Le nouveau record d’Antoine Albeau en image.

Innov’kiteboat

N’oubliez pas de faire un tour sur le blog de mon ami Armand. Voila quelqu’un qui imagine et réalise…

D – Et aussi

Fourmis

Voila qui remet en cause ce que nous allons devoir maintenant appeler une légende urbaine (en fin rurale aussi) puisqu’il y a aussi des feignasses chez les fourmis !
Une étude détruit le mythe de la fourmi travailleuse.

 

A vous maintenant !

PS : je me rends compte que j’ai placé pas mal de liens vers des d’articles et vidéos de Voiles & voiliers, qui a décidément un volet Internet très intéressant. Il ne faut pas oublier d’acheter de la presse papier sous peine de voir aussi disparaitre la partie Internet. Car la pub sur Internet ne paye pas mon pauv. Monsieur. Et c’est un blogueur qui dit ça !


La semaine Affoilante / ENVSN, le débrief

22 juin 2015

Logo La semaine affoilante-ENVSN - F Monsonnec 31-03-15 medium

« La semaine affoilante » s’est déroulée avec succès du 12 au 16 juin à l’ENVSN à Saint Pierre Quiberon. Malgré un vent qui laissait à désirer, les différentes catégories – kitefoil, windfoil, engin – ont pu s’exprimer. Retour sur la gestation de ce projet et le déroulement de cette édition. Mais avant cela la superbe vidéo « officielle » de Valère Caneri (Horue Movie Production).

1 – La genèse

L’idée
Maintenant que cette première rencontre a vue le jour, nous pouvons revenir sur l’origine de ce projet dont la mise en place n’était pas gagnée. Lors d’une navigation sur hydrofoils, en aout 2014, Maurice Gahagnon et François Lys évoquent ensemble l’idée d’une rencontre d’engins à hydrofoil dans l’esprit des semaines de vitesse que Maurice a fréquentées dans de nombreux pays avec le team Loisirs 3000. François, propriétaire de deux hydrofoils, adhère, fonce et me contacte. Novembre 2014, je reçois un coup de fil de François, je suis sur le foiler PiR2, c’est la veille du lancement de la RdR, heureux présage. Nous échangeons par tél et mail sur le sujet et proposons des noms pour cette rencontre. Celui de François est sélectionné (et déposé), je bricole vite fait un logo, trop figuratif pour être utilisé sur tous les supports, mais qui permet d’illustrer le premier document de synthèse que nous réalisons quelques jours avant le Nautic. Les bretons montent par vagues au salon pour retrouver François, le local. Armés de notre « stick de pèlerin », nous prêchons la bonne parole foilesque auprès de coureurs, constructeurs, partenaires. Nous avions déjà repéré le plan d’eau idéal et, toujours au Nautic, nous rencontrons madame Eynaudi la directrice de l’ENVSN. Au début, elle a du mal à comprendre, nous lui présentons les contours d’un projet alors que des membres de l’ENVSN viennent juste d’évoquer l’idée de travailler sur les foils. Une co-organisation ?! Mais avec plaisir. Le projet semble bien démarrer mais va ensuite un peu patiner, une grande maison comme l’ENVSN n’a pas les mêmes contraintes et la même réactivité que 3 passionnés bouillonnants !

Le Lycra Forward Wip – F Monsonnec 06-15

Le Lycra Forward Wip – F Monsonnec 06-15

Co-organisation
L’arrivée d’Eric Flageul au sein de l’ENVSN va relancer le projet, il souhaite s’investir dans un projet novateur et me contacte après voir visité Foilers. Il va donner un coup de boost à ce projet et devenir le coordonnateur au sein de l’ENVSN. Deux petites équipes se rencontrent mi mars, Eric Flageul et Yves Neosmoen pour l’ENVSN, Maurice et Fred pour le « team LSA ». L’ENVSN va nous apporter ses capacités organisationnelles sur l’eau et à terre, l’appui de son service communication, ses infrastructures, etc. Il reste pas mal de travail à réaliser mais nous avons de notre coté déjà sondé le monde des engins, des kites, des planches et des moths, et constitué une mailing list de potentiels participants. Nous avons un nom, un logo (qui sera modifié pour inclure l’ENVSN). François a démarché un bon nombre de partenaires pour obtenir des lots. Forward se propose de réaliser des lycras, Valère Caneri un teaser et la vidéo officielle de la rencontre. Nous ne partons pas d’une feuille blanche. Les boites mails vont surchauffer (en quantité de mail et certaines fois en contenu !), pour enfin arriver à ce que tout le monde se retrouve sur le très beau site de l’ENVSN le 12 juin.

Eric Flageul – F Monsonnec 06-15

Eric Flageul – F Monsonnec 06-15

2 – Le site

Sept hectares de nature, parfaitement situés dans la baie de Quiberon. Les coureurs ont pu apprécier la plage en forme d’amphithéâtre, la cale en béton, les infrastructures de l’école, hangar, grue, hébergement, restauration… Voila pourquoi une grande partie de l’élite olympique, et pas seulement, s’entraine à l’ENVSN.

Le matos sort des véhicules – B Gahagnon 06-15

Le matos sort des véhicules – B Gahagnon 06-15

3 – Les participants

Cette semaine affoilante a vu arriver 26 « foilistes » dont certains comme Philippe Caneri et son frère Valère ainsi que Bob Fisher (Class A) depuis le grand sud. Bruno André de AHD Tridenn est arrivé en force avec entre autre Diony Guadagnido du Venezuela. Nous avions aussi sur l’eau Nicolas Parlier (Champion du Monde de kitefoil) et Kévin Festocq (Champion du Monde de Windsurf en 2006).

Philippe Caneri avec un peu de matos – F Monsonnec 06-15

Philippe Caneri avec un peu de matos – F Monsonnec 06-15

Les foils du cata de Bob Fischer – F Monsonnec 06-15

Les foils du cata de Bob Fischer – F Monsonnec 06-15

Foil Loké composites – F Monsonnec 06-15

Foil Loké composites – F Monsonnec 06-15

4 – Exposants

Le site de l’ENVSN accueillait 8 exposants :

  • Tridenn AHD et son AFS1 (Bruno André et son team), en windfoil
  • HORUE (Philippe Caneri, Valère de Horue Movie Vidéo) en kitefoil et windfoil
  • LOKÉ Composite (Kevin Festocq, Loig Peigné), en windfoil et kitefoil
  • Severin Caillez présentait l’hydrofoil à propulsion musculaire « Aquaskipper » (lien US)
  • Forwards Wip (qui a réalisé le lycra de LSA) pour ses équipements sportifs et des kitefoils
  • Magrard Innovation (Patrice, Bernard…) présentait leur cata à hydrofoil avec voile inclinées
  • Ker Foil en Kitefoil
  • Serise Foils (Arnaud Sourisse) en windfoil
Le stand AHD Tridenn – Photo B Gahagnon 06-15

