Le Tétrafoiler est à vendre !

15 juin 2017

Bateau vendu !

Votre tirelire n’était pas assez remplie pour acheter le Trifoiler 64, vous n’avez pas été assez rapide pour acquérir le Stress boat ! Le Tétrafoiler sera peut être à vous ?

Ce catamaran a été développé par un des pionniers des hydrofoils en France, Claude Tisserand, dont j’ai de multiples fois évoqué les réalisations sur ce blog (voir en bas d’article).

D’ailleurs, la régulation innovante de ce bateau à été présentée dans l’article : Les foilers TISSERAND, du nouveau dans la régulation.

Controleur Tisserand - F Monsonnec 13-10-15

Et le Tétrafoiler a fait l’objet de l’article suivant : Le Tétrafoiler : du nouveau dans les hydrofoils

Les foils du Tétrafoiler à l’extérieur des coques et les contrôleurs ancienne version – photo Tisserand 08-2009

Entièrement démontable, coques en fibre de verre, foils et poutres tout carbone, son état est d’après Claude «médiocre » ! Mais facilement réparable (le pont est à refaire). Vendu avec son gréement complet et sa remorque adaptée, Claude n’en demande que 550€ !

Tétrafoiler sur la plage V2007 – photo via C Tisserand

Le Tétrafoiler en chiffres

  • Longueur : 4.80m (15.75 pieds)
  • Largeur (hors foils) : 2,6 m (8.53 pieds)
  • Poids : 80 kg
  • Voilure : 13,6 m2
  • Décollage : à 10 nœuds avec 10 nœuds de vent
  • Prix : 550 € TTC
  • Situation : Sisco Corse (22 km de Bastia)

 

Conclusions

Un peu de travail et une balade en Corse à prévoir, pour un bateau innovant, dessiné et construit par un pionnier des foils et qui est équipé d’une régulation innovante.

C’est autre chose qu’un bateau de série, c’est un morceau d’histoire qui vous fera gouter aux joies du vol régulé…

 

Vous êtes intéressés ?

Vous pouvez laisser un message ci-dessous, Foilers se fera un plaisir de faire le lien avec Claude !

 

Enfin, pour en savoir plus sur les réalisations de Claude :

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Les foilers TISSERAND, du nouveau dans la régulation

15 octobre 2015

Par Gérard et Claude Tisserand

A – les Véliplanes

Plusieurs modèles ont été construits entre 1964 et 1978, en maquette ou en grandeur (les Véliplanes). Ils étaient basés sur le modèle « tripode » (ou avion), c’est-à-dire à foils en V perçant la surface et un troisième foil en T en bout de safran. Ils ont probablement été à l’origine de l’Hydroptère, qui en tous cas s’en est largement inspiré. Puis les problèmes de la vie étant ce qu’ils sont (tout au moins pour les amateurs que nous sommes), il y eut une longue interruption au cours de laquelle nous nous sommes consacrés à d’autres occupations. Ce n’est qu’en 1996 que nous avons repris les expérimentations, d’abord en maquettes, puis avec un petit modèle « grandeur » de 4,5 m à partir de 2006.

Avantages et inconvénients de la formule « tripode »

  • Les foils en V nécessitent pour une stabilité minimale une poutre transversale très large et très solide, donc chère et lourde.
  • Les foils perçant la surface, en V et encore plus en J (voir Coupe America, note 3), sont sujets à la ventilation, c’est-à-dire que l’air en provenance de la surface vient détruire la portance de l’extrados du foil, portance largement majoritaire (note 1).
  • La stabilité longitudinale est parfois insuffisante car la poutre est située quasiment au centre de poussée vélique, lui-même très prés du centre de gravité. Les foils sont donc très en arrière, d’où une forte tendance au capotage (on dit « sancir », mais le terme est inusité). C’est ainsi que le Véliplane III a sanci durant un run à Weymouth.
  • Ces bateaux sont essentiellement adaptés aux records de vitesse, mais peu faits pour les parcours en haute mer.

B – Le Tétrafoiler : La disposition générale

Pour ces raisons, nous nous sommes orientés vers le Tétrafoiler, qui présente les caractéristiques suivantes :

  • Comme son nom l’indique, il comporte 4 foils (2 par coque) qui, contrairement à la mode actuelle, sont maintenus en place en permanence. La masse sera répartie sur les quatre foils et non pas sur deux comme pour l’essentiel dans la formule tripode, de même que la contre-dérive est répartie sur les 4 plans supports (note 2).
  • Afin de contrer la tendance à l’enfournement propre aux catamarans, le Tétrafoiler est centré très en arrière. Il peut donc se comparer à un avion type « canard » et il suit les mêmes lois de stabilité.
  • Entre les foils avant et arrière on veillera à maintenir un V longitudinal, c’est-à-dire que les foils avant ont plus d’incidence que les foils arrière: ils sont donc plus chargés au dm2.
    Il s’en suit que les foils arrière auront une surface supérieure à celle des foils avant, comme pour les avions « canard ».
Une des maquettes du Tétrafoiler sur ces 4 foils – photo Tisserand

Une des maquettes du Tétrafoiler sur ces 4 foils – photo Tisserand

La stabilité sera donc celle d’un avion « canard », mais avec un facteur très déstabilisant: la poussée vélique, très haute et très perturbatrice, d’autant plus que le point de résistance (les foils), est placé très bas, en dessous des coques.

Pour lutter contre ce couple piqueur très variable, on n’a pas de trop de toute la longueur du bateau : nous mettons donc les 4 foils aux 4 coins du cata : ainsi utilisons-nous la totalité du polygone de sustentation. En statique la stabilité est celle d’un cata normal ; en dynamique la stabilité est largement supérieure par l’effet stabilisant des foils. Cette disposition très sécurisante sera avantageusement combinée à une fixation extérieure des foils avant (voir photos), ce qui présente le double avantage d’augmenter la stabilité latérale et de sécuriser le bateau en cas de choc violent, l’arrachement d’un foil n’entrainant pas l’ouverture de la coque. Il faut noter cependant que cette formule est très préjudiciable à la maniabilité ! En cas d’utilisation en régate il conviendra sans aucun doute de rechercher un compromis stabilité-maniabilité, ce qui est somme toute très classique.

Les foils du Tétrafoiler à l’extérieur des coques et les contrôleurs ancienne version - photo Tisserand 08-2009

Les foils du Tétrafoiler à l’extérieur des coques et les contrôleurs ancienne version – photo Tisserand 08-2009

Pour lutter contre les phénomènes de ventilation, nous utilisons des foils en T dont les plans porteurs, entièrement immergés, ont en principe un meilleur rendement que les foils inclinés perçant la surface.
Nous avons construit de nombreuses maquettes sur ce principe et un proto de 4,5 m qui a fonctionné de 2007à 2012.

