Basiliscus, il vole !

Certains lecteurs assidus (Ptites News 43), ou ceux qui connaissent le duo Maurice Gahagnon / François Lys, le savent, une grosse bête à foils est en gestation depuis de nombreux mois au fin fond de l’ouest de la belle Bretagne. Basiliscus (pur produit breton) baptisé en premier « Trifoilie » est né sous le crayon de Maurice Gahagnon, fruit des idées des deux compères.

Le cahier des charges simplifié était le suivant :

  • Naviguer à haute vitesse, avec seulement deux personnes à bord
  • Créer un voilier avec un niveau de sécurité humain élevé (régulation automatique, équipage protégé dans la coque centrale)
  • Obtenir un produit fini moindre coût (sur fond personnel)
  • Etre transportable sur remorque…

De nombreuses heures à rédiger le cahier des charges, à définir le produit le mieux adapté à leur besoin et  envies, à leur capacité de navigation, à leur  budget. Des centaines d’heures passées à l’étude, aux échanges d’idées, aux dessins, calculs, découpes, stratification, ponçage… pour donner la vie à un très grand « Trifoiler » avec, bien entendu, des foils régulés (extrapolation entre autres du Trifoiler). L’ensemble du bateau, hormis le gréement, a été conçu, fabriqué et autofinancé par Maurice et François.

Avant-projet Trifoilie – dessin F Monsonnec 06-2017

Les partenaires qui ont, d’une manière ou d’une autre, facilité la naissance de Basiliscus :

Pour le petit noyau d’amis qui a eu la chance de suivre pas à pas la gestation de cet hydrofoil, je peux vous assurer que ceux qui étaient dans le secret attendaient les news avec plus d’impatience que la sortie d’un épisode de Game Of Thrones !

L’animal a touché l’eau et réalisé ses premiers essais très prometteurs le 19 mai 2019. Lors de cette mise à l’eau, il avait fallu calmer l’engin qui ne demandait qu’à s’envoler !

Le montage, webcam office de tourisme, plage du Trez Hir à Plougonvelin

Voilà que dès le second essai le « monstre » de 8.5 m de long (28 pieds) par 8 m de large, équipé d’un gréement de Diam 24, vole !

Il vole ! – photo Thierry Blaise

D’après François et Maurice, le potentiel de Basiliscus semble énorme. Avec des vents de 12 à 14 nœuds, la plage de vitesses lors de ce second test était de 17 à 25 nœuds. Le tout en sécurité dans le grand cockpit central (pas encore de cafetière comme je l’ai proposé, mais cela ne saurait tarder).

Maurice et François, les aviateurs – photo Thierry Blaise

La vidéo permet de bien prendre la mesure de l’engin ! Admirez la taille des foils, le pilotage au volant…

L’équipe va essayer de participer au Trophée des multicoques à La Trinité Sur Mer fin août et d’ici là, elle va s’entraîner dans le golfe du Morbihan. Le team envisage aussi de participer aux :

  • Records libres de baies (Port Navalo-Houat, Brest….),
  • Rassemblements de foilers tels que La Semaine Affoilante,
  • Tour de Belle-Ile,
  • Grand prix Guyader de Douarnenez…
En mode archimédien il est très beau aussi – photo Thierry Blaise

Pour ceux qui ne connaissent pas Maurice et François :

Maurice GAHAGNON est l’un des pionniers de la voile sur foils depuis les années 80. Il a conçu de nombreux multicoques à hydrofoils depuis plus de 30 ans, dont la série des Loisirs 3000. Il est avec Jean Bernard Cunin un ancien recordman du monde de vitesse à la voile en Class C.

François LYS, passionné de longue date d’engins à hydrofoils, a volé sur de nombreux Dart, Tornado, Mystère, à foils. Et bien entendu sur le très beau Trifoiler N°64 (ancien bateau de Dan Ketterman) avec lequel il a réalisé la meilleure vitesse de la semaine Affoilante 2016 : 34 nœuds de vitesse max et 30,2 nœuds de vitesse moyenne.

Maurice et François sont, avec l’auteur de ce petit papier, à l’origine de La Semaine Affoilante.

Quelques images, animées ou pas, des engins de Maurice et François sont visibles sur le site F18foiler. Et de très belles vidéos du Trifoiler 64 ci-dessous et sur Voiles et voiliers et Le Télégramme :

 

8 réflexions sur « Basiliscus, il vole ! »

  1. Un immense bravo au deux compères ! on devrait se croiser (et croiser ensemble) quelque part à la mi-août….Un tricératops et un Basiliscus (lézard Jésus) sur les eaux bretonnes…si vous les rencontrez, sortez vos appareils photos 😉

  2. Il se pourrait bien que je sois là aussi. C’est le réchauffement climatique qui fait ressortir un Tricératops et qui permet à un Basiliscus de vivre en Bretagne sud ? Je prépare le matos vidéo…. Sur la dernière vidéo, on peut voir de dos un bébé Tricératops !

  3. C’est énorme! Ca fuse! Les merveilleux fous volants! Nous vivons une époque franchement sympathique à bien des égards! Bravo pour votre travail messieurs. J’espère pouvoir l’essayer aux prochaines semaines affoilantes! Fred on se voit cet été pour voler sur le Peacoq. Merci pour l’article

  4. Super engin, bravo, les premières perfs laisse réveur!! Par contre pour la cafetière, c’est vraiment dommage. Pourquoi se passer d’un confort minimum vu la stabilité du bateau? Encore cette satané course au poids au dépend du savoir vivre…PFFff
    J’aimerai savoir pourquoi avoir choisi ce système de palpeurs? Vous avez un trim d’angle des foil en nav?

    1. Bonjour, le foil est monté fixe sur le flotteur avec 5 ° d’incidence à l’arrêt. Le flotteur est articulé sur le bras de liaison. le palpeur règle l’ incidence de l’ensemble de -5° à + 8°, le foil au vent peut tirer le bateau vers le bas (- 5°) pour maintenir une faible gite. Tout est automatique, ce système de palpeur sert à écrêter les vaguelettes puisque seules les fréquences inférieures à 10 Hz nous intéressent (vaques > à 30 cm environ de souvenir).

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