Le stand AHD Tridenn – Photo B Gahagnon 06-15

Kerfoil – Photo B Gahagnon 06-15

Kerfoil – Photo B Gahagnon 06-15

5 – L’ambiance

Nous souhaitions que les participants puissent naviguer et échanger de manière conviviale autour d’une même passion, je crois que nous pouvons dire que l’objectif a été atteint. Il n’y avait aucune concurrence entre les classes. Le kitefoil est le plus rapide, c’est un fait, mais chaque classe à ses aficionados ! Que ce soit sur la plage, pendant la soirée crêpe AHD, les briefings, la table ronde… kiteux, plancheux, accro. des engins, tout ce petit monde à pu « causer foils » en toute simplicité. Courbure, rigidité des mats (jambe de force pour les engins), winglets ou pas de winglet ? Les discussions étaient passionnantes, cordiales… Patrice Magnard et son équipe, venue sans Voilavion bloqué au soleil, présentait une maquette de leur concept de voile inclinée. Ils ont profité de la rencontre pour travailler sur le futur avec l’architecte Philippe Roulin… Dommage qu’aucun mothiste n’a pu se libérer. Le public a pu observer les différents supports sur l’eau et à terre, assister à des essais d’Aquaskipper (hydrofoil à propulsion musculaire), à du kitefoil tracté…

F Lys et P Magnard au briefing – F Monsonnec 06-15

F Lys et P Magnard au briefing – F Monsonnec 06-15

Kitefoil tracté – F Monsonnec 06-15

Kitefoil tracté – F Monsonnec 06-15

6 – La semaine affoilante, jour par jour

Vendredi
Nous avions prévus plusieurs types d’épreuves, runs, triangles, raids… Les équipes de l’ENVSN se sont parfaitement adaptées aux conditions météo. Nous avons pu lancer dès le vendredi des runs sur 500m. Ils se sont révélés être les meilleurs de ce rendez-vous ! Vent d’ouest de 12-13 nœuds (encore un peu faible), une mer plate et une température ambiante de 21°C. Et enfin, après de nombreuses années sans ce mélange des genres, il y avait sur l’eau des supports très différents mais tous à foils et au dessus de l’eau.

Loisirs 3000 préparation aux runs – B Gahagnon 06-15

Loisirs 3000 préparation aux runs – B Gahagnon 06-15

Trifoiler mise à l’eau – F Monsonnec 06-15

Trifoiler 64 et ses nouvelles voiles,  mise à l’eau – F Monsonnec 06-15

Samedi
Une nouvelle fois l’organisation a dû s’adapter aux conditions météo. Le matin, une partie des participants a profité des Stand Up Paddle de l’ENVSN alors que l’autre s’est réunie pour une table ronde avec pour sujet « 1913 – 2013 Un siècle d’hydrofoil à voile »… L’après-midi, faute de vent, une navigation libre a été proposée. Severin Caillez, qui était venu avec deux Aquaskippers, a animé la plage avec des essais et une « compétition » entre Philippe Caneri et Nicolas Parlier ! Le vent s’est levé à 18h permettant aux kitefoils, windfoils et engins de s’élancer sur un parcours mis en place par l’ENVSN.

Essai d’Aquaskipper – F Monsonnec 06-15

Essai d’Aquaskipper – F Monsonnec 06-15

Kevin Festock (Loké composites) essaye une AFS1 ! – F Monsonnec 06-15

Kevin Festock (Loké) essaye une AFS1 ! – F Monsonnec 06-15

Dimanche
Une nouvelle fois le briefing météo (par Claire Denomazy) du début de journée indiquait des conditions peu favorables. Malgré un vent faible, quelques kitefoils, windfoils et Class A ont choisi d’aller tester les « runs ». En kitefoil Remy Grivard avec un vent de 6 nœuds a atteint 22 nœuds. Malheureusement, les quelques nœuds de vent présents dans la matinée ont « mollis ». La Semaine Affoilante a donc été clôturée à 14h00. A 16h00 a eu lieu la remise des prix pour remercier et féliciter tous les participants, les bénévoles, exposants, partenaires et organisateurs. Grâce à la générosité de nos partenaires, chaque coureur a reçu un ensemble de cadeaux et les 3 premiers de chaque catégorie des lots plus conséquents. Le matin, nous blaguions avec Eric Flageul sur le fait que le vent allait sûrement monter une fois les engins à terre et passés au jet, et bien c’est presque ce qui s’est passé ! Le dimanche soir le vent est monté et les exposants en windfoil on pu proposer une séance d’essai mémorable a tous ceux qui en rêvaient….

Raphaël Censier– F Monsonnec 06-15

Raphaël Censier et les safrans de son Class A – F Monsonnec 06-15

Lundi et Mardi
L’ENVSN avait mis son site à la disposition des coureurs qui souhaitaient réaliser des navigations libres. Malheureusement la météo fut tout aussi capricieuse ! Mais après un changement de monture, du Trifoiler au Mystère, une partie du Team LSA a pu « découper » la baie avec les foils en V dessinés et réalisés par Maurice Gahagnon.

Le mystère ronge son frein – F Monsonnec 06-15

Le mystère ronge son frein – F Monsonnec 06-15

7 – Résultats

Vitesses moyenne sur 500m obtenues lors des runs du 12 juin par 8 à 11 nœuds de vent et du 14 juin par 3 à 7 nœuds de vent (à 100° du vent).

LSA tableau récap résultats - F Monsonnec 06-15

8 – Images

Voici une compilation de photos prises par Michel Bazile, Philippe Juhel de l’ENVSN

Plus d’images sur la galerie photo de l’ENVSN
D’autres vidéos sur la page Facebook de l’évènement

9 – Remerciements

Avant tout aux participants
Merci d’avoir répondu présent à notre invitation à « La semaine affoilante ». C’est surtout grâce à vous, premiers participants à ce rendez-vous, que cet évènement a pu avoir lieu.