Un des maquettes du Tétrafoiler - photo Tisserand 10-2015

Une des maquettes du Tétrafoiler – photo Tisserand 10-2015

Une des maquettes en navigation - photo Tisserand 05-2012

Une des maquettes en navigation – photo Tisserand 05-2012

Le Tétrafoiler - photo Tisserand 09-2007

Le Tétrafoiler – photo Tisserand 09-2007

Cependant, l’agencement général de nos modèles que, pour les raisons sus-indiquées, nous avons appelés « Tétrafoiler », n’est qu’une partie du problème; le reste, tout aussi important, est développé ci-dessous :

C – Le contrôleur Tisserand

La disposition du Tétrafoiler donne un cata STABLE, SOLIDE, et PAS TROP CHER… encore fallait-t-il le contrôler : en effet les foils en T entièrement immergés, donc à surface constante, nécessitent un système qui va déterminer leur profondeur d’immersion, autrement dit la hauteur du bateau au dessus de l’eau, ou encore l’altitude de vol ! Les dispositifs électroniques, employés depuis longtemps sur divers engins militaires, ne conviennent pas pour un usage civil raisonnable, du moins à ce jour, et le contrôle manuel est très aléatoire, même assisté comme pour la Coupe America.

Ce contrôle est donc assuré sur la plupart des foilers par des palpeurs mécaniques poussés ou tirés, qui ont pour référence la surface de l’eau, avec toutes ses irrégularités. Ce type de palpeur nous est apparu très perfectible, pour les raisons suivantes :

  • leur puissance est limitée, sauf à employer des surfaces de palpeur exorbitantes (voir K2 Kitefoiler)
  • ils n’agissent théoriquement que dans un seul sens, sauf dans le cas des palpeurs poussés type Ketterman, où ils sont associés à des foils articulés en haut et qui donc exercent un gros effort permanent sur les palpeurs largement dimensionnés.
  • ils n’ont que peu d’action sur la stabilité LATERALE du bateau, ou tout au moins leur correction en roulis nécessite un minimum de gite. Le contrôle en gîte se fait par la différence de niveau entre les foils au vent et les foils sous le vent.
  • ils suivent plus ou moins les perturbations de la surface de l’eau, ce qui en eau agitée est très perturbant dans bien des domaines.

L’idée nous est donc venue de remplacer ces palpeurs de surface par une pale verticale (une de chaque coté), plongée dans l’eau. Cette pale, est articulée en haut, hors de l’eau, sur un axe longitudinal, comme un pendule. Cet axe est muni d’un guignol qui commande simplement et directement le foil avant correspondant (voir schéma).
Dès lors il suffit de donner à ces pales un léger angle d’attaque par rapport à la trajectoire ou axe du bateau, pour qu’elles génèrent une énorme force latérale que nous utilisons pour commander (à cabrer) les foils avant.

Controleur Tisserand - F Monsonnec 13-10-15

Tels quels, ils sont déjà un bon régulateur puisque, plus le bateau s’élève, plus leur surface immergée diminue, donc leur effet sur les foils diminue, et très vite un équilibre s’établit qui règle la hauteur du bateau. Ainsi réalisés les palpeurs rendent les mêmes services que les traînards, avec un grand avantage : ils sont auto-amortis, par leur conception même, et donc quasiment insensibles aux irrégularités de la surface.
En outre, ces palpeurs qui dégagent, nous l’avons vu, une force considérable, sont surabondants pour commander des foils articulés au pied du T (encore que tout dépend du point d’articulation et du profil employé : s’il n’est pas judicieusement placé, il peut y avoir des efforts importants). Ils peuvent donc commander des foils en T articulés en haut (cf les foils de la Coupe America ou le Trifoiler), qui engendrent des efforts importants à cause de la traînée. Ces foils présentent l’avantage d’être monoblocs, donc plus fins et plus solides, mais présentent l’inconvénient d’être sensibles à la moindre rencontre avec des objets (algues par exemple) sous la surface.

Cependant nous avons pu améliorer la formule

On a pu améliorer grandement cette formule en réalisant des palpeurs en deux parties : une partie supérieure et une partie inférieure. Ces deux parties, décalées, portent chacune en sens inverse: par exemple, la partie supérieure est calée + 4°, la partie inférieure à – 4°, donc vrillage total (ou interinclinaison) = 8°.

Dès lors les palpeurs agissent dans les deux sens : suivant la hauteur du bateau, c’est soit une des surfaces qui domine, soit l’autre. Si les palpeurs sont bien placés, bien orientés, si les surfaces sont braquées dans le bon sens, le contrôle du bateau est total : s’il est trop bas il remontera, mais là où nos palpeurs sont exclusifs, c’est que s’il est trop haut, il sera dynamiquement rabaissé par le braquage négatif du foil.

Les conséquences sont énormes

L’équilibre latéral du bateau est maintenu, classiquement, par la gravité, qui tend à le maintenir à plat, et par l’équipage qui se démène. Mais dans le cas des contrôleurs Tisserand, les palpeurs réagissent aux variations de hauteur, ce qui est classique, mais aussi à la dérive, qui provoque un braquage différentiel, avec une augmentation de l’incidence sous le vent et une réduction au vent, et ceci sans aucune gite.

Ainsi, le bateau reste horizontal et la stabilité gravitaire est dépassée : la stabilité dynamique s’ajoute à la stabilité statique, ce qui permet d’accepter des vents bien supérieurs à ceux d’un foiler classique qui ne comporte pas cette disposition. Ainsi au démarrage le bateau gite puis il se redresse au fur et à mesure qu’il accélère, et ceci sans que l’équipage ait le moindre mouvement à faire (a fortiori en maquette, qui ne comporte aucune masse mobile !).

On peut résumer ainsi le comportement du Tétrafoiler: une fois installé sur ses foils, on peut allumer sa pipe ou boire une bière, les contrôleurs font tout le boulot (sous pilote automatique bien sûr !).

La stabilité du Tétrafoiler - photo Tisserand 08-2009

La stabilité du Tétrafoiler – photo Tisserand 08-2009

La configuration générale du cata permet, nous semble-t-il, d’être plus apte à envisager des parcours océaniques, parce que même avec un foil arraché, il continuera à naviguer alors qu’un tripode à poutre transversale risquera d’être en perdition.

D – Conclusions

Ces palpeurs ont été testés des centaines de fois sur nos maquettes successives, ainsi que sur le prototype de 4,5 m.
Hélas nous n’avons pas pu continuer nos essais sur le proto, faute d’un plan d’eau adapté et de moyens financiers suffisants…

La maquette du Tétrafoiler en vidéo

E- Annexes

Note 1 : un peu d’hydrodynamique
On sait qu’un plan se déplaçant dans un fluide avec un certain angle dit d’incidence provoque une portance qui est la résultante de la pression sous le plan et de la dépression au dessus du plan. Or « chacun sait » que cette dépression est très supérieure à la pression, d’où le soin particulier que l’on devra porter à la conservation de cette dépression, ce qui en cas de « ventilation » est totalement impossible ! Mais il convient de noter aussi qu’à partir d’une certaine vitesse de déplacement, la pression sous le plan devient suffisante pour assurer la sustentation…

Note 2 : la contre-dérive
La voile exerce une poussée latérale qui doit impérativement être contrée par un plan (ou hydrofoil vertical) appelé couramment « dérive ». Sur la majorité des voiliers cette dérive est placée aux environs du centre de poussée de la voile pour que le bateau soit équilibré (ou légèrement en avant pour que le bateau soit « ardent » et vire plus facilement). Il s’en suit que le safran ne sert que de gouvernail et ne contribue pas ou peu à la contre-dérive.
Sur le Tétrafoiler par contre, les dérives avant portant les foils sont très en avant de ce centre de poussée vélique; cette disposition, qui devrait rendre le bateau très ardent, voire même incontrôlable, est facilement compensée par une forte augmentation de la surface des safrans (toujours la configuration « avion canard »). Les safrans contribuent donc fortement à cette contre-dérive, qui est donc répartie sur les 4 plans, ce qui n’est jamais de trop quand on sait que la dérive est un des problèmes majeurs sur un foiler « volant » haut.

Note 3 : à propos des foils en J de la Coupe America
Les foils en V classiques, du genre Véliplane ou Hydroptère, présentent le double inconvénient d’être sujets à la ventilation puisqu’ils percent la surface, et de réduire la largeur au fur et à mesure de leur sortie de l’eau (d’où l’énorme poutre transversale). Mais par contre ils présentent le grand avantage de l’autocompensation, c’est-à-dire que la dérive induit une augmentation de l’incidence sous le vent et une réduction de l’incidence au vent, d’où une grande autostabilité.
Les foils en J présentent bien entendu les mêmes inconvénients de ventilation puisqu’ils percent deux fois la surface, et de réduction de la largeur puisqu’ils sont disposés vers l’intérieur des coques. Mais par contre ils ne présentent pas l’avantage de l’autocompensation puisqu’une moitié du J joue dans le bon sens tandis que l’autre joue en sens contraire…


Les projets d’hydrofoils océaniques

8 mars 2015

Les bateaux volant de l’America’s Cup ont déterrés une idée déjà évoquée au cours des précédentes décennies : est ce que l’on va voir un jour des bateaux voler à travers les océans ? La victoire des ultimes dans la dernière Route du Rhum l’a réveillée, elle n’était qu’assoupie. Elle ré-ouvre un œil, non pas par ce que cela sent le café et les croissant, mais par que cette image fait rêver à un moment où il fait bon s’évader. Elle montre le bout de son nez quand VPLP fait un teasing (ou « aguichage »), volontaire ou non, en évoquant le fait que le prochain bateau de Gabart sera « plus aérien » !

Bien avant l’hydroptère, plusieurs projets de multicoques hauturiers ont vu le jour. Ils sont malheureusement pour beaucoup restés à l’état de croquis. Voici une sorte d’état des lieux des projets de voiliers volants à travers les océans. Manquent dans cette liste les F40 à hydrofoils dessinés au milieu des années 80, ces bateaux n’avaient théoriquement pas pour but de traverser l’océan…

1959 – Projet d’Arthur Piver

Voici un dessin trouvé dans un bulletin de l’AYRS. Il s’agit de l’ébauche d’un trimaran à foils en échelle dessiné par Arthur Piver en 1959 et qui n’a pas vu le jour. Arthur Piver est surtout connu pour ses nombreux plans de trimaran. Bateaux plus ou moins réussis. Nous étions alors aux balbutiements de la conception des multicoques modernes. Arthur Piver a disparu au cours d’une traversée de l’atantique à bord d’un de ses plans. Il était aussi l’architecte de Teignmouth Electron de Donald Crowhurst (pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, elle mérite de détour). Ce projet d’hydrofoil n’avait pas été prévu pour être un géant, il devait mesurer 30 pieds. Mais comme A. Piver avait traversé l’atlantique sur son trimaran Nimble, mesurant lui aussi 30 pieds, ce dessin n’aurait sûrement pas été réservé pour les balades à la journée… A noter qu’un autre concepteur d’engin à foils, David Alan Keiper (Williwaw), fut lui aussi propriétaire d’un Nimble. Faut-il y voir un signe, et si oui, lequel ? Est-ce que les Nimbles se trainaient trop au point de vouloir leur donner des ailes… ?

Cruising hydrofoil trimaran - Arthur Piver 1959

Cruising hydrofoil trimaran – Arthur Piver 1959

1967 – Williwaw

Entre 1967 et 1977 Williwaw, trimaran de 10.50 m de David Alan Keiper, a parcouru le pacifique sur ses foils. Il a effectué deux longues croisières, la première à Hawaii, la seconde avec escales aux Samoa, Tonga, la Nouvelle-Zélande et les îles Cook avant de revenir à Hawaii. Au total, plus de 20 000 milles. Williwaw s’est malheureusement disloqué en 1977 sur la cote Hawaiienne, poussé par un cyclone. Même si son esthétique n’est pas du goût de tout le monde, c’est le premier vrai hydrofoil à voile de haute mer, 27 ans avant l’Hydroptère. A part lui et l’Hydroptère, seul Scat de Sam Bradfield a volé en haute mer (voir Pen Duick IV versus Williwaw).

Williwaw – dessin F Monsonnec 07/2013

Williwaw – dessin F Monsonnec 07/2013

1972 – Jacobs Transatlantique

Projet de Donald Nigg que l’on peut trouver dans Hydrofoils Sailing, très bon livre de Donald J. Nigg, Alan John Alexander et James Lyon Grogono. Je n’ai malheureusement pas plus d’information sur ce projet lui aussi resté à l’état de plans.

Jacobs Transatlantic projet dessiné avant 1972 – via Hydrofoils Sailing

Jacobs Transatlantic projet dessiné avant 1972 – via Hydrofoils Sailing

1975 – Hydroptère projet d’Eric Tabarly

Incontournable, en France, le projet de foiler imaginé par Eric Tabarly en 1975 et devenu un temps un hydrofoil sous l’impulsion de Pierre Perrier. Eric Tabarly dans Du Tour du Monde à la Transat – Eric Tabarly, « … ils commencèrent leur étude, suivant l’idée que je leur avais donnée, mais, moins timides que moi, ils arrivèrent très vite à faire décoller le bateau. Pour eux, c’était vraiment la solution d’avenir…. » C’est pour ce projet que fut développé le « Tornado à foils » construit par Jean Garnault et que j’ai plusieurs fois présenté sur ce blog (Le petit hydroptère d’ETLe petit hydroptère d’ET suiteExpo les voiliers volants, suite). Ce prototype a démontré que l’on pouvait voler. Cela ne semblait pas à l’époque une évidence alors même qu’un français, Claude Tisserand avait déjà réalisé de nombreux trimarans volant (Les véliplanes de C Tisserand ces méconnus). Malgré les vols réussis du prototype, le projet n’a pas vu le jour. Les matériaux de l’époque ne permettaient pas de respecter le poids d’un hydrofoil à voile. Le projet est redevenu un foiler, Paul Ricard.

Hydroptère projet 1975 – dessin Eric Tabarly

Hydroptère projet 1975 – dessin Eric Tabarly

1983 – Colt Cars à foils !