Les participants et les organisateurs – F Monsonnec 06-15

Les participants et organisateurs – F Monsonnec 06-15

A l’équipe de l’ENVSN
Eric Flageul coordonnateur de ce projet pour l’ENVSN, Mathilde Le Floch à la communication, Jeff (qui a ouvert son atelier pour réaliser la réparation de la barre de liaison du Trifoiler), Claire Denomazy pour ses briefings météo, à tous ceux qui sur l’eau comme à terre se sont démenés avec le sourire, Michel Bazile, Philippe Juhel, Claire Denomazy, Florence Lebrun…

Atelier strat réparation d’urgence – F Monsonnec 06-15

Atelier strat réparation d’urgence – F Monsonnec 06-15

Un briefing météo de Claire Denomazy– F Monsonnec 06-15

Un briefing météo de Claire Denomazy– F Monsonnec 06-15

A nos partenaires

Valère Caneri, auteur du teaser et de la « vidéo officielle » - F Monsonnec 06-15

Valère Caneri, auteur du teaser et de la « vidéo officielle » – F Monsonnec 06-15

Partenaires La semaine affoilante 2015 bis

10 –La suite

L’ENVSN pense déjà à 2016… C’est vrai que ce type d’épreuve permet au public de découvrir des supports impressionnants, aux coureurs de participer à une rencontre moins fondamentale que les compétitions de chaque classe, donc plus appropriée aux échanges…
Malgré ce tableau positif, nous avons listé plusieurs améliorations à apporter à l’organisation et au programme de ce type d’évènement ! Nous avons déjà à l’esprit ce que pourrait être « La semaine affoilante » 2016…
Encore merci à ceux qui ont cru à cet évènement !


Des hydroptères hauturiers ?

29 mars 2015

Cet article de Daniel Charles, est le second d’une série de trois sur les hydroptères hauturiers (Volet 1)

Durant longtemps, la seule raison d’être des hydrofoils à voile fut de voler -pas d’aller quelque part. L’incroyable sensation d’être soulevé hors de l’eau, de naviguer sur le fil du rasoir… c’était stupéfiant, addictif ! Il n’y avait rien de pareil ! Seule une élite connaissait cela ! A Weymouth ou à Brest dans les années 1970-80, ceux qui avaient sacrifié tant d’heures dans l’espoir de connaître cette éphémère bouffée d’adrénaline étaient des gens à part: pour voler en hydrofoil à voile, il fallait non seulement en avoir dans la culotte, mais aussi dans le ciboulot, ce n’était pas donné à tout le monde, allez ! La preuve : le premier à s’être ainsi envoyé en l’air, Robert Gilruth, travaillait à la Naca avant de terminer sa carrière comme patron de la navette spatiale… Aah, voler sur foils…, c’était tellement extra-ordinaire que ce pied de nez à Archimède et Newton se suffisait à lui-même. L’horizon des foileux n’allait pas au-delà des 500m du record de vitesse à la voile, personne n’imaginait sérieusement aller se balader au-delà de l’horizon géographique (le vrai).

Catafoil de Bob Gilruth – extrait livre Sailing Hydrofoil

Catafoil de Bob Gilruth – extrait livre Sailing Hydrofoil

Certes, Williwaw avait prouvé que l’on pouvait amener un hydrofoil très loin –mais la vitesse moyenne de ce trimaran volant de 9,75m avait été inférieure à 6 nœuds (Note 1). A partir de 1979 et Paul Ricard, on a vu une série de trimarans stabilisés par foils –mais eux ont vu les tableaux arrière des meilleurs bateaux archimédiens. En mai 2002, à Dournenez, par 15-20 nœuds de vent, l’Hydroptère régata pour la première fois contre les tris de 60’ de la défunte classe ORMA ; le « voilier volant » termina le parcours en 1h 31m 39s ; le vainqueur (le trimaran Bonduelle) avait gagné en 45m 15s, soit… moins de la moitié du temps ! Dont acte : après 63 ans d’essais (1939-2002) les hydroptères à voiles étaient juste bons (mais alors très bons !) pour s’envoyer en l’air, et pas pour régater (Note 2) ni pour aller quelque part et encore moins affronter les vagues du Grand Sud.

Notes :
1 – C’était à peu près la même moyenne que celle du monocoque Pen Duick V dans la Transpac. Les voiliers allaient lentement, alors !
2 – Un Moth avec des foils latéraux perçant la surface avait bien gagné une des manches du championnat du monde en 2001, mais comme il s’assimilait à un multicoque il fut déclaré illégal.

Telle était la situation il y a treize ans. Ce n’est rien treize ans, un battement de paupières de l’histoire, la durée de vie d’une mouette, moins de la moitié de celle d’un crapaud commun…

L’Hydroptère Douarnenez – F Monsonnec 2002

L’Hydroptère Douarnenez – F Monsonnec 2002

Un miracle peut en cacher un autre

Pour voler, il fallait créer de la portance, et l’on chercha à la maximiser, en sélectionnant des sections d’ailes particulièrement porteuses à 6, 7, 8° d’incidence. Il y a seulement dix ans, les Moths à foils tandem adoptaient encore une assiette longitudinale aussi angulée (Note 3) … jusqu’à ce que les exigences de la compétition et la cruauté des palmarès rappellent une vérité que tout le monde connaissait, dont la réalité physique avait été prouvée avant même que Gilruth se hisse sur ses premiers foils. Pour voler il fallait certes créer de la portance, mais pour voler bien il faut minimiser la traînée. Et profiter d’un autre miracle, connut de tous, mais dont l’ivresse du vol avait caché l’importance.

Note :
3 – L’angulation du foil par rapport à la coque était proche de zéro, donc on cabrait tout le bateau de 4-6°.

Ce miracle, c’est qu’aux faibles angles d’incidence la portance est gratuite. Elle ne coûte rien ! Nada ! Zilch ! Jusqu’à, disons, 3 à 7° d’angle d’incidence selon le profil, la vitesse est transformée en portance sans que la traînée n’augmente (Note 4). Par contre, au-delà de cet angle critique c’est le coup de bambou, le matraquage en règle, l’assommoir : la traînée augmente alors beaucoup plus vite que la portance. La courbe portance/traînée, qui définit l’efficacité du profil en fonction de l’angle d’incidence, ressemble à la moitié d’un seau, un fond plat puis un flanc qui remonte brutalement. En conséquence les aérodynamiciens ont appelé cette portion de courbe « lift-drag bucket », le seau portance-traînée. Comme on le voit dans la figure ci-dessous, tous les profils ne sont pas égaux : certains ont un « seau » bien plus marqué que d’autres, inexistant sur un profil Naca 2415 alors qu’il s’étend de 0 à 7° sur un Naca 66-415. Pour voler bien, il faut impérativement rester au fond du seau.

Note :
4 – A part, bien sûr, la résistance de friction, qui augmente linéairement avec la vitesse.

Exemple de seau sur Naca 66-415

Exemple de seau sur Naca 66-415

Hélas, rester dans cette fourchette étroite n’était pas possible. Je me souviens d’un bord de près à la Petite Coupe de l’America en 1987 (bien avant les foils) : The Edge, futur vainqueur, fonçait à 19 nds en baie de Melbourne dans un mètre de creux (Note 5), et à vue de nez le Classe C tanguait de plus et moins 12°. Une amplitude de 24° ! Trois fois les 7° nécessaires pour rester au fond du seau ! C’était ça le monde réel, et à son entrée il y avait un écriteau annonçant : « Foileux qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

Note :
5 – Christian Février et moi nous trouvions sur un tout petit canot à moteur, et nous avions manqué couler

The Edge Class AUS – photo Christian Février

The Edge Class AUS – photo Christian Février

John Ilett et sa baguette magique

Il aurait fallut varier l’angle d’incidence dix, vingt fois par seconde : humainement impossible (et de toute façon les hydrofoils n’étaient bons qu’à voler, même pas a battre des records de vitesse (Note 6), alors pourquoi s’en faire ?).

Une solution avait bien été inventée bien loin de la mer par un type du Middlewest, un certain Gordon Baker mort depuis, ses expériences de 1957 étaient tellement mal connues que le premier journaliste à aller les voir ne l’avait fait qu’en 1981, et on n’allait pas croire ce dernier vu que c’était un belge un peu cinglé (pléonasme) qui dessinait des praos… Un journaliste ne suffisait pas pour révéler la magie. Pour cela, il fallait un magicien, un sorcier.

Note
6- Le premiers records officiels datent de 1972, et il fallut attendre 37 ans pour qu’en 2009 un bateau (L’hydroptère) complètement supporté par foils établisse un record sur 500m toutes catégories. Trente-sept ans…

Le sorcier John Ilett –montage D Charles mars 2015

Le sorcier John Ilett –montage D Charles mars 2015

Celui-ci apparut durant les premières années du XXIème siècle équipé comme il se doit d’une véritable baguette magique. J’imagine que les Perthiens et les Perthiennes finiront par lui élever un monument dans Herdsman Park à Perth (Western Australia). On y découvrira leur compatriote John Ilett, sculpté en fibre de carbone, terrassant d’un pied foilé Archimède impuissant sous la baguette du Maître. Ce sera fort joli.

Moth Katana de Nicolas Bessec – F Monsonnec juillet 2010

Moth Katana de Nicolas Bessec – F Monsonnec juillet 2010

  • L’invention de John Ilett était (comme toutes les inventions) un assemblage nouveau de techniques et connaissance anciennes.
  • De toute une série d’expérimentateurs Ilett reprenait l’idée d’un foil arrière sous le safran, dont le barreur pouvait régler l’incidence et, de là, l’assiette longitudinale du bateau.
  • De Christopher Hook il reprenait l’idée du palpeur de surface, mais en remplaçant les patins par une mince baguette articulée à l’étrave, ce qui économisait un paquet de traînée.
  • Cette baguette (wand) commandait le volet de bord de fuite du foil central, sous le centre de gravité.
  • Dans le passé, le foil arrière commandait la portance en changeant l’assiette du bateau ; il fallait donc combattre l’inertie de l’ensemble ; John Ilett, en variant la portance directement sur le foil principal, rendait les corrections plus rapides et de moindre amplitude, avec moins de traînée.
  • Le dernier apport de John Ilett innovait par soustraction : il retirait aux vieux foils leur fonctions antidérive et stabilisatrice. Dès les premiers Moths volants, le barreur apportait la stabilité ; les supports verticaux des deux foils en tandem servaient de plan antidérive ; les deux foils en tandem n’avaient plus qu’à fournir la portance verticale (Note 7).

Note :
7 – Je simplifie ; au près, les Moths avancent avec une contregîte marquée de manière à ce que la portance du foil contribue également à lutter contre la dérive. Cela permet de limiter la taille et l’angle d’incidence du montant vertical supportant le foil central et agissant comme dérive. Cette réduction de surface est évidemment payante aux autres allures.

Hydrofins C Hook - Life 5-06-1950

Hydrofins C Hook – Life 5-06-1950

Toutes ces innovations entraînaient une révolution. En mars 2014, Ned Goss sur un Moth Mach 2 a maintenu durant 10 secondes 35,9 nds, avec une pointe à 36,5 nds (Note 8). Quand on pense que ces vitesses sont atteintes avec seulement 2,2 fois la surface de voilure d’un Optimist, on ressent un certain vertige…

Note :
8 – Sailing Anarchy, 14 mars 2014

Evolution de la forme des foils de Moth – Bruce McLeod

Evolution de la forme des foils de Moth – Bruce McLeod

Evolution

Depuis dix ans, les foils de Moths ont évolué dans deux directions. D’une part, l’envergure a augmenté, pour diminuer la traînée (Note 9). D’autre part, on s’est orienté vers des foils plus épais ce qui permet, à traînée et portance égales, d’augmenter l’inertie de la section et de réduire le poids (Note 10). On remarque sur la figure page suivante (qui ne tient pas compte de la portance) combien le drag bucket de l’Ilett Square (Fastacraft v1) est visible.

Notes :
9 – Les trois illustrations de ce paragraphe sont dues à Bruce McLeod à http://www.teknologika.com/mothblog/the-evolution-of-moth-main-hydrofoils/
10 – Les profils adoptés s’apparentent à des profils d’ailes supercritiques (poursuivant des objectifs structurels similaires, entre autres). En plus, les profils supercritiques d’avions visent à étaler le pic de l’onde de choc aux vitesses transsoniques, un problème qui ne concerne évidemment pas les Moths. On peut s’interroger sur le gain de traînée possible avec une aile complètement mobile sans volet, et un joint déformable en élastomère lisse entre le montant vertical et le foil ; cela impliquerait cependant d’adopter des profils avec un centre de poussée variant très peu avec l’angle d’incidence.

Portance et trainée foils Ilet square/Ilet Tapered / Bladerider – Bruce McLeod

Portance et trainée foils Ilet square/Ilet Tapered / Bladerider – Bruce McLeod

 

Profils NACA 63-412 et Blaserider – Bruce McLeod

Profils NACA 63-412 et Blaserider – Bruce McLeod

On remarquera que la surface du foil a peu changée ; par contre la tendance vise clairement à obtenir le plus grand allongement possible.

Il me semble (mais je peux me tromper) qu’au fil des années, la baguette de Mr Ilett s’est inclinée graduellement, diminuant la distance entre le palpeur et le foil, sans doute pour que le point de mesure soit le plus proche possible du foil. Si c’est bien le cas, cela augurerait mal des possibilités de cette méthode de palpage d’extrapolation dans les plus grandes tailles.

Quoiqu’il en soit, l’une des caractéristiques les plus étonnantes des Moths à foils est leur garde au sol très élevée, de l’ordre de 10-12 % de la longueur de coque (à peu près le double d’un AC 72). La garde au sol est évidemment une donnée cruciale dans l’hypothèse d’un hydroptère hauturier.

Bon et après ?