Projet de mise en place de foils sur le trimaran Colt Cars (Mitsubishi en Angleterre). Colt Cars est un 60 pieds dessiné par Ron Holland en 1982. La bateau qui s’appelle maintenant Spirit of Ireland était à vendre en Malaisie en 2014. Ces foils ont été imaginés par James Grogono (Icarus) au cours d’une journée passée à bord avec Rob et Noami James. Ils n’ont malheureusement pas été construits. Ce dessin se trouve dans le livre « Icarus, the boat that Flies » de James Grogono au chapitre « Daydreams and Dinausaurs» !

Cold Cars à foils par James Grogono – via Icarus the Boat that flies

Cold Cars à foils par James Grogono – via Icarus the Boat that flies

1994 – L’Hydroptère

On ne le présente plus ! C’est en quelque sorte la suite du projet d’Eric Tabarly. Il en ce moment toujours sur la cote ouest des USA en attente de pouvoir se lancer dans la traversée Los Angeles / Hawaii. L’équipe a aussi en projet L’hydroptère 2 une version de plus grande taille mais aussi l’Hydroptère rocket dessiné pour battre le record du monde de vitesse à la voile.

L’Hydroptère - Copyright Christophe_Launay

L’Hydroptère – Copyright Christophe Launay

2000 – Volantis

Volantis, projet de trimaran de 60 pieds initié par Mark Ott entouré des experts Dave Hubbard (expert en aile rigides), Burt Rutan (ingénieur aéro qui a dessiné Voyager, premier avion à avoir fait le tour du monde sans escale), Nigel Irens (architecte navale) et Sam Bradfield (expert en foils). Ce bateau est resté à l’état de projet. Mais il a eu un petit frère présenté ci-dessous, Scat, qui à vu le jour en 2002. Ainsi qu’un autre petit frère (ou une petite sœur puisque un bateau est féminin en Anglais) Eifo pour « Easily Identified Flying Object ».

Volantis en 2000

Volantis en 2000

2002 – Scat

Petit frère de Volantis, long de 37 pieds, Scat pour « Sam’s Crazy Arsed Trimaran » est lui aussi issu de la table à dessin de Sam Bradfield et de Nigel Irens. Par un vent de 12 nœuds il a été chronométré à 31,6 nœuds. La même année, il affronté des vents de 40 nœuds pendant les 125 premiers miles de la Miami-Nassau ! Course dans lequel il est engagé sans avoir beaucoup navigué. Il termine portant second sur 22 bateaux. Seuls 8 bateaux finirent la course dont 2 multi ! L’équipage vainqueur, à bord d’un catamaran de 40 pieds, fut victime du mal de mer, ce qui ne fut pas le cas de celui de Scat ! Malheureusement il semble que le constructeur de Scat n’avait pas suivi les recommandations d’échantillonnage de Nigel Irens. Sorti trop lourd du chantier, sa vitesse de décollage était plus élevée que prévue. Scat a été vendu à un entrepreneur de la défense américain qui travaille sur la réalisation de drones de voile pour la marine américaine…

Scat – photo DR

Scat – photo DR

2004 – R33 Foiler projet

En février 2004, Randy Reynolds évoque, sur le site de sa société, la possibilité de réaliser un Trifoiler de 10 m. Un prototype basé sur l’utilisation d’une coque de catamaran R33 et les flotteurs de cata Inter 20 ! Un bateau qui aurait été réalisé en collaboration avec Greg Ketterman, et équipé de palpeurs en avant, comme ceux du Trifoiler. En septembre 2013, sur XS racing, Randy évoque cet ancien projet et explique que maintenant il opterait pour un système de palpeurs trainés.

Projet de « big » Trifoiler par Randy Reynolds 2014

Projet de « big » Trifoiler par Randy Reynolds 2014

2005 – C-Fly Offshore

La version « coastal » longue de 7.6m du team C-Fly a été lancée en 2005. Il a aussi porté le nom de Daddy long legs. L’équipe souhaite réaliser le C-FLY océan, un trimaran de 21 m basé sur une plate forme d’Orma 60. L’objectif étant de voler à travers l’Atlantique et de battre le record de sa traversée…. Le C-Fly se démarque des précédents projets (avec Jacos Atlantique), par sa configuration canard. Configuration assez peu usitée…

Projet C-Fly Offshore

Projet C-Fly Offshore

2011– Voilavion 60 pieds

Dérivé du 18 pieds Voilavion lancé en 2011 et présenté sur Foilers lors de son lancement puis à l’occasion de navigations dans le Golf du Morbihan, le team Voilavion a plusieurs objectifs dont celui de réaliser un 60 pieds. Est-ce que celui-ci verra le jour, je l’espère pour patrice Magnard et son équipe.

Projet Voilavion 60 pieds Magnard Innovation

Projet Voilavion 60 pieds Magnard Innovation

Tableau récapitulatif des projets

Tableau récap hydrof hauturier - F Monsonnec 03-2015Sur 11 projets d’engins hauturiers :

  • 3 ont volés, Williwaw, L’hydroptère, Scat,
  • 8 avaient une config avion, 2 canard, 1  en« diamant » (Williwaw),
  • 7 n’avaient pas de foils régulés, 1 avec palpeur qui à volé (Scat), 3 restés à l’état de projet,
  • 9 étaient ou sont des trimarans, 2 des catamarans.

La majeur partie de ces projets étaient donc des trimarans en configuration avion et à foils non régulés !
Peut être que le projet gagnant devra s’éloigner des cette « configuration moyenne » ? Ou faut-il espérer que le « salut » viendra de la mise en œuvre d’une autre technologie (construction, régulation…)?

Le futur

Alors, allons nous voir un jour voler des voiliers à travers l’atlantique ?
Les futurs engins feront ils mieux que les quelques projets qui ont déjà vu le jour ?
Je pense qu’un des facteurs de réussite d’un projet de ce type est la gestion de la portance pour réguler la hauteur de vol et les inégalités du milieu. Que ce soit de manière naturelle avec une configuration « miracle » ou avec un système de régulation des plans porteurs.
Peut être que la configuration canard, adoptée par le team C-Fly et si peu utilisée comparée à la config. avion, pourrait être la voie ?
De prochains articles traiteront de la manière d’envisager un engin volant hauturier et, entre autre, de la régulation…

A suivre


Et maintenant, le Kit-foiler

6 novembre 2012

Mars 2010, j’ai enfin l’occasion de rencontrer Claude Tisserand avec qui j’échange depuis quelques années. C’est à l’occasion de l’inauguration de l’Exposition «Les voiliers volants», que nous nous rencontrons. L’inauguration terminée, nous mangeons ensemble dans un bar très bruyant mais j’écoute Claude avec attention. Nous faisons le point sur le Tetrafoiler mais surtout Claude qui me présente son projet : un kit de foils pour dériveurs ! Mais il est alors trop tôt pour en parler. Claude me demande de garder cela pour moi. Courant juillet 2012, Claude me reparle de ce projet, nous avons entre temps eu l’occasion d’échanger puisque Claude à participé au projet Voilavion. Il me fait parvenir une vidéo, ainsi qu’un document de présentation du projet, « Kit-foiler » que je vous livre ci-dessous. Claude est maintenant à la recherche de partenaires et d’une équipe prête à s’investir dans ce projet…..