Le Moth est évidemment un cas atypique. Le poids de l’équipage (voué à la stabilité) y représente 60% du poids total : non seulement son apport à la stabilité est formidable mais encore l’inertie des poids du bateau en devient relativement négligeable. Le gréement (mât, voile, gréement) n’entre que pour 7% dans le poids total, alors qu’il est près du double dans un tri de 60’. Ces différences de proportions peuvent complètement changer les données du problème dans une mer formée, où l’influence d’un poids dans les hauts augmente comme le cube de la distance depuis le centre de gravité.

Moth à foils – photo James Boyd

Moth à foils – photo James Boyd

Ne peut-on envisager un super-, voire un hyper-Moth comme on construisit dans les années 1950 un « Star x 3 » (Note 11)? Hahaha. Il y en aura toujours pour imaginer un bateau hauturier dont la stabilité serait assurée par les déplacements instantanés d’un équipage dont la force herculéenne (zé-inextinguible) réglera au quart de seconde le réglage des voiles. Pourquoi pas ? Il y a même des convaincus de la planéité de la terre (Note 12)! Cependant, les plus réalistes ne se satisferont pas de ces chimères. « On ne peut pas extrapoler du petit vers le plus grand, parce que de nombreux systèmes qui fonctionnent en petite taille ne fonctionnent pas en taille plus grande », écrivait déjà Galilée en 1638 (Note 13). Il y a un truc qui s’appelle l’effet d’échelle, qui fait que si l’on double une longueur, la voilure sera multipliée par quatre (normal, c’est une surface) et le volume, donc le poids, par huit (23). On ne peut donc extrapoler un Moth à 60 pieds (x5,45), parce qu’avec l’effet d’échelle le rapport poids puissance passerait d’un excellent 57m²/T à un misérable 10,5m²/T (Note 14) ! C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir un rapport poids-puissance égal à celui des meilleurs racers d’aujourd’hui, on retomberait au niveau de leurs ancêtres des années 1965 : le Tina, plan Dick Carter et multiple vainqueur de la One Ton Cup, n’affichait que 12,8m²/T.

Notes :
11 – Il s’appelait Attila et s’empressa de mériter son nom, sauf que les dégâts concernaient sa structure et le portefeuille du propriétaire. Capable de faire 11-12 nœuds au près (dit-on), Attila se fit tout de même battre lors du Vive-Vire marseillais de 1961 par un 505. Attila avait été construit pour Albert Debarge, second au championnat du monde des Stars en 1957 (son équipier s’appelait Paul Elvström et son vainqueur Lowell North). Le noceur Debarge était un ami des rois de la nuit Castel et Barclay ; industriel pharmaceutique (il produisait la pilule anticonceptionnelle), il semble qu’il se soit diversifié dans la drogue ; il se suicida en novembre 1972, d’une balle dans le dos, dit-on. Le second propriétaire d’Attila, Jean Guichet, transforma l’incontrôlable sloop en ketch ; il appartint également au chanteur Sacha Distel avant de faire naufrage en Corse. Voilà : c’était ma minute culturelle.
12 – http://www.theflatearthsociety.org/cms/
13 – Galilée, dans « Discorsi e Dimostrazioni Matematiche, interno à due nuove Scienze ».
14 – Avec une échelle de 545%, la voilure (échelle au carré) n’aurait que 237m² alors que le déplacement se monterait (échelle au cube) à 22666 kg! D’accord, on réussirait sans doute à fabriquer un engin bien plus léger –mais même en divisant le poids par trois on resterait loin du compte : en dessous de 50m²/T autant rester au lit.

Ne nous y trompons pas, le rapport poids-puissance est capital. Si les vitesses ont triplé ou même quadruplé depuis 40 ans, c’est parce que le rapport poids-puissance faisait de même. Augmenter la vitesse impliquera d’une façon ou d’une autre d’augmenter aussi la puissance à poids égal.

Dont acte : la configuration du Moth à foil ne sera pas adoptée pour un hypothétique engin hauturier, mais on peut –on doit !- en retenir certains princi _ _…

…Ouais, bon, je sais bien, cela fait quelques paragraphes que vous vous demandez pourquoi je m’acharne sur les Moths, pourquoi (si je veux vraiment parler d’hydrofoils hauturiers) je ne mentionne pas les AC 72 et autres multicoques à foils, qui sont autrement plus pertinents et cetera… mais j’implore votre patience : même si cela n’en a pas l’air, je sais très bien où je vais. Courage ! Un peu de mystère n’a jamais tué de lecteur !

…on doit en retenir certains principes validés par les Moths, à savoir :

  • si l’on veut voler vite et bien, inutile d’envisager des foils en V ou en échelles, ou à faible allongement : il faut réduire la traînée ;
  • pour réduire la traînée il faut TOUJOURS rester au fond du seau portance-traînée ; en d’autres termes l’angle d’attaque du foil DOIT toujours rester faible (< 3 à 7°), ce qui implique IMPERATIVEMENT une incidence automatique ;
  • pour réduire la traînée il faut que la variation de la portance se fasse directement sur le foil, sans avoir à changer l’angle d’incidence de tout le bateau (qui impliquerait de vaincre l’inertie du bateau);
  • pour réduire la traînée, il faut séparer les rôles et ne demander qu’une seule chose à faire un foil (porter le bateau ou le stabiliser ou changer l’assiette : il faut choisir)
  • et (bien entendu) il faut réduire la traînée !

La question de la stabilité

On contestera que je fasse une césure entre portance et stabilité, enfin !, une portance est une portance, dans un monocoque Monsieur Archimède ne fait pas la différence entre une carène droite ou gîtée. Bien sûr –sauf qu’il nous faut rester au fond du seau ! Un foil chargé de la seule portance devra répondre aux sollicitations du tangage (Note 15) ; un autre en charge de la seule stabilité devra s’adapter aux variations de roulis et de couple de chavirement de la voilure. Or les périodes de roulis et de tangage sont très différentes : répondre à l’une dans les temps signifie que l’on sera à contretemps pour l’autre – et zou !, on aura quitté le fond du seau.

C’est pour cette raison que je crois la formule actuelle des catamarans à foils –AC 72, AC 45, GC 32, Classe C, Phantom…- inadaptée pour un hydrofoil hauturier : le foil sous le vent assurant toujours la portance comme la stabilité, il risque d’être constamment poussé hors du seau. En plus, l’on n’a pas besoin de deux foils arrières, ni de deux bras structuraux : l’architecture à deux coques ne se justifie pas vraiment dans ce cas là.

Note :
15 – Et du couple de cabanement de la voilure, j’y arrive…

GC32 AEZ- picture James Boyd

GC32 AEZ- picture James Boyd

Le problème du foil oublié

Il reste un foil dont nous n’avons pas parlé jusqu’ici, et que l’on a un peu tendance à oublier dans ce rôle: il s’agit du foil propulseur. La voilure est un foil comme les autres, avec ses exigences d’efficacité et ses effets sur l’ensemble du bateau.