 

Le projet Kit-foiler (1) ou Véliplane V

par Claude Tisserand

(1) pour ceux qui ne seraient pas clients d’IKEA : kit = objet vendu en pièces détachées, accompagné d’une notice de montage généralement incompréhensible…

1 – Concept et description du projet

L’objectif est de réaliser dans un premier temps un prototype, dans un deuxième temps une commercialisation en série, d’un engin à hydrofoils simple, peu coûteux et facile d’emploi: en résumé « le voilier à hydrofoils de Mr-tout-le-monde ». Pour cela il est prévu de s’appuyer sur l’expérience acquise par le porteur du projet et en particulier sur sa réalisation la plus simple et la plus réussie, à savoir le Véliplane III réalisé en 1973 (voir ci-après), dont le principe est : à partir d’un dériveur existant, neuf ou d’occasion mais cependant de bonne qualité et bien adapté, de l’équiper à moindre frais de trois hydrofoils également simples mais néanmoins performants, avec pour objectif de dépasser la vitesse de 20 à 25 nœuds soit nettement plus que les meilleurs catamarans du commerce de cette taille.

Alors pourquoi refaire ce qui a été fait il y a prés de 40 ans ? Parce qu’il n’y a eu depuis lors aucune réelle tentative de vulgarisation de la technique, chaque intervenant successif (il y en eut et il y en a de plus en plus) ayant pour unique objectif de battre des records de vitesse…ceci en concurrence perpétuelle avec les engins infiniment plus simples et moins coûteux que sont les planches à voiles et maintenant les kite-boards. On trouvera cependant au chapitre 3 le descriptif des quelques réalisations commerciales actuelles, avec leur critique.

Bien entendu, nous n’avons aucunement l’intention de refaire le Véliplane III à l’identique: la coque de base devrait être plus performante et plus légère que le vieux « 470 » (bien que celui-ci reste très concurrentiel et encore très répandu). La voilure devra être suffisante pour assurer le décollage avec deux personnes (les gains de poids obtenus avec des matériaux modernes (fibre de carbone) permettent d’emporter sans problème ce « passager » supplémentaire). Enfin nous ne nous interdisons pas d’améliorer notablement l’hydrodynamique du système, notamment dans le cadre d’une collaboration avec un laboratoire ou une Université.

Comme le Véliplane III et l’Hydroptère d’Alain Thébault, nous garderons le système simple de repliage des foils avant, et aurons à perfectionner le système de repliage du foil arrière de façon à rendre l’échouage aussi facile que possible. Tout ce système sera facilement montable et démontable sur la coque existante, sans l’altérer notablement, de façon à pouvoir éventuellement et en peu de temps retrouver le bateau d’origine.

A noter que les Véliplanes ont fait l’objet, en leur temps, d’un brevet n° 1456080 du 9 septembre 1965  et de trois additifs du 9 septembre 1966, 9 octobre 1967 et 21 mars 1972. Ce brevet et ses additifs sont dans le domaine public depuis longtemps. Il n’y a donc plus aucune brevetabilité d’ensemble de ce système, mais nous nous réservons la possibilité de breveter certains détails ou améliorations.

2 – Historique

Les premières recherches ont commencé en 1965, sur la base de maquettes navigantes. Ces essais ayant été très concluants, la réalisation d’un engin à échelle grandeur, c’est-à-dire susceptible d’emporter deux personnes, est immédiatement entreprise.

Véliplane I, mai 1966 (Monastir-TUNISIE)

Véliplane I, mai 1966 (Monastir-TUNISIE)

 Les essais de cet engin n’ont pas excédé quelque mois, les nécessités professionnelles en ayant décidé autrement. S’en est suivi une nouvelle période d’essais de maquettes, qui a abouti en 1971 à un engin adapté sur une coque de « 470 » ordinaire achetée d’occasion; c’est le Véliplane II, qui s’efforçait de remédier aux difficultés d’emploi du Véliplane I, non repliable. Insuffisamment stable et fragile, cet engin fut rapidement abandonné.

Véliplane II 1971 (St Florent – Corse)

 

Véliplane II 1971 (St Florent – Corse)

C’est donc en gardant cette vieille coque de « 470 » que fut réalisé le Véliplane III, par simple adjonction d’une poutre transversale en contreplaqué large de 4,5 m  portant les hydrofoils en bout. Cette formule, constamment améliorée de 1972 à 1976, fait l’objet du présent projet; on ne reviendra donc pas sur les réalisations ultérieures dont on pourra trouver la description dans le blog Foilers !

Véliplane III 1972 (Saint Florent – Corse)

Véliplane III 1972 (Saint Florent – Corse)

Véliplane III 1976 Weymouth World sailing speed record

Véliplane III 1976 (Saint Florent – Corse)

3 – Le marché visé

Nous voulons sortir le voilier à hydrofoils du ghetto élitiste et ultra-coûteux dans lequel il croupit depuis si longtemps. Il s’agit également de profiter d’un réel engouement pour ces engins, suscité notamment par les succès réels de l’Hydroptère, et plus récemment par les foilers de la Coupe América en préparation

Jusqu’à ce jour, quelques tentatives commerciales ont cependant vu le jour:

Trifoiler

Le Trifoiler est l’un des 5 prototypes de Greg Ketterman, dont Longshot qui détient depuis 1992 le record de vitesse de la classe A (43,55 nœuds). Il a été commercialisé par l’important constructeur Américain Hobie-Cat sous le nom de Trifoiler TF 22 de 1995 à 1999 et n’est donc plus fabriqué à ce jour.

Trifoiler TF 22 Hobi cat – photo DR

 

Moth à foils

Ce concept se rapproche du notre par certains cotés, notamment d’être parti initialement d’une coque existante, le Moth, série relativement répandue dans le monde, mais en y adaptant des hydrofoils ultra sophistiqués et d’un emploi réservé à une élite ultra sportive, comme on peut le voir sur les photos ci-contre. Cet engin est cependant construit en quantités non négligeables par plusieurs constructeurs différents. On peut donc estimer que c’est un succès commercial enviable.

Moth à foils – photo DR

Windrider Rave

Trimaran Américain, le Windrider a été commercialisé à partir de l’année 2003, mais peu vendu, car cher (15.000 €) et complexe, pour un résultat médiocre, ce bateau n’est plus vendu depuis 2004.

Windrider rave – photo DR

Enfin une autre application possible

… la planche à voile… une multitude d’engins disponibles

La planche à hydrofoils de John Speer en 1978

 

4 – Moyens humains, techniques et financiers nécessaires à la maturation du projet

Etudes à réaliser

Les compétences du porteur de projet lui permettent de mener à bien sans problème les études nécessaires à la réalisation du prototype, notamment les maquettes qui fonctionnent déjà. Cependant il ne serait pas sans intérêt de pousser nettement plus loin les études portant sur l’hydrodynamique des hydrofoils (choix du meilleur profil en particulier), ce qui ne peut s’envisager qu’avec la collaboration active d’une Université ou d’un Laboratoire spécialisé en hydrodynamique et pourvu d’un bassin de carène (ou y ayant accès).

Cette vidéo montre des essais réalisés sur une maquette de coque type Fireball, pourvue d’une poutre transversale de faible largeur. Cette maquette est équipée d’un moteur électrique qui permet de simuler différents réglages du gréement et donc de la force vélique. Dans des conditions normales d’utilisation d’un bateau à l’échelle « 1 » l’engin serait piloté par deux équipiers qui n’auraient aucune difficulté à maintenir la stabilité latérale sans avoir besoin d’une largeur importante ni de flotteurs d’extrémité, mais sans aller jusqu’à l’extrême instabilité du Moth. Ceci explique la relative instabilité en roulis de la maquette, en dépit des flotteurs stabilisateurs que l’on peut voir ci-dessous (heureusement, la télécommande est étanche !).

La maquette électrifiée et télécommandée (base FIREBALL)

La même en version tractée


Réalisation du prototype

Cette réalisation comporte en premier lieu l’achat d’un dériveur neuf ou d’occasion en bon état, suffisamment performant, puis la réalisation de la poutre transversale et des hydrofoils, le tout en fibre de carbone. Cette réalisation peut se faire, selon le budget disponible, soit en interne (C. Tisserand ayant toutes compétences pour cela), soit en externe en sous-traitant à une entreprise spécialisée.

Commercialisation et développement

La réalisation du prototype est l’objet du présent projet, mais n’est pas une fin en soi: il y aura ensuite, après mise au point, une phase d’industrialisation et de commercialisation, qui nécessitera une structure appropriée.

Calendrier de réalisation

La réalisation du prototype peut être très rapide: 6 mois environ (1 ans si études approfondies). La mise au point ne devrait pas dépasser une année, mais elle est fortement conditionnée par le dynamisme de l’équipe constituée.

Moyens financiers

Une enveloppe de 20.000 € parait une bonne base de départ et permettrait un aboutissement rapide au niveau du prototype.

Le présent projet ne comporte pas la création d’une entreprise, mais seulement la constitution d’une équipe en vue de la réalisation et de la mise au point du prototype. Cette équipe pourrait éventuellement et si nécessaire au plan comptable, prendre la forme d’une Association type « loi de 1901 », notamment en cas de financement du projet par voie de souscription dont la forme reste à définir.

Si vous êtes intéressé par le concept Kit-foiler et si vous souhaitez investir (ou vous investir !) dans ce projet d’engin à hydrofoils simple, peu coûteux et facile d’emploi, « Le voilier à hydrofoils de Mr-tout-le-monde », contactez Claude Tisserand :

claudetisserand@hotmail.fr

 


Voilavion, en nav.

17 septembre 2012

Cet été j’avais décidé de mettre la pédale douce sur les sorties en mer, allant même jusqu’à décliner des invitations pourtant très alléchantes. Mais je n’ai pas pu dire non quand Patrice Magnard m’a contacté me proposant de naviguer sur Libellule, premier engin du projet Voilavion. Contacté le jeudi matin, Patrice m’a donné rendez-vous le lendemain à 12h00 à Port Blanc, port d’embarquement pour l’Ile aux Moines. Arrivé avec un peu d’avance je fais la connaissance de l’équipe. Patrice Magnard, bien sur, concepteur général du projet, mais aussi Maxence d’Audiffret, chef de projet chez Magnard Innovation et Matthieu Kerhuel chercheur à l’Ecole Centrale de Nantes spécialiste en mécanique des fluides et conseil scientifique. Après une rapide traversée vers l’Ile aux moines, nous déjeunons ensemble et discutons foils, foils et aussi foils !

Patrice, Louis, Matthieu et Maxence – photo F Monsonnec 08-2012

Les objectifs du projet

Pendant ce très agréable repas, nous abordons la question des objectifs du projet. Patrice, qui souhaitait réaliser un bateau avec gréement incliné depuis plus de 20 ans (voir précédent article de Foiler), ne cache pas son envie de passer à la taille supérieure si ce concept de gréement associé aux foils en T donne toute satisfaction. Ce pourrait être un 50 ou un 60 pieds capable de réaliser des vitesses équivalentes à celles d’un bateau de taille bien plus importante. Donc la possible solution pour éviter la course au gigantisme. L’idée n’est pas de battre le record de vitesse mais bien de produire un bateau très performant pour sa longueur et  pour toutes les allures et forces de vent. Une plateforme simple, fiable et si possible sur laquelle une ou plusieurs parties des foils pourraient être échangées par l’équipage en cas de problèmes. Le team compte poursuivre son travail sur le prototype Libellule encore plusieurs mois avant de faire le point et de peut être, si les objectifs sont atteints, d’envisager l’étape suivante. Patrice m’apprend que l’équipe s’est agrandie avec l’arrivée d’un skipper pro, Louis Burton, qui apporte sa science du pilotage pour accélérer la mise au point du bateau. Ci-dessous, une des dernières vidéos de Voilavion tournée en baie de Saint Malo.

Le bateau

Depuis sa mise à l’eau le bateau, qui en est à sa 25ème sortie environ, a évolué. Tout d’abord le gréement à été gonflé. Sur le nouveau mat de 11 m, le wishbone a été remplacé par une bôme très basse équipé d’un pousse-bas en carbone. Les foils eux aussi ont été modifiés. Ils sont plus profonds et finis les foils à volets, ils ont été remplacés par des foils en T avec, comme sur Force 8, un mouvement complet du plan porteur, Ces nouveaux foils sont beaucoup plus performants et permettraient d’atteindre des vitesses supérieures à 30 nœuds. Malheureusement une petite pièce de transmission a cassée quelques jours avant notre rendez-vous et l’équipe a remonté les anciens foils.

Voilavion au mouillage – photo F Monsonnec 08-2012

La nav.

Après avoir échangé avec Claude Tisserand par téléphone, et terminé notre repas, nous prenons le temps de nous habiller. Il va y avoir du vent, 25 nœuds annoncés, de quoi normalement bien s’amuser. Louis Burton arrive avec un zodiac et nous embarquons en direction de Libellule qui est mouillé à quelques encablures. L’équipe réalise quelques réglages et prend un ris. Rapidement Louis part accompagné d’un ami pour quelques premiers bords musclés.

 

Louis ajuste une biellette de transmission – photo F Monsonnec 08-2012

On ne rigole pas avec la sécurité – photo F Monsonnec 08-2012

En mode archimédien – photo F Monsonnec 08-2012

Le gréement au début vertical est incliné au vent et le bateau décolle assez rapidement. Les virements ont l’air de très bien se dérouler malgré le vent assez fort, la présence d’un fort courant et surtout du gréement cat-boat. Toutefois, nous nous rendons compte que lorsque le bateau est bâbord amure, la coque tribord à du mal à décoller. Nous laissons Louis faire ses essais pour aller chercher Gabriel Simon, journaliste du Télégramme. Il vient réaliser un article sur Voilavion et sur Louis qui après avoir réalisé une belle Route du Rhum sur le 40 pieds Bureau Vallée est en préparation du Vendée Globe sur le 60 pieds Bureau Vallée (ancien Delta Dore). Gabriel Simon, moins équipé que nous qui sommes en combinaison, va passer quelques heures très humides sur le zodiac, alternant arrosage d’eau salée et d’eau douce, le temps étant plus que couvert. De retour sur zone j’enfile un casque, comme tous les naviguant, et c’est partie pour de beaux runs dans 20 nœuds, rafales à 25. Le bateau est d’une grande simplicité. Je m’occupe du basculement du mat, opération qui s’effectue après chaque virement. La manœuvre déjà très simple, pourrait être encore simplifiée, l’équipe y réfléchit….