On le sait, seule une faible portion de la portance générée par le foil « voilure » sert à la propulsion, le reste étant orienté latéralement pour faire dériver et gîter le bateau ; certains ont essayé, en orientant le foil « voilure » en diagonale, de transformer cette portance latérale en une portance verticale (c’est le cas sur Vestas Sailrocket 2 – Note 16). Tellement de gens se sont penchés sur cette question que je m’en vais la glisser sous le tapis… On ne va pas s’étendre sur de la philosophie avancée alors que nous avons devant nous une question de physique élémentaire : soit une voilure « verticale » normale ; le centre de voilure sera au-dessus du centre de gravité ; donc la composante latérale de sa portance provoquera un couple de chavirement. Tout le monde sait cela –mais la plupart des gens oublie que cela s’applique aussi à la portance longitudinale (propulsive) : puisque le centre de voilure est au-dessus du centre de gravité, il se crée à chaque augmentation de portance un couple de chavirement longitudinal, dit (horresco referens !) « couple de cabanement ». Aaargh ! C’est lui le méchant, le détestable, la plaie qui fait passer les multicoques cul par-dessus tête ! C’est le couple de cabanement qui mérite vos sifflets, vos huées, vos lazzis et vos boules puantes ! C’est pour combattre ce couple infernal qu’on a reculé les gréements et que la quête de mât est sortie de son purgatoire centenaire ! Et le pire, le vrai cauchemar, c’est que cette abomination fonctionne dans les deux sens.

Note :
16 – La solution d’un bateau monodrome (qui ne vire pas) comme Vestas Sailrocket 2, où la portance est en très grande partie assurée par l’effet de sol produit par sa poutre profilée, n’est pas envisageable sur un parcours hauturier, les vagues perturbant l’écoulement sur la poutre.

Projet de prao à foil et voile rigide inclinée – D Charles 1990

Projet de prao à foil et voile rigide inclinée – D Charles 1990

Notre cher brave vieux couple de chavirement transversal est, lui, à sens unique: la voilure pousse plus ou moins fort et –sauf conditions extrêmes- l’état de la mer n’a qu’une influence minimale. Au contraire, le pervers couple de cabanement s’intensifie si la portance de la voilure augmente ET si la traînée du bateau s’accroît (Note 17). Le bateau est freiné dans une vague mais la voilure pousse toujours et… pataplouf !

En d’autres termes, pour combattre le couple de cabanement, contrôler la portance de la voilure ne suffit pas : il faut aussi contrecarrer les variations de résistance à l’avancement du bateau… lesquelles, justement, caractérisent la progression d’un voilier dans une mer formée. Résoudre ce problème est donc LA condition sine qua non pour le succès d’hydroptères hauturiers.

Note :
17 – Bien entendu, l’inertie de chaque partie du bateau (qui augmente avec la distance du centre de gravité) ne fait qu’empirer la tendance au cumulet avant !

Asservir le couple infernal –mais comment ?

La baguette magique de Mr Ilett sert à moduler finement la portance d’un foil central dont la direction est présumée proche de la verticale. En ce qui concerne l’assiette longitudinale de tout le Moth à foils, il y a la portance du foil arrière (réglée par le barreur) et/ou la position de l’équipage (le barreur lui-même). Dans une mer formée, où la surface de référence de la baguette cesse d’être horizontale, une telle solution ne suffira pas pour rester au fond du seau.

Et là, soudain, j’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte. Tout ce que je raconte-là… mes imprécations à l’encontre du couple de cabanement… c’est une vieille barbe ! Tellement vieille que cette problématique-là fut à la base même du premier voilier hydroptère qui ait vraiment bien marché. Monitor a volé parfaitement au temps où les autos avaient encore des ailerons, le Mirage III n’avait pas encore décollé, et la moitié des ménages français n’avaient pas de lieu d’aisance dans leur lieu de vie. Pendant près d’un demi-siècle, Monitor est resté le seul hydrofoil à voiles à survoler les flots avec une stabilité de cuirassé, le seul à avoir vaincu clairement et sans appel le couple de cabanement. Comme par hasard, c’était aussi le seul à avoir fait de cette victoire une priorité, et à avoir pris le taureau par les cornes.

Avant Monitor, Gordon Baker -mentionné plus haut- avait testé un premier hydroptère sur lequel il s’était pris quelques pelles ; la tendance au crash-dive (le couple de cabanement augmente, le bateau pique du nez, l’incidence diminue, donc la portance, le bateau plonge, crash) l’avait interpellé à grand coups de flotte dans la tronche. Gordon Baker n’était pas amusé (Note 18). Il inventa donc (et breveta) un système pour mettre le couple de cabanement en échec.

Note :
18 – Le même genre de phénomène avait été vécu par Nat Herreshoff sur son premier catamaran, Amaryllis, ce qui l’avait conduit à imaginer ces étonnants catamarans articulés.

Monitor et son foil arrière régulé par les efforts du gréement – via Mariner Museum

Monitor et son foil arrière régulé par les efforts du gréement – via Mariner Museum

Schéma via « Monitor Hydrofoil Sailboat » - Niel C Lien

Schéma via « Monitor Hydrofoil Sailboat » – Niel C Lien

En pratique, le pied de mât est monté sur un axe transversal, et le gréement peut pivoter d’avant en arrière. Les étais sont reliés à une structure pivotante dans la coque. A cette structure sont connectés un ressort dont la tension est réglée par l’équipage, et une barre push-pull qui commande l’angulation du foil arrière. Supposons que la portance propulsive augmente : le mât pivote vers l’avant, entraîne (via la structure pivotante et la barre push-pull) une diminution de l’incidence du foil arrière, le bateau se cabre, la portance des foils avant augmentent, à ce moment le ressort atteint sa tension de référence et relie la traction du gréement au bateau, et… bateau vole ! Bien entendu, l’opération se fait par incréments minuscules, plusieurs fois par seconde. Par ce système il est impossible au couple de cabanement de déséquilibrer Monitor –mais ce n’est pas tout.

Imaginons qu’une grosse vague se présente. La résistance à l’avancement augmente…,
le bateau pique du nez…,
donc la portance du foil arrière diminue…,
donc la barre push-pull pousse sur la structure pivotante qui relâche le ressort qui laisse filer le mât, désaccouplant le moment de cabanement le temps que le bateau retrouve son équilibre.
Le système fonctionne donc dans les deux sens, comme le couple qu’il doit combattre.

Evidemment, le système mécanique de Baker pourrait être remplacé par un autre, électro/hydraulique par exemple. Qu’importe, tant que le crucial feedback voilure/ bateau est maintenu. Sans lui, je crains que l’hydrofoil hauturier reste un mirage.

Zutalor, v’la aut’chose !

Lors de la récente 5th High Performance Yacht Design Conference à Auckland, Burns Fallows (Note 19) a rappelé que, durant les trois ou quatre dernières décennies, les records de sprint en course à pieds ont baissé de 3%, ceux de cyclisme de 10%, mais ceux sur 500m à la voile ont été atomisés de 81%, et de 77% pour les 24h à la voile (Note 20). On pourrait se dire que cela va s’arrêter –mais pas du tout ! Sur le graphique ci-dessous, j’ai tracé, année après année, les records de vitesse sur 500m (échelle de gauche) et ceux sur 24h (échelle de droite). La tendance historique à long terme est franchement haussière même si à court et moyen terme il faut s’attendre à un plateau pendant quelques années (Note 21).

Notes :
19 – Directeur de North Sails
20 – Source: Keith Taylor dans Scuttlebutt #3288 – 11 March 2015
21 – On ne construit plus de multis géants comme Banque Populaire, et il faudra un sacré bond technologique pour dépasser Vestas Sailrocket 2.

Evolution des records sur 500m et 24h – D Charles mars 2015

Evolution des records sur 500m et 24h – D Charles mars 2015

Cliquez sur l’image pour l’obtenir en plus grand

Donc on va devoir y passer, à l’hydrofoil à voile hauturier ! Et peut-être même y arrivera-t-on très vite. Il reste cependant un problème loin d’être réglé…

…Une année, Baker amena Monitor en baie de San Francisco. Dans le Golden Gate, sur un bateau aussi petit que Monitor (7,92m), la navigation peut être rude. Gordon Baker et Neil Lien affrontèrent des vagues de 1-1,2m, équivalentes à des creux de 2,5m pour un 60’ (mais avec une amplitude bien plus courte). Monitor restait im-per-tur-bable. Un vrai cuirassé ! Par contre ses correctifs de portance entraînaient des accélérations et décélérations verticales désastreuses pour les estomacs. Ce mal de mer là pourrait être autrement plus difficile à contrôler que les foils…

Daniel Charles
Mars 2015


Ptites news 33

21 juillet 2014

Voilà une mini Ptites News d’été !
Un grand merci à ceux qui m’ont transmis des info. sans eux la page serait blanche ou presque.

A – Voile

Trifoiler
Roulements de tambour SVP, François Lys qui volait déjà depuis plusieurs années en Tornado à foils puis en Mystère est l’heureux propriétaire d’un Trifoiler venu tout droit des states. Voici des images de Maurice Gahagnon, excusez du peu !

 

F2 = 1/2ρ x V² SC2
Il y a déjà plusieurs semaines que nous échangeons avec Philippe et que j’ai la chance de découvrir les photos de son hydrofoil. Cela fait plaisir de voir que certains, comme Gurval ou Armand…., se lance encore dans la réalisation d’un engin volant. J’ai rencontré Philippe il y a quelques jours, de nouveaux essais sont prévus dans une zone de «sécurité» (et vaseuse !) avant des essais en mer…

F2 = 1/2ρ x V² SC2  de Phil  De Braeckelaer - photo PDB 01-06-14

F2 = 1/2ρ x V² SC2 de Phil De Braeckelaer – photo PDB 01-06-14

TFV
J’aurai voulu y être comme sûrement d’autres lecteurs, la Foiling Week s’est déroulée du 08 au 10 juillet sur le Lac de Garde. D’intéressantes vidéos sur le site. Et aussi de belles images ici.

Première sortie du Fodiator
Armand est dans l’ensemble satisfait du bateau. Le montage est rapide, la mise à l’eau facile… le reste sur son site : moi j’aime (la rotation du banc par exemple) !

Sailrocket
Merci GG, pendant que je fais autre chose que fouiner foil, GG fait l’intérim et me signal du lourd. Un certain Paul Larsen prépare un nouveau SAILROCKET III !

Raphael Censier
On parle de Raphael Censier même en Russie !

Flying Phantom
Info qui sent un peu la moisissure (vu la date de parution), Philippe Presti, entraineur d’Oracle, veut utiliser le Flying Phantom pour préparer la Cup

Semaine de vitesse de Brest nouvelle version !
J’évoquais cette info. dans la dernière Ptites News, voici la suite.

Ouest France 17-06-14

Ouest France 17-06-14

Stéphane Rousson
Pour ceux qui ne connaitraient pas le projet de Stéphane, une visite sur son site s’impose. En « 2 mots » : ballon + chien de mer…

RC
Je ne me lasse pas de ces images de modèles réduits à foils

Croisière rapide
Sur l’excellent blog Proafile, des dessins d’un projet de cata de croisière à foils signé Paul Bieker.

Kite
Tout est dans le titre (de la vidéo pas dans la chanson), I believe I can fly The best of Kitefoil ! Le top du kite à foil…

Forum
Ca cause foils sur Les foilz . com, quoi de plus normal

B – Moteur

Solar1 Monte-Carlo Cup
Mi juillet à eu lieu à Monaco la Solar1 Monte-Carlo Cup, la première course de bateaux propulsés uniquement à l’énergie solaire. 25 équipages avaient fait le déplacement, la plupart depuis des universités du nord de l’Europe et des Etats-Unis. En Open Class, la plus innovante avec une seule restriction, la longueur limitée à 8 mètres : doublé hollandais. Les Russes du Team Beluga Powered by Synergy remportent l’épreuve en V20, bateaux à foils. Pour en savoir plus, Yachting Magazine

BD Solar1 2014 @Franck Terlin.jpg

BD Solar1 2014 @Franck Terlin.jpg

A palpeur
Un bateau à moteur assez original avec un mono palpeur trainé à l’avant et semble t’il un monofoil assez reculé. Le site officiel. D’autres images ici

Intrados
Je reprends une nouvelle fois une info de GG laissée sur Portance 1/3 : « Quand on vous dit que l’intrados n’a qu’une importance limitée dans le phénomène de portance … Voyez ce que DASSAULT fait de ses intrados de Rafale 🙂

C – Sans foil

Dingue !
Merci Daniel pour ce lien, des images de vol de Pélican comme si vous étiez assis au bout de son bec !

Surf en Skimboard
De belles images de Fred Compagnon qui surfe de belles vagues en skimboard avec départ depuis un SUP !

Eric Barone
OK cela n’a rien à voir avec l’eau, quoiqu’à cette vitesse la glace doit fondre. Un vidéo pour le plaisir et pour l’auteur du film qui se reconnaitra et pour son compère le grand marcheur… Surtout pour le plaisir de voir les exploits de EB.

Bonnes grillades !