Gréement à la verticale– photo F Monsonnec 08-2012

Gréement incliné – photo F Monsonnec 08-2012

Le barreur est en charge de la seule écoute du bord. La « poutre centrale » qui se termine en rostre est très pratique. La bôme très basse permet d’avoir le maximum de toile et un CV le plus bas possible. Peut être que lorsque la voile est bien bordée, le trampoline joue le rôle de plaque d’extrémité ? Comme au début de la journée, bâbord amure, le bateau décolle avec difficultés même avec les réglages d’incidence en butée.

Malgré ce problème, qui sera finalement réglé en fin de journée, les accélérations et la stabilité du bateau sont vraiment incroyables, nous avons fait des runs à 20 nœuds et sommes montés à 23 nœuds dans une mer ventée. Lorsque le bateau se soulève, il accélère d’un coup pour ensuite monter en vitesse avec une grande sensation de sécurité.

Après de nombreux bords, nous rejoignons le reste de l’équipe restée sur le zodiac. Le lendemain l’équipe doit tenter de battre le record du tour de l’Ile aux Moines et attend une équipe de France 3 (ci-dessous le reportage diffusé sur Youtube).


Voilavion en vol – photo F Monsonnec 08-2012

Ce retour à terre permet à Patrice et Louis doivent donner « de la matière » à Gabriel Simon pour ses articles. Nous reprenons la bouée de corps mort sous voile et ceci dès la première approche, bravo Louis. Comme quoi, le bateau est très facile a manœuvrer ou surtout, le pilote est bon (ce doit être les deux…). Nous retournons sur la terre ferme prendre des boissons chaudes. Nous retournons le « continent », et je dois quitter cette chaleureuse équipe, non sens avoir une nouvelle fois prit le temps de discuter des autres projets de Magnard Innovation…

Le Télégramme édition Auray

Le Télégramme édition Auray

 

Conclusions

J’ai énormément apprécié cette journée en compagnie du team Voilavion, entre autre, l’approche de Patrice et de son équipe, basé sur l’expérimentation, sans annonce tonitruante, avec des objectifs bien définis et cohérents. L’idée directrice d’améliorer la vitesse moyenne d’un hydrofoil sans vouloir battre des records me semble une très bonne piste. C’est une voie qui permettrait de réellement tirer partie des hydrofoils tout en restant sous la barrière des 50 nœuds et donc de la limite des foils subcavitants. De plus, d’après l’équipe, le gréement incliné permet d’aider à la sustentation mais aussi de caler l’engin en altitude et de stabiliser la plateforme.

Voilà une équipe à suivre…

Voilavion en vol – photo F Monsonnec 08-2012

 

 

 

 


Ptites News 19

30 mai 2011

Les lecteurs de Foilers se bougent !

Notre ami Gurval se lance dans l’innovation et vous propose ses :   « SPIIID » !
Les SPIIID sont de petites piéces plastique qui se posent sur la carène des surf, windsurf, kitesurf, bodyboard… et génèrent une perturbation dynamique, sans créer de trainée supplémentaire ! Pour un surf on peut améliorer les performances de la planche en fonction de ses désirs …. A lire…

Les SPIIID de Gurval - photo G Lego 2011

Gurval toujours, décidemment il à un pied dans le futur !
Il imagine déjà ce que sera le futur Kiteboat grâce au studio de design Elgyka Design

Travail réalisé par le studio Elgyka et visible sur le blog de Gurval

Armand Torre vole avec Don Montague grâce à ses ailes de Kite géantes !!

J’ai reçu un mail d’Armand Torre de San Fransisco (grrrrrr) ! Armand (qui est un mec plus que sympa… !) a été invité par Don Montague à naviguer à plus de 25 nœuds et à tester les ailes qu’il réalise ! Avec son autorisation je vous livre quelques informations :

« …Le nouveau bateau est très impressionnant quand le bateau vol et que l’on dépasse les 25 nœuds, pourtant le bateau est lourd… on a fait des essais à 4 et à 3 personnes on ressent très vite la différence. Don envisage la construction d’un bateau plus léger. Coté stabilité, elle est irréprochable… En ce qui concerne les ailes, on a d’abord testé une aile plate que j’avais dessiné (25m²), Don ne la trouve pas assez sensible dans la barre (border, choquer), ce n’est pas un problème, c’est juste une question de réglage… Par contre question tenue, je suis très content. L’aile est très stable et ne se déforme pas. C’était la première 25m² que je dessinais… Après on a testé une seconde aile que j’ai aussi dessiné pour lui, et là, c’était fabuleux de voir la stabilité au décollage d’une si grande aile. Lorsque Don Montague vient et te serrer la main ça te fais chaud au cœur…. »

Claude Tisserand fait la une !

Claude présentait une de ses réalisation, le Martin Marlin un hydravion mythique, dans RC pilot et il faisait partie des pionniers évoqués dans l’article sur le pionniers des hydrofoils dans le V&V du mois de juin !

Extrait de « On a marché sur la mer » Voiles et voiliers juin 2011 - F Monsonnec & C Février

Double page RC Pilot du mois de mai 2011


Made in Switzerland

Rappel

« Nouveau venu » dont Popov nous à signalé la page Facebook. Le projet Kisscut est devenu P28 Gonet et Cie : à suivre

« Base de vitesse Helvétique »

Du 5 au 9 octobre 2011, aura lieu la «SYZ & CO Speed Week», organisée par le Cercle de la Voile de la Société Nautique de Genève et SYZ & CO !

Mirabaud

Si vous avez eu une rupture réseau depuis 1 mois, voir plus, Mirabaud teste un gréement aile

« Aut. chose »

 Waouh

Jetlev-Flyer, ou comment voler sur l’eau sans foil (merci Daniel C)!!!

Trinitrine

J’ai eu la chance ce WE (Golden Oldies Trophy, 27-28 et 29 mai) de régater contre Trinitrine, Foiler de 30′ dessiné par Thomas Veyron en 1987 et que j’ai longtemps dévoré des yeux lorsqu’il était dans un chantier de Vannes au début des années 90. Il est maintenant en Méditérannée…

Trintrine Golden Oldies Trophy 2011 - photo F Monsonnec 05-2011

Zephyr RC

Site d’un accro. du modélisme qui a réalisé un cata à foils. Le site est en construction, mais il y a déjà de quoi se promener, entre autre dans la page construction…

Nemo

J’en avais parlé dans le « Ptites News 18 », Jean Philippe Delapierre m’a contacté sur le blog et nous a donné quelques informations complémentaires :

Bonjour,
Suite a votre article sur Nemo le bateau mesure 9m sur 14m déplacement 950 kg surface voiles 70m2 il a atteint la vitesse de 14 noeuds dans 5-6 noeuds de vent …

Amicalement
Jean-Philippe Delapierre

Vestas sailrocket V2

Si vous sortez d’hibernation et que vous n’êtes pas au courant, la bête commence elle aussi à se réveiller, attention Vestas sailrocket 2 à faim…

L’hydroptère

Lu dans un message de l’AFP sport, l’Hydroptère actuel a une série de courses et de tentatives de records à son agenda dont une Transpacifique Los Angeles-Honolulu au printemps 2012….

Fildou à vendre !

Vous avez une tirelire bien garnie, mon ami Emmanuel vend son superbe F40 à foils Fildou… Si vous voulez en savoir plus sur la bête, je lui avais consacré un article.

Moth à foils

Anthony Rezoug (trésorier de l’IMCA France) m’a fait suivre le programme Moth. J’ai retiré la première partie de l’année. Si vous êtes proche d’un de leurs entrainements ou d’une compétition, je vous conseil d’aller les voir…

Anthony Rezoug au Grand prix Guyader Défi Nautic – photo F. Monsonnec 30/04/2011

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Kite

L’école française de Kite surf propose une initiation au Kite surf à foil !

Flying shoes !

Je ne résiste pas au plaisir de mettre un lien vers cette page de Flickr ou son auteur à fait le lien entre une paire de chaussures Manchu (nord de la Chine) et des hydrofoils ! Pratiques pour marcher sur (ou plutôt dans) l’eau. Bon, d’accord le profil et l’allongement ne sont pas terribles… Je vous propose aussi la version plus proche des foils en T, la version Turque.

Monocoque à foils

Une vue artistique mais peut être pas très réaliste, Jet VI Sailboat par Fabio Federici …

Wingmill

Dans un précédent Ptites News (le 9), j’avais placé un lien vers une impressionnante « voiture à vent » que m’avais recommandé Daniel Charles. Voici un modèle réduit de bateau réalisé par Peter Worsley qui ne l’est par moins (impressionnant). Et toujours du même auteur mais grandeur nature, un cata filmé en 1995. Le site de l’auteur permet dans savoir un peu plus sur ses réalisations. Enfin, une version encore plus grande due à monsieur Booojangles et toujours en vidéo sur Youtube. Sur le même sujet mais en français

Photo via site “Rotary Sailing Homepage”



Expo. « Les voiliers volants », suite…

22 mars 2010

Du nouveau à la Cité de la Voile Eric Tabarly (Lorient)

Cité de la voile Eric Tabarly – photo FM 03-2010

Nouvelle pièce !

Dans mon article « Expo. Les voiliers volants », je laissais entendre que lors de l’inauguration de cette exposition, une nouvelle pièce serait ajoutée. Je peux maintenant vous en dire plus. Dans le hall de la Cité de la voile, « trône » le prototype utilisé en 1976 par Eric Tabarly. Bateau, dont j’ai eu l’occasion de vous parler dans mes articles « Le petit hydroptère d’ET » et « Le petit hydroptère d’ET, suite ». Je peux d’autant plus facilement vous en parler que je suis, avec Mariannick Buffard de l’Association Eric Tabarly, à l’origine du remontage de la plateforme. Le projet à démarré aux alentours du mois de mai 2009 lors du lancement du projet d’exposition temporaire. Il est passé à la vitesse supérieure, en septembre 2009. Ce qui n’était au départ qu’un rêve, s’est transformé en une belle aventure qui nous à fait :

  • descendre en Vendée récupérer des éléments manquants
  • rencontrer Jean Garnault, le concepteur et constructeur,
  • chercher une coque en Suisse et rencontrer le Dr Goulu,
  • concevoir le schéma de principe du ber,
  • réaliser les pièces manquantes d’après photos et vidéos,
  • remonter et démonter un certain nombre de fois chaque élément du puzzle,
  • écrire les textes de l’expo,
  • monter l’engin à 4.5m de haut (question de sécurité)

J’aurai, je pense, l’occasion de vous raconter cette histoire par épisodes sur « Foilers ! »…

Prototype d’hydrofoil testé par Eric Tabarly en 1976 refit 2010 - photo FM 03-2010

Nous espérons, Mariannick et moi, avoir respecté le plus possible le travail de ceux qui ont fait naître cet hydrofoil. Nous avons terminé le remontage du bateau et reçu le ber, juste à temps, le mardi 16 mars (pour une inauguration le 18). Cette mini exposition, scénographiée par Pierre Verger (prototype, maquette au 1/20 testée sur un lac, revues, photos…), permettra de compléter l’expo. réalisée par l’Harmatan ou l’on peut trouver beaucoup d’informations  sur l’Hydroptère .

Ce prototype est prévu pour être exposé à la Cité jusqu’à fin 2010. Et en 2011 ? Les pièces, prêtées à l’association, appartiennent toujours à Jean Garnault. Peut être arriverons nous un jour à terminer le travail et à refaire naviguer cet hydrofoil… ?

L’engin vient d’être mis en place sur son ber - photo FM 03-2010

Les rencontres

Après le visionnage d’un film dédié au projet Hydroptère, la soirée s’est poursuivie par une visite commentée de l’exposition et enfin, par un cocktail agrémenté de quelques discours (madame Tabarly, le maire de Lorient Norbert Métairie, Alain Thébault).

Alain Thébault, Jacqueline Tabarly, Claude Tisserand…- photo FM 03-2010

Cette soirée fut l’occasion de rencontres forts intéressantes. J’ai apprécié de voir côte à côte Alain Thébault, qui est l’âme de l’Hydroptère, et Claude Tisserand, qui est un des pionniers des hydrofoils en France… Claude a fait le déplacement depuis la Corse. La Bretagne avait décidé de ne pas faire mentir sa réputation, puisqu’après plusieurs jours de beau temps, c’est sous le crachin que Claude est arrivé à Lorient…

Lors de la visite de l’exposition, Claude a résumé l’ensemble de son travail à un public attentif. Alain Thébault a pris le relais et a tenté de raconter en 10/15 minutes cette aventure de presque 20 ans.

Claude devant son « Totem » - photo FM 03-2010

Après la visite de l’exposition, Alain Thébault a fait le point sur les projets de son team et annoncé une remise à l’eau du bateau recordman du monde de vitesse, pour le mois de mai. L’Hydroptère est pour le moment dans le hangar d’Océan Développement (en face de la cité de la voile), où on lui « refait une beauté » et où il va retrouver une configuration haute mer…

J’ai pu m’entretenir avec les personnes de l’Harmatan qui ont montés l’exposition temporaire et discuter des difficultés qu’ils ont rencontrées pour monter cette exposition : pas facile de vulgariser un domaine technique pour le grand public.

Le prototype sur son ber avec les éléments de scénographie – photo FM 03-2010

Je terminais mon précédent article par : « A voir si vous êtes de passage en Bretagne sud », je ne peux maintenant faire autrement que terminer par :

« A voir absolument … »