Le trimaran Paul Ricard, un défi

18 octobre 2013

Eric Bourhis – Vincent Péron

Trimaran Paul Ricard, un défi

Trimaran Paul Ricard, un défi – photo William Borel

Le voilà, il arrive, il faisait défaut ! Il y a bien un livre dédié au record de l’atlantique (L’Atlantique en 10 jours – Histoire d’un record) mais il n’y avait pas d’ouvrage consacré à la vie du foiler Paul Ricard.

Pour les plus jeunes, même si je ne pense pas que les lecteurs de Foilers ne connaissent pas ce bateau, Paul Ricard est le premier bateau d’Eric Tabarly à ne pas s’être appelé Pen Duick. Même si entre les premières plans et l’arrivée du sponsor, le projet portait le nom de Pen Duick VII.

Lorsqu’au milieu des années soixante-dix Éric Tabarly réfléchit à une nouvelle machine à gagner, il estime qu’il existe une autre voie que celle du gigantisme : le foiler. De nombreux voiliers équipés d’hydrofoils ont alors déjà navigué (voir On a marché sur la mer). Mais même si Éric Tabarly n’est pas le premier à imaginer utiliser des hydrofoils sur un voilier, sa rencontre avec Alain de Bergh a permis d’amorcer une importante démarche scientifique et de faire naître une lignée d’engins ailés : le prototype de Tornado à foils (voir en bas de page), Paul Ricard, Côte d’Or II et même l’Hydroptère. Sans ce projet fondateur, le développement des foilers hauturiers n’aurait pas été si rapide.

Mis à l’eau en 1979, juste à temps pour courir la Transat en double qu’il termina second après une lutte d’anthologie avec VSD, Paul Ricard est un bateau laboratoire où de nombreuses innovations ont été testées (usinage chimique et intégral, mat aile, spi à tuyère, hydrofoils…). C’est aussi le premier voilier à battre le record de l’Atlantique, de resté invaincu 75 ans et jusqu’à lors détenu par Atlantic de Charlie Barr.

Paul Ricard versions 79 à 84 – F Monsonnec 06-2013

Paul Ricard versions 79 à 84 – F Monsonnec 06-2013

Éric Bourhis est depuis son plus jeune âge, passionné par la mer au-dessus comme au-dessous de la surface. Il a été plaisancier, coureur au large, moniteur de plongée, préparateur de voiliers, patron de pêche et coureur de course offshore. Il a couru aux cotés d’Eric Tabarly pendant plus de 10 ans sur Pen Duick VI et sur Paul Ricard. Il faisait partie de l’équipage du record de l’Atlantique en 1980 avec Eric Tabarly, George Calvé et Dominique Pipat et a aussi couru La Baule Dakar en temps que skipper du foiler.

Passionné par ce bateau, qu’il cherche à faire reconstruire depuis 2005 (il a créé pour cela l’association Atlantic Express), Eric Bourhis a souhaité mettre l’accent sur l’histoire de ce trimaran et des hommes qui ont présidés à sa carrière en réalisant un livre de témoignages. Vous découvrirez avec plaisir les péripéties de l’aventure Paul Ricard, Eric Tabarly apparait sous un nouveau jour, au cœur de l’action. Vous retrouverez les souvenirs, et les très nombreuses anecdotes, de René-Julien Baudinet, Alain de Bergh, Gérard Fusil, Alain Juillet, Jean-Pierre Maréchal, Philippe Monnet, Marc Pajot, Patrick Tabarly et bien sur d’Eric Bourhis. Le trimaran Paul Ricard, un défi, contient de nombreuses photos en noir et blanc, dont beaucoup inédites, un cahier couleur et de nombreux dessins et cartes.

Jean Pierre Maréchal, Eric Bourhis, Marc Pajot Grand Pavois – F Monsonnec 09-2013

Jean Pierre Maréchal, Eric Bourhis, Marc Pajot au Grand Pavois – F Monsonnec 09-2013

Une première version a été présentée au Grand Pavois à La Rochelle en série limitée, dans une très belle couverture en dacron dont le tissu n’est autre que celui de la grand voile Gateff de 1983. Voile conservée au chantier ACX jusqu’à sa fermeture, retrouvée par Noël Cloarec qui la ensuite offerte à Eric Bourhis pour l’association Atlantic Express.

Ce livre accessible à tous, pas seulement aux « voileux » ou aux amoureux des multicoques, sera disponible en librairie (et sur Internet) à partir du 18 octobre.

Bonne lecture…

Le trimaran Paul Ricard un défi, couverture dacron

Le trimaran Paul Ricard un défi, couverture dacron

Trimaran Paul Ricard, un défi

ISBN : 978-2-84265-756-7  –   EAN ebook : 9782842657888

La Découvrance

17000 La Rochelle

ladecouvrance-izibookstore.com

Articles de Foilers en connexion avec Paul Ricard

Le prototype d’hydrofoil réalisé pour Eric Tabarly lorsque le projet n’était pas de réaliser un foiler mais un hydrofoil :

L’origine de l’idée d’utiliser des hydrofoils par Eric Tabarly ?

A noter que deux auteurs de Foilers ont participé à la réalisation de ce livre !


Vestas Sailrocket : run à 59 noeuds ?

17 novembre 2012

Au risque de bêtement m’enflammer, et que l’information soit bientôt infirmée, il semble que Vestas Sailrocket soit le nouveau détenteur du record du monde de vitesse avec un run à environ 59 noeuds !

Run bien entendu réalisé à Walvis Bay en Namibie. La moyenne serait pour ce run de 59.23 noeuds d’après leur GPS Trimble, avec une pointe à 62.53 ! Ce record doit bien entendu être validé par le WSSRC mais avec un écart théorique de presque 4 noeuds par rapport au record validé, il a des chances de l’être…

Petit rappel, le record actuel, en attendant la possible valisation du record de Sailrocket 2, est détenu par Rob Douglas (USA) à Luderitz (Namibie aussi !) avec en 2010 un run à 55, 65 noeuds.

Ce résultat relance la « compétition » kite/engin…

Vestas sailrocket 2, nouveau détenteur du record du monde de vitesse (?) – photo team VS2

La vidéo d’un précédent run du mois de novembre avec déjà un pic à plus de 60 noeuds !

Plus d’informations sur le site de Vestas Sailrocket surtout sur la partie blog de Paul Larsen et enfin sur Twitter.

A suivre !

Mise à jour du 19/11/12

Le mile nautique aurait aussi été battu avec, sur le GPS Trimble du team, une vitesse de 55,5 noeuds.

A lire sur Sail Word qui reprend le texte du site de VS2

Et la nouvelle vidéo époustouflifiante (vive la Hero Go pro !), une joie qui fait plaisir à voir !